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Horus et le Berceau d'Harpocrate : Mythes et Symboles de la Royauté et du Silence

Introduction

Horus, l'une des divinités les plus vénérées de l'Égypte ancienne, occupe une place de choix dans le panthéon égyptien. Représenté sous diverses formes, notamment comme un faucon ou un homme à tête de faucon, Horus incarne la royauté, le ciel et l'ordre cosmique. Son mythe, étroitement lié à celui d'Osiris et d'Isis, est riche en symboles et en significations profondes. Cet article explore les différentes facettes d'Horus, de sa naissance miraculeuse à son rôle de protecteur des pharaons, en passant par sa représentation en tant qu'Harpocrate, le dieu du silence.

Les Multiples Facettes d'Horus

Horus n'est pas une entité unique, mais plutôt un concept divin qui se manifeste sous différentes formes au fil des millénaires. L'appellation "Horus" provient du théonyme grec Ὧρος (Hōros), dérivé du terme égyptien "hr" signifiant "sur" ou "au-dessus", d'où les interprétations "celui qui est lointain" ou "celui qui est en haut".

Parmi les différentes manifestations d'Horus, on distingue principalement :

  • Horus l'Ancien (Harwer ou Haroeris) : Considéré comme un dieu faucon préhistorique symbolisant le ciel. Il est le frère d'Osiris.

  • Horus d'Edfou : Personnifie la royauté et est vénéré dans le temple d'Edfou, l'un des sanctuaires les plus impressionnants consacrés à Horus.

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  • Harendotes : Horus vengeur de son père Osiris.

  • Harsiésis : "Horus, fils d'Isis".

  • Re-Harakhtes : Horus de l'horizon, fusionné en Re-Harakhtes, représenté en faucon surmonté du disque solaire.

  • Harmakhis : "Horus à l'horizon", associé à Khepri, le scarabée qui aide le soleil à se lever.

  • Harpocrate : "Horus enfant", fils d'Isis, représenté comme un jeune garçon nu, le doigt sur la bouche, symbolisant le silence et l'innocence.

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En tant que divinité céleste, les yeux d'Horus sont comparés au soleil (œil droit) et à la lune (œil gauche). L'Œil oudjat, symbole de guérison et d'intégrité retrouvée après le combat contre Seth, acquit une popularité extraordinaire comme talisman protecteur.

La Naissance Miraculeuse d'Horus

La naissance d'Horus s'inscrit dans l'un des récits les plus marquants de la mythologie égyptienne. Dès les Textes des pyramides de l'Ancien Empire, il est formellement attesté qu'Horus est le fils du couple divin formé par Osiris et Isis. Cette filiation sacrée constitue l'un des fondements de la théologie égyptienne ancienne.

La conception d'Horus constitue un épisode particulièrement fascinant du mythe osirien. Selon les textes anciens, cette naissance s'inscrit d'abord dans une dimension astrale. Osiris est comparé à la constellation d'Orion, tandis qu'Isis est associée à la constellation du Grand Chien. Cette union céleste est ensuite réinterprétée comme un acte charnel posthume. Isis, transformée en oiseau-djeryt (milan ou rapace), s'accouple avec la momie d'Osiris en se posant sur son phallus.

Après cette conception miraculeuse, Isis enceinte doit se cacher de Seth, pour qui l'enfant à naître représente une menace directe. Elle se réfugie dans les marais du delta, notamment sur l'île de Chemmis, près de Bouto. Ce marécage, appelé Chemmis ou Khemnis par les auteurs gréco-romains, devient le "nid d'Horus", symbole d'isolement et de sécurité. Élevé loin de la société des hommes dans les marais du Bouto, Horus Enfant ou Harpocrate fut « fortifié » par « les vapeurs, les brumes et les nuages ».

L'enfance d'Horus est constamment menacée par les machinations de son oncle meurtrier. D'après les textes magiques, Isis ne cesse de se déplacer pour échapper aux complices de Seth lancés à leurs trousses. Durant ces années périlleuses, le jeune dieu affronte de multiples dangers : morsures de serpents venimeux, piqûres de scorpions hostiles et autres périls potentiellement mortels. Guéri par sa mère d'une morsure de scorpion grâce à des formules magiques, il put atteindre l'âge adulte et vaincre les assassins de son père.

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Le Duel Mythique entre Horus et Seth

Le duel mythique entre Horus et Seth constitue l'un des affrontements les plus emblématiques de la mythologie égyptienne. À l'origine de cet affrontement se trouve un drame familial aux proportions divines. Après l'assassinat d'Osiris par son frère Seth, le trône d'Égypte devient l'objet d'une âpre dispute. Cependant, Horus, fils légitime d'Osiris et d'Isis, revendique son droit au trône paternel.

Pour résoudre ce différend, les dieux organisent un tribunal divin. Durant ce procès, Seth affirme mériter le royaume par sa force, capable de défendre la barque solaire, tandis qu'Horus fait valoir son droit légitime d'héritage.

L'un des épisodes marquants de ce conflit survient lorsque Seth arrache l'œil gauche d'Horus. D'après certaines versions, il le découpe en six fragments qu'il disperse à travers l'Égypte. Thot, le dieu de la sagesse, parvient à reconstituer l'œil d'Horus, lui rendant ainsi sa pleine vision. Ce symbole puissant représente désormais la guérison, la protection et l'intégrité retrouvée.

Après de nombreux rebondissements, le tribunal divin finit par trancher en faveur d'Horus. Face à cette pression, Rê accepte finalement qu'Horus devienne roi. Seth est alors contraint de reconnaître la légitimité de son neveu et de lui céder le trône d'Égypte. Néanmoins, la théologie égyptienne ne réduit pas cette confrontation à une vision manichéenne.

Horus, Protecteur des Pharaons et Symbole de la Royauté

Dans l'architecture politique et religieuse de l'Égypte ancienne, aucune relation n'était aussi fondamentale que celle unissant le dieu faucon à l'institution pharaonique. Dès les origines de l'État pharaonique vers 3300 avant notre ère, Horus devint la divinité protectrice de la monarchie. Le pharaon n'était pas simplement un représentant symbolique de la divinité à tête de faucon - il était littéralement Horus manifesté sur terre. Cette identification totale renforçait considérablement l'autorité royale tout en définissant la nature paradoxale du souverain : essence divine emprisonnée dans une enveloppe mortelle.

La titulature pharaonique place le "nom d'Horus" comme son élément le plus ancien, remontant aux temps reculés de Naqada II vers 3400 av. J.-C. La nomenclature royale complète déployait cinq appellations distinctes, dont le nom d'Horus constituait la première et la plus significative. La symbolique du dieu faucon s'avéra déterminante dans la représentation de l'unité politique égyptienne. Certaines périodes historiques présentèrent Horus et Seth comme adversaires réconciliés dans l'harmonie des Deux Terres, Horus gouvernant la Basse-Égypte fertile tandis que Seth régnait sur la Haute-Égypte désertique. Les pharaons descendent d'Horus.

Harpocrate : L'Enfant Divin et le Dieu du Silence

Harpocrate, la forme hellénisée de l'égyptien Hor-pa-Khered, qui signifie "Horus enfant", est une représentation populaire d'Horus, particulièrement à partir de la troisième Période Intermédiaire et surtout à la Basse Époque. Il apparaît juché sur les crocodiles des stèles magiques ou coiffé d’un disque solaire, puis comme un petit garçon nu, le doigt sur la bouche.

À l'époque ptolémaïque, son culte est pratiqué par les Grecs comme par les Égyptiens. Un sanctuaire lui était consacré dans le Serapeum.

La représentation d'Harpocrate avec le doigt sur la bouche a été interprétée de différentes manières. Loin de signifier le silence, les statuettes d’Harpocrate, le représentant un ou plusieurs doigts sur la bouche indiquaient par là le caractère enfantin du dieu qui suçait son pouce. Cependant, à la Renaissance, on a transféré à Hermès , traditionnellement le dieu de l’éloquence, la caractéristique de représenter le silence, habituellement attribuée au dieu égyptien Harpocrate. On constate ce transfert paradoxal dans les Symbolicae Quaestiones d’Achille Bocchi (1574). Mais derrière Hermès, c’est bien Harpocrate qui se profile.

Dans Hamlet, le corps d’Harpocrate, l’enfant difforme d’Isis, dont le discours balbutiant pour être trop proche des divins mystères le voue à être le dieu du silence dans les sources « égyptiennes », devient l’emblème de Hamlet.

Quoi qu'il en soit, Harpocrate incarne l'innocence, la vulnérabilité et le potentiel du jeune Horus, élevé en secret pour venger son père et rétablir l'ordre cosmique.

Diffusion du Culte d'Horus et son Héritage

Le culte du dieu à tête de faucon se propagea largement à travers l'Égypte antique et au-delà, témoignant de son importance capitale dans la spiritualité égyptienne. Le sanctuaire le plus impressionnant consacré à Horus demeure incontestablement le temple d'Edfou.

Durant l'époque gréco-romaine, le culte d'Horus franchit les frontières nilotiques. Les Grecs l'assimilèrent à Apollon tandis que les Romains l'identifièrent parfois à Mars.

L'Œil oudjat, symbole de guérison et d'intégrité retrouvée après le combat contre Seth, acquit une popularité extraordinaire comme talisman protecteur.

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