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L'Incroyable Histoire de Femmes et de Singes : De Jane Goodall à Julia Pastrana

L'histoire des femmes et des singes est une tapisserie complexe tissée de science, de société, d'éthique et d'émerveillement. Des études révolutionnaires de Jane Goodall sur les chimpanzés dans leur habitat naturel aux expositions troublantes de « femmes-singes » comme Julia Pastrana, cette relation a captivé et contesté notre compréhension de l'humanité et de notre place dans le règne animal.

Jane Goodall : Une Vie Consacrée à l'Étude des Chimpanzés

Valerie Jane Morris-Goodall, née à Londres le 3 avril 1934, a nourri dès son plus jeune âge une fascination pour la vie sauvage. Au lieu de jouer avec d'autres enfants, elle préférait observer les animaux dans son jardin, consignant ses observations dans des dessins et des notes. Un cadeau de son père, un jouet représentant un bébé chimpanzé, a marqué le début d'une vie dédiée à ces primates.

Encouragements Maternels et Préparation au Voyage

Alors que Jane rêvait de vivre avec les animaux en Afrique et d'écrire sur eux, sa mère l'a encouragée à poursuivre ses rêves. Elle lui a répété que si elle travaillait dur, saisissait les opportunités et n'abandonnait jamais, elle pourrait atteindre ses objectifs. En mai 1956, une invitation d'une amie à visiter une ferme familiale au Kenya a mis Jane sur la voie de son rêve. Après un an d'économies pour payer le voyage, elle s'est lancée dans l'aventure.

Rencontre avec le Dr. Louis Leakey : Un Tournant Décisif

Lors de son voyage au Kenya en avril 1957, Jane Goodall, alors âgée de 23 ans, a rencontré le célèbre anthropologue et paléontologue Dr. Louis S. B. Leakey. Leakey, impressionné par Jane, l'a engagée pour étudier les chimpanzés sauvages près du lac Tanganyika, en Tanzanie. Il pensait que l'observation des animaux dans leur habitat naturel pourrait conduire à des découvertes importantes. Jane, de son côté, souhaitait apprendre des choses que personne d'autre ne savait et découvrir des secrets grâce à des observations patientes.

Défis et Persévérance : S'Implanter à Gombe

Obtenir les autorisations nécessaires pour vivre avec les chimpanzés dans la réserve de Gombe n'a pas été facile. L'État britannique hésitait à laisser une jeune femme seule au milieu de l'Afrique. Finalement, Leakey a proposé une solution : la mère de Jane, Vanne, l'accompagnerait pendant les trois premiers mois. Munies de carnets de notes, de jumelles et de quelques affaires, Jane et Vanne sont arrivées en Tanzanie le 4 juillet 1960, marquant le début de « la plus longue étude de terrain des animaux sauvages dans leur environnement naturel ».

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Gagner la Confiance des Chimpanzés : Patience et Observation

Jane a mis beaucoup de temps à gagner la confiance des chimpanzés. Elle ne voulait pas les brusquer et risquer de les faire fuir. Au début, elle ne pouvait s'approcher qu'à cinq cents mètres. Un an plus tard, elle n'était plus qu'à trente mètres des familles de grands singes. Jane a instauré un rituel, qu'elle a surnommé le « banana club » : chaque matin, elle donnait une banane à chaque chimpanzé à la même heure.

Des Méthodes Non Conventionnelles : Prénoms et Empathie

Contrairement aux scientifiques de l'époque, Jane a donné des prénoms aux chimpanzés, car elle avait compris qu'ils avaient une personnalité et une conscience. Cette approche était critiquée par les spécialistes qui préféraient attribuer des numéros. Pour s'intégrer dans le monde des chimpanzés, Jane s'est investie pleinement, passant des heures dans les arbres avec les primates, imitant leurs comportements et mangeant leur nourriture.

La Découverte de l'Utilisation d'Outils : Une Révolution Scientifique

Un jour, Jane a observé des chimpanzés utilisant des brindilles pour extraire des termites de la terre. Elle a réalisé qu'ils choisissaient la branche la plus fine et la plus solide d'un arbre, enlevaient toutes les feuilles, pour pouvoir attraper les termites. Cette observation a révolutionné la compréhension de l'homme par rapport au règne animal : le chimpanzé fabriquait et utilisait des outils. Jusque-là, l'humain était considéré comme le seul être vivant capable de se fabriquer des outils pour se nourrir. Leakey a commenté après cette découverte : « Maintenant, nous devons redéfinir la notion d'homme, la notion d'outil, ou alors accepter le chimpanzé comme humain ». C'est de cette observation qu'est née l'idée que les chimpanzés sont les « cousins » des humains, nos semblables.

Comportements Sociaux et Violence : Une Vision Complexe

Jane a observé de nombreux points communs entre les humains et les chimpanzés, tels que la notion de famille et la chasse. Chez les chimpanzés, les liens entre les membres d'une même famille sont forts et le restent tout au long de leur vie. Toutes ces années de recherche ont conduit à de grandes découvertes sur les chimpanzés, notamment le fait qu'ils soient omnivores, qu'il existe un système social au sein d'une tribu et qu'ils pratiquent des rituels. Jane a également démontré la présence d'un langage, certes primitif, avec plus de vingt sons. Cependant, Jane a également été témoin de la violence chez les chimpanzés, notamment d'une guerre entre deux clans qui s'est terminée lorsque le dernier membre de l'un des clans est mort.

Reconnaissance Académique et Engagement pour la Conservation

Malgré les critiques initiales, Jane a été acceptée à l'Université de Cambridge et a obtenu un doctorat en éthologie en 1965. Depuis 1963, ses travaux et recherches étaient commandités par le magazine National Geographic. En 1977, elle a créé le Jane Goodall Institute, une organisation dédiée à la recherche, à la conservation et à l'éducation. Aujourd'hui, Jane Goodall est une figure internationale de la défense de l'environnement et Messagère de la Paix auprès de l'ONU.

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Vie Personnelle : Amour et Engagement

En 1964, Jane a épousé Hugo Van Lawick, un photographe et réalisateur de National Geographic qui l'avait accompagnée dans ses recherches. De cette union est né un fils, Hugo Eric Louis Van Lawick. En 1975, elle s'est remariée avec Derek Bryceson, un membre du parlement de Tanzanie et le directeur des parcs nationaux du pays.

Julia Pastrana : Entre Science, Spectacle et Exploitation

L'histoire de Julia Pastrana est bien différente de celle de Jane Goodall. Julia Pastrana, née au Mexique en 1834, souffrait d'hypertrichose, une maladie génétique rare qui se caractérise par une pilosité excessive sur le visage et le corps. En raison de son apparence unique, elle a été exhibée comme une « femme-singe » dans des spectacles de foire à travers le monde.

L'Indescriptible : Une Carrière dans le Spectacle

Surnommée « l'indescriptible », « la femme-monstre », « la femme-singe » ou encore « la femme-ourse », Julia Pastrana est devenue une star internationale du monde du spectacle entre 1855 et 1860. Son histoire coïncide avec les débuts de l'âge d'or du « freak show » américain, un phénomène culturel qui mettait en scène des personnes aux caractéristiques physiques ou mentales hors du commun.

La Russie : Un Chapitre Méconnu

Bien que l'histoire de Julia Pastrana soit relativement connue, son passage en Russie est moins documenté. Cet article vise à combler partiellement ce manque, à travers l'analyse des multiples textes produits en Russie autour de « la femme-singe » : brochures et encarts publicitaires, parutions scientifiques, articles journalistiques et fictions littéraires, mémoires et correspondances privées. Il s'agira moins de rétablir, l'une après l'autre, les étapes de sa vie sur le territoire russe, que de comprendre comment elle fut perçue en Russie et sous quelles formes son souvenir fut entretenu.

Une Brochure Publicitaire : Mélange de Science et de Fantaisie

La toute première publication consacrée à Julia Pastrana est très probablement un opuscule de 47 pages, imprimé à Saint-Pétersbourg en 1858, sans nom d'auteur ni d'éditeur, à l'occasion de l'arrivée en Russie de la jeune femme et de Theodore Lent, son impresario et époux. La brochure, intitulée Sverhestestvennaja istorija Julii Pastrana, kotoraja po mneniju izvestnejših vračej i estestvoispytatelej, predstavljaet do nyne ešče nevidannoe divo (Histoire surnaturelle de Julia Pastrana, qui, de l'avis des médecins et naturalistes les plus célèbres, représente une merveille jamais vue auparavant), a été traduite de l'anglais et existe également dans une version allemande. Cette brochure relève de cette catégorie d'écrits produits en accompagnement au spectacle, pour à la fois annoncer ce dernier, le promouvoir et en compléter la narration. La composition globale et le contenu de la publication nous renseignent autant sur les a priori de l'époque quant aux êtres marqués par des anomalies morphologiques, que sur les techniques publicitaires déployées pour appâter d'éventuels curieux.

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Théories Scientifiques Vulgarisées : Des Hommes-Huîtres aux Enfants Sauvages

La brochure témoigne d'un surprenant alliage de pensée scientifique et de considérations populaires, favorisé, voire directement induit par l'exhibition de monstres. Des extraits d'articles de journaux rivalisent en superlatifs pour caractériser cet être incroyable, inclassable, à nul autre pareil. Les journaux rivalisent en effet de superlatifs pour caractériser cet être incroyable, inclassable, à nul autre pareil. Aux articles de journaux succèdent de brefs commentaires scientifiques portés par des chirurgiens, médecins-anatomistes ou naturalistes américains, les premiers à s'être penchés sur le cas Pastrana en 1854-1855 ; suivent immédiatement des résumés de la pensée de Carl von Linné, de Buffon, d'Helvétius, de Lord Monboddo, de Charles Darwin et de John Mason Good sur l'origine de l'espèce humaine. Ainsi vulgarisées, les théories scientifiques évoquent des contes fantastiques, non dénués d'excentricité, avec pour héros des « hommes-huîtres » !

La brochure comporte également une partie biographique, hautement fantaisiste, inscrite sous le sceau de l'inconnu, de l'exotisme et de l'aventure. Pour les besoins du spectacle, pour attiser la curiosité du public ou satisfaire quelques bas instincts, la vie passée des monstres était généralement inventée de toutes pièces, agrémentée d'éléments visant à renforcer une origine énigmatique, étonnante, exotique, voire fantastique. De Pastrana on apprend, par exemple, qu'elle serait originaire d'une tribu mexicaine d'« Indiens mangeurs de racines (Indejcy-Korneedy) », qu'elle aurait été trouvée tout bébé dans une grotte, dans les bras d'une femme entourée de bêtes sauvages, essentiellement « de singes, d'ours et de babouins ». Ce détail suggère, bien sûr, une possible ascendance mixte, interespèce, de la jeune femme, tout en soulignant la proximité de Pastrana avec les « enfants sauvages ».

Un Patchwork Publicitaire : Diversité des Discours et Unité de But

La brochure dans son ensemble se caractérise par une disparité de forme et de ton, compensée par une unité de but. Le texte consiste en un étrange patchwork publicitaire, où se mêlent divers types de discours qui s'adressent à divers types de lecteurs et spectateurs : discours journalistique, discours scientifique, discours populaire, discours esthétique, et même discours éthique. Une pluralité d'approches possibles qui semble caractériser l'univers des spectacles de monstres, tandis que les multiples voix entrelacées s'accordent sur le message à transmettre : quelle que soit la motivation du lecteur-spectateur, celui-ci se doit d'aller voir Julia Pastrana.

Succès et Tragédie : Une Fin Douloureuse

Après une tournée remplie de succès aux États-Unis d'Amérique et en Europe occidentale, Julia Pastrana arrive à Moscou en juillet 1858. Elle se produit ensuite à Saint-Pétersbourg en janvier 1859, puis de nouveau à Moscou en août 1859 et en février 1860, soit un mois à peine avant son décès. Après avoir donné naissance à un enfant qui hérite également de son hypertrichose, Julia décède des suites de complications post-natales.

L'Exposition Post-Mortem : Une Exploitation Continue

Après leur mort, les corps de Julia et de son fils sont confiés au professeur Ivan Matveevič Sokolov, qui procède à une forme inédite d'embaumement. Les corps sont exposés quelque temps au Musée anatomique de l'université de Moscou, jusqu'à ce que Theodore Lent, en sa qualité d'époux de Julia, ne réclame et n'obtienne de récupérer les corps de sa femme et de son fils, qu'il continuera à exhiber à travers l'Europe.

Zenona Pastrana : Une Remplaçante Troublante

Moins de cinq ans après la mort de Julia, Theodore Lent épouse une certaine Marie Bartel, une Allemande souffrant de la même maladie que Julia. Il fait passer Marie pour la sœur de celle-ci, l'affublant du pseudonyme de « Zenora », selon les mémoiristes et critiques occidentaux, alors que l'ensemble des sources russes originales utilise le prénom « Zenona ». Des recherches dans la presse pétersbourgeoise et moscovite ont permis de préciser le parcours de Zenona Pastrana et Theodore Lent en Russie. Alors qu'on pensait jusqu'à présent que le couple s'était pour ainsi dire retiré à Saint-Pétersbourg en 1880, il s'avère que leur activité dans le monde russe du spectacle commence bien plus tôt, et n'a quasiment jamais diminué d'intensité durant les années passées en Russie.

Au-Delà des Histoires : Réflexions sur la Nature Humaine

Les histoires de Jane Goodall et de Julia Pastrana nous confrontent à des questions fondamentales sur la nature humaine, notre relation avec les animaux et les limites de l'éthique. Goodall nous a ouvert les yeux sur la complexité sociale et émotionnelle des chimpanzés, remettant en question notre place unique dans le règne animal. Pastrana, en revanche, est devenue un symbole de l'exploitation et de la déshumanisation, un rappel brutal de la façon dont la société peut marginaliser et abuser de ceux qui sont différents.

Ces deux histoires, bien que radicalement différentes, sont des fenêtres sur la façon dont nous percevons et interagissons avec le monde qui nous entoure. Elles nous invitent à réfléchir sur nos propres préjugés, nos responsabilités envers les autres êtres vivants et la complexité de la condition humaine.

Charla Nash : Une Histoire Moderne de Tragédie et d'Espoir

L'histoire de Charla Nash offre une perspective contemporaine sur les rencontres tragiques entre humains et animaux. En 2009, Charla Nash a été brutalement attaquée par le chimpanzé de son amie, subissant des blessures horribles qui ont nécessité une greffe du visage et des mains.

L'Attaque : Un Acte de Violence Inattendu

Le 16 février 2009, Charla Nash, habitante de Stamford dans le Connecticut, a été victime de la violence sauvage de Travis, le chimpanzé de sa voisine. Elle connaissait bien cet animal domestique un peu particulier, ancienne « star » de publicités et de shows télévisés. Mais ce jour-là, Travis était devenu fou sous l'effet d'antidépresseurs, prescrits après une maladie. Alors qu'elle essaie de ramener la bête échappée de la maison de sa voisine, Charla Nash est attaquée par la bête de 90 kilos. L'animal se déchaîne sur elle, lui arrachant littéralement les mains et le visage - les lèvres, le nez, les yeux. Quand la police arrive, il est presque trop tard. L'animal est abattu, mais Charla est dans un état très grave. Elle est complétement défigurée.

Reconstruction et Espoir : La Greffe du Visage

L'histoire de Charla a ému l'Amérique, et neuf mois plus tard, elle est apparue dans le show d'Oprah Winfrey. Elle vivait depuis le drame avec un voile, qu'elle retirait quelques minutes. Le monde a alors découvert son visage en ruine. Pourtant, elle est de nouveau apparue à la télévision grâce au miracle de la science, avec un nouveau visage. En mai dernier, l'américaine de 57 ans est de nouveau passée par le bloc. Lors d'une opération chirurgicale de plus de 20 heures, une trentaine de médecins et d'infirmiers du Brigham and Women's Hospital de Boston lui ont greffé la peau, les muscles, les nerfs, et le palais de la figure d'une autre femme. Un nouveau visage en somme, ainsi que deux mains. Malheureusement, les deux mains ont dû être amputées après de graves complications - une autre tentative est encore possible. Mais le visage, lui n'a pas été rejeté, et trois mois après l'opération, les résultats sont spectaculaires.

Un Nouveau Chapitre : Retrouver la Dignité

Charla a pu retrouver une certaine qualité de vie grâce à la greffe du visage. Elle a pu sentir sa mâchoire et son menton, bouger sa bouche et sourire. Bien qu'elle soit toujours en soins intensifs et qu'elle se sente encore faible, elle devient de plus en plus forte. Sa diction s'est améliorée, et elle a pu manger. Son premier repas était des œufs, et du fromage à tartiner. L'histoire de Charla Nash est un témoignage de la résilience humaine face à l'adversité et des progrès de la médecine reconstructive.

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