Introduction
L'hépatite fulminante représente une urgence médicale grave, caractérisée par une insuffisance hépatique aiguë sévère. Cet article explore les causes, les symptômes et les options de traitement de cette condition chez les enfants, en mettant en lumière les aspects spécifiques à l'âge pédiatrique.
Causes de l'hépatite fulminante chez l'enfant
Les causes de l'hépatite fulminante chez l'enfant sont variées, allant des infections virales aux réactions médicamenteuses, en passant par les maladies auto-immunes et les troubles métaboliques.
Infections virales
Les infections virales représentent une cause importante d'hépatite fulminante chez l'enfant. Parmi les virus impliqués, on retrouve :
Virus de l'hépatite A (VHA) : Bien que généralement bénigne, l'hépatite A peut évoluer vers une forme fulminante, en particulier chez les sujets de plus de 50 ans.
Virus de l'hépatite B (VHB) : L'hépatite B aiguë peut, dans de rares cas (1%), progresser vers une hépatite fulminante, surtout en cas de co-infection avec le virus delta.
Lire aussi: Vaccination pendant la grossesse
Virus d'Epstein-Barr (EBV) : L'infection par l'EBV, responsable de la mononucléose infectieuse, peut entraîner une hépatite. Les formes fulminantes sont exceptionnelles, mais graves. Le diagnostic doit être précoce et le traitement rapide chez les patients immunodéprimés.
Cytomégalovirus (CMV) : Chez le nouveau-né, l'infection à CMV peut s'accompagner d'une atteinte hépatique sévère. Chez l'adolescent et l'adulte, elle peut entraîner une hépatite. Chez les patients immunodéprimés ou transplantés, l'infection à CMV est plus fréquente et plus sévère.
Herpès virus : Chez le prématuré, le nouveau-né et l'enfant immunodéprimé, l'infection herpétique est souvent généralisée et l'atteinte hépatique est fréquente et sévère. Chez l'adulte, l'hépatite herpétique est rare mais souvent sévère, voire fulminante.
Autres virus : Plus rarement, d'autres virus tels que le virus de l'hépatite E (VHE), le virus de la varicelle-zona, le parvovirus B19, les adénovirus, les entérovirus (coxsackie A4 et A10), le virus de la rougeole et des oreillons peuvent être impliqués.
Médicaments et toxines
Certains médicaments, en particulier le paracétamol, peuvent être responsables d'hépatites fulminantes en cas de surdosage. D'autres toxines, telles que les champignons vénéneux, peuvent également provoquer des lésions hépatiques sévères.
Lire aussi: Calendrier vaccinal hépatite B
Maladies auto-immunes
L'hépatite auto-immune, plus fréquente chez les femmes, peut se manifester sous une forme aiguë sévère, voire fulminante. Le diagnostic repose sur la présence d'auto-anticorps (anticorps antinucléaires, anti-muscle lisse, anti-LKM, anti-SLA) et sur les signes histologiques d'hépatite chronique.
Troubles métaboliques
Certains troubles métaboliques héréditaires, tels que la maladie de Wilson, peuvent se révéler par une hépatite fulminante.
Causes indéterminées
Dans 15 à 20 % des cas, la cause de l'hépatite fulminante reste indéterminée malgré une recherche exhaustive.
Épidémie d'hépatites aiguës d'origine inconnue
Au printemps dernier, une épidémie d'hépatites aiguës a sévi chez des jeunes enfants en Europe, notamment en France et au Royaume-Uni. Des études récentes pointent du doigt une co-infection à deux virus fréquents chez l'enfant : le virus adéno-associé de type 2 (AAV2) et un autre virus dit "auxiliaire" (virus d'Epstein-Barr, virus de l'herpès humain (HHV-6B) ou adénovirus).
Symptômes de l'hépatite fulminante chez l'enfant
Les symptômes de l'hépatite fulminante peuvent apparaître rapidement et incluent :
Lire aussi: Vaccination hépatite B : impact sur la SEP chez les bébés
- Ictère : Coloration jaune de la peau et des muqueuses.
- Troubles de la coagulation : Saignements de nez, ecchymoses, saignements digestifs.
- Encéphalopathie hépatique : Confusion, désorientation, troubles du comportement, somnolence, coma.
- Ascite : Accumulation de liquide dans l'abdomen.
- Œdèmes : Gonflement des membres inférieurs.
- Nausées et vomissements
- Douleurs abdominales
- Fatigue
- Fièvre
Diagnostic de l'hépatite fulminante chez l'enfant
Le diagnostic de l'hépatite fulminante repose sur :
- Bilan hépatique : Augmentation importante des transaminases (ALAT, ASAT), de la bilirubine et diminution des facteurs de coagulation.
- Recherche étiologique : Tests sérologiques pour les virus, recherche de toxiques, dosage des auto-anticorps, exploration des troubles métaboliques.
- Biopsie hépatique : Elle peut aider au diagnostic en donnant quelques éléments d'orientation lorsque les causes fréquentes d'hépatites ont été éliminées et qu'aucune étiologie n'a été trouvée. La biopsie hépatique montre une nécrose parenchymateuse hémorragique avec une minime infiltration inflammatoire et des inclusions virales caractéristiques intranucléaires en cas d'hépatite herpétique.
- Scanner abdominal ou IRM : Pour évaluer l'état du foie et rechercher des complications.
Traitement de l'hépatite fulminante chez l'enfant
Le traitement de l'hépatite fulminante est complexe et nécessite une prise en charge en milieu spécialisé (réanimation). Il comprend :
- Traitement étiologique : Si une cause est identifiée, un traitement spécifique est mis en place (antiviraux, antidote en cas d'intoxication, immunosuppresseurs en cas d'hépatite auto-immune).
- Mesures de réanimation : Assistance respiratoire, correction des troubles de la coagulation, contrôle de l'encéphalopathie hépatique, prévention des infections.
- Transplantation hépatique : Elle est indiquée en cas d'évolution défavorable et représente souvent la seule chance de survie. La décision de transplantation est fonction de plusieurs critères précis, tenant compte de la possibilité de régénération du foie et de la présence ou non d'une contre-indication à la transplantation hépatique. Lorsque la décision de transplantation hépatique est prise, le patient est inscrit en super-urgence, sur la liste de transplantation hépatique.
Traitements spécifiques pour certaines causes
- Hépatite à EBV : Le traitement des hépatites modérées à EBV est symptomatique. Chez les patients immunodéprimés, le traitement associe une réduction de l'immunosuppression et l'administration d'antiviraux comme l'acyclovir.
- Hépatite à CMV : Le traitement de l'hépatite à CMV ne doit être proposé qu'en cas de formes sévères ou prolongées chez les sujets immunocompétents et chez les sujets immunodéprimés.
- Hépatite herpétique : Le traitement par acyclovir intraveineux améliore la survie.
Prévention de l'hépatite fulminante chez l'enfant
La prévention de l'hépatite fulminante repose sur :
- Vaccination : La vaccination contre l'hépatite A et l'hépatite B est recommandée chez tous les enfants. Un rattrapage vaccinal est recommandé chez les enfants et les adolescents jusqu’à l’âge de 15 ans révolus.
- Hygiène : Le respect des règles d'hygiène (lavage des mains, consommation d'eau potable) permet de prévenir la transmission des virus.
- Prévention des intoxications : Éviter le surdosage de médicaments et la consommation de champignons sauvages.
- Dépistage : Le dépistage de l'hépatite B chez la femme enceinte permet de prévenir la transmission materno-fœtale.
tags: #hépatite #fulminante #pédiatrie #causes #symptômes #traitement