Lors des échographies de grossesse, le médecin surveille l’évolution et le développement du fœtus, mais il est également très attentif à la position du placenta. Les termes employés peuvent parfois sembler étranges, voire inquiétants, pour les futures mamans. Cet article vise à éclaircir la notion de placenta en insertion latérale, ses implications et sa gestion pendant la grossesse.
Le placenta : un organe essentiel et transitoire
Le placenta est un organe unique qui se forme exclusivement pendant la grossesse. Il assure les échanges vitaux entre la mère et le fœtus, fournissant oxygène et nutriments tout en éliminant les déchets. Il est normal d’avoir de se demander si tout se passe bien à l’intérieur, que le futur bébé aura bien sa réserve d’oxygène et de nutriments. Le placenta se crée dans le but exclusif de la grossesse et n'existe que pendant cette période.
Localisation du placenta : les différentes positions
Le placenta peut s’implanter dans différentes parties de l’utérus. La position idéale est au fond de l’utérus, on parle alors de placenta fundique. Le terme fundique est relatif au fond de l’utérus. Un placenta fundique est donc un placenta situé au fond de l’utérus, ce qui est considéré comme la position idéale. Le placenta peut s’installer dans n’importe quelle partie de l’utérus. En général, il doit être implanté au fond, c’est-à-dire dans la partie supérieure. C’est ce qu’on appelle un placenta fundique. Il va se décoller après la naissance et n’entrave pas le passage du bébé au moment de l’accouchement.
On distingue également les placentas antérieurs (situés devant, vers l’abdomen de la mère) et postérieurs (situés derrière, vers la colonne vertébrale). Si votre gynécologue vous annonce que vous avez un placenta antérieur, c’est que celui-ci est devant. Avoir un placenta postérieur ne signifie pas nécessairement qu'il y a un problème. Le gynécologue qui suit la grossesse de la future maman peut lui annoncer qu'elle a un placenta postérieur ou antérieur. On parle de placenta postérieur lorsque l'utérus se situe entre les os du bassin de la mère.
Insertion latérale : une variante de la position placentaire
L'insertion latérale du placenta fait référence à sa position sur l'un des côtés de l'utérus. Cette position n'est pas nécessairement problématique en soi. Toutefois, elle nécessite une surveillance particulière, car elle peut être associée à d'autres conditions, telles que le placenta bas inséré ou le placenta praevia.
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Placenta bas inséré et placenta praevia : des complications potentielles
Les insertions basses du placenta, c’est-à-dire à proximité du col de l’utérus, augmentent les risques de devoir passer par la césarienne. Les placentas en position basse sont les plus problématiques en vue de l'accouchement. Ce type de placenta nécessite un suivi spécifique. Si votre gynécologue annonce une insertion basse du placenta, une surveillance est recommandée. Vous allez devoir vous reposer pendant plusieurs semaines pour éviter les risques de saignement.
Dans ce cas de figure, le placenta recouvre partiellement ou totalement le col de l’utérus. On parle aussi de placenta “bas inséré”. Dans ce cas de figure, le placenta recouvre partiellement ou totalement le col de l’utérus. Généralement diagnostiquée lors de l’échographie morphologique (ou 2e échographie) au second trimestre, cette mauvaise position placentaire peut cependant évoluer favorablement au cours de la grossesse, le placenta migrant petit à petit. A ce stade, jusqu’à la 18ème semaine de la grossesse, ce fait n’a rien d’alarmant. A mesure que l’utérus prend du volume et que le fœtus grandit, le placenta migre et s’écarte du col. Ce changement de position du placenta est possible grâce à l’étirement des fibres musculaires utérines.
Le placenta postérieur marginal est un type de placenta localisé de manière à couvrir partiellement l'orifice du col de l'utérus, mais sans le couvrir complètement. Cela représente une complication pour l'accouchement, mais ce n'est pas aussi grave qu'un placenta prévia totale. Les placentas à insertion basse peuvent obstruer le col de l'utérus et empêcher la sortie du bébé lors de l'accouchement, s'ils l'obstruent complètement, comme dans le cas d'un placenta previa totale.
En revanche, si elle demeure, elle contre-indique l’accouchement par voie basse et requiert la réalisation d’une césarienne, sans quoi le risque d’hémorragie de la délivrance est trop important. D’ailleurs, si le placenta couvre l’orifice interne du col utérin, l’opération césarienne constitue le seul recours pour faire sortir le fœtus et éviter une hémorragie du travail.
Évolution de la position placentaire au cours de la grossesse
Au moment où le placenta se forme, c’est-à-dire dans les premières semaines de la grossesse, il se place généralement dans la partie basse de l’utérus. À mesure que le bébé grandit, l'utérus se développe également. Comme nous l'avons vu, le placenta peut changer de position au cours de la grossesse, au fur et à mesure que l'utérus s'agrandit.
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Facteurs de risque et diagnostic
Bien qu'il n'existe aucun moyen de faire remonter le placenta, certains facteurs peuvent augmenter le risque de placenta praevia, tels que :
- Grossesses multiples
- Antécédents de césarienne
- Tabagisme
- Âge maternel avancé
Le diagnostic de la position du placenta se fait par échographie, généralement lors des examens de routine de suivi de grossesse.
Gestion et surveillance d'un placenta en insertion latérale
La découverte d'un placenta en insertion latérale nécessite une surveillance attentive tout au long de la grossesse. Le médecin peut recommander des échographies régulières pour suivre l'évolution de la position placentaire.
Autres aspects à surveiller
Outre la position, d'autres aspects du placenta sont surveillés :
- Calcification: Le placenta se calcifie naturellement au fur et à mesure qu’il mûrit. Il atteint généralement un état de calcification avancée en toute fin de grossesse. Il arrive cependant que la calcification ait lieu trop tôt, vers 34 semaines d’aménorrhée (7 mois et demi) par exemple. Le risque diffère selon l’état de calcification du placenta et la partie impactée par cette calcification. Si les échanges materno-fœtaux sont encore bons et que des échographies successives montrent que le bébé grossit bien, un placenta calcifié peut être sans conséquence. En revanche, si la calcification semble s’accélérer dangereusement et contrarier les échanges materno-fœtaux, un déclenchement de l’accouchement peut être décidé.
- Anomalies d'insertion: On parle de placenta accreta lorsque le placenta n’est pas séparable de l’utérus. On parle de placenta accreta lorsque le placenta est légèrement inséré jusque dans le myomètre, de placenta increta lorsqu’il est complètement inséré dans ce muscle, ou encore de placenta percreta lorsqu’il atteint les organes voisins, notamment la vessie. Ce type de placenta engendrera surtout des difficultés au moment de l’accouchement, puisqu’il ne se détachera pas, ou pas complètement, au moment de la délivrance. Il s’agit là d’une anomalie d’insertion du placenta.
- Placenta bilobé: On parle de placenta bilobé, ou bipartita, lorsqu’il est constitué de deux lobes au lieu d’un seul. Un placenta peut également être trilobé, soit constitué de trois lobes, ou multilobé s’il est composé de plus de trois lobes.
- Décollement: Enfin, toute forme de décollement du placenta, ou la présence d’hématome derrière le placenta constituent des urgences.
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