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L'Élevage du Grand Combattant du Nord : Tradition, Passion et Préservation

Le Grand Combattant du Nord, une race de volaille emblématique des Hauts-de-France, incarne une tradition séculaire et une passion transmise de génération en génération. Cet article explore l'histoire, les caractéristiques, l'élevage et les enjeux liés à cette race unique, tout en mettant en lumière le rôle des éleveurs passionnés qui œuvrent à sa préservation.

Introduction : Un Héritage Ancestral

Le Grand Combattant du Nord, également appelé Coq Faisan en raison de son plumage riche en couleurs, est l'une des plus anciennes races de volailles françaises. Son histoire est intimement liée aux combats de coqs, une pratique ancestrale qui remonte à l'époque romaine. Bien que les combats de coqs soient aujourd'hui interdits en France, sauf dans quelques communes du Nord où ils sont tolérés, la race Combattant du Nord continue d'être élevée avec passion, témoignant d'un attachement profond à un patrimoine culturel unique.

Origines et Histoire : Des Combats de Coqs à la Préservation de la Race

L'origine du Grand Combattant du Nord se perd dans la nuit des temps. Certains affirment que les combats de coqs sont arrivés dans la région avec l'occupation romaine, mais César lui-même écrivit qu'il y avait en Angleterre comme en Gaule Belgique des coqs avant la conquête romaine, précisant que ces peuples « les élèvent pour leur plaisir car ils ne les mangent pas ». Il est donc possible que les combats de coqs existaient déjà avant l'arrivée des Romains, mais il est certain qu'ils ont développé et encouragé cette pratique.

Les combats de coqs ont connu un succès ininterrompu jusqu'au XIXe siècle, avant d'être interdits en 1850 par la loi Grammont. Cependant, ils ont continué à être pratiqués clandestinement en Flandre, avec une certaine tolérance de la justice locale. Une loi de 1963 a durci l'interdiction, mais une mobilisation des Nordistes a conduit au rétablissement de l'autorisation en 1964 dans les lieux à tradition locale ininterrompue.

Sans cette tradition, la race aurait probablement disparu. Sa population fut fortement réduite pendant la seconde Guerre Mondiale. En 1975, Monsieur Marcel Dhénin lance l'initiative, avec l'association ANIMAVIA, de recréer la race. Elle est une des plus anciennes volailles de notre patrimoine. En 1950, elle avait quasiment disparu, elle réapparaît en 1974. Cette poule est assez légère, de couleur chinée, pointillée de noir et de gris. Dans les années 80, certains éleveurs la font rejaillir de l'oubli en travaillant à partir d'une ancienne souche. Ce bel oiseau a le dos large, la poitrine bien cambrée et le plumage uniformément noir aux reflets verts dorés.

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Caractéristiques Physiques et Variétés : Force, Élégance et Diversité

Le Combattant du Nord est la seule volaille française à exister en trois "tailles" :

  • Le grand Combattant du Nord : Le coq pèse environ 4,5 kg, et la poule de 2,5 kg à 4 kg. C'est le grand qui est utilisé pour les combats, plus rarement le petit, mais jamais le nain.
  • Le petit Combattant du Nord : Le coq pèse de 1,25 kg à 1,5 kg, mais il est devenu assez rare.
  • Le Combattant nain : Le coq pèse 750 g et la poule 625 g.

Selon le standard, c'est une volaille naine qui doit exprimer la force, l’élégance, la puissance et la fierté. Son corps est droit, sans raideur, incliné vers l’arrière, aux formes arrondies et non heurtées. La crête est simple, mais comme tous les Combattants, elle est coupée à l’âge de 6 ou 7 mois, ainsi que les oreillons et les barbillons. Son cou est assez long et un peu arqué.

La race existe en de multiples coloris, les plus répandus étant : doré, saumoné, argenté saumoné et bleu saumoné. Les tarses sont de couleur jaune intense à vert olive.

L'Élevage du Combattant du Nord : Passion et Savoir-Faire

L'élevage du Combattant du Nord est une affaire de passionnés, souvent transmise de génération en génération. Un éleveur d’Haverskerque raconte avoir grandi dans une famille où les combats de coqs étaient une tradition, son père et son grand-père y participant régulièrement. Lui a démarré à l’âge de 30 ans. Aujourd’hui, il possède 35 coqs de race Combattant du Nord, ainsi que des poules et des coqs d’élevage.

Ces gallinacés s’élèvent comme des poussins de basse-cour. Ils débutent les combats à l’âge de 10 mois. Avant de rejoindre le gallodrome, ils sont nourris avec des aliments pour pigeons, « ça leur donne du feu ». Le coq est mis au repos durant 3 mois après le combat. Il joue 4 à 5 fois dans sa vie. Pour la mise au combat, l’éleveur observe l’animal. « S’il s’énerve contre la porte, c’est qu’il est prêt. » Le lendemain du combat, le coq a droit à un œuf battu avec du lait, du sucre et une tartine, « ça lui permet de reprendre des forces ». Le coq reçoit aussi une piqûre d’antibiotique.

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Pour pouvoir se rendre dans les gallodromes, l’éleveur doit faire partie de la fédération des Coqueleux région Nord de la France. Il faut aussi avoir en sa possession une attestation du vétérinaire prouvant que l’animal a bien été vacciné contre la grippe aviaire. Pour la reproduction, les éleveurs passent un accord entre eux. L’éleveur que nous avons rencontré a eu un coq à prêter qu’il rendra contre une couvée. Les coqs d’élevage ne participent pas aux combats durant 3 ans. Ce passionné et sa femme prennent soin de leurs coqs. Pour eux, les combats font partie du patrimoine local, « C’est un peu comme la pratique de la tauromachie dans le Midi. »

Particularités de l'Élevage : Préparation et Soins

Le jeune coq, une fois encagé, est considéré comme un sportif professionnel et fait l'objet des soins les plus attentifs de la part de son maître. Il faut aussi tester les qualités combatives ou plutôt le goût au combat du jeune coq, en le présentant à un congénère pour voir ses réactions. Chaque fois que le coqueleur sort le coq de sa cage pour le tester, il lui présente une main ouverte paume au dessus sur laquelle le coq ira se percher. Bientôt le coq ne se perchera que s'il a envie de combattre, s'il se sent en forme et prêt psychiquement. Jamais l'homme ne forcera l'animal à se poser sur sa main.

Le coq est également préparé physiquement pour les futurs combats par quelques petites ablutions. La crête, les oreillons, les barbillons sont enlevés car ils sont autant de proie facile pour les adversaires et les blessures sur ces organes saignent abondamment aveuglant le combattant. L'ergot du coq est lui aussi scié avec un fil d'acier au raz de la patte, cette opération est indolore. Un ergot artificiel sera posé pour les combats. Il semble que ce choix de poser des ergots artificiels ait été fait afin de diminuer la gravité et la douleur des blessures. L'ergot artificiel droit et lisse provoque des blessures nettes qui cicatrisent rapidement contrairement à l'ergot naturel courbe qui arrache les chairs.

Le Rôle de la Fédération des Coqueleux : Gardienne de la Tradition

L'organisation des coqueleux du Nord fait l'admiration de tous les amateurs du monde. Une fédération qui regroupe une très grosse majorité des éleveurs, possède 4 à 5000 adhérents. Cette fédération très bien structurée, réglemente précisément les combats, les arbitres distribuent des sanctions aux contrevenants. Administrée par des passionnés, dévoués et connaisseurs la fédération est très respectée et ses conseils ou ses directives sont suivis par chacun.

La fédération publie un journal mensuel, le Coq Gaulois, édité depuis 70 ans, qui informe des calendriers et commente des combats. Une fédération bien structurée qui veille sur la tradition et qui maintien aussi l'originalité de la race des combattants.

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Les Combats de Coqs : Un Rituel Codifié

En Flandre, les combats sont très codifiés et prennent l'allure de véritables rites, ils ne se déroulent bien sûr que dans les gallodromes. Il s'agit de petits rings de 2 à 3 m de côté, entourés d'un grillage d'un mètres de hauteur. Autour du ring quelques tribunes accueillent les spectateurs. Généralement les gallodromes sont des salles contiguës à un café.

Chaque gallodrome a un calendrier de combats qui ont lieu principalement le week-end, mais aussi en semaine. Les combats sont organisés de manière très précise. Le coqueleur amène son coq dans l'arène où il le pose face à l'adversaire, sans le pousser. Le combat commence alors immédiatement les coqs étant pressés d'en découdre. La durée du combat est généralement de 6 minutes voire 8 minutes, à la 4ème minute de combat une lampe s'allume, à la 5ème minute une seconde lampe indiquant ainsi le temps restant. Le coq debout à la fin du combat est le vainqueur.

Controverses et Défis : Entre Tradition et Modernité

Les combats de coqs suscitent des controverses et des oppositions, certains considérant cette pratique comme cruelle et barbare. Les éleveurs sont parfois confrontés à des critiques, étant traités d'assassins lorsqu'ils se rendent au gallodrome avec leur caisse de transport. Cependant, ils défendent leur passion en arguant qu'il s'agit d'un patrimoine local et d'une tradition ancestrale.

Un autre défi est le manque d'intérêt du public pour les combats de coqs, avec une diminution du nombre de parieurs. Malgré ces difficultés, les éleveurs de Combattants du Nord restent déterminés à préserver leur tradition et à transmettre leur passion aux générations futures.

Préservation de la Race : Un Enjeu Essentiel

La préservation du Grand Combattant du Nord est un enjeu essentiel pour maintenir la diversité génétique et le patrimoine culturel de la région. Des initiatives sont menées par des éleveurs passionnés, des associations et des institutions pour soutenir l'élevage de cette race et sensibiliser le public à son importance.

Au Musée de Plein-Air Air, la préservation du patrimoine rural s'additionne à une volonté de préserver les animaux de races locales. En 1975, Monsieur Marcel Dhénin lance l'initiative, avec l'association ANIMAVIA, de recréer la race.

Le Combattant du Nord dans la Basse-Cour : Un Atout Esthétique et Génétique

Même en dehors des combats, le Combattant du Nord est apprécié pour son port droit, ses couleurs riches et ses qualités reproductrices indéniables. Il peut être un atout esthétique et génétique pour les basses-cours, contribuant à la diversité des races et à la préservation du patrimoine avicole.

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