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Les crèches, les santons et la galette des rois : Histoire et tradition

Si la crèche représente sans équivoque possible une scène religieuse, celle de la Nativité, elle est avant tout pour les Provençaux de souche, le témoignage d'une tradition qui s'est transmise de génération en génération. La preuve : même les familles non croyantes réalisent une crèche provençale. Il faut donc la distinguer d'une crèche de Noël qui elle seule, revêt un caractère religieux pur. D'ailleurs dans la crèche provençale, l'accent est mis sur les villageois, les petits métiers d'antan, et la vie quotidienne. Elle a sa place dans les maisons provençales à côté du sapin de Noël (d'origine païenne, je le rappelle), et prend toute sa place dans les préparatifs de Noël.Après Noël, place à l'Épiphanie et, en Provence, au Gâteau des Rois ! L'occasion de revenir sur les autres traditions calendales marseillaises et provençales qui ponctuent cette période de fêtes et mêlent sacré et profane.

L'origine des santons

Les santonniers ont modelé dans l'argile tout un petit peuple composé de gens simples représentant les villageoises et les villageois habitants la Provence. C'est à Jean-Louis Lagnel (1764-1822) que l'on attribue la création des premiers santons (de santoun = petit saint). Fabriqués à partir d'argile non cuite, on pouvait les reproduire par moulage. On a découvert les moules qui lui permettaient de les fabriquer, datés de 1797 à 1819. On peut voir certains de ces moules ainsi que quelques santons de sa fabrication au musée du Vieux-Marseille. Il a permis à tout un peuple provençal de se reconnaître dans ses "figurines à un sou" et de pouvoir "faire la crèche" comme les riches ! Aujourd'hui, il reçoit cette argile, prête à l'emploi. Il en prélève une petite boule et la pétrit longuement pour modeler un petit personnage. L'argile sera insérée dans le moule talqué pour éviter trop d'adhérence, puis le tout est mis à sécher. Quand l'argile commence à se rétracter, le santon est sorti du moule. Aujourd'hui les santons sont cuits comme toutes les poteries et sont donc plus résistants au temps, à l'usure et à l'humidité.

Fabrication des santons

Aujourd'hui tradition folklorique plus que religieuse, les santons sont un artisanat local emblématique. Ces petits personnages permettent de mettre en valeur les métiers ancestraux de la Provence et l'ambiance villageoise d'antan. Cette tradition permet également aux artisans provençaux de démontrer tout leur savoir-faire.Quand le mois de Décembre arrive en Provence, la tradition veut que l’on construise la crèche, afin de représenter la scène de la Nativité. Les petits personnages d’argile qui peuplent la crèche sont les santons. Les premiers santons étaient confectionnés en mie de pain, peu à peu l’argile rouge de Provence a été privilégiée pour la fabrication. Les santons sont longtemps restés de fragiles créations en argile crue puis la cuisson s’est imposée un peu partout. C’est une aubagnaise, Thérèse Neveu qui a eue l’idée de cuire les santons en argile. Les santons de Provence sont un incontournable quand vient l’heure des fêtes de Noël. «Le Moulin à Huile», fondé en 1991 à Aubagne par Patrice JARQUE est une entreprise artisanale.

Les personnages traditionnels de la crèche

Le petit Jésus est déjà né et les rois sont arrivés ! Parmi les personnages incontournables, on retrouve :

  • le ravi (lou ravi), les deux bras dressés, qui exprime haut et fort sa joie. Il est coiffé d'un bonnet de nuit, montrant par là qu'il n'a pas pensé à le lever pour suivre les villageois. Est-il l'idiot du village autant dire le "fada" ? Ma grand-mère le pensait. Elle le plaçait, soit dans l'étable, soit à la fenêtre d'une maison car, c'est lui qui crie à tue tête pour annoncer la bonne nouvelle et réveiller les autres villageois.
  • les bergers (lou pastre) vêtus de leurs longues capes de bure, de leurs chapeaux de berger, les jambes protégées par des guêtres, et leur biasse (sac de toile où on mettait le casse-croûte) en bandoulière sont suivis de leurs moutons. Un jeune berger d'ailleurs en porte un dans ses bras.
  • l'ange (l'ange bouffareù) qui se tient sur le toit de l'étable ou d'une maison pour annoncer la bonne nouvelle ! (appelé ainsi à cause de ses joues joufflues à force de jouer de la trompette chaque fois que le Bon Dieu est content)
  • le tambourinaire (lou tambourinaïre) joue sur son tambourin et précède la foule des villageois.
  • le meunier (lou mounie) avec son bonnet blanc caractéristique protégeant ses cheveux. Il peut se placer près du moulin. Grâce à un visiteur qui m'a laissé sa remarque en commentaire (voir ci- dessous) et que je remercie encore, j'ai appris qu'il s'agissait du bart(h)oumieu un personnage issu des différentes pastorales. Il est un peu porté sur la bouteille, un peu poltron et pas très futé mais il est "brave" comme on dit en Provence, gentil et naïf. Habillé de travers, on voit bien qu'il tient une morue séchée dans la main droite. Bartoumieu que je prenais enfant pour un meunier…
  • le pêcheur (lou pescadou) amateur est assis sur son rocher, il tente d'attraper quelque poisson avec sa canne à pêche. Qu'aurait-il d'autre à offrir ? Il porte un grand tablier de peau pour se protéger des coupures et ne se déplace jamais sans sa meule de pierre et son réservoir d'eau.
  • le chasseur (lou cassaïre) avec sa gibecière en bandoulière est suivi de son chien.
  • la femme aux fagots (femo au bos) arrive souvent de la même direction. Elle va pieds nus, courbée par sa charge pour apporter un peu de chaleur dans l'étable.
  • les vieux (li viei) souvent par couples. Quelquefois les vieux sont chargés d'un gros fagot qu'ils ont du mal à transporter…
  • la femme sur l'âne (femo sus l'ase) qui apporte de la nourriture…ne me demandez pas quoi, c'est une surprise ! C'est la margarido de la pastorale Maurel.
  • la lavandière (la bugadiero) qui tient son panier de linge ; elle revient de faire sa lessive au lavoir ou à la rivière. Elle apporte de quoi coucher confortablement le nouveau-né. C'est un très vieux santon qui appartenait à ma grand-mère.
  • l'arlésienne… on la place souvent près du tambourinaire. Elle apporte des petits cadeaux.
  • l'apiculteur et sa ruche… quelques animaux pour agrémenter la crèche…Enfin bien sûr… Ils arrivent d'Orient guidés par une étoile. Ils représentent les continents : l'Afrique, l'Asie et l'Europe. Quelques marques célèbres de santonniers de Provence !

La crèche provençale et la liberté de conscience

Les pouvoirs publics, les préfets, l'école, les juges, les cantines, les associations laïcardes, les médias ont décidé de faire la chasse à tous les symboles, coutumes, pratiques et habitudes de longue tradition culturelle ininterrompue, au nom usurpé de la laïcité. Au mépris de l'immense majorité, à la demande, parfois anticipée, d'une minorité qui s'est récemment invitée et dont on a peur. Les plus anciens témoins de ces renoncements de couards doivent se souvenir et informer les plus jeunes. Nous avons eu, dans le désordre : le remplacement du "petit Jésus" par le père Noël (même pas saint Nicolas) ; la suppression de la viande de porc dans les avions d'Air France, puis des cantines scolaires. L'interdiction des crèches municipales, même dans les régions méridionales (Provence incluse) où on a inventé les santons ("petits saints"), est la marque préfectorale de l'ignorance. Les crèches de santons sont, historiquement, une réaction à l'étouffement de la liberté de conscience par la Terreur de 1793 qui, outre les massacres, génocides (200.000 morts en Vendée), "loi des suspects", exécutions sommaires (20 à 30.000), exodes forcés, avait fermé toutes les églises de France. En Grande Occitanie, ces santons ont des noms en oc (Efant pitchoun Jesus, Biertso Maria, Josep lo païre nouïrrissier, l'ase, lo biou, los pastres, agnels et fedas, reys metges amb lor camel) et des personnages du village occitan (lo notari, lo maïre, lo ravit, los pastoïé, molinié, remoulaïre, pescoffis, etc.), tous guidés par la Sant Estella vers la Santa Bauma. On s'en prend aux processions, aux pardons bretons, aux cloches, aux croix des portails de cimetières ou de la statue du pape. Personne n'ose remettre en cause les calvaires et les croix des chemins et des sommets montagneux mais simplement, pour l'instant, celles qui figurent sur les publicités de la RATP (le Sacré-Cœur amputé) et les églises grecques qui ornent les pots de yaourts… On réécrit l'Histoire de France, on nous conduit à la contrition et à la repentance coloniale pour expier les fautes supposées de nos trisaïeuls. On nous fait manger halal malgré nous car il est trop cher de faire deux types d'abattage dans certains abattoirs ou chez de grands industriels (alors que le halal est plutôt négatif pour la santé : germes et toxines, sans parler de l'inutile souffrance animale)… Pendant que prospèrent les prières de rue et les foulards islamiques. Depuis des années, on ne dit plus "Joyeux Noël !" mais "bonnes fêtes". On nous impose de ne plus donner nos références historiques "av. J.-C." mais "avant l’ère commune (AEC)". Enfin, tout récemment dans des boulangeries et supermarchés des "quartiers sensibles" (les habitants y sont-ils si sensibles ?), on dit galette ou brioche "de janvier", "de la nouvelle année"…

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L'Épiphanie et son origine

Après Noël, on attend avec impatience l'Épiphanie, tradition qui fait la joie des petits et des grands. Mais pourquoi début Janvier ? Pourquoi une galette ? pourquoi une fève ? et quel lien avec les rois ?Le nom d'épiphanie a une étymologie grecque : épi qui signifie au-dessus, qui transcende et faïno, verbe signifiant se montrer, apparaître, être évident. Cette origine fait référence aux dieux grecs, les dieux épiphanes. Ils pouvaient se montrer aux êtres humains, aux incroyants et étaient au nombre de 12.

Ils sont : Zeus, dieu du ciel maître des dieux et des hommes. Il est le fils des 2 titans Cronos et Rhéa. Il a un aigle pour animal et le sceptre, la foudre et le chêne comme attributs. Héra, reine du ciel, déesse de la femme, de la vie et de la famille. Elle est la sœur et femme de Zeus. Son animal est le paon et ses attributs sont le sceptre, le diadème et la grenade. Poséidon, dieu de la mer et des océans, il est le frère de Zeus. Le cheval et le taureau sont ses animaux et le trident son attribut. Demeter, déesse de la végétation, sœur de Zeus. La couleuvre et la truite sont ses animaux et la faucille, la gerbe de blé ses attributs. Aphrodite, déesse de l'amour et de la fécondité. La colombe, le cygne, le chat et la tourterelle sont ses animaux, le miroir et le coquillage ses attributs. Apollon, dieu de la lumière et des arts. Fils de Zeus et de Léto, ses animaux sont le dauphin et le corbeau, ses attributs la lyre, la lumière et la harpe. Artémis, sœur jumelle d'Apollon, déesse de la chasse. La biche, le cerf et le chien sont ses animaux, l'arc et les flèches ses attributs. Arès, dieu de la guerre, fils de Zeus et d'Héra. Ses animaux sont le chien et le vautour, ses attributs armes et casque. Athéna, déesse de la sagesse et du combat stratégique, elle est la fille de Zeus et de Métis.( Je vous conseille de lire la légende entourant sa naissance ! ) son animal est la chouette, ses attributs casque, olivier et bouclier. Héphaïstos, dieu du feu, des forgerons et des volcan. Ses attributs sont une enclume, une masse et des pinces. Hermès, dieu des voyageurs, du commerce et messager des dieux. Il est le fils de Zeus et de Maïa. La tortue et le bélier sont ses animaux, le caducée, le casque et les sandales ailés ses attributs. Dionysos, dieu du vin de la vigne et des fêtes, fils de Zeus et de Sémélé. Le bouc et la panthère sont ses animaux, le lierre, la vigne et la grappe de raisin ses attributs.

Chez les grecs ont attachait une grande importance au solstice d'hiver et aux jours qui, ensuite, rallongent, évoquant ainsi la renaissance de la lumière. Cette période correspondait aux fêtes en l'honneur des 12 dieux épiphanes et se terminait le 6 janvier de notre calendrier. Dans la Rome antique, on célébrait aussi cette même période par de grandes réjouissances qui duraient 12 jours et 12 nuits. C'était les Saturnales qui s'étalaient jusqu'au 6 janvier. Dans l’Égypte ancienne, le 6 janvier correspondait aux fêtes en l'honneur de la résurrection d'Osiris démembré après son assassinat en 12 morceaux. Le nombre 12 représente l'Unicité de toutes choses : 12 mois, 12 heures, 12 dieux olympiens, 12 tribus d'Israël, 12 apôtres …

En Grèce comme en Egypte, le 6 Janvier était l'occasion de grandes fêtes où les peuples avaient toute liberté. Chez les Romains, lors des Saturnales, les libertés étaient aussi totales . Les écoles, les administrations fermaient, le travail cessait et toute la population était en fête. Il est donc évident que le cycle de Noël, du 22 Décembre jour du solstice d'hiver au 6 Janvier où les jours rallongent significativement, calque son origine sur ces fêtes païennes. L'épiphanie se fête donc 12 jours après Noël, soit le 6 Janvier.

Les Rois et leur origine

Comme on l'a vu, chez les Romains les Saturnales étaient le temps de tous les excès, c'était la lumière, le renaissance, le monde à l'envers … Les soldats tiraient au sort un condamné à mort et le faisait "roi" pendant tout le temps des Saturnales mais une fois la fête finie, la sentence était mise en application. Les esclaves étaient "rois" et se faisaient servir par leur maître. Parmi les soldats, un des leurs était tiré au sort et devenait "roi" commandant tout ce qui lui passait par la tête.

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Pour les chrétiens, ces pratiques n'ont pas été source d'inspiration car l'épiphanie correspond à l'arrivée des Mages. Seul le nom de "Roi" a été conservé, ils sont astrologues, savants et donc Rois Mages. Partant des différents continents, ils ont suivi une étoile, leur "science" les poussant à la suivre pour trouver le "Roi" des Juifs dans une maison à Bethléem où il était enfant. Aujourd'hui on admet que l'étoile qui les a conduit à l'enfant Jésus serait la comète de Halley.

Les cadeaux des Mages et leur symbole

Melchior, vieillard à cheveux blancs, à la longue barbe et de type européen, offrit de l'or, symbole de la royauté. Gaspard, adulte portant barbe, de type asiatique, offrit l'encens symbole de la divinité. Balthazar, jeune et imberbe , brun à la peau noire, de type africain offrit la myrrhe ( gomme tirée du balsamier dont les égyptiens se servaient pour embaumer leurs morts) symbole de souffrance signe de rédemption de l'homme et signifiant la mort pour notre salut.

Du nombre des cadeaux on en a déduit le nombre des Rois Mages : 3 et les cadeaux représentent les 3 aspects du Christ : le Roi des Juifs, le fils de Dieu et le fils qui doit mourir pour nous.

La galette et son origine

La galette est elle aussi une tradition païenne. En effet dès l’Égypte ancienne on partageait lors des fêtes une galette dont la forme ronde rappelle celle du soleil. Chez les Romains, lors de la fête des rois que l'on a évoqué plus haut, le tirage au sort se faisait déjà grâce à une galette et on distribuait les parts à l'aveugle en énonçant le statut de "maître" ou "esclave" et chez les soldats de "roi" ou "condamné".

Du Moyen-âge à la Révolution la galette a perduré, mais à la Révolution il fut interdit de servir une galette des Rois, on comprend bien pourquoi … Elle réapparut à partir du 4 Nivôse an III (24 décembre 1794) sous le nom de galette de l'Egalité et fut donc de nouveau servie sur toutes tables à l'épiphanie 1795. La galette a continué à séduire les convives jusqu'à nos jours, elle se partage en 1 part de plus que le nombre de convives : c'est "la part de Dieu et de la Vierge" ou "part du pauvre" selon les régions. La galette n'ayant pas de connotation religieuse, elle est admise dans les lieux publics comme les écoles, les mairies … 97 % des Français la mange : Il s'en est vendu 32 millions en 2017 !En Provence, nous n’aimons pas faire comme tout le monde et, au moment de l’Épiphanie, la tradition n’est pas à la dégustation de la galette des rois et de sa frangipane, que nous rejetons en la nommant « la galette parisienne » ou « la parisienne », et que nous jugeons trop plate.

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Les variantes régionales de la galette

La galette a des variantes selon les régions. Dans le nord, elle se présente sous la forme d'une pâte feuilletée dorée au four et fourrée ou non d'une crème aux amandes, la frangipane. Dans le sud elle prend la forme d'une brioche en forme de couronne parsemée de sucre et garnie de fruits confits. La tendance actuelle est de faire une variante de galette feuilletée mais garnie de pommes/poires avec ou sans pépites de chocolat.Le gâteau des Rois provençal se reconnaît au premier coup d’œil. De forme ronde, il évoque une couronne et se distingue par ses couleurs vives, apportées par les fruits confits. Sa pâte, proche d’une brioche, est souple et légère, délicatement parfumée à la fleur d’oranger, un ingrédient emblématique de la cuisine provençale. Chaque bouchée rappelle le Sud : le soleil, les vergers, les savoir-faire artisanaux et cette douceur de vivre qui caractérise la Provence en hiver.

La fève et son origine

On sait que chez les égyptiens la fève était un aliment servant au culte, en effet le champ de fèves ou Sokhet Ialou était le lieu ou les morts attendaient la réincarnation. Elle a un pouvoir symbolique. Chez les romains et les grecs avec sa forme embryonnaire, elle évoquait la fécondité, la naissance. Au Moyen-âge, on l'offrait au mariage en signe de chance, richesse et fécondité, symbole de vie. On l'utilisait aussi lors des votes comme un simple jeton.

Et bien la tradition nous dit que lors de leur retour, les Rois Mages se perdirent dans le désert. Ils étaient fatigués, avaient faim et rencontrèrent par chance une famille qui leur offrit l'hospitalité. Cette famille était pauvre et avait peu à leur offrir mais dans le désert l'hospitalité est sacrée. La femme proposa aux Rois Mages de préparer une galette avec son reste de farine. Devant tant de générosité, Melchior, pour remercier la femme, laissa tomber dans la pâte qui reposait une de ses bagues. La galette cuite, tous la partagèrent et le jeune enfant de la famille croqua dans sa part et trouva la bague. Il voulu la rendre à Melchior mais celui la lui offrir ainsi que sa couronne en lui disant : "Tout enfant est roi".

La fève légume perdura jusqu'au milieu du XIXème siècle. Elle devait âtre choisie avec précaution car elle ne devait pas être trop grosse pour pouvoir être dissimulée et pas trop petite pour ne pas pouvoir être avalée volontairement (et ne pas payer à boire selon la coutume !) ou non . C'est au XIXème siècle, en Saxe, qu'appaissent de très petites figurines en porcelaine et c'est en 1874 qu'un pâtissier ou l'idée de remplacer la fève végétale par ces figurines. Lion, avec le nom et l'adresse du commerce. C'est la première fève publicitaire et elle date de 1925. En 1960 apparaissent les premières fèves en plastique et en 1989 les fèves ne sont plus blanches mais acquièrent des couleurs et prennent la forme de santons permettant de recréer la crèche. Enfin aujourd'hui il existe des fèves métalliques et même en or ! Ces fèves n'ont plus aucun lien avec la religion mais représentent des héros de dessins animés, de BD, des animaux …En Provence, nous avons souvent deux surprises cachées : la fève naturelle et le sujet. Ce dernier prend souvent la forme d’un petit santon, en écho aux crèches traditionnelles si chères au territoire.

Épiphanie et tradition

Dans la tradition, on fête donc l'épiphanie le 6 Janvier en partageant une galette des rois avec sa famille ou ses amis. Le plus jeune des enfants présents se cache sous la table et attribue de façon aléatoire les parts à chacun des convives. Celui qui trouve la fève dans sa part crie : "je l'ai !", on le/la coiffe d'une couronne, il/elle doit choisir sa "reine" ou "son roi" et lui faire un bisou, sans oublier d'offrir la prochaine galette à déguster avec les mêmes convives !! Autre coutume aujourd’hui plus rare mais chargée de sens : la “part du pauvre”. Il s’agissait d’une part supplémentaire du gâteau, autrefois réservée au premier passant ou à une personne dans le besoin.De même que les rois mages ont inspiré un film, la galette, elle, a inspiré de petites chansonnettes et dictons que voici :

Dictons :Si le soir des Rois,beaucoup d'étoiles tu vois,Auras sécheresse en été,Et beaucoup d’œufs au poulaillerClaire nuit à l'épiphanieTonneaux bien remplis

Chansonnettes :J'aime la galette, savez-vous comment?Quand elle est bien faite avec du beurre dedans !Tralalala tralalalèrej'aime la galette savez-vous comment?Quand elle est bien faite avec du sucre dedansTralalala tralalalèrePuis avec de la pâte, puis avec des œufs,Puis avec des amandes et la fève évidemment !Toute ronde, toute dorée et bien sucréeUne part pour toi, un morceau pour moiQuand je vais te croquer, vais-je la trouver?La fève qui fera de moi le roi de la journée !

La crèche provençale : une tradition calendale

L’Épiphanie est un jalon essentiel de la Période Calendale, ce cycle de festivités qui débute avec la Sainte-Barbe le 4 décembre et s'achève à la Chandeleur le 2 février. Elle représente le point culminant de l'installation de la crèche provençale, avec l'arrivée des derniers personnages importants.En Provence, la crèche est une véritable tradition, avec une succession de petites cérémonies au sein des foyers. Pour bien respecter cette tradition en Provence, d’abord il faut installer la crèche début décembre avec son ravi, son ange Boufareu (appelé ainsi à cause de ses joues joufflues à force de jouer de la trompette chaque fois que le Bon Dieu est content), Mistral sa cape au vent, la partie de cartes de Pagnol, et bien sûr Marie, Joseph, l’âne et le bœuf. Chrétien ou pas, en Provence on fait la crèche. Mais attention, on ne déposera pas le petit Jésus avant le 24 au soir et les plus beaux santons, Melchior, Gaspar et Balthazar, les rois mages venus de Bethléem en suivant l’étoile doivent également attendre patiemment leur tour.

La coutume est de démonter la crèche provençale à la fin du temps de Noël, après l'Épiphanie. Certains gardent la tradition ancienne de l'exposer jusqu'au 2 février, la fête de la chandeleur.

Les traditions du mois de décembre

Le blé de la Sainte-Barbe : Patronne des soldats du feu, Sainte Barbe est célébrée le 4 décembre, partout en France. Ce jour-là est également l'occasion pour de nombreux Provençaux de semer le blé de la Sainte Barbe, symbole de prospérité : Quand lou blad vèn bèn, tout vèn bèn, ce qui signifie Quand le blé va bien, tout va bien. Tradition séculaire remontant à l'Antiquité, elle consiste à semer, dans des coupelles tapissées de coton imbibé d'eau, des grains de blé, de lentilles ou de pois chiches. Ces coupelles feront ensuite partie de la décoration de la table de Noël au soir du 24 décembre, lors du Gros souper.

Le Gros souper : La fête, paradoxalement, ce n'est pas le jour de Noël, mais le 24 décembre, ou plutôt le soir de ce jour : on prépare le Gros Souper ! Historiquement, le Gros Souper devait être maigre. Le repas, à l'origine, était composé de mets les plus communs et ne comportait pas de viande. La viande ne fera son apparition que le jour de Noël avec la traditionnelle dinde et le gibier. On fait appel aux légumes de saison : choux-fleurs, épinards, céleris, cardes. La mer sera une autre source de produits : poissons frais, poissons de conserve comme les anchois ou la morue.

La cérémonie de la bûche : Le Gros Souper commençait en général par la cérémonie de la bûche, le Cacho-fuè. Devant la cheminée, est préparée une grosse bûche, d'un arbre fruitier coupé dans l'année. La bûche était décorée de rubans et de rameaux verts. Le grand-père, assisté du garçon le plus jeune de la famille, mettait la bûche au feu et on entretenait sa combustion pour en conserver des braises ardentes jusqu'au 1er janvier. Il fallait voir dans ce rite un signe de fertilité. L’exiguïté des cheminées de ville ou même leur absence totale a fait disparaître cette cérémonie des usages pratiqués pour Noël.

La table de Noël et les 13 desserts : La table était recouverte de trois nappes, symbolisant la Sainte Trinité, éclairée de trois chandelles, ornée d'assiettes de blé vert. On apporte alors les plats. Le vin accompagne ces plats, signe que le jeûne n'était guère observé. On attendra d'être revenus de la messe pour manger gras et goûter aux desserts de fête. La tradition des treize desserts, éminemment provençale, n'est pas si ancienne qu'on le croit généralement puisqu'elle débute au début du XXe siècle. Ils représentent les treize convives lors de la Cène : les douze apôtres et le Christ. Selon la tradition, les treize desserts devaient rester trois jours sur la table, et pour le docteur Joseph Fallen, écrivain et Capoulié du Félibrige de 1919 à 1922, le nombre pouvait dépasser 13 « mais pas un de moins ».

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