L'accouchement, bien que représentant un moment puissant et émotionnel dans la vie d'une femme, est souvent associé à une douleur considérable. Il est essentiel pour chaque femme de comprendre les différentes options disponibles pour gérer cette douleur et vivre une expérience de naissance positive et adaptée à ses besoins. Dans quelques mois, vous allez devenir une marathonienne. Un accouchement est comparable à cette course incroyable.
Comprendre la douleur de l'accouchement
La douleur liée à l'accouchement est une expérience complexe et multifactorielle. La douleur de l’accouchement est, comme tous les ressentis, très subjective. Si vous vous considérez comme « douillette », rien ne prouve que vous le serez durant votre accouchement car chaque corps crée ses propres contractions. En revanche, il est prouvé que la peur impacte le niveau de douleur. Un corps stressé sera plus douloureux qu’un corps relâché. De même, si l’attention est focalisée sur la douleur, elle en sera souvent intensifiée.
- Phase de poussée: Ici, la douleur se concentre généralement dans le bassin et le périnée à mesure que le bébé traverse le canal de naissance.
Pour accepter la douleur de l’accouchement, il faut pouvoir l’accepter et la comprendre. On a trop souvent réduit l’accouchement à la douleur. Comprendre d’où vient la douleur mais aussi sa fonction peut tout changer. Avoir mal et ne pas savoir d’où ça vient, ni pourquoi, ni à quoi ça sert, la voilà la vraie souffrance. Or, dans un accouchement sans péridurale, la douleur a un sens : elle fait office de guide. Elle indique quand il faut changer de position, les points sur lesquels le conjoint peut appuyer ou les mouvements efficaces pour favoriser la descente du bébé. La douleur est un itinéraire pour aider à faire progresser le travail.
Méthodes non médicamenteuses de gestion de la douleur
Il existe plusieurs méthodes non médicamenteuses pour atténuer la douleur de l'accouchement. Ces techniques offrent des alternatives naturelles pour aider les femmes à gérer les contractions et à se sentir plus en contrôle pendant le travail. Il convient d’être avertie sans en avoir peur pour autant. Bien qu’il soit difficile de supprimer la douleur de l’accouchement, il est important de connaître des méthodes et des techniques pour aider à l’accepter.
Techniques de respiration: Les techniques de respiration jouent un rôle crucial. Bien que la douleur soit présente et intense pendant l’accouchement, elle n’est pas insurmontable. La respiration contrôlée, par exemple, peut aider à calmer le corps et l'esprit, réduisant ainsi la perception de la douleur. Un seul mot d’ordre: détendez-vous. S’il n’existe pas de méthode miracle pour gérer l’intensité des contractions - à l’exception de la péridurale! La respiration est également extrêmement importante dans la gestion des contractions. On ne le répètera jamais assez : le travail sur la respiration est la clé numéro un pour gérer ses contractions et calmer le mental ! C’est facile, il suffit de caler votre respiration sur la contraction. Quand elle arrive, prenez une petite inspiration et soufflez pendant toute la contraction. Dès que vous n’avez plus d’air, reprenez une petite inspiration et soufflez de nouveau longuement.
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- Une des techniques souvent citées est la respiration de la vague. Il s’agit de produire une grande inspiration au début de chaque contraction, en visualisant l’air entrer dans tout votre corps : des pieds jusqu’au sommet de votre tête. Puis de relâcher doucement. La respiration lente et contrôlée aide à la détente de votre corps et à minimiser la perception de la douleur. Respirer profondément pendant le travail des contractions permet d’oxygéner ses muscles et d’aider votre corps à atténuer la douleur.
- « En respirant posément, votre cœur bat plus lentement et votre corps en conclut que vous êtes détendue. Et gérer des contractions quand on est détendue, c’est nettement plus simple, rappelle Charline Gayault. En plus, se concentrer sur sa respiration permet de penser à autre chose (ça détourne l’attention) et vous donne un rythme sur les contractions. Quand vous inspirez, gonflez le ventre, les épaules sont immobiles ; quand vous expirez, soufflez l’air, le ventre se vide. Vous pouvez vous exercer en mettant les mains sur le ventre pour le sentir bouger.
Massage et toucher rassurant: Le massage et le toucher rassurant sont également des outils précieux pour réduire l'anxiété et la douleur. Demandez à votre partenaire d’appuyer fortement au niveau de votre sacrum ou sur le dos de votre main, le long du 2ème métacarpe, là où il y a un point sensible, explique la sage-femme. N’hésitez pas à insister, car il faut parfois plusieurs tentatives avant de trouver ce point ! Le papa se met debout, une écharpe autour du cou. Vous vous accroupissez devant lui et vous tenez l’écharpe par les deux bouts. Le papa se recule légèrement pour exercer une légère traction.
Positionnement et mouvement: Le positionnement et le mouvement sont d'autres éléments clés pour gérer la douleur. La douleur de l’accouchement permet de chercher la meilleure position pour créer de l’espace et faire descendre son bébé. La douleur permet d’inciter la femme à explorer des positions qu’elle n’aurait pas pu prendre naturellement : jambe levée, buste penché ou encore accroupie, les bras tirés par son conjoint si c’est ce que votre corps vous dicte. Etre en mouvement vous permet de mobiliser votre bassin et d’aider votre bébé à descendre. Adopter des positions verticales, marcher, ou se mettre à quatre pattes peut aider à soulager la pression sur le dos et encourager le bébé à descendre. Avec la sage-femme, trouvez une position qui vous convient. Mettez-vous sur le côté droit dans le lit, ou sur le côté gauche pendant un certain temps. Mettez un coussin d’allaitement entre vos jambes en remontant la jambe du dessus très haut. Allongée sur le dos, levez vos jambes et demandez à la sage-femme de placer un gros ballon en dessous. Demandez au papa de faire bouger le ballon en faisant des petits cercles. La sage-femme place une galette sous vos fesses : il s’agit d’un cercle mou (souvent utilisé chez le kiné). Cela vous met en instabilité et permet à votre bassin de rester mobile.
- « Par exemple, lorsque vous êtes debout, bougez le bassin en faisant des ronds dans un sens, puis dans un autre ou marchez, explique la sage-femme. Vous pouvez également glisser un ballon contre le mur et l’utiliser pour vous masser le dos ou encore utiliser un swiss-ball. Cet outil de mobilisation très utile permet d’être assise sur quelque chose de souple et de bouger facilement. Il peut atténuer la sensation de pesanteur et soulage les douleurs du bas du dos.
Hydrothérapie: L'hydrothérapie, comme un bain ou une douche chaude, peut avoir un effet relaxant sur les muscles et apaiser les contractions douloureuses, offrant un moment de répit dans le processus d'accouchement. A la maison, avant de partir à la maternité, vous pouvez prendre une douche ou un bain chaud pour vous soulager. Par exemple, prendre un bain chaud détend et soulage les contractions douloureuses, détaille la sage-femme. De même, l’effet de flottaison réduit la pression exercée par les contractions et facilite le mouvement et le changement de position de la future maman. Cependant, si vous avez perdu les eaux, mieux vaut partir directement à la maternité.
Technique du peigne: Popularisée sur les réseaux sociaux, la technique dite du peigne permettrait de diminuer la douleur pendant l’accouchement. Si cette méthode peu orthodoxe n’est pas encore enseignée dans les écoles de sages-femmes, la technique du peigne connaît un succès croissant sur les réseaux sociaux. « L’idée est de maintenir un peigne en bois ou en plastique avec de fines dents dans la main et au moment de la contraction, de le serrer aussi fort que la douleur qu’on ressent, explique la sage-femme Charline Gayault. Cela permet de délocaliser la douleur et de l’inhiber.
- « En clair : la douleur inhibe la douleur, résume la sage-femme. Lors de l’accouchement, la douleur augmente en intensité au fur et à mesure du travail et, même s’il y a des temps de pause entre chaque contraction, elle est relativement longue. Comme le cerveau traite toujours la douleur la plus immédiate, en serrant un peigne dans sa main, on va court-circuiter l’information principale et créer une seconde information douloureuse que le cerveau va devoir gérer. Conséquence : on aura moins mal !
Autres méthodes:
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- Amenez votre playlist et dansez pendant les contractions ! Bougez, bougez, bougez sur la musique !
- Une fois que la contraction est passée, soufflez un grand coup et profitez de ce moment.
- Sophrologie, chant, hypnose, respiration : de nombreux « outils » permettent de soulager la douleur des contractions pendant l’accouchement. Enfin, la sophrologie, l’hypnose ou encore le chant peuvent aider à mieux supporter la douleur.
- « Je suis forte », « je gère », « je suis en sécurité, tout va bien » : les mantras sont des phrases positives qu’on peut se répéter en boucle pendant le travail. « Quand votre cerveau vit une contraction, il se dit : alerte, danger, douleur ! Or, en donnant du sens à ses contractions, en se répétant que c’est normal, que c’est juste notre corps qui exprime toute sa puissance pour accoucher, on fait comprendre à notre cerveau que la contraction n’est pas un danger. C’est là où les mantras peuvent vous aider.
La méthode Bonapace
Cette préparation à la naissance, apparue au début des années 90, séduit de plus en plus les couples qui souhaitent être pleinement acteurs d’une grossesse et d’une naissance naturelle. Cette préparation à la naissance a pour objectif de permettre à la femme de vivre un accouchement satisfaisant, de lui faciliter le travail en se sentant confiante et détendue, en gérant mieux la douleur. La participation du coparent est essentielle à cette grande étape de la vie. L’accompagnant se sent utile, fier de sa contribution, son estime de soi est renforcée. Il est plus soutenant, plus présent et se sent plus impliqué dans le développement de son enfant. Les liens coparent-mère et coparent-enfant sont plus forts. La satisfaction de tous est plus grande et le passage vers le rôle de parent se fait plus facilement.
La méthode Bonapace associe trois techniques : la digitopression, les massages et la relaxation. Lorsque la femme ressent des douleurs tant pendant la grossesse qu’au cours de l’accouchement, son ou sa partenaire peut presser certains points précis (appelés zones gâchettes) pour créer un deuxième point douloureux à distance, et faire en quelque sorte diversion. Non seulement le cerveau se focalise moins sur la douleur initiale, mais en plus il sécrète des endorphines. Ces hormones naturelles, proches de la morphine, bloquent la transmission de la sensation douloureuse au cerveau. Ces pressions servent également à améliorer l’efficacité des contractions.
Contrairement aux méthodes plus traditionnelles, le futur coparent ne se contente pas d’accompagner sa femme, il vient lui aussi se préparer à la naissance. Sa participation est indispensable et son rôle, primordial. Il apprend, au cours des séances, à localiser ces « zones gâchettes ». Huit points situés sur les mains, les pieds, le sacrum et le fessier. Il va également apprendre à masser sa femme avec des gestes doux et légers. Cet « effleurage » agit comme une caresse qui dilue la douleur. Tout est mis en œuvre pour que sa grossesse et son accouchement se déroulent dans les meilleures conditions. Elle va ainsi progressivement découvrir la situation qui contribue le plus à la détendre (bain, fond musical, odeur…) et qu’elle pourra retrouver mentalement entre deux contractions lors du travail. Au cours de chaque séance, les futurs parents découvrent l’art et les bienfaits du massage. En touchant leur bébé, ils font sa connaissance et instaurent un dialogue à trois, par le biais de leurs caresses. Pour être à l’aise et profiter pleinement de ces rencontres pour vous relaxer, prenez le temps de prendre une petite collation avant votre rendez-vous. Habillez-vous d’un pantalon assez ample, prévoyez des chaussures faciles à retirer et une paire de chaussettes propres que vous n’enfilerez que pour la séance.
Julie Bonapace est québécoise, médiatrice familiale de formation. Il lui apparaît comme une évidence d’aider les couples en amont de l’arrivée des enfants pour travailler en équipe. Dès le début, la communication et les rôles sont mieux répartis. Le coparent sait trouver sa place, s’investir dans la grossesse, soutenir sa femme, créer du lien avec ce bébé à naître. Cela peut s’installer et perdurer dans un schéma de vie. La femme se sent épaulée et les tâches familiales sont mieux équilibrées. La préparation psychologique repose sur la compréhension de la physiologie de l’accouchement, le rôle des hormones, pour aboutir à la conviction que le corps de la femme a tout ce qu’il faut pour donner naissance naturellement. Des exercices de relaxation, de respiration et d’imageries mentales sont pratiqués. La partie préparation physique est basée sur le renforcement musculaire grâce à des postures simples de yoga et des étirements. Le corps doit être fort, souple et aligné, afin de permettre au bébé de bien se positionner dans le ventre puis dans le bassin.
Options médicamenteuses pour la gestion de la douleur
Pour les femmes souhaitant une gestion de la douleur plus intense, plusieurs options médicamenteuses sont disponibles.
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- Analgésiques: Les analgésiques, administrés par voie intraveineuse ou intramusculaire, peuvent atténuer la douleur sans la supprimer complètement, permettant ainsi de se reposer en début de travail.
- Anesthésie épidurale: L'anesthésie épidurale est l'une des méthodes les plus couramment choisies pour soulager la douleur intense du travail actif. Cette technique consiste en l'injection d'un anesthésique local dans l'espace péridural de la colonne vertébrale, bloquant ainsi la douleur dans la moitié inférieure du corps tout en laissant la femme consciente et capable de participer activement à son accouchement.
- Il est important de discuter avec l'équipe médicale des avantages, tels que le soulagement efficace de la douleur, et des inconvénients potentiels, comme le risque de baisse de la pression artérielle ou d'autres effets secondaires.
- La demande d’une analgésie est guidée par l’intensité de la douleur ressentie : évaluer la douleur à l’aide d’une échelle validée (type EVA, ENS). Offrir aux femmes qui le souhaitent une technique d’ALR (méthode la plus sûre et la plus efficace), sans limite de dilatation cervicale minimale exigée (A). Proposer une analgésie faible dose pour respecter le vécu de l’accouchement en limitant le bloc sensitivomoteur, et favoriser la mobilité (faible concentration d’anesthésique local associé à des morphiniques liposolubles et/ou clonidine) (A). L’ALR faible dose n’induit pas d’excès d’extraction instrumentale, ni de césarienne, ni d’effet secondaire pour le fœtus et le nouveau-né. Ne pas administrer systématiquement un remplissage vasculaire (grade B). Entretenir l’ALR préférentiellement au moyen d’une pompe d’auto-administration par la femme (A).
- En France, la péridurale est l’outil de gestion de la douleur le plus utilisé (plus de 83 % des accouchements). Son principal avantage est qu’il ne nécessite aucune préparation : une simple piqure et votre corps sera apaisé. Pourtant, certaines femmes souhaitent s’en passer et faire appel à d’autres techniques pour soulager la douleur.
- Anesthésie spinale: L'anesthésie spinale, quant à elle, est souvent utilisée pour les césariennes. Elle procure un soulagement immédiat et complet en bloquant les sensations nerveuses dans une large zone du corps.
Préparation à l'accouchement et soutien
La préparation à l'accouchement joue un rôle crucial dans la gestion de la douleur.
- Élaborer un plan de naissance: Élaborer un plan de naissance permet de s'assurer que les préférences de la femme en matière de gestion de la douleur soient respectées.
- Soutien d'un partenaire ou d'une doula: Le soutien d'un partenaire ou d'une doula peut grandement influencer l'expérience d'accouchement. Les doulas, en particulier, offrent un soutien émotionnel, physique et parfois même spirituel tout au long du processus d'accouchement. Être bien accompagnée permet de se sentir en confiance et participe à la sécurité nécessaire au bon déroulement d’un accouchement.
- Préparation mentale: La préparation mentale à l'accouchement, par le biais de techniques comme l'hypnose, la visualisation positive ou la méditation, peut aider à réduire la peur et l'anxiété.
Gestion de la douleur post-partum
La gestion de la douleur ne s'arrête pas après la naissance. Les nouvelles mamans peuvent ressentir des douleurs liées à la cicatrisation des tissus, à l'allaitement, ou aux crampes utérines post-partum. Le soutien émotionnel est tout aussi crucial en période post-partum. L'épuisement, les changements hormonaux et les nouvelles responsabilités peuvent affecter le bien-être mental des mères.
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