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La Culture de Sécurité : Définition, Enjeux et Évolution

Introduction

La culture de sécurité est un sujet crucial pour toute organisation souhaitant assurer la pérennité de ses activités et la protection de ses employés. Cet article explore en profondeur la définition de la culture de sécurité, son importance, les différents modèles existants, le rôle du leadership et les moyens de la faire évoluer.

Définition de la Culture de Sécurité

Selon l'Institut pour une Culture de Sécurité Industrielle (Icsi), la culture de sécurité est « un ensemble de manières de faire et d’agir, partagé au sein d’une organisation et qui permet de maîtriser les risques les plus importants de l’activité. » Elle se manifeste par la mise en œuvre effective des règles de prévention par les salariés, mais aussi par un état d'esprit et des valeurs partagées.

Dans une entreprise dotée d'une culture de sécurité forte, les salariés sont informés des risques, formés à la prévention et convaincus de la nécessité de respecter les règles. La sécurité n'est plus perçue comme une contrainte, mais comme un élément essentiel de leur bien-être et de celui de leurs collègues.

Pourquoi s'intéresser à la culture de sécurité ?

Attribuer les comportements en matière de sécurité uniquement aux individus est une approche limitée. La culture de sécurité reconnaît que les facteurs organisationnels et humains jouent un rôle essentiel dans la prévention des accidents.

Plusieurs facteurs entrent en jeu dans la pérennité d’une entreprise : la qualité, le marché, les finances, les choix techniques… La sécurité, bien sûr, en fait partie, mais ne doit pas être une « bulle » séparée des autres enjeux. L'enjeu d'une approche culture de sécurité est de maîtriser les risques les plus importants liés à l'activité de l'organisation, c'est-à-dire les accidents majeurs et les accidents graves et mortels.

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Les piliers de la sécurité

La culture de sécurité repose sur trois piliers fondamentaux :

  • La fiabilité technique : elle concerne la conception, la construction et la maintenance des équipements et des installations afin de minimiser les risques de défaillance.
  • Les systèmes de management de la sécurité : il s'agit des procédures, des politiques et des outils mis en place pour gérer les risques et assurer la conformité aux réglementations.
  • Les facteurs organisationnels et humains : ils englobent les aspects liés à la culture, au leadership, à la communication, à la formation et à l'implication des employés.

Les différents types de culture de sécurité

Il existe différentes typologies de culture de sécurité, allant de cultures fatalistes à des cultures intégrées. Certaines cultures sont plus favorables que d'autres à la prise en compte de la sécurité dans les arbitrages.

  • Culture fataliste : Les accidents sont perçus comme inévitables et résultant de la fatalité.
  • Culture de métier : La sécurité est gérée par les professionnels de chaque métier, avec peu de coordination entre les différents services.
  • Culture managériale : La sécurité est considérée comme une responsabilité de la direction, avec une approche descendante et prescriptive.
  • Culture intégrée : La sécurité est intégrée à tous les niveaux de l'organisation, avec une participation active de tous les employés.

La relation entre incidents mineurs et accidents graves

Les ouvrages de sécurité font souvent référence à la pyramide de Bird, qui exprime une relation de proportionnalité entre les événements graves et mineurs. Bird dit que pour un accident grave, on dénote 600 incidents mineurs. Cette relation entre incidents mineurs et accidents de l’autre a motivé une politique volontariste qui se focalise sur les incidents mineurs pour garantir un haut niveau de sécurité. Or, cette relation incident-accident ne s’avère vérifiée que si les accidents bénins et les accidents graves ont la même cause, ce qui est plutôt rare.

Une approche en termes de culture de sécurité doit donc viser en priorité les risques les plus graves, ceux qui menacent le plus la survie de l’organisation. Cette approche a plus de chance d’être consensuelle, d’entraîner l’ensemble des acteurs, et elle peut avoir un effet sur les risques moins graves - le contraire n’étant pas vrai. La conscience partagée des risques les plus importants constitue le socle de la culture de sécurité d’une entreprise. L’amélioration de la performance en sécurité passe par une action cohérente sur les dimensions techniques, le management de la sécurité, les facteurs humains et organisationnels.

Sécurité réglée vs. sécurité gérée

On appelle sécurité réglée, la sécurité résultant des lois, règlements et interdictions. Cette sécurité réglée est construite sur la base de la réduction/suppression de toutes les situations identifiées comme à risques.

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La sécurité gérée repose sur l’intelligence adaptative des opérateurs humains, qui permet de traiter les surprises et les aléas des situations quotidiennes de travail. La sécurité réglée a pris le pas progressivement sur la sécurité gérée, mais on a toujours besoin de l’adaptabilité et de l’intelligence des opérateurs humains. Le réglage entre les deux sécurités reste un objet sensible. Trop de sécurité réglée tue l’adaptation aux situations non standards, mais trop de sécurité gérée introduit une prime à l’improvisation avec tous les risques que cela comporte. Chaque organisation doit s’efforcer de régler la balance entre chaque sécurité, et être exemplaire en matière de sécurité dans son propre monde de contraintes.

Le rôle du leadership dans la culture de sécurité

Le leadership joue un rôle crucial dans la création et le maintien d'une culture de sécurité positive. Les managers doivent être exemplaires en matière de sécurité, communiquer clairement les attentes, impliquer les employés dans la prise de décision et reconnaître les comportements sécuritaires.

On ne peut pas « acheter » une culture de sécurité en appliquant un référentiel extérieur construit dans un contexte diffèrent. C’est la mobilisation conjointe de tous les acteurs, à partir d’une vision partagée des forces et faiblesses de l’existant, qui permet de faire évoluer progressivement la culture de sécurité.

Comment faire évoluer la culture de sécurité ?

Faire évoluer la culture de sécurité est un processus complexe qui nécessite un engagement à long terme de la part de tous les acteurs de l'organisation. Voici quelques étapes clés :

  • Diagnostic de la culture de sécurité actuelle : Il est essentiel de comprendre les forces et les faiblesses de la culture existante avant de pouvoir la faire évoluer. Le diagnostic de la culture de sécurité actuelle est un point de départ indispensable à toute démarche qui souhaiterait la faire évoluer. Il porte à la fois sur les pratiques des différentes catégories d’acteurs et sur leurs perceptions de la gestion de la sécurité. Plus ce diagnostic est partagé par toutes les parties prenantes, plus les chances de les mobiliser par la suite sont enlevées. Les méthodes de description de la culture de sécurité actuelle doivent être adaptées à chaque situation. Leur pertinence dépend de leur capacité à renvoyer à l’ensemble des parties prenantes une description des forces et des faiblesses de l’organisation en matière de sécurité. Le diagnostic ne constitue pas un objectif en soi.
  • Définition d'une vision partagée : Il est important de définir une vision claire de la culture de sécurité souhaitée et de la communiquer à tous les employés.
  • Implication des employés : Les employés doivent être impliqués dans le processus de changement, car ce sont eux qui mettent en œuvre les pratiques de sécurité au quotidien. Pour que les valeurs sécurité soient partagés par tous les salariés, il est essentiel de les amener à participer à la démarche. Ce qui signifie dépasser la communication descendante pour créer une communication ascendante.
  • Formation et sensibilisation : Il est essentiel de former et de sensibiliser les employés aux risques et aux bonnes pratiques de sécurité. A travers différentes actions, tels que la formation ou la création d’outils de communication sécurité comme les affiches de prévention ou les vidéos sécurité, les entreprises tentent d’amener leurs salariés à s’intéresser à la sécurité sous un angle positif, à en comprendre les enjeux. Les messages insistent sur l’intérêt de la démarche de prévention, sur ses bienfaits pour les salariés. Elle leur donne également les moyens d’agir en les formant. La formation peut, à certaines conditions, permettre de sensibiliser les salariés à la sécurité.
  • Communication : Une communication ouverte et transparente est essentielle pour créer un climat de confiance et encourager les employés à signaler les problèmes de sécurité.
  • Amélioration continue : La culture de sécurité doit être constamment évaluée et améliorée pour s'adapter aux changements de l'environnement et aux nouvelles technologies.

L’action sur la culture de sécurité vise à̀ transformer des dimensions de l’organisation qui ont donné naissance à̀ des perceptions et des comportements non souhaitables en matière de sécurité, tout en soutenant le développement des atouts existants. La culture de sécurité implique des manières de faire et des manières de penser partagées : On ne peut changer durablement les comportements en sécurité sans faire évoluer le regard qui est porté par tous les acteurs sur la sécurité et son importance. On ne peut pas changer les manières de penser sans faire évoluer les signes concrets qui sont donnés par la ligne hiérarchique à travers les décisions techniques (qualité́ des situations de travail) et organisationnelles, en particulier par les postures managériales (écoute, reconnaissance/sanction).

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La culture de sécurité est construite par les interactions entre les acteurs, dans le cadre d’une organisation qui doit à la fois s’adapter à son environnement et assurer l’intégration de ses membres. Les familles d’acteurs qui influencent le plus la culture de sécurité sont les managers, les salariés et leurs représentants, les collectifs de métiers. Toute entité organisationnelle a une « culture de sécurité », au sens où les acteurs partagent certaines manières de faire et de penser qui ont des conséquences sur la sécurité. Parce qu’elle touche les dimensions de fond de l’organisation, l'action en matière de culture de sécurité a des effets bénéfiques sur la sécurité et la performance globale de l’entreprise.

Les étapes de la création d'une culture de sécurité efficace

Selon A Capella, la création d’une culture sécurité passe par 4 étapes :

  • Étape 1 : Fixer le cadre à travers une communication descendante : La mise en œuvre d’une politique sécurité passe d’abord par une phase d’information formelle. La direction déclare sa volonté de protéger les salariés des risques d’accidents et énonce les règles que les salariés doivent respecter. La communication repose donc sur un mode impératif : « Il est interdit de… », « Il est obligatoire de… ». C’est une communication descendante par essence. Ainsi, elle pose le cadre de la politique sécurité, présente les règles, énonce les risques, informe sur les sanctions possibles en cas de non-respect des règles sécurité.
  • Étape 2 : Sensibiliser et former : La seconde étape consiste à amener les salariés à comprendre le bien-fondé de la politique sécurité.
  • Étape 3 : Impliquer les salariés dans la démarche : Pour que les valeurs sécurité soient partagés par tous les salariés, il est essentiel de les amener à participer à la démarche. Ce qui signifie dépasser la communication descendante pour créer une communication ascendante.
  • Étape 4 : Entretenir la dynamique : Dès lors que la culture sécurité est effective au sein d’une entreprise, il est essentiel de créer les conditions de sa pérennité. Les rituels sont importants pour entretenir les valeurs liées à la sécurité. Quart d’heure sécurité, causerie, safety day, diffusions de vidéos sécurité… les salariés doivent percevoir dans ces actions récurrentes la volonté de la direction de continuer à progresser en matière de prévention.

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