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Hormones de la Lactation et Régulation Physiologique : Un Guide Complet

L'allaitement maternel, bien que naturel, est un processus complexe orchestré par un ballet hormonal précis et une régulation physiologique fine. Cet article explore en profondeur les hormones clés impliquées dans la lactation et comment le corps régule la production de lait pour répondre aux besoins uniques de chaque bébé.

Introduction

Bien que les connaissances sur le corps de la femme évoluent, la physiologie de l’allaitement reste méconnue. L'objectif ici n'est pas de discuter du choix d'allaiter ou non, mais de redécouvrir un aspect fascinant du corps humain.

Les Hormones Clés de la Lactation

Pour fabriquer du lait maternel, il faut des hormones, et ce dès la grossesse. Après l’accouchement ces hormones chutent, ce qui libère l’action de la prolactine. Concrètement, lorsque bébé tète, le cerveau va envoyer un message pour libérer les hormones dans la circulation sanguine. Plusieurs hormones jouent un rôle essentiel dans la lactation, chacune ayant des fonctions spécifiques :

Prolactine : L'Hormone de la Production de Lait

La prolactine, sécrétée par l'hypophyse, est l'hormone principalement responsable de la synthèse du lait. Elle permet aux lactocytes de produire le lait, mais n'influence pas directement la quantité produite. Cette dernière est plutôt régulée par des mécanismes locaux basés sur la quantité de lait extraite.

  • Rôle pendant la grossesse : Le taux de base de prolactine est élevé pendant la grossesse, favorisant le développement de la glande mammaire.
  • Pic post-partum : Après l'accouchement, le taux de prolactine augmente significativement, permettant la production de lait.
  • Sécrétion pulsatile : La prolactine est sécrétée de manière pulsatile à chaque tétée, avec une intensité diminuant au fil des mois, mais restant présente tant que les tétées persistent.
  • Importance de la stimulation : La stimulation du mamelon par la succion du bébé envoie un message au cerveau pour produire de la prolactine.

La prolifération des récepteurs à la prolactine, notamment grâce au niveau de prolactine plus élevé en post-partum, permet d’avoir plus tard une bonne réponse à la stimulation malgré un taux de prolactine plus bas.

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Ocytocine : L'Hormone de l'Éjection du Lait

L'ocytocine, sécrétée par l'hypothalamus, est responsable du réflexe d'éjection du lait. Elle contracte les cellules myoépithéliales autour des alvéoles et des canaux lactifères, permettant au lait de s'écouler.

  • Déclenchement : La succion du bébé envoie un signal au cerveau, déclenchant la sécrétion d'ocytocine.
  • Pics multiples : Plusieurs pics d'ocytocine peuvent survenir pendant une même tétée, entraînant plusieurs réflexes d'éjection.
  • Sensibilité au stress : La sécrétion d'ocytocine est sensible au stress physique ou psychologique, ce qui peut retarder ou bloquer le réflexe d'éjection.
  • Facteurs déclencheurs : La vue ou la pensée du bébé peuvent également déclencher la sécrétion d'ocytocine.

L’ocytocine, fameuse “hormone de l’amour”, a en réalité une multitude d’autres propriétés. Et, elle n’est pas aussi responsable de la “création de lien d’amour” qu’on lui attribue, c’est bien plus complexe finalement.

Autres Hormones Impliquées

De nombreuses autres hormones interagissent pour réguler la lactation, notamment les hormones thyroïdiennes, l'œstrogène, la progestérone, l'insuline et les glucocorticoïdes.

Régulation de la Production Lactée

La production de lait est régulée par un mécanisme complexe impliquant à la fois des hormones et des facteurs locaux.

Préparation pendant la grossesse

Le corps de la femme se prépare à allaiter très tôt. La première partie du développement s’effectue pendant la croissance du fœtus (la mère elle-même lorsqu’elle était fœtus), avec la mise en place de la glande mammaire. La croissance se poursuit ensuite lentement pendant l’enfance, et s’accélère pendant la puberté. À chaque cycle menstruel, il y a une prolifération des canaux lactifères, suivie d’une régression en l’absence de fécondation. Puis, pendant la grossesse, la glande mammaire se développe, s’étoffe, ce qui explique que les seins augmentent de volume et paraissent plus pleins.

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Il y a une production de colostrum dès les 4 à 6 mois de grossesse. Certaines femmes vont spontanément avoir des écoulements, d’autres vont avoir des quantités plus ou moins importantes en stimulant.

Mise en place de la lactation

Lors de l’accouchement, tout un ballet hormonal se met en jeu, afin de permettre la mise en place de l’allaitement. Une des principales stimulations est la délivrance du placenta, cela entraîne une chute de la progestérone, et donc déclenche la délivrance du colostrum, puis la montée laiteuse.

La durée d’apparition de la montée de lait varie selon les femmes et là encore n’est pas corrélée à la capacité à allaiter.

Les Premières Semaines : Ajustement à la Demande

Après la naissance, la production de lait s'ajuste aux besoins du bébé. Il est donc important de laisser le bébé téter à la demande, surtout pendant les 4 à 6 premières semaines, pour calibrer la lactation.

  • Éviter de tirer son lait : Sauf nécessité, il est conseillé d'éviter de tirer son lait pendant les premiers jours pour éviter une surproduction.
  • Éviter l'allaitement mixte : Il est également préférable d'éviter l'allaitement mixte pendant les 6 premières semaines pour ne pas perturber la production lactée.

Mécanismes de Régulation : Du Contrôle Hormonal au Contrôle Local

Au fil du temps, la lactation passe d'un contrôle hormonal (endocrine) à un contrôle local (autocrine), assurant une production ajustée aux besoins du bébé.

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  • Contrôle endocrine : Initialement, la lactation est principalement sous contrôle hormonal (prolactine et ocytocine).
  • Contrôle autocrine : Progressivement, un contrôle local prend le relais, régulant la quantité de lait en fonction de la demande du bébé.

Le rôle du FIL (Facteur d'Inhibition de la Lactation)

Quand les « ballons » (cf article sur l’anatomie, il s’agit des toutes petites alvéoles où le lait est stocké) se remplissent, elles arrivent à un moment à saturation, et ne peuvent pas se distendre. Le lait contenu dans ces framboises comporte un « inhibiteur rétroactif de la lactation », le FIL3. Plus le lait s’accumule dans les framboises, plus la quantité de FIL augmente. Et ce FIL envoie des messages aux lactocytes de diminuer puis d’arrêter la production de lait en attendant la prochaine tétée.

Lors de la tétée, ces ballons se dégonflent, c’est alors l’affolement général, plus de FIL, les lactocytes se remettent à tourner à plein régime.

Conseils pour une Lactation Réussie

  • Tétées fréquentes et régulières : Respecter les signes de faim du bébé et allaiter à la demande favorise une production de lait adéquate.
  • Drainage efficace des seins : Un bon drainage des seins stimule la production de lait.
  • Attention à l'engorgement et à la mastite : Ces problèmes peuvent affecter la production de lait.

Composition du lait maternel

Le lait s’adapte dans le temps selon l’âge du bébé. Sa composition s’adapte à chaque étape de son développement. Le colostrum est riche en protéines, en vitamines E, en B-carotène, zinc et en anticorps. Puis, au début de l’allaitement il y a un mélange de colostrum et de lait mature. Ce lait évolue car c’est un aliment vivant, il va devenir plus gras, plus riche en protéines. Le lait s’adapte même dans l’instant, au cours de la tétée. Plus fou encore, certaines études démontreraient que la salive du bébé crée une réaction chimique au contact du lait maternel qui augmenterait les facteurs immunitaires.

Idées reçues sur la lactation

  • Boire plus d'eau augmente la production de lait : FAUX. La glande mammaire puise l'eau nécessaire dans le corps, indépendamment de la quantité bue.
  • Boire moins d'eau diminue la production de lait : FAUX. Le corps compense pour assurer la production de lait.

Pathologies Mammaires Fréquentes Liées à l'Allaitement

Fréquentes, elles surviennent en général au début de l’allaitement (des premiers jours aux premières semaines).

Crevasses

Le traitement est symptomatique : en première intention, il s’agit de vérifier et corriger le positionnement du nouveau-né pendant la tétée, de proposer de varier les positions d’allaitement et d’appliquer du lait maternel sur le mamelon à visée cicatrisante. La mise en place d’une antibiothérapie en première intention n’est pas recommandée.

Abcès du sein

l’allaitement doit être suspendu sur le sein atteint (le lait doit être tiré et jeté jusqu’à guérison). Il complique le plus souvent une galactophorite négligée. la ponction à l’aiguille, pour les abcès de petite taille (< 5 cm), permettant des ponctions itératives, évitant la séparation de la dyade mère-enfant, et permettant une poursuite de l’allaitement plus fréquente, mais avec un risque d’échec de la technique. l’incision-drainage, en cas d’abcès volumineux ou selon le choix de la patiente avec hospitalisation en service de chirurgie gynécologique. Des prélèvements bactériologiques sont réalisés (bactériologie du lait, hémocultures). Un bilan préopératoire et une consultation d’anesthésie sont réalisés. Le geste chirurgical consiste en une incision, mise à plat de l’abcès avec prélèvements bactériologiques en cours d’intervention, lavage abondant, drainage. En cas d’incision-drainage, l’antibiothérapie associée n’a pas prouvé sa supériorité sur l’absence d’antibiothérapie (Cochrane 2015).

Les Bénéfices de l'Allaitement Maternel

Les bénéfices de l'allaitement maternel sont multiples, tant pour la mère que pour l'enfant, avec des bénéfices sur la santé à court terme (prévention de pathologies infectieuses) mais aussi sur des pathologies chroniques à long terme (telles que l'obésité, le diabète ou le cancer du sein).

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