Le diabète de type 2 est la forme la plus fréquente de diabète, représentant 90% de la population diabétique. Il se caractérise par un diagnostic souvent plus tardif que le diabète de type 1 et survient fréquemment chez les personnes en surpoids ou obèses. La metformine, commercialisée sous le nom de Glucophage, est un médicament couramment prescrit pour traiter le diabète de type 2. Cependant, son utilisation pendant l'allaitement suscite des questions. Cet article explore les avis et les informations essentielles concernant l'utilisation de Glucophage (metformine) pendant l'allaitement.
Qu'est-ce que la Metformine (Glucophage) ?
La metformine est un antidiabétique oral appartenant à la famille des biguanides. Elle possède des effets hypoglycémiants, c’est-à-dire qu’elle baisse le taux de sucre dans le sang, et cela sans stimuler la sécrétion d’insuline, donc elle ne provoque pas d’hypoglycémie. En améliorant la sensibilité des muscles et du foie à l’insuline, elle diminue le taux de sucre présent dans le sang. La metformine favorise donc l’atteinte de l’objectif glycémique, propre à chaque patient.
La metformine est indiquée en première intention dans le traitement du diabète non insulino-dépendant, après instauration des mesures hygiéno-diététiques et lorsque celles-ci ne sont pas suffisantes pour rétablir un taux de sucre normal. Ces mesures hygiéno-diététiques consistent notamment à respecter un apport journalier en glucides de 50-55%, de bien équilibrer les glucides sur la journée (environ 20% matin- 40% midi - 40% soir), de favoriser les aliments à Index Glycémique bas, de manger des fibres solubles en quantité suffisante et de pratiquer minimum 30 minutes d’activité physique cinq fois par semaine.
La metformine est un antidiabétique oral qui peut être utilisé seul ou bien en association avec d’autres antidiabétiques oraux (ADO) si elle n’est pas suffisante, dans le cas du diabète de type 2 non insulino-dépendant. Dans le cas de diabète insulino-dépendant, elle peut être utilisée en association avec de l’insuline.
Médicaments contenant de la Metformine
La metformine est présente dans plusieurs médicaments prescrits aux patients diabétiques de type 2. Certains médicaments contiennent exclusivement de la metformine tandis que d’autres sont composés de metformine en association avec d’autres molécules.
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Médicaments contenant de la Metformine seule:
- GLUCOPHAGE 500/850/1000 mg
- STAGID 700 mg
- METFORMINE 500/850/1000 mg ; de différents laboratoires de génériques (Almus, Arrow, Biogaran, Bluefish, Cristers, Evolugen, Mylan, Sandoz, Teva, Zentiva, Zydus)
Médicaments contenant de la Metformine en association:
Les médicaments ci-dessous sont tous des associations d’antidiabétiques oraux, et sont indiqués dans le traitement du diabète de type 2, si l’objectif glycémique est non atteint par l’utilisation de la Metformine seule :
- EUCREAS (Metformine + Vildagliptine)
- GLUCOVANCE (Metformine + Glibenclamide)
- JANUMET (Metformine + Sitagliptine)
- KOMBOGLYZE (Metformine + Saxagliptine)
- VELMETIA (Metformine + Sitagliptine)
Conseils d'administration et surveillance
Concernant l’administration de la Metformine, la metformine se présente sous forme de comprimés à avaler. Pour réduire les effets indésirables digestifs de la Metformine, qui sont fréquemment observés en début de traitement, il est préférable d’augmenter progressivement les doses et de prendre la Metformine au milieu ou à la fin d’un repas. Habituellement, la Metformine est initiée par la prise de 500mg ou 850mg, 2 ou 3 fois par jour, au cours ou à la fin des repas. Puis au bout de 10 à 15 jours, le médecin adapte la posologie en fonction de la glycémie.
Une surveillance étroite est nécessaire pendant le traitement. Il est particulièrement important de faire un bilan rénal avant de commencer le traitement, et au moins une fois par an pendant le traitement par Metformine. En cas d’insuffisance rénale modérée et/ou d’insuffisance cardiaque chronique stable, la Metformine peut être utilisée mais il est indispensable d’effectuer un contrôle régulier des fonctions cardiaque et rénale. Si jamais vous devez passer un examen d’imagerie utilisant des produits de contraste iodés ou bien subir une intervention chirurgicale, la Metformine doit être arrêtée avant et reprise au moins 48h après. Signalez au médecin tous vos traitements en cours, avant un examen ou une intervention chirurgicale !
L’association de Metformine avec d’autres antidiabétiques oraux (comme AMAREL, DIAMICRON ou encore GLUCOR) nécessitent une surveillance plus étroite et régulière de la glycémie car il y a un plus fort risque d’hypoglycémie pour le patient.
Metformine, Grossesse et Allaitement : Les Recommandations
La metformine n’est pas indiquée dans le traitement du diabète gestationnel ou du diabète de type 2 pendant la grossesse et l’allaitement. L’insuline sera préférentiellement utilisée dans ce cas. Parlez de votre projet de grossesse à votre médecin et ne modifiez pas votre prescription sans avis médical.
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Les données quant aux effets de la metformine sur les résultats à long terme relatifs au poids des enfants exposés in utero sont limitées et peu concluantes. La metformine est excrétée dans le lait maternel humain. Aucun effet indésirable n'a été observé chez le nouveau-né et le nourrisson allaité. Cependant, les données disponibles étant limitées, l'allaitement n'est pas recommandé pendant le traitement par la metformine.
Lactmed à propos de la metformine (Effects in breastfed infants) : "Sept nourrissons âgés de 5 à 25 mois dont la mère prenait de la metformine (date de début et durée non précisées) ont été jugés en santé, leur croissance et leur développement ont progressé comme prévu. Deux des nourrissons avaient également des résultats normaux aux Denver Developmental Screening tests [1]. Trois nourrissons âgés de 2, 5 et 14 mois dont la mère prenait 500 mg de metformine deux fois par jour n'ont présenté aucun effet indésirable décelable de la metformine [3]. Chez 3 nourrissons allaités au sein (étendue non précisée) âgés de 10 à 11 jours après l'accouchement dont la mère prenait une dose moyenne de metformine de 9,6 mg/kg (intervalle de 7,5 à 12,4 mg/kg) par jour, aucun des nourrissons n'avait un taux de glycémie faible. Leurs mères n'ont signalé aucun effet indésirable chez les nourrissons [4]. 92 mères de 111 nourrissons ont reçu une dose moyenne de 2,2 g de metformine par jour (de 1,5 à 2,55 mg par jour) pendant la grossesse et après l'accouchement. Un essai prospectif en aveugle non randomisé d'une durée de six mois a suivi 61 nourrissons principalement allaités et 50 nourrissons nourris au lait industriel.
Contre-indications et précautions
La metformine est contre-indiquée avec certaines pathologies. Les situations suivantes ne permettent pas la mise en place d’un traitement par Metformine :
- Allergie à la Metformine ou à l’un des excipients mentionnés dans la rubrique Composition
- Tout type d’acidose métabolique aiguë
- Précoma diabétique
- Insuffisance rénale sévère (Débit de Filtration Glomérulaire < 30 mL/min)
- Déshydratation, infection grave, choc
- Insuffisance cardiaque en décompensation, insuffisance respiratoire, infarctus du myocarde récent
- Insuffisance hépatique, intoxication alcoolique aiguë, alcoolisme
La prudence est d’autant plus recommandée chez les patients souffrant d’insuffisance rénale, car la concentration sanguine de Metformine peut être augmentée et entraîner une acidose lactique, qui est une urgence médicale ! Il s’agit d’une accumulation d’acide lactique souvent provoquée par une diminution de son élimination rénale, qui peut être mortelle si elle n’est pas prise en charge à temps.
Bien que l’acidose lactique soit rare, il faut savoir détecter précocement les signes évocateurs : vomissements, crampes musculaires, douleurs abdominales, difficultés à respirer, sensation générale de malaise associée à une fatigue, hypothermie et diminution du rythme cardiaque. Si vous ressentez brusquement de tels symptômes, consultez immédiatement votre médecin.
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La consommation d’alcool est également déconseillée et augmente le risque d’acidose lactique.
Interactions médicamenteuses
Certains médicaments sont à associer à la Metformine avec prudence. L’association de la Metformine aux médicaments suivants nécessite d’être prudent, et de bien respecter les posologies indiquées par votre médecin ou votre pharmacien :
- Les AINS (Ibuprofène, Advil, Nurofen, Kétoprofène, Antadys…)
- Les médicaments agissant sur le rein (IEC, ARA II, diurétiques)
- Les glucocorticoïdes
- Le vérapamil
- La rifampicine
- Le crizotinib et l’olaparib
Avis des Utilisateurs et Effets Indésirables
Les membres Carenity sont satisfaits de l’efficacité et de la simplicité de prise de la Metformine mais déplorent les effets indésirables. Voici quelques avis de nos membres sur la Metformine :
- “Je prenais Metformine 500mg matin et soir, depuis janvier (hémoglobine glyquée à 7.3) mon médecin m'a augmenté les doses : 500mg matin et 1000mg le soir. Là : effets indésirables immédiat maux de ventre et diarrhée. J'ai repris 500mg matin et soir et là tout va bien.”
- “Glucophage 1000mg à chaque fin de repas, et diamicron 60mg le matin associé à une marche de 45 minutes par jour et un petit régime alimentaire : résultat hémoglobine glyquée à 6,2. Je suis satisfait !”
- “Je prends Metformine 1000mg depuis 1999, je le prends avant les repas il me convient très bien, je n'ai eu aucun effet indésirable ma glycémie est équilibrée.“
- “Au début problème de diarrhée. Maintenant j'alterne constipation et diarrhée mais c'est supportable et gérable. Mon diabète est stabilisé.”
- “ Troubles digestifs insupportables. J’ai eu des douleurs d’estomac et d’intestin ainsi que des diarrhées alternant avec constipation. La vidange de mon estomac ne se faisant plus, j'ai perdu 5 kg très rapidement au début de la prise de traitement sans modifier mon alimentation très contrôlée déjà. Perte d’appétit. Finalement, j’ai arrêté le traitement.”
Bien que les effets indésirables digestifs de la Metformine semblent parfois compliqués à gérer pour les patients, son efficacité en tant que traitement oral de première ligne du diabète de type 2 non insulino-dépendant est importante.
Effets indésirables possibles du médicament GLUCOPHAGE
Très fréquents (plus de 10 % des personnes) : nausées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales, perte de l'appétit.
Allaitement et Diabète : Expériences et Soutien
Thomas : Le diabète de Mia a été diagnostiqué à 8 mois. Je ne reviendrai pas sur les modalités de traitement, mais sur la particularité d'un bébé "encore" allaité à 8 mois. Elle était diversifiée depuis ses 5 mois. Une diversification menée par l'enfant. C'est-à-dire qu'elle a toujours mangé des morceaux, et à ce moment-là, les quantités de solides qu'elle prenait étaient faibles comparées à la quantité de purées et autre compotes que peut prendre un bébé de 8 mois diversifié de façon "traditionnelle". De plus, elle était allaitée à la demande.
Voilà donc les deux éléments qui ont posé problème à l'ensemble de l'équipe médicale et paramédicale (auxiliaire de puériculture, infirmière, puéricultrice, diététicienne, et jusqu'à l'assistante sociale) qui nous a entourés lors de la découverte de la maladie de notre fille. Car au-delà de la maladie, c'est bien autour de l'alimentation que se sont cristallisées les tensions.
Pour eux, un enfant de 8 mois doit avoir quatre repas par jour et faire ses nuits. Pour nous, connaissant la physiologie de l'allaitement, il n'est pas possible d'allaiter, comme le dit l'OMS, jusqu'à 2 ans et plus si l'enfant n'est pas décisionnaire des tétées. D'autant qu'avec la maladie, l'ambiance pesante de l'hôpital et la nourriture d'une qualité douteuse du centre hospitalier, Mia n'était pratiquement plus qu'au sein, avec 10 tétées par jour. Ce que l'équipe médicale voulait donc imposer était anti-physiologique et par là-même contre les préconisations internationales.
L'hospitalisation a été un enfer pour ma femme, qui était bien sûr à l’hôpital 24h/24, pour ma mère qui soutenait ma femme en mon absence, et pour moi aussi qui était là dès que je n'étais pas au travail. Y compris la nuit, même si c'était interdit, pour pouvoir la soutenir face aux attaques incessantes du personnel. Car c'est comme ça que nous avons perçu la présence du personnel à notre égard. Chaque entrée dans la chambre était l'occasion de critiques gratuites sur notre "parentage" ; même l'assistante sociale s'y est mise, allant jusqu'à nous culpabiliser de mettre l'équipe en difficulté. À tous les pères expulsés des chambres parents-enfant sous prétexte qu'il n'y a qu'un lit adulte, que la chambre est trop petite ou qu'il n'y a pas de lit du tout, je rappellerai que la charte de l'enfant stipule qu'en aucun cas, l'enfant ne peut être séparé de ses parents : les deux parents ! Avec tout ça, Mia était devenue passive, bougeait peu, bref elle était triste. Comment pouvait-il en être autrement, vu le contexte ?
Il nous a fallu le soutien de nos proches et de LLL pour nous conforter dans nos connaissances, résister à ces assauts et trouver une solution pour soigner notre fille correctement. Finalement, nous avons rencontré en consultation un pédiatre hospitalier d'un autre CHU, qui a accepté de nous transférer tous les trois dans son unité de pédiatrie, et de nous accepter avec nos particularités : bébé allaité, mais aussi mère diabétique et père puériculteur, donc avec une grande expérience de la maladie. C'était là aussi un grand point d’achoppement avec l'équipe précédente, car selon nous, les consignes thérapeutiques n'étaient pas non plus adaptées.
Nous avons trouvé dans ce second CHU une acceptation de nos particularités, et une plus grande compétence de l'équipe dans la gestion du diabète. Ou du moins une façon de gérer la maladie plus en phase avec la façon de faire de la famille, même si, là aussi, nous n'avons pas eu le choix entre pompe à insuline ou stylo par exemple. Donc oui, il est possible d'allaiter à la demande un enfant diabétique. Pour ce faire, il est complètement inutile de chronométrer la durée de la tétée ou l’écart entre les tétées, ou que sais-je encore. Il faut accepter de procéder par tâtonnement, de se tromper et d'apprendre de ses erreurs. Pour être concret : on part d'un postulat pour la quantité de sucre d'une tétée, et si ça se vérifie, tant mieux, sinon on adapte à la prochaine tétée. En quelques jours, l'affaire est réglée.
Par la suite, il faut savoir faire de même à la maison puisqu'en retrouvant ses habitudes et son cocon familial, notre fille a moins tété et mangé plus de solides. Et donc, finalement, les tétées qui contenaient 5 g de sucre dix fois par jour à l'hôpital en contenaient 7 g cinq fois par jour quelques semaines plus tard. En conclusion, il est tout à fait possible d'allaiter un bébé diabétique comme bon lui semble. Et je dirais même, il le faut absolument. C'est déjà un moment assez dur à passer pour toute la famille, un deuil à faire, celui d'un enfant "normal". Alors, gardons nos habitudes. Et si l'équipe médicale ne vous soutient pas, changez ! Aujourd'hui, le quotidien du diabète est devenu une habitude à laquelle on ne prête plus attention. En tout cas, pas plus que nécessaire. Mia va sur ses 2 ans, elle a été allaitée jusqu'à 14 mois, et maintenant, elle mange de tout avec grand appétit. Bref, elle est en pleine forme et c'est l'essentiel !
Q - Je suis enceinte de 8 mois, et les professionnels de la maternité viennent de se rendre compte que je fais du diabète gestationnel et que mon bébé est "macrosomique". Je serai donc déclenchée, et ils me disent que je devrai tirer mon lait car je ne pourrai pas donner le sein à mon bébé au début (1ères heures, 1ers jours ?) à cause du risque d'hypoglycémie. R de France Thouaille, animatrice LLLF - Mon expérience personnelle de diabétique avec des bébés dits macrosomiques (mais mon mari fait 2 m, mes bébés sont grands, donc si je fais un bébé à 3 kg, on s'inquiète !) : on ne m'a jamais dit que je ne pourrais pas allaiter dès la naissance, on ne m'a jamais empêchée de tirer en anténatal mon colostrum, de venir avec des seringues congelées de colostrum et de prévoir cela en cas de problème, en complément de tétées au sein très très fréquentes.
Alternatives et Gestion du Diabète pendant l'Allaitement
Si l'allaitement est une priorité, discutez avec votre médecin des alternatives à la metformine, comme l'insuline. Un suivi médical rapproché est indispensable pour ajuster le traitement et surveiller la glycémie de la mère et du bébé.
Autres conseils:
- Mesures hygiéno-diététiques: Respecter un régime alimentaire équilibré et pratiquer une activité physique régulière.
- Autosurveillance glycémique: Contrôler régulièrement la glycémie pour adapter le traitement.
- Soutien à l'allaitement: Se faire accompagner par des professionnels de l'allaitement pour assurer une production de lait suffisante et une prise de poids adéquate du bébé.
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