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Grossesse Monochoriale Biamniotique : Risques et Surveillance

La grossesse gémellaire, en particulier la grossesse monochoriale biamniotique, est une situation qui nécessite une surveillance accrue en raison des risques spécifiques qu'elle implique. Cet article se propose d'explorer ces risques et les mesures de surveillance mises en place pour assurer la santé de la mère et des bébés.

Types de Grossesses Gémellaires

Il est important de distinguer deux types principaux de grossesses gémellaires :

  • Grossesse gémellaire monochoriale biamniotique : Les deux embryons partagent le même placenta mais sont chacun dans leur propre poche amniotique.
  • Grossesse gémellaire bichoriale biamniotique : Chaque fœtus possède son propre placenta et sa propre poche amniotique.

Par définition, une grossesse gémellaire est considérée comme une grossesse à haut risque.

Risques Généraux Associés aux Grossesses Gémellaires

Les grossesses gémellaires, en général, présentent des risques accrus pour la mère, notamment :

  • Risque d’accouchement prématuré
  • Risque de fausse couche
  • Pré-éclampsie
  • Cholestase gravidique
  • Diabète gestationnel
  • Complications vasculaires

Risques Spécifiques à la Grossesse Monochoriale Biamniotique

La grossesse monochoriale biamniotique, où les jumeaux partagent le même placenta, présente des complications spécifiques :

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  • Syndrome transfuseur-transfusé (STT) : Il s'agit d'une inégalité d’échanges sanguins entre les fœtus. Le sang du jumeau donneur passe dans le sang du jumeau receveur. Le jumeau transfusé, qui présente une surcharge de volume sanguin, va tenter de la compenser en augmentant sa production d’urine, ce qui crée un excès de liquide amniotique (hydramnios). Le jumeau transfuseur, à l’inverse, présente une diminution de sa pression sanguine, une vessie de petite taille et parfois une anémie, du fait du manque de sang. Ce jumeau donneur produit peu d’urine et donc peu de liquide amniotique (oligoamnios).
  • Anémie polycythémie (TAPS syndrome) : Une autre forme de déséquilibre sanguin entre les jumeaux.
  • Retard de croissance intra-utérin sélectif (RCIU sélectif) : L'un des jumeaux ne grandit pas aussi vite que l'autre.

Surveillance Médicale Renforcée

En raison de ces risques, une surveillance médicale renforcée est essentielle pendant la grossesse monochoriale biamniotique.

  • Consultations mensuelles : Les futures mamans ont une consultation par mois, comme pour toute grossesse.
  • Surveillance échographique accrue : Les échographies sont plus fréquentes pour surveiller la croissance des bébés et détecter d'éventuels signes de complications comme le STT. Vous serez donc suivis plus régulièrement que les autres grossesses de jumeaux, c’est-à-dire aux 2 ou 3 semaines à partir de votre 20ème semaine de grossesse (beaucoup de photos d’échographies pour vous!) et vers la fin de votre grossesse, chaque semaine. Cela peut paraître beaucoup, mais les médecins doivent s’assurer que vos bébés grandissent relativement en même temps, au même rythme. Si ce n’est plus le cas, votre médecin décidera fort probablement de vous provoquer.

Diagnostic du Syndrome Transfuseur-Transfusé (STT)

Le diagnostic d’un STT s’effectue généralement lors d’une échographie au cours du deuxième trimestre de grossesse. Lorsque le praticien constate une différence de liquide amniotique entre les deux fœtus (ou une très grande quantité de liquide amniotique global si la grossesse est monochoriale monoamniotique), avec un fœtus évoluant dans beaucoup de liquide amniotique et l’autre non, ainsi qu’une vessie importante chez le premier et quasi inexistante chez le second, il pourra valider la présence d’un syndrome transfuseur-transfusé. Lorsque le jumeau transfuseur évolue dans un liquide amniotique particulièrement faible, il est plaqué contre la paroi utérine. Une différence de poids entre les jumeaux renforce le diagnostic, bien que cette discordance ne soit pas présente systématiquement. Il n’y a malheureusement aucun moyen d’éviter ce syndrome.

Prise en Charge du Syndrome Transfuseur-Transfusé (STT)

À ce jour, le seul et unique traitement d’un syndrome transfuseur-transfusé est chirurgical. La chirurgie consiste à introduire un petit télescope dans l’utérus, sous anesthésie locale ou péridurale, afin d’accéder au sac amniotique du jumeau transfusé. Le chirurgien gynécologue repérera alors les vaisseaux communs aux deux fœtus et les coagulera à l’aide d’une fibre laser. L’excès de liquide amniotique sera par ailleurs drainé, et un extrait pourra être analysé, si vous avez donné votre accord pour la réalisation d’un caryotype (analyse des chromosomes et détection d’anomalies). Ce traitement permet 8 fois sur 10 d’avoir au moins l’un des deux bébés vivant et sans séquelles. Suite à l’intervention, le médecin effectuera une échographie de contrôle pour s’assurer de la vitalité des fœtus, de l’absence de sang dans le liquide amniotique, et pour mesurer la quantité de liquide amniotique restante. L’incision sur le ventre est suturée d’un point, et des médicaments sont prescrits en cas de douleurs abdominales.

Accouchement

Une grossesse gémellaire nécessite de faire naître les bébés plus tôt. Dans le cas d’une grossesse gémellaire bichoriale biamniotique, il est recommandé de déclencher l’accouchement entre 37 et 38 SA, parfois un peu au-delà de 38 si tout va bien.

L’accouchement d’une grossesse gémellaire est variable d’une maternité à l’autre. En général, que le premier soit en tête ou en siège, la voie basse est autorisée. Une fois que le premier jumeau est né, l’obstétricien va réexaminer la patiente pour observer la présentation du deuxième bébé. "S’il se présente la tête en bas et que celle-ci est déjà bien descendue et engagée dans le bassin, il rompt la poche des eaux et fait reprendre les efforts expulsifs à la mère. Lorsque la tête est trop haute pour rompre la poche des eaux et espérer que la tête s’engage dans le bassin, l’obstétricien va faire une version par manœuvre interne, c’est-à-dire qu’il va aller chercher les pieds du bébé pour les tirer vers la vulve, tout en demandant à la patiente de faire des efforts expulsifs, ce qui revient à un accouchement par le siège. Si le bébé ne se présente pas par la tête mais par le dos, par les pieds ou par les fesses, l’obstétricien va aller chercher les pieds et cela revient encore à un accouchement par le siège. Autre cas, plus rare, mais qui peut arriver : la tête est haute, l’obstétricien ne parvient pas à attraper les pieds ni à faire tourner le bébé, son cœur est en difficulté : une césarienne sur le deuxième bébé s’impose.

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