L'hormone antimüllérienne (AMH) est un indicateur clé de la réserve ovarienne chez la femme. Son dosage est souvent utilisé dans le cadre de l'évaluation de la fertilité, notamment avant une fécondation in vitro (FIV) ou une insémination artificielle. Cet article explore en profondeur le rôle de l'AMH, son interprétation, son impact sur les traitements de fertilité et les témoignages de femmes confrontées à un taux d'AMH bas.
Qu'est-ce que l'AMH et quel est son rôle?
L'AMH est une hormone glycoproteïque sécrétée par les cellules de la granulosa des follicules antraux et pré-antraux des ovaires. Elle est mesurable dans le sérum à partir de l’âge de 4 ans et constitue un marqueur de la réserve folliculaire. Elle diminue avec l’âge pour devenir indétectable à la ménopause. L’AMH n’existe pas chez l’embryon féminin, et les canaux de Müller peuvent s’y développer pour organiser l’appareil génital féminin.
Il existe environ 400.000 follicules dans les ovaires au moment de la puberté, mais tous ne sécrètent pas de l’AMH : seuls les follicules antraux disponibles au début de chaque cycle (pool folliculaire) en produisent. Ce pool est d’autant plus important que l’ovaire est riche en follicules ; le taux d’AMH mesure donc l’importance du pool folliculaire, lui-même le reflet du stock ovocytaire ovarien, encore appelé réserve ovarienne. Le taux d’AMH mesure donc indirectement la quantité d’ovocytes dont la personne dispose. Le taux d’AMH augmentent jusqu’à la puberté pour ensuite diminuer progressivement surtout á partir de 40 ans. Le taux d’AMH est maximum entre 20 et 25 ans, et décroît régulièrement, pour tendre vers 0 après 45 ans. Sa mesure renseigne donc sur l’importance du stock ovocytaire à un moment donné.
Interprétation du taux d'AMH
Une réserve ovarienne est considérée comme bonne quand la mesure est supérieure à 1 ng/mL ou 7,14 pmol/mL. Par ailleurs, les valeurs considérées comme normales dépendent de chaque laboratoire, de même que les unités de mesure utilisées. Il y a eu beaucoup de problèmes techniques avec les techniques de dosages manuels de première et deuxième génération.
Certaines situations s’accompagnent normalement d’un taux d’AMH artificiellement faible, car le développement folliculaire y est inhibé : sous pilule, sous analogues de la GnRH, en cas d’hypogonadisme. Certaines affections peuvent endommager le stock folliculaire : chimiothérapies et endométriose notamment.
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En-dessous de 0,6 ng/ml ou 4,3 pmol/L, le taux d’AMH est considéré comme extrêmement faible. Des valeurs élevées d’AMH peuvent conduire à une réponse exagérée des ovaires et donc à une hyperstimulation et une valeur basse à un résultat faible au moment de la ponction ovocytaire.
AMH et réserve ovarienne: autres marqueurs
Il existe un autre marqueur de la réserve ovarienne : le taux de FSH (Follicle Stimulating Hormone). Il est généralement mesuré le 2e ou le 3e jour du cycle menstruel mais peut être calculé jusqu’au 5e jour. Plus le taux de FSH est élevé, plus le nombre de follicules est faible et moins les ovaires sont susceptibles de répondre positivement à la stimulation. Si la femme en parcours de FIV est supplémentée en FSH, le traitement à suivre doit être décidé en fonction du plus haut taux de FSH relevé. Un taux d’œstradiol supérieur à 80 pg/ml est également lié à un faible taux de grossesse, même lorsque le taux de FSH est normal. Le FSH et l’œstradiol gagneraient donc à être mesurés en même temps.
Le nombre de follicules antraux est le nombre de follicules compris entre 2 et 9 mm de diamètre observés lors d’une échographie vaginale entre le 1er au 5e et le jour du cycle menstruel. En 2011, une étude a prouvé que le nombre recensé ne varie pas au cours du cycle menstruel.
AMH et traitements de fertilité (FIV et insémination)
La mesure de l’AMH peut donc être utilisée pour dépister les insuffisances ovariennes. Une forte corrélation existant entre le taux d’AMH et le comptage des follicules antraux a été démontrée dans plusieurs publications. Seifer et al (2002) ont publié la première étude rapportant la capacité de l’AMH à prédire la réponse ovarienne.
Les études concluent que l’AMH est aussi performante que le compte de follicules antraux. Il existe une importante corrélation entre la réponse ovarienne et les chances de grossesses en AMP (Klinkert et al, 2005). Si les études concluent que chez les femmes jeunes (75%) et à une bonne spécificité (>85%). Se rajoute aux différences entre les études le fait que la technique de mesure reste manuelle et donc théoriquement sujette à variation, ce qui compliquent la définition d’une valeur seuil. Les données actuelles semblent donc montrer que l’AMH permet clairement de prédire l’intensité de la réponse ovarienne et la probabilité d’annulation du cycle.
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AMH et FIV: Prédiction de la réponse ovarienne
Concernant la prédiction du taux de grossesse qui constitue a priori le principal critère pouvant conduire a récuser des patients, les résultats sont plus controversés comme avec la plupart des marqueurs de réserve ovarienne (FSH, Estradiol, compte de follicule antraux). Des études ont trouvé une corrélation entre l’AMH et la qualité ovocytaire ou avec la qualité embryonnaire. La plupart des études ayant analysé directement la capacité de l’AMH a prédire le taux de grossesse n’ont pas retrouvé de corrélation. Dans un article récent, Weghofer et al (2011) ont rapporté des taux d’accouchement de 14% chez 70 femmes de moins de 42 ans ayant une AMH < 0,4ng/ml . Dans ces conditions il semble que l’AMH soit un bon indicateur de la réponse ovarienne, mais qu’il soit difficile de récuser une patiente sur la seule valeur de l’AMH.
Impact sur les protocoles de stimulation
Un faible taux d'AMH peut inciter les médecins à adapter les protocoles de stimulation ovarienne en FIV, en utilisant des doses plus élevées de gonadotrophines pour tenter de recruter un maximum de follicules.
AMH et Insémination Artificielle (IA)
Bien que l'AMH soit moins directement utilisée pour déterminer l'éligibilité à l'IA, elle peut influencer la décision de passer à la FIV si l'IA ne réussit pas après plusieurs tentatives, surtout en présence d'une AMH basse.
Témoignages et espoir malgré une AMH basse
De nombreux témoignages de femmes ayant conçu naturellement ou par le biais de la PMA malgré un taux d'AMH bas existent. Ces expériences soulignent que l'AMH n'est pas le seul facteur déterminant la fertilité et qu'il est possible de concevoir même avec une réserve ovarienne diminuée.
Récits de grossesses réussies
- Une femme de 35 ans, avec une AMH à 0,7 et une FSH à 12,2, a conçu naturellement peu de temps après avoir reçu ces résultats et avant de commencer la PMA.
- Une femme de 37 ans, avec une AMH à 0,3, est tombée enceinte après une IA, malgré un avis médical pessimiste.
- Plusieurs femmes témoignent avoir eu un ou plusieurs enfants malgré une AMH basse, parfois même après des échecs de FIV initiaux.
- Une femme ayant un taux d'AMH de 0,4 a conçu naturellement après avoir été refusée pour une FIV en raison de son faible taux.
Ces témoignages mettent en lumière que ce dosage ne prédit pas l'avenir.
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Facteurs pouvant influencer la fertilité malgré une AMH basse
Certaines femmes partagent leurs astuces et conseils, qui ne sont pas des recommendations ou des préconisations, juste les 3 trucs qui ont fait partie de mon parcours dans la semaine précédent la fécondation :
- Approches holistiques: Certaines femmes ont trouvé bénéfique d'intégrer des approches holistiques comme l'hydrothérapie et l'ostéopathie pour réduire le stress et favoriser un environnement corporel plus réceptif.
- Confiance et positivité: L'importance de la confiance en son corps et en sa capacité à concevoir est soulignée.
- Changement de gynéco: Demander à avoir de la DHEA … Prendre des vitamines … Que ton homme fasse pareil … Prenez de la vitamine B12 B9 C E D Q10 selénium et j'en passe … Bcp de poissons, le moins possible de viande rouge … Pas d'alcool, pas de cigarettes …. Il faut connaitre ta FSH aussi en début de cycle … Ta TSH …. et bien plus encore … Tout peut changer …
Les limites du test AMH
Une étude vient de remettre en question l’idée que le taux d’AMH est le même avant, pendant et après les règles. Dans un groupe de trois femmes souffrant d’un très faible taux d’AMH, l’une d’elles a vu sa situation changer parce que les tests avant et pendant le cycle menstruel affichaient d’importantes variations. Idem pour deux femmes d’un groupe de trois considérées comme souffrant d’un taux d’AMH faible.
Alternatives et options en cas d'AMH très basse
Lorsque l'AMH est très basse et que les chances de succès avec les propres ovocytes sont réduites, plusieurs options peuvent être envisagées :
- Don d'ovocytes: Cette option offre des taux de succès élevés, car elle utilise les ovocytes d'une donneuse plus jeune et avec une meilleure réserve ovarienne. Une bonne nouvelle toutefois : lorsque des embryons parfaitement normaux sont transférés dans l’utérus de la receveuse, son âge ne compte plus. Le taux de grossesse est similaire pour les femmes de tous âges.
- Adoption d'embryon: On repart en FIV en France , pas de transfert . Dernières chances en RT : TEC don d'embryon 06/2025 : Dpo 14 : 29 ui, Dpo 16 : 38 ui, Dpo 18 : 70 ui, Dpo 25 : 973 ui puis1616 ui à Dpo 27 .
- FIV avec stimulation douce: Cette approche vise à obtenir un petit nombre d'ovocytes de bonne qualité plutôt qu'un grand nombre d'ovocytes de qualité variable.
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