Savoir que l’on est enceinte est un heureux événement dans la vie d’un couple, particulièrement marquant dans la vie de la femme. S’il est vrai que la plupart des grossesses vont à terme, il n’en demeure pas moins que certaines grossesses sont interrompues avant leur terme : on parle alors de fausse couche. Face à une fausse couche ou une interruption volontaire de grossesse (IVG), plusieurs options de prise en charge existent, incluant la fausse couche naturelle, l'approche médicamenteuse et le curetage. Cet article vise à explorer en détail la fausse couche médicamenteuse et le curetage, en fournissant des informations claires et précises pour aider les femmes à prendre des décisions éclairées.
Fausse couche spontanée : Définition et types
Lorsqu'une grossesse n'évolue plus et que le fœtus est expulsé entre le premier et le cinquième mois de grossesse, on parle de fausse couche spontanée. Il est important de distinguer la fausse couche spontanée précoce et la fausse couche tardive. La fausse couche précoce survient au cours des 3 premiers mois, tandis que la fausse couche tardive (ou avortement tardif) est une interruption non volontaire de la grossesse entre le troisième et le cinquième mois. Toute interruption et expulsion de grossesse au-delà de cinq mois (22 semaines d’aménorrhée) est qualifiée de « mort fœtale ». La prise en charge et le traitement diffèrent selon le type de fausse couche.
Prise en charge initiale d'une fausse couche
Le plus souvent, les fausses couches ne nécessitent aucun traitement particulier. Une surveillance de l'expulsion de l'embryon et du placenta est effectuée par échographie. Après une fausse couche précoce, l’embryon, les membranes et le placenta sont expulsés spontanément par le vagin en une à deux semaines (parfois jusqu’à quatre semaines).
Fausse couche médicamenteuse
Lorsque l'expulsion est incomplète, une injection de prostaglandines (misoprostol) est faite pour stimuler les contractions de l’utérus et faciliter l’élimination des débris. Entre 12 heures et 24 heures après la prise de la dose recommandée par votre médecin, une menstruation abondante suivie de fortes douleurs est observée. Les jours suivants, une menstruation normale sera également observée. Certains médecins peuvent ajouter du fer pour compenser la perte de sang. Il s’agit d’un traitement visant à expulser entièrement le fœtus et le placenta du ventre de la mère.
Le curetage : Définition et indications
Dans le domaine médical, le curetage désigne le geste chirurgical qui consiste à retirer (au moyen d'un instrument ressemblant à une cuillère, généralement nommé “curette”) tout ou une partie d'un organe d'une cavité naturelle. On emploie généralement ce terme au sujet de l’utérus.
Lire aussi: Causes et symptômes de la fausse couche
Une fausse couche ou une interruption volontaire de grossesse nécessitent parfois la réalisation d’un curetage. On peut réaliser un curetage à des fins de diagnostic, par exemple pour effectuer une biopsie de l’endomètre, mais aussi, et surtout, à des fins thérapeutiques, pour éliminer les résidus d’endomètre qui n’auraient pas été évacués naturellement. C’est notamment le cas lorsqu’une fausse couche spontanée ou provoquée n’a pas permis l’expulsion complète de l’embryon (ou du fœtus), l'évacuation du placenta et de l’endomètre.
Le curetage est réalisé pour éviter des complications telles qu’une hémorragie, une infection ou une infertilité. Mieux vaut donc les retirer avec soin, après avoir laissé un peu de délai pour une éventuelle expulsion naturelle, ou à l’aide de médicaments. Si le traitement médicamenteux ne suffit pas, il est alors nécessaire de dilater le col de l’utérus et d’aspirer les tissus restants. Le curetage est également le traitement recommandé pour les grossesses entre 10 et 13 semaines, car il permet d’éviter toute infection et hémorragie.
Comment se déroule un curetage ?
Un curetage de l’utérus se réalise au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale. Elle est conduite par un chirurgien gynécologue, qui peut parfois administrer un produit pour dilater le col de l’utérus avant l’intervention afin de pouvoir plus facilement accéder à la cavité utérine.
Courte, l’intervention s’effectue le plus souvent en ambulatoire, avec une sortie le jour-même. Le curetage se fait sous anesthésie générale par les voies naturelles. La position est "gynécologique", c'est-à-dire les jambes remontées et écartées. Le chirurgien s'installe face à l'utérus de sa patiente et, grâce à des instruments de diamètres progressifs (appelés "bougies de Hegar"), dilate le col. Puis il pratique le curetage : Le curetage par aspiration consiste à insérer une canule dans le vagin de la patiente et d'aspirer le contenu. Une consultation d'anesthésie est programmée au minimum 48 heures avant l'intervention avec un médecin anesthésiste. Le jour J, l'intervention se pratique au bloc opératoire, sous anesthésie générale ou parfois locorégionale (péridurale ou rachianestésie) par un chirurgie-gynécologue. Après l'intervention, vous séjournez en salle de réveil durant quelques heures avant qu'un-e infirmier-e vous ramène dans votre chambre, où vous pourrez prendre une légère collation. "L'intervention se déroule sous anesthésie, elle est donc indolore. Par la suite, elle provoque de faibles douleurs à la sortie du bloc. Des antalgiques sont toutefois prescrits", précise le Dr.
Curetage par aspiration
Par extension, le terme de curetage est employé pour parler de la technique d’aspiration, qui est moins invasive, moins douloureuse et moins à risque pour la femme qu’un curetage “classique”. En cas d’IVG, mais aussi de fausses couches, la méthode par aspiration douce est préférée. Contrairement au curetage cette technique est moins agressive et ne cause pas de dommages à l’utérus.
Lire aussi: Comprendre la fausse couche à travers l'Islam
Risques et complications possibles du curetage
Le curetage réalisé avec une “curette” est un geste invasif, qui, comme tout geste au niveau de l’utérus, peut créer des adhérences dans la cavité utérine. Il arrive alors, dans de rares cas, que ces blessures et adhérences rendent difficile la survenue d’une nouvelle grossesse, ou encore qu’elles gênent l’évacuation des règles. On appelle syndrome d’Asherman, ou synéchie utérine, une maladie utérine caractérisée par la présence d’adhérences dans l’utérus, et pouvant survenir à la suite d’un curetage mal conduit.
Lorsqu’il y eu fausse couche ou une IVG, le col de l’utérus s’est ouvert. De la même façon qu’il peut mettre plusieurs heures ou jours à s’ouvrir, le col de l’utérus peut mettre un certain temps à se refermer. Lorsque le col est ouvert, l’utérus peut être exposé à des germes, ce qui peut occasionner une infection. Par ailleurs, si des douleurs intenses, de la fièvre ou des saignements abondants surviennent quelques jours après un curetage, mieux vaut en informer son gynécologue.
Grossesse après un curetage
Une fois que l’on s’est assuré via une échographie qu’aucun résidu de muqueuse utérine (ou endomètre) ou de placenta n’avait échappé au curetage, et que la cavité utérine est donc saine, rien en théorie ne s’oppose à la survenue d’une nouvelle grossesse. Médicalement, une grossesse après un curetage bien réalisé ne présente pas plus de risques qu’une grossesse classique. Il n’y a pas plus de risque de fausse couche après un curetage.
En pratique, c’est à chaque femme et à chaque couple de savoir s’ils se sentent prêts à retenter de mener à bien une grossesse. Physiquement, des saignements et des douleurs de type douleurs menstruelles peuvent avoir lieu dans les jours qui suivent le curetage.
Soutien psychologique
Et psychologiquement, il peut être important de prendre le temps. Car une fausse couche ou une IVG peuvent être vécues comme des épreuves difficiles. Quand la grossesse était désirée, mettre des mots sur cette perte, reconnaître l’existence d’un petit être dont on a souhaité la venue et lui dire au revoir… Le travail de deuil est important. Pour une IVG, l’aspect psychologique est aussi fondamental. IVG ou fausse couche, chaque femme et chaque couple vit cet événement à sa façon. Vivre une fausse couche est un véritable traumatisme pour certaines personnes. C’est une situation très difficile à vivre ainsi qu’un véritable deuil. Hommes et femmes ressentent du vide, de la déception, de la tristesse et parfois un sentiment de culpabilité. Le deuil à la suite d’une fausse couche doit se faire à deux. Le père et la mère doivent discuter, parler et se vider. Si l’émotion est trop forte et que le deuil tarde à partir, vous pouvez vous remettre à des professionnels ou des groupes de soutien qui vous aideront à surmonter cette situation. Sur MédecinDirect, des psychothérapies sont proposées. Un psychopraticien (si besoin épaulé d’un psychiatre) vous écoute, vous oriente et vous conseille afin de vous guider vers la voie du deuil.
Lire aussi: Risques et Conseils : Grossesse Post-Fausse Couche
Fausse couche naturelle
Vous pouvez aussi décider d’attendre que le fœtus s’expulse naturellement sans intervention médicamenteuse. Faites-vous guider par votre gynécologue. Pour ce type de traitement, il peut être effectué une fausse couche naturelle sans médicament. Il s’agît d’une méthode très douloureuse et assez stressante. Le saignement dure longtemps. Vous devez prendre régulièrement votre température et faire objet de suivi par prises de sang. Le suivi peut être réalisé par échographie.
Signes d’une fausse couche
Faire une fausse couche est une triste réalité à laquelle personne n’aime faire face. Celle-ci est généralement annoncée par des saignements au cours de la grossesse. Mais au-delà des saignements, d’autres signes peuvent être annonciateurs d’une fausse couche. La fausse couche se manifestera par les signes suivants :
- Saignements (abondants ou non) du vagin. Le sang est d’abord rouge clair puis devient rouge foncé.
- Caillots de sang ou de tissus brunâtres.
- Fortes douleurs au niveau du dos ou au niveau du bas ventre.
- Absence brusque des symptômes et signes de grossesses (nausées, vomissements, tensions, douleurs des seins…)
En outre, certaines grossesses au début des 3 premiers mois peuvent être interrompues sans présenter de signes. Le fœtus est évacué au cours des premières menstruations. Pour une grossesse de plus de 3 mois, la fausse couche s’annonce généralement par une forte contraction (qui peut être comparée à une contraction d’accouchement).
Il faut se rendre en consultation lorsque :
- Vous constatez un saignement vaginal abondant (à titre d’exemple, si celui-ci vous contraint à utiliser au moins deux serviettes hygiéniques en 1 heure)
- Lorsque vous ressentez de fortes douleurs au niveau du bas ventre, du dos ou de l’abdomen.
- Lorsque vous avez été victime d’une perte de conscience.
Causes et facteurs de risque d’une fausse couche
Une fausse couche peut être causée par plusieurs éléments. On compte notamment les causes internes et les causes externes :
Les causes internes
- anomalies génétiques détectées au niveau de l’embryon (chromosomes mal répartis à l’issue de la fécondation)
- anomalies pouvant ralentir le développement embryonnaire (notamment anomalies au niveau du cœur ou du système nerveux).
- anomalies pathologiques (diabète non contrôlé, glande thyroïde, problèmes d’hormone, maladies immunitaires, cœliaque, coagulation sanguine, anomalies du col de l’utérus : fibromes, polypes, poly kyste ovariennes…) détectées au niveau du corps fragile de la mère.
- On peut également observer de nombreuses fausses couches chez les femmes ayant souffert d’une des infections suivantes : la toxoplasmose, la rubéole, la listériose ou le cytomégalovirus. L’interruption de la grossesse peut avoir également lieu à la suite d’une longue série de forte fièvre, ou après avoir utilisé des produits chimiques.
Les causes externes
- Celles-ci peuvent provoquer l’interruption d’une grossesse avant le 5e mois. Parmi elles, on compte notamment la consommation de certaines substances nocives (tabac, boissons alcoolisées, cocaïne, héroïne, amphétamine, excès du café, certaines plantes médicinales comme l’absinthe, l’armoise, le génépi, l’aloès, la cascara, la menthe pouliot, la sauge officinale…)
- L’âge des parents constitue également un facteur de risque de fausse couche. En effet, plus la mère est âgée, plus le risque de fausse couche est élevé (20 % pour les femmes de 35 ans ; 40 % pour les femmes de 40 ans et 80 % pour les femmes au-delà de 45 ans). Chez les hommes dont l’âge est supérieur à 40 ans, il existe un risque de fausse couche car on constate une augmentation du nombre de spermatozoïde anormale.
Prévention des fausses couches
S’il est constaté une forte augmentation des cas de fausses couches après FIV, celui-ci peut être évité en appliquant les mesures préventives suivantes :
- Réaliser l’hystérosalpingographie (HSG) pour connaître la forme et la situation de l’utérus.
- Réaliser la thrombophilie pour permettre d’anticiper la formation des caillots de sang dans l’utérus.
- Réaliser le Test de réceptivité endométriale ER Map afin de confirmer la réceptivité de l’endomètre.
Si tous ces examens cliniques sont concluants, vous avez de grandes chances d’éviter une fausse couche après FIV.
Pour éviter une fausse couche précoce :
- Faites-vous vacciner contre la rubéole et la grippe
- Faites-vous dépister couramment de la toxoplasmose
- Adoptez une alimentation saine et variée.
Pour éviter une fausse couche en début de grossesse :
- Évitez la consommation de boissons alcoolisées
- Évitez les boissons issues des plantes médicinales à risque sur la grossesse
- Allez régulièrement aux contrôles et visites médicales de suivi.
Idées reçues sur l'IVG et la fausse couche
Il est important de tordre le cou à certaines idées reçues :
- Le risque de stérilité après une IVG est toujours mis en avant pour effrayer. Ceci est faux.
- Avorter, ce n’est pas avorter d’un bébé.
- L’idée d’un syndrome post avortement n’existe pas. Les conséquences psychologiques, ou les traumatismes après un avortement varient d’une femme à l’autre et peuvent être liés à l’accompagnement de la femme. Il n’est en effet pas envisagé de nier la tristesse que peuvent ressentir certaines femmes dont la situation peut être difficile. L’accompagnement par un professionnel est alors important.
- Selon certains, l’avortement constituerait un risque pour la santé sur le long terme. Il conduirait notamment à une augmentation du risque de cancer (col de l’utérus, seins). Ceci est faux !
- L’avortement « naturel » avec de l’ail ou du gingembre ? Introduits dans le vagin, les végétaux peuvent donner des inflammations ou des infections mais ne permettent pas d’avorter. De plus le risque principal est de perdre du temps pour l’IVG. Si une femme cherche à avorter, l’IVG médicamenteuse ou l’IVG chirurgicale est disponible et sûre.
tags: #fausse #couche #medicamenteuse #ou #curetage