Le nom de Gisèle Pelicot est aujourd'hui indissociable d'une histoire de courage et de résilience. Victime d'une affaire judiciaire retentissante, elle a choisi de faire face publiquement, transformant son nom en un symbole de lutte contre les violences sexuelles. Cet article explore le parcours de Gisèle Pelicot, de la découverte de l'inimaginable à son statut actuel de figure emblématique.
La Découverte de l'Inimaginable
Le 2 novembre 2020 marque un tournant décisif dans la vie de Gisèle Pelicot. Convoquée avec son mari au commissariat de Carpentras, elle découvre l'horreur : Dominique Pelicot est accusé de l'avoir droguée pendant des années et d'avoir organisé des viols avec des hommes recrutés sur internet.
L'enquête révèle que pendant près de dix ans, de juillet 2011 à octobre 2020, Gisèle Pelicot a été victime d'abus répétés, d'abord en région parisienne, puis à Mazan, dans le Vaucluse, où le couple avait déménagé en 2013. Les questions posées par l'agent de police judiciaire lors de sa déposition initiale laissent entrevoir l'ampleur des manipulations et des violences subies.
Le Procès des Viols de Mazan
Le procès des viols de Mazan s'ouvre le 2 septembre devant la cour criminelle du Vaucluse à Avignon. Dominique Pelicot est jugé avec une cinquantaine de coaccusés, principalement pour viols aggravés. Gisèle Pelicot prend la parole, refusant le huis clos pour que le monde entier sache et que la honte change de camp.
À la barre, des dizaines d'hommes accusés d'avoir violé Gisèle Pelicot défilent. Elle affronte ses agresseurs, témoignant de l'innommable et acceptant même la diffusion publique des vidéos de ses viols. Son courage et sa détermination impressionnent, transformant son image aux yeux du public.
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Un Nom Porteur de Fierté
Malgré l'horreur des faits, Gisèle Pelicot choisit de conserver son nom de famille, Pelicot, contrairement à deux de ses enfants, Caroline et Florian. Elle explique sa décision par un souci de protéger ses petits-enfants : « J’ai simplement dit : j’ai des petits-enfants qui s’appellent “Pelicot” et je ne veux pas qu’ils aient honte de le porter ».
Elle ajoute : « Quand je suis arrivée dans cette salle mes enfants avaient honte de porter le nom Pelicot j’ai voulu le porter pour qu’ils n’aient pas honte. (…) Je suis connue dans le monde entier, indépendamment de ma volonté. On se souviendra de Madame Pelicot, beaucoup moins de Monsieur Pelicot. Je veux que mes petits-enfants n’aient pas honte de porter ce nom. On se souviendra de la mamie, de Gisèle Pelicot ».
Ses enfants et petits-enfants finissent par accepter et souhaiter que le patronyme de leur ex-mari et père soit publié par la presse. Pour les petits-enfants, « dans la cour de récréation, c’est une fierté pour eux d’être les petits-enfants de Gisèle Pelicot. »
Divorce et Reconstruction
Le divorce entre Dominique Pelicot et Gisèle est prononcé le 22 août. Gisèle Pelicot reprend son nom de jeune fille, mais continue d'être associée au nom de Pelicot dans l'esprit du public. Sa fille Caroline utilise son nom de plume, Caroline Darian, sous lequel elle a publié un livre poignant intitulé « Et j’ai cessé de t’appeler papa ».
Un Symbole de Courage et de Résilience
Gisèle Pelicot devient une figure emblématique de la lutte contre les violences sexuelles. Elle est élue personnalité féminine de l'année par les 18-30 ans selon l'enquête #MoiJeune de 20 Minutes/OpinionWay. Elle figure également parmi les 100 femmes les plus influentes de 2024 selon la BBC, et parmi les 25 plus importantes selon le Financial Times.
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Longtemps, Gisèle Pelicot a espéré rester anonyme. Puis, elle a décidé de lever le huis clos du procès. Elle est apparue menue, cachée derrière des lunettes de soleil, le 2 septembre, à la cour criminelle départementale d’Avignon. Elle a accepté que les vidéos de ses viols soient diffusées publiquement, affrontant tous les jours ses agresseurs pendant trois mois et demi.
Depuis, tous ceux qui ont régulièrement suivi les audiences ont observé sa métamorphose. Icône féministe malgré elle, elle a accompagné ce rôle qu’on lui désignait, pour que « la honte change de camp », a-t-elle affirmé plusieurs fois, pour que « toutes les femmes victimes de viol puissent se dire ”Mme Pelicot l’a fait, on pourra le faire“ ».
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