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Suites et Règles Post-IVG : Ce qu'il faut Savoir

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une procédure médicale encadrée, permettant de mettre fin à une grossesse non désirée. En France, elle est légalisée depuis 1975 grâce à la loi Veil et est remboursée à 100 % par l'assurance-maladie. Le délai légal pour avorter est fixé à 14 semaines de grossesse. Après une IVG, qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, il est essentiel de comprendre les suites normales, les potentiels effets secondaires et les règles à suivre pour assurer un rétablissement optimal. Il est important de noter qu'un avortement réalisé dans de bonnes conditions n'a pas d'impact sur la fertilité de la femme.

Les Suites Immédiates d'une IVG

Il est normal de ressentir certains désagréments pendant les jours ou les semaines qui suivent une IVG, qu'elle soit médicamenteuse, chirurgicale ou instrumentale. Ces désagréments peuvent inclure :

  • Saignements, contractions, douleurs abdominales ou lombaires : Ces symptômes sont comparables à ceux d'une menstruation normale, voire plus intenses. Les saignements peuvent durer de 10 à 20 jours et être plus abondants que les règles habituelles, avec des caillots.
  • Désagréments hormonaux : Les symptômes de la grossesse disparaissent généralement en quelques jours à deux semaines. Cependant, les hormones de grossesse peuvent persister dans l'organisme, rendant les tests de grossesse positifs pendant trois à quatre semaines après l'avortement.
  • Tension mammaire et/ou engorgement : Si la grossesse était avancée, les seins peuvent rester tendus et douloureux pendant un certain temps. Un engorgement ou des écoulements de lait peuvent même survenir.
  • Diarrhées ou nausées : Ces symptômes peuvent être causés par les antibiotiques prescrits en cas d'IVG chirurgicale par aspiration ou d'avortement instrumental.

Gestion de la Douleur et des Saignements

Pour soulager la douleur, il est possible de prendre de l'ibuprofène ou de l'Aleve, éventuellement en association avec du paracétamol. L'aspirine est à éviter. Il est crucial de lire attentivement les notices des antalgiques et de respecter les quantités prescrites.

En cas de tension mammaire ou d'engorgement, le port d'un soutien-gorge serré (sans armatures) peut aider à réduire les symptômes. Il est déconseillé de masser les seins. Des poches de glace peuvent également apporter un soulagement.

Quand Consulter un Médecin ?

Il est impératif d'informer votre médecin traitant ou le professionnel de santé qui a pratiqué l'IVG si vous présentez l'un des effets secondaires suivants :

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  • Fièvre (plus de 38,5°C pendant plus d'une journée)
  • Saignements abondants et douleurs intenses
  • Douleurs persistantes malgré la prise d'antalgiques
  • Pertes inhabituelles en couleur et odeur
  • Effets indésirables insoutenables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) persistant plus de 24h

Dans ces cas, il est recommandé de se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG fournie par le professionnel de santé.

Le Retour des Règles Après une IVG

En général, les menstruations reprennent 4 à 6 semaines après l'intervention. Au début, elles peuvent être moins régulières qu'en temps normal. Sous pilule contraceptive, les règles reviennent généralement dès la fin de la première plaquette. Les premières règles peuvent être très différentes des menstruations habituelles, étant soit beaucoup plus abondantes ou plus longues, soit beaucoup moins importantes et plus courtes. Il est normal de saigner pendant une quinzaine de jours, parfois jusqu'à la visite de suivi.

Si vous n'avez toujours pas vos règles 5 semaines après l'IVG, il est important de réaliser une prise de sang pour doser les hormones Bêta Hcg. Il est conseillé de faire cette prise de sang entre 4 semaines et 6 semaines après l'IVG surtout si vous n'avez toujours pas vos règles.

L'IVG Médicamenteuse : Détails et Particularités

L'IVG médicamenteuse est une méthode d'avortement qui peut se pratiquer jusqu'à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. Elle consiste à provoquer une fausse couche en prenant deux médicaments différents :

  • Mifépristone (MYFEGINE) : Interrompt le développement de la grossesse.
  • Misoprostol (GYMISO) : Provoque l'expulsion de la grossesse.

La prise de misoprostol est déconseillée par voie vaginale par les laboratoires en raison du risque de douleurs abdomino-pelviennes plus fréquentes. Les saignements peuvent survenir entre 30 minutes et 3 jours après la prise de médicament, mais dans la majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du misoprostol. La prise de misoprostol est toujours nécessaire car il peut rester des résidus de grossesse qu'il est important d'évacuer.

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S'il n'y a pas de saignement à 24h, il faut contacter le médecin ou la sage-femme. Le contrôle de l'efficacité de l'IVG médicamenteuse est indispensable car il existe un risque d'échec ou de complications. Ce contrôle peut se faire par une échographie ou par une prise de sang de dosage d'hormones de grossesse (Bêta HCG).

Complications Possibles et Surveillance Post-IVG Médicamenteuse

Des complications peuvent parfois survenir jusqu'à un mois après l'IVG si la consultation de contrôle n'a pas été réalisée. Ces complications peuvent se présenter sous formes de symptômes d'infection (fièvre à 38°C qui dure plus de 24h après la prise de misoprostol), des douleurs différentes de celles des règles, des pertes inhabituelles en couleur et odeur.

Le risque principal d'une IVG médicamenteuse est le risque d'hémorragie. La Grossesse Extra Utérine (GEU) est une contre-indication à l'IVG médicamenteuse.

Fertilité et Impact Psychologique Après une IVG

Avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n'entraîne pas de risque d'infertilité, n'a aucune conséquence sur la fertilité et ne diminue pas la fécondité. Les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas non plus de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n'en avaient pas avant. Chaque femme va vivre l'IVG de manière singulière et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d'en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel.

Après un avortement, votre fertilité reviendra presque immédiatement. C’est pourquoi le choix d’une méthode contraceptive est abordé au cours de la procédure d'IVG.

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La Douleur Pendant et Après une IVG

La douleur pendant une IVG est souvent comparée à celle des règles douloureuses plus ou moins intenses. La douleur au cours d'un IVG médicamenteuse est secondaire aux contractions répétées de l'utérus pour expulser la grossesse arrêtée. Des anti-douleurs (antalgiques de la famille des anti-inflammatoires non stéroïdiens couplés avec des anti-douleurs de niveau 2 disponible eux sur ordonnance) sont prescrits systématiquement par le médecin ou la sage-femme qui suit l'IVG et la prise de ces cachets est recommandée en prévention de la douleur 30 mn avant la prise de misoprostol.

Si la douleur persiste et ne s'atténue pas malgré la prise de ces médicaments contre la douleur, il convient d'en informer le médecin ou la sage-femme qui suit l'IVG.

Suivi Psychologique et Soutien

Après une IVG, parler, se sentir écoutée et soutenue peut s'avérer essentiel. N'hésitez pas à vous confier à une personne de confiance ou à en parler avec un professionnel de santé ou un psychologue. Vous pouvez aussi contacter l’antenne du la plus proche de chez vous ou le numéro vert national "IVG, , sexualité" afin d’être orientée vers des associations légitimes et adéquates, et/ou vers un psychologue. Vous pouvez également vous rendre dans un centre de santé sexuelle ou un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS).

IVG instrumentale

Cette intervention chirurgicale légère peut être réalisée à l’hôpital sous anesthésie locale ou anesthésie générale. En passant un tube par le vagin, le médecin va rejoindre l’utérus afin d’aspirer l’embryon.

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