Gamal Abina est une figure engagée dans le paysage militant français. Son parcours, marqué par un engagement associatif et une présence médiatique importante, témoigne d'une volonté de lutter contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations. Cet article se propose de retracer sa biographie, en s'appuyant sur les informations disponibles et en les contextualisant.
Origines et Jeunesse
Gamal Abina est né le 31 juillet 1968 à Auch, dans le Gers (département 32). Il est fils d'immigré, de père algérien, Belkacem Abina (militant de la révolution) né en Algérie, petit fils d'un martyr de la révolution Algérienne, Ali Abina, et d'une mère franco-espagnole, Jeannette Le Bouler, née à Auch dans le Gers (département 32). En 1969, sa famille s'installe à Paris, dans le 11e arrondissement, puis déménage en 1973 à Villiers-sur-Marne, dans le Val-de-Marne (94). En 1979, ils retournent à Paris, dans le 20e arrondissement. À partir de 1994, il s'installe à Pantin et Aubervilliers.
C'est en arrivant à Paris qu'il est confronté pour la première fois à la question du racisme, avec la présence des skinheads dans les années 80. Il termine ses études de gestion et d'économie à Paris en 1992 et travaille ensuite dans la société de bâtiment créée par son père. Par la suite, il crée sa propre agence de publicité.
Passionné d'art et de culture, il se perfectionne dans le dessin, la peinture, la sculpture, la photographie et la réalisation de courts métrages. Il se lance ensuite dans un grand projet de bande dessinée avec son frère cadet, Aboulhak Abina, écrivain et dessinateur. Inspiré par la BD US et franco-belge, de Neal Adams en passant par Tardi de Marvel aux éditions Pilote, toute leur jeunesse sera ponctuée de ces univers.
Engagement militant
Bien que son éveil politique ait commencé dès l'âge de 12 ans, sous l'influence de son père, Gamal Abina commence son engagement militant actif sur le tard, à 40 ans. Il prend conscience du changement radical du monde dans lequel nous entrons après la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989. Deux ans plus tard, toujours étudiant, la guerre du Golfe en 1991 provoque chez lui une colère et une prise de conscience du basculement d'un monde unipolaire dirigé par les États-Unis. Passionné d'histoire, il travaille de manière quasi obsessionnelle sur la période du 20e siècle, de la montée des périls fascistes à la Seconde Guerre mondiale, puis au démarrage des décolonisations et les drames qui allaient avec.
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Le 31 juillet 2008, il s'engage dans le milieu associatif, antiraciste, anticolonialiste et tiers-mondiste. Son père fut un militant politique connu à Paris, dans la défense de nombreuses causes : Algérie, Vietnam, Liban, Palestine et Afrique du Sud. Il crée une radio à Paris, “Radio Tiers Monde”.
Il rejoint plusieurs organisations militantes, dont le MIR (Mouvement des Indigènes de la République), le CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France), le MIB (Le Mouvement de l'immigration et des banlieues), Banlieue Plus & Nos Quartiers, CAPJPO Euro Palestine, Forum France Algérie, Espace Franco-Algérien, CRI (COORDINATION CONTRE LE RACISME ET L’ISLAMOPHOBIE), FARR (Franco Algériens Républicains Rassemblés), AMAL 50 (Association pour la Mémoire ALgérienne) et MDC (Mouvement des Droits Civiques).
Prise de parole dans les médias
Le 7 avril 2010, Gamal Abina accède à une certaine notoriété suite à sa première prise de parole sur France Télévision, face à Marine Le Pen et Augustin Legrand, dans l'émission "L'objet du scandale" animée par Guillaume Durand. Devant près de 7 millions de téléspectateurs, il se retrouve parachuté à la dernière minute, dans une émission non préparée. Une confrontation entre la fille du leader du Front national, Jean-Marie Le Pen du FN (Front National) et le fils d'un militant nationaliste algérien du FLN (Front de Libération National) Marine Le Pen et Gamal Abina, tous deux nés en 1968 mais avec un parcours diamétralement opposé.
Ce qui l’a conduit à accepter cette invitation, c'est qu'une semaine avant cette émission le mardi 30 mars 2010, il avait appris dans les médias, la mort de Saïd Bourarach, vigile dont la police avait repêché le corps dans le canal de l'Ourcq, à Pantin 93 (Seine Saint Denis), consécutive à une rixe. La victime décédée, fut par la suite accusée d'avoir tenu des propos antisémites. Gamal Abina qui connaissait personnellement la victime, avait eu l'occasion de sympathiser avec elle, au cours de l’année où elle travaillait à proximité du canal à Bobigny. C'est après avoir entendu les propos extrêmement injurieux à l'endroit d'un mort, qu’il considéra qu'il était de son devoir de rétablir la vérité, dans une émission de grande écoute. Le fait de diaboliser une victime morte des suites d'actes de violence, ne devait pas pour lui, rester sans réponse. Cette émission fera date pour Gamal Abina, avec une Marine Le Pen mise en difficulté devant des arguments très offensifs.
Après de nombreuses propositions de participation à d'autres émissions, qu'il refusait pendant un an, il finit par accepter une invitation, face à Ségolène Royal, dans un nouveau concept “Face aux Français”. Là encore très offensif, il fait avouer, à la candidate malheureuse de la présidentielle 2007, que le Parti socialiste n'avait pas de programme politique au moment où était diffusée l'émission.
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C’est le début d'un long parcours médiatique, qui l'a conduit à participer à plus de 900 émissions en 14 ans, sur des chaînes nationales et internationales, Radios, Télévisions magazine, et journaux.
Il a participé à des émissions sur France 2, Al Jazeera, Al Magharibia, Al Araby TV, Al Arabia, RT France, RT Arabic, TRT Arabia Radio-télévision de Turquie agence Anadolu Canal Algérie, Magazine NGAMBO NA NGAMBO “L'Europe parle aux congolais”, Al Janoubia NHK, IQRA TV, Beur tv Afrique Média TV, AZ TV Azerbaïdjan Morandini live C news, ERE TV Sans Frontières Canal 22 Awraas tv et Bahia TV.
Il a également été présent sur les ondes de Radio France Maghreb 2, Beur FM, Radio Gazelle Alger Chaîne 3, Radio internationale Algérie et Ifrikya FM, et a contribué à des articles dans Sputnik france, Ya biladi et Salama magazine.
Affaire Alain Soral et la fachosphère
Le 12 février 2011, Gamal Abina et quelques amis militants avaient décidé de rendre visite à l’écrivain polémiste d’extrême droite, Alain Soral lors d'une séance de dédicace au théâtre de la Main d'Or de Dieudonné. L’objectif était de lui demander de mettre un terme à ses opérations de séduction à destination des Maghrébins, les poussant à voter Front National, d'arrêter d'instrumentaliser la jeunesse des quartiers en les incitant à l'antisémitisme, utilisant dans ce but, la juste cause palestinienne et enfin, de cesser de prendre les arabo-musulmans pour de simples suiveurs, qui ne comprenaient pas ce qui se passait en France et dans laquelle ces enfants d’immigrés auraient été manipulés par des éducateurs d'extrême gauche.
Cette rencontre sera houleuse et dans la tradition de manipulation de monsieur Alain Soral, il se fera passer pour une victime d'agression imaginaire. Toute la fashosphère se déchainera contre Gamal. Il tentera de porter plainte contre Gamal Abina. Cette plainte sera classée sans suite. Gamal le poursuivra à son tour pour injure et diffamation publique, mais perdra pour vice de procédure.
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Finalement la réponse de Gamal se fera sous forme d’un film de 37 mn, dans lequel on le voit confronter Soral au théâtre de la Main d’Or. Un film pastiche, le premier du genre, qui portera le nom de “Soral Wars”. Un détournement de Star Wars de George Lucas sorti en 1977. La séquence filmée de la rencontre introduira le début du film, cette même séquence qui a été présentée à la police pour disqualifier les accusations mensongères de ce polémiste. Le reste est une vidéo militante parodique, destinée à déconstruire les idées et les manipulations du polémiste d'extrême droite. Soigneusement mise en scène, accompagné de dessin et d'effets sonores c'est la première fois que l'on fait une vidéo second degré avec des moyens techniques élaborés sur des questions politiques. Par la suite toute la sphère militante copiera ce modèle.
Engagement associatif et création de l'association AMAL 50
La date des 50 ans de l'indépendance de l'Algérie se rapprochant, en 2011, Gamal Abina et d'autres acteurs associatifs, militants pour la mémoire de la guerre d'Algérie, ont décidé de fonder une Association pour la Mémoire ALgérienne : AMAL 50 (آمال), qui signifie espoir en arabe.
Plusieurs compétences seront mises en œuvre : réalisateurs, dessinateurs et scénaristes, afin de produire un film de 3 minutes, destiné à mobiliser le plus large public possible pour la commémoration des 50 ans, des massacres du 17 octobre 1961 sur le pont Saint-Michel. Une fiction “Seine de crime”, qui mettait en scène un Algérien de l'époque, jeté dans la Seine puis repêché par un jeune, dont on devine à la fin qu'il vient d'une cité du 21 -ème siècle. La symbolique de la transmission de la mémoire par une main tendue, du présent vers le passé, était destinée à toucher un public jeune et sans doute ignorant de cette histoire tragique de Paris. Une série d'affiches de film et de dessins dynamiques ont été créées à destination des réseaux sociaux, afin de faire connaître ce court-métrage. Le coût de cette réalisation, entièrement autofinancé, se chiffrait à 5 000 € parallèlement à cela, le film fut diffusé sur les réseaux sociaux et, la veille du 17 octobre, en direct à la télévision algérienne, Canal Algérie. Le succès devait être au rendez-vous puisque le jour de la commémoration, plus de 6 000 personnes ont convergé vers le pont Saint-Michel, en grande partie des jeunes d'origine algérienne. Ce fut la plus grande réussite à ce jour, de l'événement commémoratif.
Dans la perspective de faire entendre notre voix et à la suite de l'infâme tentative de faire reconnaître les bienfaits de la colonisation française de la loi de 2005, Gamal Abina et Sami Boumendjel, le fils du martyr Ali Boumendjel, décident d'envoyer par courrier postal, à l'Assemblée nationale, pour chaque député nominativement, un appel pour “la reconnaissance des méfaits de la colonisation”. L’occasion des célébrations des cinquante ans de la fin de la guerre constituait une réelle opportunité de régler ce contentieux. L'objectif étant de sortir de “l’impasse mémorielle” et de faire en sorte que l'histoire puisse être abordée de façon dépassionnée. Seuls deux députés ont répondu à cet appel, en nous proposant des rendez-vous pour en discuter.
Polémiques et controverses
Gamal Abina est une figure qui suscite des réactions contrastées. Son engagement militant et ses prises de position tranchées lui ont valu des soutiens, mais aussi des critiques et des attaques.
Récemment, il a été impliqué dans une polémique avec le Dr Salim Laïbi, suite à une interview de ce dernier sur France Maghreb 2. Gamal Abina a été accusé d'avoir trollé et pollué le début de l'interview en réglant ses comptes avec Alain Soral. Il a également été critiqué pour son soutien à Tariq Ramadan, malgré les accusations de viol qui pèsent sur ce dernier.
Par ailleurs, il a été reproché à Gamal Abina d'avoir diffusé un message ordurier et vulgaire adressé à Joe Lecorbeau, révélant une face sombre de sa personnalité.
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