L'assistance médicale à la procréation (AMP), et plus particulièrement la fécondation in vitro (FIV), est une solution pour de nombreux couples confrontés à l'infertilité. Cependant, des interrogations subsistent quant à la santé à long terme des enfants conçus par cette méthode. Cet article examine les risques potentiels associés à la FIV, en s'appuyant sur les données scientifiques actuelles et les recommandations des experts.
La Fécondation In Vitro : Un Aperçu
La fécondation in vitro (FIV) est une technique de procréation médicalement assistée (PMA) qui consiste à féconder un ovule avec un spermatozoïde en laboratoire. L'embryon ainsi obtenu est ensuite transféré dans l'utérus de la femme. Cette technique est utilisée pour traiter divers problèmes d'infertilité, tels que les troubles de l'ovulation, les problèmes de sperme et les obstructions des trompes de Fallope. Chaque année, en France, 23 000 enfants naissent grâce à une prise en charge dans un parcours de procréation médicale assistée (PMA), soit 3,6 % des naissances.
Risque de grossesse arrêtée après FIV
Une grossesse arrêtée est une interruption spontanée de grossesse qui concerne environ 15 % des grossesses naturelles. Il est naturel d’imaginer que la FIV, en étant encadrée médicalement, offre plus de garanties sur le déroulement de la grossesse. Pourtant, aucune technique d’assistance médicale à la procréation ne peut éliminer totalement le risque de grossesse arrêtée.
Dans le cadre d’une FIV, certains examens complémentaires peuvent aider à mieux comprendre et limiter ces risques. Par exemple, en France, un diagnostic génétique préimplantatoire (DPI) est proposé lorsqu’il existe un risque avéré de transmettre une maladie génétique grave : il est nécessaire qu’une anomalie génétique responsable d’une telle maladie ait été identifiée au préalable chez l’un des parents ou chez un de leurs ascendants directs. Cet examen permet de détecter d’éventuelles anomalies chromosomiques avant le transfert embryonnaire.
Fragilité des Grossesses Issues de FIV : Mythe ou Réalité ?
La question de savoir si une grossesse FIV est plus fragile qu'une grossesse naturelle est une préoccupation fréquente chez les couples ayant recours à cette technique. Une fois la grossesse confirmée (généralement après la première échographie vers 6-7 SA), le suivi est identique à celui d’une grossesse spontanée, sauf en cas de facteurs de risque spécifiques. Cependant, les grossesses issues de FIV font souvent l’objet d’une vigilance accrue, pour des raisons à la fois médicales et émotionnelles : les parcours sont souvent longs et éprouvants, et la peur de « perdre » ce qui a été difficile à obtenir est fréquente.
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Si le profil médical des personnes ayant recours à la FIV (âge plus avancé, pathologies associées …) peut augmenter le risque de grossesse arrêtée, il est important de se rappeler que la FIV n’est pas un facteur de risque et qu’une majorité des femmes qui traversent cette épreuve réussissent à avoir une grossesse menée à terme par la suite.
Facteurs de Risque de Grossesse Arrêtée Après FIV
La grossesse arrêtée est un phénomène complexe, souvent multifactoriel. Après une FIV, une grossesse arrêtée peut survenir pour des raisons similaires à celles observées dans une grossesse naturelle :
- Anomalies chromosomiques de l’embryon (la cause la plus fréquente)
- Âge de la femme, en particulier après 35-38 ans
- Qualité des ovocytes ou des spermatozoïdes
- Problèmes utérins ou hormonaux
- Troubles de coagulation ou maladies auto-immunes
- Mode de vie (tabac, alcool, stress intense…)
Comment Optimiser les Chances de Succès ?
Même si le risque zéro n’existe pas, certains gestes et accompagnements peuvent aider à créer un environnement favorable à l’implantation et au maintien de la grossesse :
- Un suivi médical personnalisé, notamment après plusieurs échecs ou grossesses arrêtées
- Une bonne hygiène de vie (sommeil, alimentation équilibrée, arrêt du tabac…)
- Un accompagnement en soutien psychologique ou en médecines complémentaires (sophrologie, acupuncture…)
- Parfois, des examens spécifiques pour explorer des causes rares de grossesses arrêtées à répétition
Santé des Enfants Nés par FIV : Ce Que Nous Savons
Depuis les années 1970, début des techniques d’Assistance Médicale à la Procréation, plus de 8 millions d’enfants sont nés par Fécondation In Vitro dans le monde. Selon les chiffres de l’Agence de Biomédecine, en France les enfants conçus après AMP (FIV et insémination) représentent 27 180 naissances en 2019. Un enfant sur 28 est donc issu d’une technique d’Assistance Médicale à la Procréation.
Les risques posés par les grossesses obtenues après FIV sont bien documentés : augmentation de la prématurité et du nombre de bébés de faible poids : l’hypotrophie, (ces risques sont à relier à l’infertilité elle-même), une plus grande fréquence de grossesses multiples (environ 25 % de grossesses gémellaires, 3 % de grossesses triples et plus).
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Paradoxalement, il y a peu de données sur la santé des personnes nées d’une AMP, en raison du « petit nombre d’études qui s’intéressent au sujet, du petit nombre de personnes ayant participé à ces études, et du faible recul » explique l’Agence de la Biomédecine dans une brochure qu’elle actualise régulièrement sur le sujet. Il est vrai que la santé d’une personne est multifactorielle ensuite : quelle exposition aux toxiques ? quels antécédents familiaux ? quel mode de vie et quelle hygiène de vie ? Difficile d’affirmer avec certitude que la méthode de conception est directement en lien avec tel ou tel risque. C’est du moins le postulat retenu par les scientifiques.
Malgré tout, l’Académie Nationale de la Médecine en France a publié en 2023 un rapport pour revenir sur ce que l’on sait vraiment aujourd’hui de la santé des enfants nés d’une FIV pour nous aider à faire le tri dans les informations. Notons que pour l’insémination artificielle, les données scientifiques n’on pas identifié de problème de santé chez les enfants.
Troubles du Neurodéveloppement et du Comportement
Sur le plan des troubles du « neurodéveloppement », c’est à dire les troubles moteurs, les déficits intellectuels, les troubles du spectre autistique (TSA), les troubles de l’apprentissage, de la communication, l’hyperactivité, les troubles obsessionnels compulsifs, les troubles de comportement ou l’anxiété, les études internationales se contredisent. Vous avez peut-être entendu parler d’absence de lien entre troubles du spectre autistique (TSA) et AMP, ou au contraire d’une augmentation de TSA en FIV ICSI ? Des études parlent d’augmentation de déficience cognitive en lien avec la prématurité des enfants nés de FIV, puis à l’inverse d’autres études évoquent des risques de déficience cognitive abaissé. Vous avez même peut être lu une étude qui faisait état d’un niveau d’éducation supérieur pour les enfants nés de FIV. Rien que ça ! Au final, difficile de faire le tri, si ce n’est que les études rapportant des troubles tempèrent leurs conclusions avec des limites sur la taille des effectifs et les facteurs liés aux antécédents des parents.
L’Académie Nationale de la Médecine conclut que la conception par FIV ou par ICSI ne semble pas avoir d’effet négatif sur le neurodéveloppement, hormis bien entendu les séquelles dues à la prématurité. De nouvelles études devraient décrire plus précisément ces troubles, en lien notamment avec le contexte socio-familial.
Risques Cardiovasculaires
Depuis plusieurs années, des études suggèrent des troubles cardiovasculaires chez les enfants nés de FIV, et ce, dès le plus jeune âge. En 2017, un groupe de chercheurs chinois après avoir étudié les travaux d’une vingtaines d’autres équipes de recherche, confirmaient une « augmentation mineure mais statistiquement significative de la pression artérielle systolique et diastolique », c’est à dire de la pression du sang lorsque le coeur se contracte et de la pression du sang dans les artères quand le coeur se relâche. L’augmentation de la pression artérielle chez l’enfant pourrait engendrer plus tard de l’hypertension artérielle et donc plus de maladies cardiovasculaires, car le coeur est plus fatigué. En cause dans ces études, le stress oxydant (une agression des constituants des cellules). Le stress oxydant pourrait être induit par les manipulations des gamètes et de l’embryon lors de la FIV/ICSI, ou plus simplement, viendrait des parents (infertilité, âge avancé, obésité, hygiène de vie).
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Au sujet de ce risque cardiovasculaire qualifié de « modéré », l’Académie Nationale de Médecine s’interroge sur « un suivi précoce préventif avec des mesures d’hygiène et diététiques adaptées » et rappelle l’importance d’avoir plus d’études sur le sujet.
Cancers Pédiatriques
Les études publiées à ce jour n’ont pas trouvé de différence du taux de cancer chez les enfants conçus par FIV par rapport à ceux conçus naturellement. Une large étude est en cours en France pour mesurer la survenue de cancers chez les enfants conçus par FIV et spécifiquement pour étudier la différence entre les embryons issus d’un transfert d’embryons congelé ou frais.
Aspects Psychologiques
Sur un point de vue psychologique, les « bébés éprouvettes » sont des enfants qui ont longtemps été désirés et qui sont issus d’un long combat contre l’infertilité. Après de nombreuses années d’essais, de traitements, d’échecs et de fausses couches, les parents ont eu tout le temps de se préparer à l’arrivée de ce bébé, souvent surnommé « bébé miracle ». Ces enfants sont alors généralement surprotégés et plus investis par leurs parents, mais leur devenir psychologique ne varie pas, comparé aux enfants conçus naturellement.
Cependant, ces études ne s’appuient que sur des enfants âgés de 0 à 5 ans, seules quelques-unes commencent à s’intéresser aux périodes de la pré-adolescence et de l’adolescence. Malgré le faible recul et le peu de chiffres disponibles, les différences notées ne sont pas statistiquement significatives. Les relations parents-enfants autour de l’adolescence laissent apparaître certaines difficultés psychoaffectives, mais aucun trouble psychologique grave ne paraît relatif au mode artificiel de conception. Cette période délicate qu’est l’adolescence laisse en effet penser que l’enfant se pose davantage de questions sur son existence et sa venue au monde et que selon ces mêmes études, seuls 8,6 % des adolescents conçus par FIV étaient au courant de leur origine génétique.
Fertilité des Enfants Conçus par FIV
Parmi les différentes causes pouvant expliquer l’infertilité, le facteur de la génétique est à prendre en considération. Le syndrome de Turner, par exemple, constitue l’une des principales anomalies chromosomiques susceptibles de provoquer une stérilité chez la femme. Chez l’homme, on peut faire l’hypothèse que les cas d’altération de la fertilité seront possible chez les garçons conçus par une FIV ICSI réalisée pour résoudre le problème d’infertilité de leur père d’origine génétique, comme le suggère une étude belge de 2016. En revanche aucune étude n’a démontré que les techniques d’AMP étaient délétères sur la fertilité des enfants ainsi conçus. D’ailleurs, Amandine, le premier « bébé-éprouvette » a donné naissance en 2017 à une petite fille conçue de manière tout à fait naturelle. C’est aussi le cas de Louise Brown née en 1978 qui, en 2006, a eu un enfant en parfaite santé par « fécondation naturelle ».
Impact des Manipulations en Laboratoire
Être conçu par fécondation in vitro (FIV) a-t-il un impact sur la santé à moyen et long terme des enfants ? Les phases de gamétogenèse (maturation des ovocytes et des spermatozoïdes) et de développement de l’embryon avant son implantation dans l’utérus sont particulièrement sensibles. Ce qui correspond aux phases où des manipulations ont lieu, dans le cadre de la procréation artificielle. Les traitements hormonaux de stimulation ovarienne mis en place pour récolter les ovocytes maternels, les conditions dans lesquelles les embryons sont conçus et cultivés in vitro puis, parfois, congelés plus ou moins longtemps avant d’être décongelés font partie des procédures les plus suspectées d’être à l’origine des troubles observés. Notamment, par leur impact sur les phénomènes épigénétiques (la manière dont est régulée l’expression des gènes).
Les membres du groupe de travail ont étudié l’impact probable des FIV sur les cancers pédiatriques, les troubles du neurodéveloppement et du comportement, les troubles de la croissance et du métabolisme, les troubles cardiovasculaires, les altérations de la fertilité. Ainsi que ceux liés aux gènes soumis à l’empreinte génomique et aux modifications épigénétiques. Ils constatent que des études comparatives mieux caractérisées devraient être poursuivies, notamment à des âges plus avancés. Car les résultats déjà publiés ne sont pas toujours concordants. Par ailleurs, les altérations observées chez les enfants ne sont pas forcément imputables à la FIV en elle-même, mais au fait que les couples infertiles peuvent être plus à risque de transmettre des facteurs responsables de perturbations de leur propre santé. Par exemple, certains garçons nés à la suite d’une FIV avec micro-injection de spermatozoïdes dans l’ovocyte (ICSI), faite pour pallier l’infertilité masculine d’origine génétique de leur père, risquent eux aussi d’être stériles.
Concernant la croissance et le métabolisme, les résultats qu’ils ont étudiés sont disparates mais plutôt rassurants. Concernant les cancers pédiatriques, les études existantes sont mitigées. Certaines rapportent que les leucémies et les tumeurs du système nerveux central ont été en général observées avec la même incidence, selon les conditions de conception. Mais d’autres rapportent une fréquence de cancers plus élevée en cas de FIV, particulièrement s’il y a eu aussi congélation embryonnaire. La France vient de lancer une vaste étude sur la question, basée sur une cohorte de 100 000 enfants conçus par FIV, dont 40 000 issus d’un transfert de congélation embryonnaires.
Concernant les troubles cardiovasculaires suspectés depuis longtemps, les quelques études disponibles présentent de nombreuses limites : les échantillons sont faibles, les données de naissance peu documentées, les facteurs de santé des parents peu renseignés… néanmoins, un risque modéré d’anomalies cardiovasculaires n’est pas exclu. Une piste d’explication est donnée par le stress oxydant induit sur les embryons lors des manipulations et conditions de culture impliquant des modifications de pH, température, taux d’oxygène etc.
Concernant les troubles du comportement et de neurodéveloppement (déficit intellectuel, troubles du spectre de l’autisme, difficultés d’apprentissage, hyperactivité, troubles de l’attention, troubles obsessionnels compulsifs, anxiété etc.), là aussi les quelques études disponibles se contredisent et leurs auteurs tempèrent leurs conclusions. Pour les explications, les auteurs évoquent aussi les modifications épigénétiques liées aux milieux de culture des embryons. Par ailleurs, les liens entre ces troubles et les conditions de naissance passent aussi par les risques accrus, dans le cadre des PMA, de grossesses multiples et de prématurité.
Trois études mentionnées par l’Académie de médecine concernent la « qualité » des embryons conçus in vitro et « testés » avant implantation, en particulier lorsque le père est porteur d’une infertilité liée au syndrome de Klinefelter. Dans ces situations où les spermatozoïdes sont rares, certains peuvent être néanmoins recueillis dans le sperme ou directement prélevés dans les testicules pour être ensuite introduits directement dans l’ovocyte (ICSI) pour le féconder. Si les enfants nés sont des garçons, ils peuvent être porteurs des mêmes caractéristiques génétiques et donc des mêmes troubles que leur père. Les résultats de ces 3 études montrent des taux élevés d’anomalies chromosomiques.
Ainsi, même « si la PMA n’est pas elle-même la cause du trouble de santé de l’enfant, elle fait preuve en l’occurrence de dysgénisme ».
Nécessité d'un Suivi Accru
De nombreuses incertitudes demeurent, les résultats ne sont pas tous pertinents ni concordants, par manque de données, variations méthodologiques, effectifs trop faibles… il est par ailleurs parfois difficile d’imputer directement des anomalies constatées aux techniques de PMA elles-mêmes. Les conditions de grossesse et de naissance (prématurité) qu’elles contribuent à induire jouent également. Le suivi des enfants devrait être accru, jusqu’à un âge avancé. Pour mieux comprendre l’impact du rôle des conditions de culture, des méthodes de congélation-décongélation etc. sur les événements épigénétiques, il serait aussi fondamental que les procédures utilisées pour la conception d’un enfant soient documentées, ce qui est rarement le cas.
Elle rappelle par ailleurs cette mission qui a été confiée à l’Agence de la biomédecine dès sa création en 2004, d’évaluer « les conséquences éventuelles de l’assistance médicale à la procréation sur la santé des enfants qui en sont issus » (CSP Art. L. Malgré les incertitudes, l’ANM plaide pour qu’une meilleure information soit donnée aux personnes ayant recours à la FIV, notamment sur l’absence de risque authentifié mais aussi sur les risques potentiels de ce mode de procréation pour la santé à moyen et à long terme des enfants qui naîtront. Et pour qu’en cas d’apparition de troubles de la santé chez leur enfant, la prise en compte des conditions de conception puisse conduire à une meilleure prise en charge. Par exemple, étant donné le risque cardio vasculaire, les parents pourraient être incités à informer leurs enfants, à mettre en place un suivi précoce et des habitudes hygiéno-diététiques appropriées.
Risque de Mortalité Infantile
Les chercheurs du Karolinska Institutet, dans cette étude à paraître dans la revue Fertility & Sterility, relèvent un risque légèrement accru de décès au cours des toutes premières semaines de vie et associent ce risque à l’incidence plus élevée, chez ces bébés, de la naissance prématurée. « Les enfants conçus avec des techniques de procréation assistée -dont la FIV- présentent un risque quelque peu accru de mortalité infantile mais le risque absolu pour chaque bébé reste très faible », explique l’auteur principal, Le Dr Kenny Rodriguez-Wallberg, professeur agrégé en Oncologie et pathologie au Karolinska Institutet.
Au cours de la première semaine de vie, les enfants conçus par transfert d'un embryon congelé présentent un risque de décès deux fois plus élevé que les enfants conçus de manière naturelle. La technique de procréation assistée semble donc faire la différence et il est donc important de comprendre les mécanismes sous-jacents qui peuvent l’expliquer. Les chercheurs suggèrent que plus d'enfants FIV naissent prématurément que ceux conçus naturellement, ce qui pourrait avoir des conséquences négatives. Il est également possible que l'infertilité sous-jacente entraîne un risque plus élevé de complications.
Malformations Congénitales
Avec ces méthodes, les spermatozoïdes, incapables dans les conditions naturelles de parcourir leur chemin jusqu’à l’ovule, voire de féconder dans le cas de l’ lcsi ne sont plus éliminés. Par ailleurs, le risque de malformation majeure est significativement plus fort chez les enfants conçus par fécondation in vitro ou par ICSI, comparativement aux enfants conçus naturellement : il est estimé en moyenne à 5.9 % (FIV, ICSI) contre 3.6 % (conception naturelle).
D’autres études au contraire se veulent plus optimistes, comme celle dirigée par le Dr Géraldine Viot, généticienne à la maternité Cochin. Portant sur 15162 enfants suivis jusqu’à l’âge de 5 ans, elle a montré des taux de malformation congénitale de 4.3 %, contre 2.5 % dans le reste de la population. Encore de nos jours, les études se contredisent à cet égard. Environ 4% des enfants conçus naturellement présentent des malformations congénitales à la naissance. Certaines études démontrent qu’il n’y a pas plus de malformations fœtales chez les enfants conçus à la suite d’une procréation assistée que chez ceux qui sont conçus naturellement. Il est possible que les enfants conçus à l’aide de la technique ICSI présentent un risque légèrement accru de malformations congénitales, indépendamment des facteurs parentaux, possiblement parce qu’il n’existe pas encore de moyens fiables de déterminer si le spermatozoïde injecté à l’intérieur de l’ovule est exempt d’anomalies.
Impact de l'Infertilité Parentale
En général, les enfants issus des procréations médicalement assistées sont conçus après un long et douloureux parcours d’infertilité. Ils peuvent être investis comme des enfants précieux et faire l’objet d’une surprotection anxieuse. Cet effet « infertilité » influence le devenir des enfants conçus par assistance médicale à la procréation, mais il n’est pas spécifique de ce mode de procréation.
Développement Psychologique
Selon les études, certaines difficultés psycho- affectives se font sentir dans la relation parents-enfant mais aucun trouble psychologique grave ne paraît relatif au mode artificiel de procréation. Actuellement, des données commencent à être publiées sur le développement ultérieur, en particulier autour de la période de l’adolescence. Dans une étude européenne sur les familles issues de l’assistance médicale à la procréation. S. Golombok (2002) et son équipe présentent les résultats de la deuxième phase de leur enquête longitudinale. Les mesures effectuées sont assez étendues. Les auteurs concluent que les familles FIV et IAD avec des enfants préadolescents se portent bien. Pour de nombreuses mesures, les différences notées ne sont pas statistiquement significatives.
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