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Guide EVRAS Maternelle : Éducation à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle en Maternelle

L'Éducation à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle (EVRAS) est un programme qui suscite de nombreux débats et interrogations. Cet article vise à démystifier l'EVRAS, en particulier son application en maternelle, en s'appuyant sur les informations disponibles et en tenant compte des différentes perspectives.

L'EVRAS : Un programme pour tous les âges

L'EVRAS s'adresse à tous les élèves, de la maternelle au lycée, avec l'objectif de promouvoir des relations respectueuses et l’égalité de considération et de dignité entre les femmes et les hommes. L’éducation à la sexualité est un apprentissage obligatoire, inscrit à l’article L. Le nouveau programme vise à faciliter la mise en œuvre de ces séances obligatoires et à soutenir les enseignants grâce à un cadre clair et partagé à l’échelle nationale. Dans le 1er degré, les apprentissages portent sur la vie affective et relationnelle.

Un important plan de formation est déployé, combinant des sessions en académie et un parcours Magistère en auto-inscription, ouvert à tous les personnels.

Contexte et controverse en Belgique

En Belgique, un décret adopté à la quasi-unanimité par le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles le 7 septembre rend obligatoire des séances relatives à l'éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (Evras) pour les élèves de sixième et de seconde du sud du pays.

Depuis l'adoption du décret, de nombreuses manifestations ont été organisées à Bruxelles. Dimanche 17 septembre, quelque 1 500 personnes se sont réunies près de la gare centrale pour afficher leur opposition à ces cours. Les slogans anti-Evras accompagnaient les nombreuses pancartes : « Ne touchez pas à nos enfants », « Nos enfants sont innocents ». Selon la RTBF, des personnes issues de la communauté musulmane et des militants catholiques ont participé à cette manifestation. L'association Innocence en danger, qui a pour but de protéger les enfants contre toutes formes de violences, était également présente.

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Une indignation qui est parfois allée plus loin. En seulement quelques jours, huit écoles ont été vandalisées ou incendiées à Liège et à Charleroi. Les services de l'antiterrorisme et du renseignement ont annoncé suivre de très près cette situation. Le gouvernement belge pointe du doigt la responsabilité de « conservateurs religieux » et de « complotistes », qui mèneraient, selon eux, une campagne de désinformation. Le bourgmestre de Charleroi, Paul Magnette, qui est aussi président du Parti socialiste francophone, a, de son côté, fustigé « une forme de terrorisme », « des actes barbares », et promis que la police ferait « le maximum pour retrouver le ou les auteurs de cette infamie ».

Le "guide pour l'Evras" : Un document central

Les séances existent déjà depuis 2012, sur la base du volontariat, mais c'est le nouveau « guide pour l'Evras », publié en 2023, qui cristallise la colère. Car il doit servir de base de travail pour les psychologues, les professeurs et les intervenants qui animeront les séances devant les 110 000 élèves concernés en Wallonie et à Bruxelles, explique Le Soir.

Une fois dans l'année, lors d'une séance de deux heures, ils recevront des cours sur des thématiques relatives à « l'identité de genre, expressions de genre et connaissance sexuelle », aux « violences », à « la sexualité et les comportements sexuels » et au « corps et [au] développement humain », expliquent les auteurs. S'il ne se veut pas exhaustif, ces grandes thématiques seront adaptées à chaque « tranche d'âge ».

Ce document de 300 pages se veut « inclusif et non hétéronormatif », il ne considère donc pas l'hétérosexualité comme étant la norme. Selon les auteurs, il a pour objectif de « baliser l'ensemble des thématiques pouvant être abordées en Evras » en fonction « des besoins, des acquis et du développement psycho-affectif et sexuel » des élèves. Le rôle de ce dernier est alors primordial pendant les cours : « Ils·elles·iels doivent être considéré·es comme de véritables partenaires », poursuivent-ils.

Contenu des cours : Adaptation à l'âge

Les élèves âgés de 9 à 11 ans discuteront donc des « modèles positifs LBGTQIA+ » et des « intersexuations ». Le guide précise également les « prérequis » indispensables : « Prendre conscience que l'identité de genre peut être identique ou différente, se rapprocher, s'éloigner, correspondre, ne pas correspondre, différer, osciller… de celle assignée à la naissance ». Les questions « du plaisir et de la sexualité » ainsi que la définition de « la pornographie » seront également abordées avec cette tranche d'âge.

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Pour les 12-14 ans, le guide préconise de discuter de « la diversité des pratiques sexuelles (au-delà de la pénétration) » ou des « cinq sens et les sensations qu'ils peuvent apporter dans la sexualité (sensations de plaisir et de déplaisir) ».

Le guide aborde également les normes de la société. Les plus jeunes aborderont ainsi le thème du « désir ou du non-désir d'avoir des enfants », partie durant laquelle l'adulte doit parler de « la parentalité » ou de « la pression sociale ». Le document invite également à la discussion autour de « la diversité des moyens d'avoir un·e enfant », en prenant le temps d'expliquer « la fertilité et l'infertilité », « les différents choix possibles en matière de procréation médicalement assistée », l'adoption ou la GPA (gestation pour autrui). « Il n'y a pas de meilleure façon de devenir parent·e·s », précise le guide.

Les élèves de maternelle et de primaire pourront également suivre des cours d'Evras, mais sur la base du volontariat des enseignants.

Désinformation et réactions

Sur les réseaux sociaux, les opposants à l'éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle dénoncent un enseignement « honteux ». « Ils vont ôter tous les repères des genres de nos gamins », s'indignent certains. D'autres parlent même de « l'introduction de la sexualité et de la pédophilie dans les écoles », quand certains affirment que leurs enfants ont été obligés de se dénuder en classe. Caroline Désir, la ministre francophone de l'Éducation, a dénoncé « une campagne de désinformation » destinée selon elle à « attiser la suspicion » et « faire peur aux parents ». « On ne va évidemment pas encourager une hyper-sexualisation chez les jeunes, ni susciter une orientation sexuelle ou une identité de genre.

Lancée le 11 septembre, une pétition adressée à Gabriel Attal, recueille déjà plus de 13 000 signatures. Elle demande expressément au ministre de l’Education nationale qu’il «réagisse sur sa loi et la retire», car elle «apprend à des enfants de maternelle et de primaire la sexualité».

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Elle explique, face caméra : «Je voudrais parler de la loi Evras, parce qu’apparemment pas mal de gens ne sont pas au courant de cette loi. Qui existe et qui est appliquée depuis 2012 en Belgique. La dernière version de la loi en France, 2023-2024, qui vient de tomber, fait plus de 300 pages. Leur projet est d’aller parler à des maternelles dès 5 ans. Dès 9 ans, c’est la masturbation, l’orgasme. Les influences positives et négatives de la pornographie, à 9 ans.» Elle poursuit, visiblement très en colère : «On va dire à des enfants : “Alors petit garçon, tu te sens pas peut-être un petit peu fille ? Mais ne t’inquiète pas, c’est normal, peut-être que tu vas te transformer en fille.” Ils veulent faire de nos gamins des trans.»

Tout récemment, mercredi 13 septembre, le rappeur Rohff a partagé le lien d’une pétition «contre le S du guide Evras, qui signifie sexualité poussée dès 5 ans», adressée «au monde entier, aux Français». Dans son post sur X, Rohff fustige «la loi Evras qu’ils veulent faire passer en douce».

Ces posts font référence à la généralisation du guide Evras, un programme d’éducation à la vie relationnelle affective et sexuelle mis en place en Belgique. En effet, le 7 septembre, le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a adopté un projet de décret permettant la mise en place de séances obligatoires de deux fois deux heures en sixième, puis en seconde. Jusqu’à présent et depuis 2012, dans le pays, ces ateliers avaient déjà lieu sur la base du volontariat. Ils demeureront d’ailleurs optionnels avant la classe de sixième, sous la forme d’un programme adapté à chaque tranche d’âge.

Et en Wallonie, elle fait l’objet d’une intense polémique, depuis plusieurs mois déjà. Polémique qui s’est intensifiée à l’occasion de la rentrée scolaire. Ainsi, dans la région, plusieurs écoles ont été vandalisées et incendiées dans ce contexte tendu. Quatre incendies ont touché des établissements de Charleroi dans la nuit du mardi 12 au mercredi 13 septembre. Sur place, les autorités ont constaté des revendications claires contre le programme. Lors des deux nuits suivantes, deux autres écoles ont également été dégradées. Une enquête pour «association de malfaiteurs» et «incendie criminel» a été confiée à la police judiciaire fédérale de Charleroi, confirme le procureur du Roi à CheckNews. En fin de semaine, à Liège, deux autres écoles ont été visées même s’il n’y a, à ce stade, pas de lien avec l’enquête de Charleroi, nous indique le parquet.

En ligne, cette polémique est nourrie par des internautes qui affirment notamment que ce guide, «teinté de propagande LGBT», «pousse à la sexualisation des enfants». Et de fustiger un «endoctrinement» et une «culture pédophile».

Au sein d’une pétition, ils indiquent que «nos enfants seront informés des possibilités de SEXE individuel et en groupe, A SE MASTURBER, dès 5 ans dans les écoles, et dès 9 ans informés et soumis à la pornographie… PAR DES INTERVENANTS EXTERIEURS».

Nos confrères de la RTBF ont examiné ce guide afin de vérifier ces affirmations. Il apparaît que les indications au sujet de la masturbation ne relèvent pas du groupe des 5/8 ans, mais des groupes de 9/11 ans et 12 /14 ans, puisque la pratique de la masturbation volontaire commence dès cette tranche d’âge, selon le planning familial belge. L’objectif de cet apprentissage vise à ce qu’un adolescent puisse «être à l’écoute de ses besoins et de ses envies sexuelles, et comprendre que la masturbation est une pratique normale, qu’importe le genre», note le guide.

Concernant la pornographie, il n’est pas question d’après ce guide de montrer des images pornographiques aux enfants, mais de discuter de cette thématique avec les mineurs. L’objectif étant qu’ils apprennent à identifier une image inappropriée, mais aussi à réfléchir au fait qu’elle véhicule des «normes irréalistes» et qu’ils puissent questionner les représentations de la sexualité. Le guide espère ainsi que les adolescents exposés à la pornographie, de leur propre volonté ou non, puissent aborder ces contenus avec «un esprit critique» quant aux normes et valeurs qu’ils véhiculent.

L'EVRAS en France

Si la «loi Evras» n’a donc rien à voir avec la France, un document équivalent existe déjà dans notre pays. Il s’agit du «guide pratique : accompagnement à la vie relationnelle, affective et sexuelle», qui est accessible sur le site du ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse. Il y a également fait mention de plusieurs catégories d’âge (moins de 6 ans, 6 à 10 ans, 10 à 15 ans et 15 à 18 ans) qui peuvent être confrontées à ces thématiques. Les questions liées à la pornographie et à la masturbation sont aussi évoquées, avec des cas de figure à destination des animateurs, éducateurs sportifs ou formateurs qui vont traiter les questions liées à la sexualité des enfants et adolescents.

D’ailleurs, la France n’est pas non plus épargnée par les polémiques et fake news sur le sujet. En 2018, avait notamment circulé une fausse nouvelle annonçant que Marlène Schiappa avait généralisé des cours d’éducation sexuelle où l’on apprendrait la masturbation dès l’école maternelle. En 2019, une autre fausse information virale affirmait qu’un livre scolaire destiné aux enfants de CE1 et CE2 leur apprenait les pénétrations vaginales, anales et orales, en faisant alors mention de doigt, pénis, sextoys. Et en leur conseillant d’être détendus pour avoir moins mal.

Parler du corps, de l’amour et de la sexualité avec les enfants

Parler du corps, de l’amour et de la sexualité avec les enfants peut sembler délicat. Pourtant, ces discussions sont essentielles pour leur développement et leur bien-être. Et beaucoup de parents et de professionnel.le.s se demandent à quel âge aborder ces sujets et comment répondre aux questions des enfants avec justesse. Les Petits Illustrés de l’Intimité sont conçus pour accompagner les enfants dès 4 ans et jusqu’à l’adolescence. Pour rappel, à l’école maternelle et élémentaire (entre 3 et 11 ans, donc), on parle d’éducation à la vie affective et relationnelle uniquement.

Il n’est jamais trop tard pour parler de la vie relationnelle, affective et sexuelle avec un enfant. Dès leur plus jeune âge, les enfants explorent leur corps et remarquent les différences entre filles et garçons. Iels posent parfois des questions spontanées sur la conception et la naissance, surtout lorsqu’un bébé arrive dans la famille. Parler du corps dès le plus jeune âge permet de développer une relation saine avec soi-même. Nommer correctement les parties du corps et normaliser ces discussions renforce la confiance de l’enfant et prépare le terrain pour des échanges futurs plus approfondis. Expliquer le consentement (« Ton corps t’appartient, personne ne doit te toucher sans ton accord. », « Tu as le droit de dire NON. Les Tome 1 (Le sexe féminin) et Tome 2 (Le sexe masculin) posent des bases claires sur l’anatomie. Leurs illustrations facilitent la compréhension des plus jeunes.

Vers 6 ans, les enfants posent des questions plus précises sur le corps et la reproduction. C’est le moment idéal pour approfondir les connaissances anatomiques, introduire la diversité des corps et déconstruire les idées reçues. Les tomes 1 et 2 restent pertinents pour approfondir les connaissances sur le fonctionnement du corps humain et sur l’anatomie. Le Tome 3 (la famille) est parfait pour les petits curieux qui posent de nombreuses questions sur la conception. Posez des questions ouvertes pour évaluer leur compréhension (« Que sais-tu sur… ? Rappelez-leur qu’ils ont le droit d’observer leur propre corps. Par exemple, avec un miroir de poche.

Vers 8 ans, les questions des enfants se multiplient. Pour certains, les toutes premières hormones commencent à agir et des questions sur la puberté émergent. Les relations amicales prennent de plus en plus de place et s’intensifient. De plus, anticiper les changements corporels permet d’éviter l’anxiété et de favoriser une image corporelle positive. Expliquer les stéréotypes de genre, les différentes orientations sexuelles, les discriminations (homophobie, transphobie, etc. Les Tomes 1, 2 et 3 sont de vraies mines d’or pour parler de tous ces sujets. Gardez le dialogue ouvert aux questions des enfants. Dédramatisez les changements corporels et leur temporalité.

L’adolescence est une période où les jeunes s’interrogent sur leur identité et leur sexualité. L’objectif est de leur fournir des références fiables pour les aider à prendre des décisions éclairées quant à leur vie affective et sexuelle. Initiez des discussions posées et non-jugeantes.

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