L'apprentissage de la propreté est une étape importante du développement de l'enfant. Cependant, il arrive que les enfants rencontrent des difficultés à contrôler leurs selles, ce qui peut se traduire par des accidents de défécation ou de l'encoprésie. Cet article vise à explorer les causes de ces problèmes, à comprendre les facteurs qui y contribuent, et à proposer des solutions pour accompagner au mieux l'enfant dans cette étape.
Les causes des accidents de défécation et de l'encoprésie
L'apprentissage de la propreté et les appréhensions de l'enfant
Pendant l’apprentissage de la propreté, amener les tout-petits à faire caca sans leur couche peut s’avérer parfois difficile. Certains enfants arrivent très bien à dépasser leur première appréhension, mais pour d’autres, cela peut être un peu plus long. Une défécation douloureuse due à une constipation peut rendre les enfants inquiets à l’idée de recommencer, ce qui les incite à se retenir. En faisant caca dans un pot, l’enfant prend mieux conscience de ce qu’il se passe que lorsqu’il fait dans une couche et certains enfants peuvent rencontrer une appréhension à l’idée de perdre quelque chose qui leur appartient. Parfois, il s’agit simplement d’un désir de « contrôle » - quand les enfants grandissent ils aiment avoir une maîtrise sur leur environnement et en se retenant, ils ont l’impression de mieux contrôler les choses. D’autres, sont juste trop occupés pour se souvenir d’aller aux toilettes, tellement absorbés par leur activité qu’ils n’arrivent pas à s’interrompre ou n’en ont tout simplement pas envie.
La constipation et l'encoprésie
Quelles que soient les raisons qui font que votre enfant se retient, elles peuvent le mener à la constipation, et quand celle-ci devient chronique, elle peut conduire à ce qu’on appelle l’encoprésie soit l’incontinence fécale. Quand un enfant n'a pas encore de selles régulières, et qu'il commence à les retenir, le côlon peut alors se distendre et se boucher. L'enfant peut alors connaître des fuites de matière fécale ou bien, au contraire, avoir un bouchon qui lui fait mal quand il tente d’aller à la selle. Le traitement de l'encoprésie varie en fonction de sa cause et implique souvent l'utilisation de laxatifs pendant un certain laps de temps. C’est la raison pour laquelle il est important que les parents demandent conseils à leur pédiatre ou leur médecin, si leur enfant semble se retenir d’aller à la selle. Cela permettra de déterminer s’il s’agit d’un problème médical ou non et de trouver une solution au plus vite. Gardez en tête que la constipation peut également être une cause d’accidents urinaires en journée.
Si votre enfant souille régulièrement ses sous-vêtements ou émet des selles dans des endroits inhabituels, il pourrait souffrir d’encoprésie. Ce trouble de la défécation touche 1 à 4 % des enfants de plus de 4 ans, et peut s’installer même après une période où la continence fécale semblait acquise. L’encoprésie se définit par une défécation jugée incontrôlable par un enfant de plus de 4 ans capable d’être conscient de sa continence. Elle se caractérise par des selles formées ou semi-formées que l’enfant émet hors des toilettes, principalement en journée. Mais l’encoprésie ne constitue pas à proprement parler une réelle incontinence infantile, puisque le sphincter anal possède une contractilité normale.
Les différents types d'encoprésie
L’encoprésie peut être primaire, et donc apparaître chez un enfant n’ayant jamais acquis la propreté, mais est le plus souvent secondaire, et s’installe après plusieurs mois de continence, voire plusieurs années. L’enfant encoprétique ressent le besoin d’évacuer les selles, mais se retient volontairement. À long terme, il perd graduellement la sensation de besoin, car le rectum s’habitue à être rempli. Si la période de stagnation des selles est importante, un amas de matières fécales plus ou moins déshydratées, ou fécalome, peut alors se former et irriter la paroi rectale. Si les exonérations faites aux toilettes sont rares, l’enfant encoprétique contrôle parfaitement ses urines, ce qui exclut toute maladie neurologique.
Lire aussi: Prise en charge de l'incontinence fécale
Les facteurs psychologiques et émotionnels
L’encoprésie débute le plus souvent par une constipation plus ou moins chronique, doublée de facteurs psychologiques. L’encoprésie peut s’installer de manière passagère chez un enfant souffrant d’une fissure anale, résultant d’un épisode de constipation sévère. L’enfant éprouve des difficultés psychologiques qui se cristallisent autour d’une constipation souvent présente. L’encoprésie devient alors un mode de communication avec l’entourage. Elle peut révéler notamment des problèmes lors de l’apprentissage de la propreté : mise au pot trop précoce, inquiétude obsessionnelle autour des exonérations ou au contraire désintérêt des parents lors de cette période d’acquisition de la continence.
L’encoprésie est souvent liée au fait que l’enfant se retient : son rectum se remplit alors de manière exagérée suite à de longues phases de constipations sévères. Et des « fuites » surviennent. Elle s’accompagne le plus souvent d’énurésie (émissions incontrôlées d’urine). Cependant, ce trouble survient, la plupart du temps, chez les enfants anxieux, qui présentent une faible tolérance à la frustration et ne savent pas bien gérer leur agressivité. L’encoprésie est souvent une manière pour eux de s’affirmer, de dire non à leurs parents et en particulier à leur mère, dont ils sont très dépendants. Il existe aussi une autre cause fréquente qui est due à une attitude rétentionniste : l'enfant a un périnée "trop musclé".
Les troubles associés et les régressions
On parlera d’encoprésie si l’enfant fait des selles dans un endroit inhabituel au moins une fois par mois pendant au moins trois mois. L’énurésie ou « pipi au lit » est caractérisée par l’émission involontaire et inconsciente d’urine, le plus souvent la nuit, chez un enfant de plus de 5 ans. Le terme d’énurésie est employé lorsque l’enfant fait au moins deux fois par semaine pendant au moins trois mois consécutifs pipi dans sa culotte. Plusieurs facteurs peuvent être responsables de l’énurésie ou l’encoprésie d’un l’enfant.
Alors qu’il y a quelques mois, votre enfant était propre, il a de nouveau des petits accidents. Quels sont les facteurs de régression de la propreté chez l’enfant ? L’acquisition de la propreté ou (acquisition de la continence) est une étape naturelle du développement de l’enfant durant laquelle il va prendre conscience des différents signaux envoyés par son corps pour maîtriser progressivement ses besoins. Il sait détecter lorsqu’il a besoin de faire pipi ou faire caca au pot ou aux toilettes.
La période de régression peut arriver chez l’enfant et il n’y a pas vraiment de raison de s’inquiéter. Il y a également des enfants qui ont conscience que s’ils ne sont pas propres, ils ne pourront pas aller à l’école. Régression de la propreté : comment y faire face avec sérénité ? Votre enfant était fier de ne plus porter de couches et voilà qu’il recommence à avoir des petits accidents ? Pas de panique, la régression de la propreté est un phénomène courant chez les tout-petits. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce retour en arrière temporaire, et bien souvent, il s’agit simplement d’un passage de transition dans son développement. Il est normal qu’un enfant de 5 ans ou moins ait parfois de petits accidents, surtout en période de fatigue ou d’émotion intense. Mais comment distinguer un simple oubli d’une véritable régression de la propreté ? La clé réside dans la durée et la fréquence des incidents. Un accident ponctuel peut survenir sans raison apparente, tandis qu’une régression se manifeste par des accidents répétés sur plusieurs semaines. Votre enfant, qui était propre le jour et/ou la nuit, recommence à mouiller ses vêtements ou son lit de façon régulière. Observer les circonstances et l’évolution de la situation permet d’adapter votre réaction : patience, bienveillance et accompagnement doux aideront votre enfant à retrouver ses repères.
Lire aussi: Tout savoir sur la conservation des biberons
Comment aider votre enfant à se soulager et surmonter ces difficultés ?
Conseils pratiques pour les parents
Expliquez-lui que notre corps fabrique des selles tous les jours et qu’elles ont besoin d’être évacuées. Des petits livres sur le sujet peuvent lui permettre de mieux comprendre ce qu’il se passe dans son corps. Laissez votre tout-petit décider du moment où il veut se rendre aux toilettes. Incitez-le à aller sur le pot, en lui proposant de compléter un calendrier ou un tableau de ses progrès avec des étoiles. L’utilisation de culottes d’apprentissage de la propreté comme les Huggies® Pull-Ups® pourra l’encourager à se soulager plutôt qu’à se retenir. Faites en sorte que le pot soit accessible en le gardant dans une pièce où il a l’habitude de jouer. Dans les premiers jours, ça peut lui servir de rappel visuel. Aidez votre tout-petit à se changer s’il a eu un accident. Faites-le rapidement, sans commentaires ni récrimination. Rappelez-vous que faire caca sur le pot, ou aux toilettes, peut demander un peu plus de temps que de réussir à y faire pipi. Un peu de patience et beaucoup d’encouragements aideront votre tout-petit à franchir cette nouvelle étape sans stress.
Si l’enfant a moins de 6 ans, on évite le retour aux couches sauf s’il y a des accidents toutes les nuits, dans ce cas on les remet. Il vaut mieux consulter et responsabiliser l’enfant en lui demandant de venir nous aider à changer les draps, sa culotte. Si l’enfant a 6 ans ou plus, il faut essayer de comprendre ce qu’il se passe et analyser la fréquence des accidents (est-ce que c’est une fois de temps en temps ou plusieurs fois par mois ?). L’apprentissage de la propreté chez l’enfant peut prendre du temps. « Il faut commencer par faire comprendre à l’enfant qu’il peut avoir en charge son corps. Selon la psychologue, il doit petit à petit se familiariser avec le pot. « On met le pot dans la maison, à disposition, il peut jouer avec, le mettre sur la tête… On doit lui montrer à quoi cela sert et on peut l’asseoir dessus avec un petit accessoire (un livre, un jouet…). Il faut savoir que les enfants ne ressentent pas la sensation du pipi qui coule lorsqu’ils ont une couche. « Ils ne doivent pas être gênés de faire leur besoin, il faut leur faire comprendre que tout cela est naturel. "Il existe des livres pour dédramatiser la situation et enlever les tabous autour du pipi et du caca pour l’enfant.
Si votre enfant traverse une phase de régression de la propreté mais semble toujours intéressé par l’apprentissage de la propreté, une bonne alternative peut être de passer aux couches-culottes.
L'importance d'un suivi médical et psychologique
Demandez à votre pédiatre de vous prescrire des laxatifs ou des émollients fécaux (pour ramollir les selles) si vous suspectez que votre enfant souffre d’encoprésie.
Dans un premier temps, il est important d’en parler avec votre pédiatre. La consultation se fait avec l’enfant. Elle permet d’écarter les causes physiques de l’incontinence et de poser le diagnostic. Le diagnostic d’encoprésie peut être posé quand un certain nombre de critères sont réunis : ce comportement survient au moins une fois par mois depuis trois mois, chez un enfant d’au moins 4 ans (ou avec un niveau de développement équivalent) et n’est pas dû à une affection médicale générale.
Lire aussi: 4 mois de grossesse : symptômes et évolution
Le traitement est le plus souvent complété par une prise en charge psychologique, chez un psychologue ou un pédopsychiatre. Les antécédents de l’enfant doivent être renseignés depuis l’accouchement, avec l’aide du carnet de santé si possible.
Si la régression de la propreté dure plusieurs semaines ou s’accompagne d’autres signes (douleurs, refus systématique d’aller aux toilettes, stress important), il peut être utile d’en parler à un pédiatre ou à un spécialiste de l’enfance comme un psychomotricien. D’autres fois, un changement émotionnel plus profond peut nécessiter un peu d’accompagnement psychologique.
L'alimentation et l'hygiène de vie
Le traitement de la constipation est essentiel. Il permet de ramollir les selles et de faciliter leur expulsion. Il passe par un régime alimentaire adapté, une bonne hydratation et la prise d’un laxatif oral est souvent indispensables. Souvent mal supportés par les enfants, les suppositoires et les lavements sont à éviter mais ils peuvent se révèler parfois nécessaires. Ce traitement peut d’ailleurs être prolongé pendant plusieurs mois après la guérison.
Pour prévenir la constipation, il est essentiel d’instaurer une alimentation riche en fibres (fruits, légumes, céréales complètes) et de veiller à une hydratation suffisante au quotidien.
Les erreurs à éviter
Ne pas accélérer cette acquisition permet d’éviter que des angoisses soient associées à la continence. Ce qui ne signifie pas s’en désintéresser. Au contraire !
La solution n’est donc pas dans la réaction des parents aux « accidents ». La sévérité, les prières ou les récompenses sont sans effets positifs. Il convient simplement de verbaliser ensemble le problème, sans le dramatiser, et de changer l’enfant tranquillement, de façon assez neutre, afin de ne pas entrer dans un jeu relationnel autour de ce symptôme.
Il est important de ne pas forcer, gronder ou punir un enfant qui refuse ou tarde à devenir propre. Une pression excessive peut entraîner des comportements de rétention, sources de constipation et à terme d’encoprésie.
Les clés pour un accompagnement réussi
Rester calme et patient est votre meilleure alliée. Votre enfant ne fait pas exprès d’avoir des accidents : il exprime quelque chose, à sa manière. Après tout, l’apprentissage de la propreté n’est pas un sprint mais un marathon, avec ses petites étapes et ses détours.
Renforcer les routines: Proposer des passages aux toilettes à des moments clés (après le réveil, après les repas, avant d’aller dormir) ; Utiliser un petit rituel, comme une comptine ou une histoire, pour rendre ce moment plus agréable ; Lui laisser le temps pour qu’il réapprenne à écouter son corps.
Encourager et valoriser les efforts de l'enfant: Un mot doux après chaque réussite : “Bravo, tu grandis !” ou “Tu es super fier, et moi aussi !” suffisent à renforcer son envie de continuer. Des petites victoires célébrées : pourquoi ne pas mettre en place un tableau avec des gommettes pour chaque passage réussi aux toilettes ?
Un espace adapté : un pot à disposition ou un marchepied pour accéder aux toilettes facilement, ça change tout ! Une approche détendue : si la propreté devient une source de stress, l’enfant risque de se braquer.
L'incontinence anale chez l'adulte : un aperçu
Bien que cet article se concentre principalement sur les enfants, il est important de noter que l'incontinence anale peut également toucher les adultes.
Définition et symptômes
Qu’est-ce que l’incontinence anale ? L'incontinence anale désigne de façon globale toutes les émissions incontrôlées de gaz et/ou de selles. Quels en sont les symptômes et les causes ? Elle se manifeste par un besoin impérieux de déféquer qui souvent ne laisse pas le temps d'atteindre les toilettes. La personne ne perçoit pas son besoin de déféquer et la perte de selles qui en résulte. Elle prend conscience des pertes fécales lorsque celles-ci entrent en contact avec la peau ou lorsqu’elle constate les souillures dans ses sous-vêtements. Elle survient lorsqu'on éternue, qu'on tousse ou qu'on fait un effort physique intense. Des selles bloquées dans le côlon rendent difficile le passage d’autres matières fécales.
Facteurs de risque et traitements possibles
L'incontinence fécale concerne 7,5% des femmes contre 2,4% des hommes et augmente avec l’âge. En effet, le vieillissement entraîne une perte d'élasticité des structures anatomiques (rectum) impliquées dans le mécanisme de la continence. Le plus souvent, l’incontinence est en rapport avec une insuffisance de la fonction de l’anus. Chez les femmes, l'une des causes les plus fréquentes d'incontinence fécale est une lésion obstétricale (plaie ou déchirure de l’anus) et/ou un affaiblissement du plancher pelvien après l'accouchement.
Si votre vie est perturbée par des pertes involontaires de matières fécales, parlez-en à votre médecin. Il vous conseillera sur les options de traitements les mieux adaptées à vos troubles fécaux ou il vous orientera vers un proctologue. Des exercices rééducatifs pour renforcer les muscles du périnée et du sphincter anal peuvent être mis en œuvre par un kinésithérapeute. Ils sont généralement efficaces chez les personnes sans atteintes cognitives. Deux méthodes existent : l’électrostimulation et le biofeedback. Le type de prise en charge médicale dépend de l’origine de l’incontinence fécale. Si celle-ci est due à des diarrhées chroniques, des médicaments destinés à ralentir le transit peuvent être prescrits. Au contraire, dans le cas de constipation chronique, le recours à des laxatifs non irritants peut s’avérer bénéfique.
Complications et importance de la consultation
Non ou mal prises en charge, les fuites fécales peuvent entraîner des complications. En contact prolongé avec la peau, les selles peuvent perturber le manteau acide naturel protecteur de celle-ci. Les enzymes digestives résiduelles présentes dans les selles attaquent et endommagent alors la peau. Peuvent alors apparaître des démangeaisons, des brûlures et des irritations cutanées, telle que la DAI (Dermatite Associée à l’Incontinence). En raison de la proximité des zones anale et urinaire, l’incontinence fécale favorise aussi les infections de l'appareil urinaire. Enfin, les personnes souffrant d'incontinence fécale peuvent développer des complications psychologiques (anxiété, stress, dépression). Craignant de vivre des situations embarrassantes, elles se replient sur elles-mêmes et s’isolent socialement.
Moins de la moitié des personnes concernées par l’incontinence fécale en parlent à leur médecin. Pourtant, avec l’augmentation de l’espérance de vie et le vieillissement de la population, cette pathologie risque d’être de plus en plus fréquente. Alors si vous êtes concerné, n’ayez pas peur de briser le tabou. Ne manquez pas le rendez-vous avec des traitements qui vous aideront à renouer avec les plaisirs de la vie.
tags: #il #fait #caca #dans #sa #couche