Recevoir un résultat d’analyse sanguine indiquant un taux élevé de FSH (hormone folliculo-stimulante) peut soulever des questions importantes sur la santé reproductive et hormonale. Cet article vise à fournir des explications claires et factuelles sur les causes d'une FSH élevée, son lien avec l'ovulation et les implications pour la fertilité. Comprendre ces marqueurs permet d'être un acteur éclairé de son parcours de santé et de mieux appréhender son bilan de santé.
Le rôle crucial de la FSH dans le cycle menstruel
La FSH est l’un des éléments clés dans le complexe mécanisme de la fertilité féminine. C’est une hormone sécrétée par l'hypophyse, une petite glande située à la base du cerveau, sous le contrôle de l'hypothalamus. La FSH, tout comme l'hormone lutéinisante (LH), joue un rôle décisif dans le cycle menstruel de la femme.
La FSH et le développement folliculaire
Les follicules ovariens sont des structures microscopiques situées à l’intérieur de l’ovaire. Au cours de la vie reproductive de la femme, certains de ces follicules primordiaux mûrissent et deviennent des follicules primaires. La FSH joue un rôle très important dans la sélection de ce follicule dominant et dans la croissance des follicules dans l’ovaire. Elle agit sur les follicules ovariens, stimulant leur croissance et leur maturation. Durant la première moitié du cycle, le taux de FSH augmente pour stimuler la croissance des follicules, jusqu’à l’obtention du follicule qui va être dominant.
La FSH et l'ovulation
Pendant le cycle menstruel, il y a un pic de libération de FSH dans le sang qui déclenche l’ovulation. Elle est étroitement liée au potentiel de fertilité d’une femme. La FSH est l’une des principales hormones reproductrices chez les femmes qui agit sur les follicules ovariens. Chez les femmes cycliques, la FSH et la LH stimulent également la production d’œstradiol (E2) et de progestérone (PROG), ce qui prépare le corps féminin à une grossesse potentielle. Ensuite, les niveaux de l’hormone folliculostimulante diminuent.
Interprétation des résultats de la FSH : ce qu'il faut savoir
La meilleure façon de déterminer le taux d’hormone FSH chez les femmes est de faire une prise de sang au début d’un nouveau cycle. Il est également possible de mesurer la concentration dans l’urine. Généralement, le niveau de FSH doit être testé au début de votre cycle menstruel (qui correspond au troisième jour de vos règles) car c’est le moment où l’hormone est libérée par le cerveau.
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Valeurs normales de la FSH
Chez la femme, le dosage sanguin de la FSH permet de comprendre la cause d'une aménorrhée, une stérilité ou un hypogonadisme. Les valeurs normales varient en fonction de la phase du cycle menstruel :
- Avant la puberté : la valeur normale doit être inférieure à 5 UI/l.
- Durant la phase folliculaire : elle doit se situer entre 2 et 10 UI/l.
- Durant la phase ovulatoire : elle doit être comprise entre 5 et 30 UI/l.
FSH basse : causes et implications
Lorsque la FSH est basse, "il faut penser à rechercher une insuffisance hypophysaire ou une tumeur du cerveau qui perturbe la production de FSH". Si cette hormone est insuffisamment sécrétée en même temps que la LH, les ovaires ne sont pas suffisamment stimulés.
FSH élevée : causes et implications
Un taux de FSH trop élevé en début de cycle peut être un marqueur d’insuffisance des ovaires. La FSH augmente pour stimuler les ovaires, et vu qu’il n’y a pas assez de réponses de leur part, la FSH continue à augmenter. C’est pourquoi les niveaux de FSH font partie des données observées lors d’une évaluation de la réserve ovarienne, avec, entre autres, l’AMH.
Une FSH élevée traduit une insuffisance ovarienne, primaire si la femme est jeune, précoce avant l’âge de 40 ans. Une FSH élevée ne dit pas forcément ménopause précoce. Encore une fois, cela doit être étudié en fonction du contexte. A la ménopause le taux de FSH est compris entre 20 et 150 UI/l.
Plusieurs facteurs peuvent entraîner une FSH élevée :
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- Âge: L’avancée en âge est associée à une augmentation du taux de FSH, si bien que le dosage de cette hormone est préconisé dans le cadre du bilan hormonal de diagnostic de la ménopause.
- Insuffisance ovarienne précoce: Cette condition, qui touche environ 1 % des femmes avant 40 ans, correspond à un épuisement de la réserve ovarienne.
- Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK): Chez la femme, c’est une cause très fréquente d’un rapport LH/FSH élevé. Ce déséquilibre hormonal perturbe le développement des follicules ovariens et l’ovulation.
- Mauvaise qualité des ovocytes: Si un résultat anormal (une FSH élevée) tend à indiquer une piètre qualité des ovocytes, cela ne veut pas dire qu’un taux correspondant à la norme garantira la bonne qualité de vos ovules.
FSH élevée et fertilité : impact et solutions
Un taux élevé de FSH peut impacter la fertilité féminine de différentes manières.
Impact sur la conception naturelle
Si une femme en âge de procréer a des niveaux anormalement bas de FSH, la fonction de l’hormone folliculostimulante n’est pas réalisée et par conséquent, les ovules ne sont pas libérés et l’œstrogène ne remplit pas sa fonction, car il n’y a pas de FSH pour augmenter ses niveaux.
Si vous êtes jeune mais que vous avez un niveau élevé de FSH, vous devriez continuer à essayer la méthode naturelle pendant au moins 12 mois. Si vous ne pouvez pas tomber enceinte après cette période, vous devriez consulter un spécialiste de la fertilité qui organisera divers tests de diagnostic pour découvrir la cause de votre problème.
Si vous avez plus de 35 ans, il est probable que vos ovules soient de qualité inférieure, ce qui signifie que la FIV avec vos propres ovules a moins de chances de réussir. Si le pronostic du succès du traitement n’est pas favorable, nous pouvons vous conseiller d’essayer la FIV avec des ovules / embryons de donneurs.
FSH et fécondation in vitro (FIV)
Un dosage de la FSH est réalisé avant la PMA en elle-même, pour évaluer la réserve ovarienne et les doses qu’il faudra injecter pour espérer une bonne réponse ovarienne. Outre le blocage du cycle ovarien, les injections de gonadotrophines (Gonal F® ou Puregon®), qui miment l’action de la FSH, sont donc au cœur de la procédure de PMA.
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Beaucoup de femmes ne peuvent entamer une FIV car leur niveau de FSH (folliculostimuline) est trop élevé. La FSH est l’hormone libérée par l’hypophyse et qui permet la maturation des ovocytes. Si votre niveau de FSH ne correspond pas aux normes, vos ovules seront probablement de faible qualité, ne produisant certainement pas un bon embryon ni une éventuelle grossesse.
Si vous avez moins de 35 ans mais que votre taux d’hormone FSH est supérieur à la normale, nous pouvons vous prescrire des doses plus élevées de médicaments de stimulation. La FSH sous forme de médicament est également utilisée dans les cycles de FIV pour aider au développement de plusieurs ovules chez les patientes (si la patiente est jeune et a une bonne réserve ovarienne). Les injections de FSH sont le plus souvent utilisées en association avec un agoniste pour vous préparer pour le jour de la récupération des ovules. Lorsque l’échographie montre qu’il y a suffisamment de follicules de taille appropriée, une injection «déclencheur» est administrée pour stimuler l’ovulation.
Améliorer la qualité des ovocytes
Si vous avez des œufs de mauvaise qualité, il existe des moyens simples d’améliorer la qualité des œufs. Il n’existe pas encore de traitement conventionnel contre les taux élevés de FSH.
- Suivre une cure de détoxification : boire beaucoup d’eau filtrée ou en bouteille par jour, réduire votre apport en sel, éviter le café, le thé et les sucreries.
- Manger haricots, légumineuses, oignons et ail pour aider le foie à transformer les œstrogènes sous forme hydrosoluble pour qu’ils puissent être excrétés.
Facteurs à considérer lors de l'évaluation de la fertilité
Nous prenons en compte plusieurs facteurs lors de l’évaluation de vos chances de réussite de la FIV, notamment l’âge, les antécédents médicaux, le profil hormonal, les résultats de traitements antérieurs, le mode de vie, la présence d’un facteur d’infertilité masculine. Les résultats des tests FSH nous aident à décider du meilleur traitement pour vous et du protocole médicamenteux qui convient à vos besoins.
La LH : l'hormone lutéinisante et son rôle dans l'ovulation
L’hormone lutéinisante, ou LH, est une substance chimique essentielle produite par l’hypophyse. Cette petite glande, située à la base du cerveau, la fabrique sous les ordres de l’hypothalamus. L’hypothalamus libère une autre hormone, la GnRH, pour déclencher la production de LH.
Le rôle de la LH chez la femme
Chez la femme, son action la plus connue est de déclencher l’ovulation. Un pic de LH signale à l’ovaire qu’il est temps de libérer un ovule mature. Ensuite, la LH aide à la formation du corps jaune. Le pic de LH est le déclencheur direct de l’ovulation. L’ovulation, c’est-à-dire la libération de l’ovule par l’ovaire, survient environ 24 à 36 heures après le début de cette montée brutale de LH.
Le rôle de la LH chez l'homme
Chez l’homme, l’hormone lutéinisante (LH) a une fonction tout aussi cruciale. Elle stimule des cellules spécifiques dans les testicules, les cellules de Leydig, pour qu’elles produisent de la testostérone.
Importance du dosage de la LH
Le dosage de l’hormone lutéinisante (LH) offre une vision claire du fonctionnement de l’axe reproducteur. Une variation anormale du taux de LH peut être le signe d’une condition sous-jacente. Par exemple, un taux élevé de LH chez la femme est souvent observé dans le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Chez l’homme, une LH élevée associée à une testostérone basse peut révéler un dysfonctionnement des testicules, ou hypogonadisme primaire.
Dans les parcours de fertilité, le suivi du pic de LH permet de programmer précisément certains actes médicaux.
Conditions médicales associées à un taux de LH anormal
Plusieurs conditions médicales peuvent être associées à un taux de LH anormal :
- Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : Chez la femme, c’est une cause très fréquente d’un rapport LH/FSH élevé. Ce déséquilibre hormonal perturbe le développement des follicules ovariens et l’ovulation.
- Insuffisance ovarienne prématurée : Cette condition, qui touche environ 1 % des femmes avant 40 ans, correspond à un épuisement de la réserve ovarienne.
- Hypogonadisme primaire chez l’homme : Il s’agit d’un défaut de production de testostérone par les testicules, malgré une stimulation forte par la LH.
- Hypogonadisme hypogonadotrope : Ce trouble plus rare vient d’un défaut de production de LH et de FSH par l’hypophyse ou l’hypothalamus. Il peut être d’origine congénitale (syndrome de Kallmann) ou acquis (tumeur, traumatisme).
- Hyperprolactinémie : Un excès d’une autre hormone, la prolactine, peut freiner la production de LH.
- Anorexie mentale : La dénutrition sévère met le système hormonal en veille.
Facteurs influençant le taux de LH
Plusieurs médicaments peuvent modifier les résultats. Les contraceptifs hormonaux suppriment la production de LH. Certains antiépileptiques, des traitements hormonaux (comme les inhibiteurs de l’aromatase) ou les opiacés pris au long cours peuvent aussi affecter les niveaux de LH.
Importance d'un suivi médical
Il est crucial de consulter un spécialiste de la fertilité pour vous aider à comprendre les résultats de vos tests et pour vous aider à décoder votre fertilité. Face à une variation du taux de l’hormone lutéinisante (LH), des ajustements du mode de vie peuvent être bénéfiques.
- Gérer le stress : Le stress chronique peut interférer avec les hormones.
Autres hormones à considérer
Il est important de considérer d'autres hormones en plus de la FSH et de la LH pour une évaluation complète de la fertilité.
Œstradiol
Lorsqu'il est dosé en cours de cycle (naturel ou stimulé), l'œstradiol témoigne de la qualité de la sécrétion des ovaires ; en début de cycle sa valeur doit être basse, et un taux supérieur à 80 pg/ml au 3ème jour du cycle est généralement le témoin d'une diminution de la réserve ovarienne (en dehors de tout traitement stimulant). Cette situation se rencontre lorsque les cycles sont courts avec un raccourcissement de la phase folliculaire. Une augmentation en début de cycle fait penser à la présence d’un syndrome des ovaires micro-polykystiques, surtout si sa valeur est supérieure à celle de la FSH. Elle traduit en général une atteinte de l'hypophyse.
AMH (Hormone Anti-Müllerienne)
Cette hormone est sécrétée par les cellules des petits follicules en croissance et représente actuellement le meilleurs facteur prédictif de la réponse ovarienne. Par ailleurs elle peut être dosée à n’importe quel moment du cycle et a rendu obsolète le dosage de l’inhibine B. C’est le marqueur qui est le mieux corrélé au compte des follicules antraux (voir le chapitre sur l’échographie pelvienne). Une diminution de sa valeur reflète une altération précoce de la réserve ovarienne ; à l'inverse le risque d'hyperstimulation est plus élevé chez les femmes présentant une AMH élevée dans un syndrome des ovaires micro-polykystiques.
Progestérone
En début de cycle et avant l’ovulation, sa valeur doit être basse ; en 2ème partie de cycle, elle témoigne de la fonction du corps jaune. Toute diminution de sa valeur en 2ème partie de cycle traduit une absence d’ovulation ou une insuffisance lutéale.
Prolactine
Sa valeur doit être inférieure à 20 µg/l chez la femme, et on parle généralement d’hyperprolactinémie, lorsque le taux est > 30 µg/l. Une hyperprolactinémie importante peut être responsable d’une absence de règles et d’un écoulement de lait, mais une forme plus mineure peut simplement occasionner des troubles de l’ovulation. La sécrétion de prolactine est influencée par le stress et l’effort physique ; il vaut donc mieux faire le dosage le matin.
TSH
Cette hormone est sécrétée par l'hypophyse et son rôle est de stimuler la thyroïde. L'hypothyroïdie peut être responsable d'une fatigue accrue et d'une prise de poids, mais sa forme mineure peut n'occasionner que des troubles de l'ovulation. En cas d'hypothyroïdie, la TSH sera augmentée et un traitement par hormones thyroïdiennes (Levothyrox) vous sera alors proposé.
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