Loading...

Diabète gestationnel et grossesse gémellaire : risques, alimentation et gestion

Le diabète gestationnel, ou « diabète de grossesse », est une condition qui peut survenir vers la fin du second trimestre de la grossesse. Il s'agit d'un trouble de la régulation du sucre dans le sang, entraînant une hyperglycémie chronique, similaire au diabète de type 1 et de type 2. En France, on estime qu'environ une femme sur six est concernée par le diabète gestationnel chaque année depuis 2021. Cet article explore les risques associés au diabète gestationnel pendant la grossesse, en particulier dans le contexte d'une grossesse gémellaire, et propose des conseils sur l'alimentation et la gestion de cette condition.

Dépistage et symptômes

Un dépistage systématique du diabète gestationnel est effectué entre la 24e et la 28e semaine d'aménorrhée par un test d'hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO). Ce test consiste à mesurer la glycémie à jeun, puis une et deux heures après l'absorption de 75 g de glucose. Les symptômes ressentis par la future mère sont similaires à ceux des diabétiques de type 1 ou 2 : fatigue inhabituelle, soif intense, urines fréquentes. Il est crucial d'informer rapidement son médecin gynécologue en cas d'apparition de tels symptômes pour éviter des risques pour le fœtus ou un accouchement prématuré.

Risques et complications

Bien que le diabète gestationnel puisse entraîner des complications pour la mère et l'enfant, son dépistage systématique permet aujourd'hui d'en limiter les conséquences.

Pour l'enfant

Étant donné que le diabète gestationnel survient généralement en deuxième partie de grossesse, le fœtus n'est pas exposé à l'excès de glucose dès la conception, ce qui réduit le risque de malformations liées à une exposition précoce à des quantités élevées de glucose. Cependant, l'une des principales conséquences pour l'enfant est la macrosomie (poids élevé à la naissance), qui peut conduire à une augmentation de la quantité de liquide amniotique (hydramnios). Après la naissance, le bébé peut présenter une chute du sucre dans le sang, appelée hypoglycémie.

Pour la mère

Le risque le plus grave pour la mère et l'enfant est la prééclampsie, une complication causée par une malformation des vaisseaux sanguins du placenta, caractérisée par une pression artérielle élevée chez la mère (hypertension artérielle gravidique). Si elle n'est pas prise en charge, elle peut conduire à la crise d'éclampsie et à un accouchement prématuré provoqué en urgence par césarienne.

Lire aussi: Précautions pour un bain chaud enceinte

Risques accrus en cas de grossesse gémellaire

Les grossesses gémellaires présentent déjà un risque accru de complications telles que la prééclampsie et la naissance prématurée. Le diabète gestationnel peut exacerber ces risques. Il est donc essentiel pour les femmes enceintes de jumeaux de surveiller attentivement leur glycémie et de suivre les recommandations médicales.

Gestion du diabète gestationnel : alimentation et suivi

La gestion du diabète gestationnel repose principalement sur une alimentation équilibrée et une activité physique régulière. Dans certains cas, un traitement par insuline peut être nécessaire.

Alimentation

Une alimentation saine et équilibrée est cruciale pour gérer le diabète gestationnel. Voici des recommandations spécifiques :

  • Contrôle des glucides : La consommation de glucides doit être surveillée pour couvrir les apports nutritionnels tout en évitant les pics de glycémie. Il est recommandé de consommer des glucides complexes à index glycémique bas, comme les grains entiers, les légumes et les légumineuses. Les aliments ayant un index glycémique élevé sont à limiter, notamment lorsqu’ils sont mangés de manière isolée. Mieux vaut les associer à un aliment riche en fibres pour réduire l’impact sur la glycémie. Les recommandations sont d’au minimum 200 g de glucides par jour.
  • Répartition des repas : Il est important de répartir correctement les glucides sur la journée. Si on n’arrive pas à atteindre les glycémies requises en trois repas, on peut être amené à fractionner les prises alimentaires. Cela permet parfois d’obtenir les bonnes glycémies. Ce fractionnement consiste, par exemple, à manger son fruit 2 heures après le repas, plutôt qu’au dessert.
  • Surveillance des lipides : Il est important de veiller à ne pas prendre trop de poids pendant sa grossesse et donc à surveiller ses apports en lipides. « Ce sont des nutriments qui sont très caloriques et font prendre du poids. C’est important d’y veiller pour prévenir le diabète. Et puis, consommer trop de lipides peut entraîner de l’insulino-résistance et faire monter la glycémie. »
  • Choix des aliments : Les diététiciennes recommandent d’opter pour des céréales au blé complet, du pain noir, de l’avoine ou du muesli au petit-déjeuner. On peut également manger un fruit avec un laitage. Il est préférable de manger le fruit entier, plutôt qu’en jus ou en compote. Dans les yaourts, il est recommandé de veiller à la quantité de matière grasse qu’ils contiennent. En fin de repas, en guise de dessert, les nutritionnistes suggèrent de manger un fruit.

Activité physique

La seule manière de faire naturellement baisser la glycémie (en dehors de l’insuline) est l’activité physique. Il est recommandé de marcher au moins une demi-heure par jour, mais on peut également s’adonner à la natation, à la danse… Les muscles vont alors consommer du sucre pour fonctionner et participer à réguler la glycémie sanguine.

Surveillance de la glycémie

En parallèle de l’alimentation, la femme enceinte doit mesurer régulièrement sa glycémie capillaire (méthode instantanée qui permet de mesurer le taux de sucre dans le sang) à l’aide d’un lecteur de glycémie (généralement 4 à 6 fois par jour).

Lire aussi: Causes et conseils : 1er mois de grossesse

Traitement par insuline

Si les glycémies restent au-dessus des seuils cibles malgré les mesures hygiéno-diététiques, un traitement par insuline sera prescrit. L’insuline est injectée par la patiente elle-même, à l’aide de stylos adaptés, selon un schéma personnalisé. Ce traitement est sans danger pour le fœtus, car l’insuline ne passe pas dans la circulation sanguine du bébé.

Suivi médical

Un suivi médical régulier est essentiel pour gérer le diabète gestationnel. Voici quelques aspects importants du suivi :

  • Consultations fréquentes : Vous aurez des rendez-vous plus fréquents avec votre médecin pour surveiller votre glycémie, votre poids et la croissance de votre bébé.
  • Échographies : Des échographies régulières peuvent être nécessaires pour surveiller la croissance fœtale et le volume de liquide amniotique.
  • Plan de naissance : Discutez avec votre médecin de votre plan de naissance et des interventions possibles en cas de complications.

Après la grossesse

Dans la majorité des cas, le diabète disparaîtra après l’accouchement, sauf si vous étiez diabétique avant la grossesse sans le savoir. Certaines patientes avec un diabète gestationnel sont en fait diabétiques et ne le savaient pas. À plus long terme, on recommande aux femmes ayant présenté du diabète gestationnel un suivi renforcé. En effet, près de la moitié des femmes ayant présenté un diabète gestationnel développeront un diabète de type 2 dans les 10 à 20 années suivant l’accouchement.

Plusieurs consignes peuvent aider à prévenir cette pathologie : contrôler ses apports caloriques pour maîtriser son poids, consommer suffisamment de fibres, faire de l’activité physique, et allaiter si possible. « Les études démontrent que l’allaitement diminue le risque ultérieur de diabète de type 2. Cette diminution est proportionnelle à la durée de l’allaitement, allant de -25 % (< 6 mois), jusqu’à -47 % (> 6 mois) au-delà. »

Lire aussi: Taille du Fœtus à 18 Semaines

tags: #grossesse #gemellaire #24 #semaines #diabete #gestationnel

Articles populaires:

Share: