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Fausse Couche Gémellaire au Deuxième Mois : Causes, Symptômes et Implications Psychologiques

La perte d'un jumeau pendant la grossesse, en particulier au cours du deuxième mois, est un événement plus fréquent qu'on ne le pense. Cet article explore les causes possibles de cette fausse couche gémellaire précoce, les signes révélateurs et les implications psychologiques potentielles pour la mère et le jumeau survivant.

Prévalence de la Fausse Couche Gémellaire Précoce

Selon certaines études, il y aurait 600 millions de jumeaux survivants dans le monde, vivant avec la perte de leur jumeau à l'état embryonnaire. Les grossesses gémellaires sont plus fréquentes qu'on ne le croit, mais un certain pourcentage d'entre elles aboutissent à la perte d'un embryon. On estime qu'un jumeau sur trois disparaît avant la fin du premier trimestre, que trois sur quatre disparaissent au cours du deuxième mois, et que plus de la moitié disparaissent au cours du premier mois. Dans environ 10 à 15 % des cas, les grossesses seraient gémellaires mais l'un des embryons ne survivrait pas ou arrêterait de se développer avant le terme.

Causes Possibles de la Fausse Couche Gémellaire au Deuxième Mois

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la fausse couche d'un jumeau au cours du deuxième mois de grossesse :

  • Anomalies chromosomiques : Des anomalies génétiques chez l'un des embryons peuvent rendre le développement non viable.
  • Problèmes de placenta : Dans les grossesses monochoriales (où les jumeaux partagent le même placenta), des complications telles que le syndrome de transfusion fœto-fœtale peuvent survenir, entraînant la perte d'un jumeau.
  • Facteurs maternels : Des problèmes de santé chez la mère, tels que des troubles de la coagulation, des infections ou des anomalies utérines, peuvent augmenter le risque de fausse couche.
  • Cause inconnue : Dans de nombreux cas, la cause exacte de la fausse couche reste inconnue.

Signes et Symptômes

La perte d'un embryon peut passer totalement inaperçue. Des saignements pendant la grossesse sont un signe, mais ils ne sont pas uniquement la marque d'une perte embryonnaire. Seules les échographies peuvent affirmer l'existence ou la perte gémellaire.

  • Saignements vaginaux : Des saignements, légers ou abondants, peuvent être un signe de fausse couche. Il est important de noter que des saignements peuvent également survenir pour d'autres raisons pendant la grossesse. Les saignements vaginaux sont toujours une grande source d’inquiétude pour les femmes enceintes. Si de légers saignements ponctuels sont parfois sans gravité, ils peuvent aussi être synonymes de mauvaise nouvelle ou d'urgence médicale, à tout moment de la grossesse. Les saignements sont courants en début de grossesse (une grossesse sur quatre), même si le fœtus est en bonne santé et se développe correctement. L’implantation de l’embryon dans l’utérus, qui survient environ dix jours après la fécondation, peut causer des saignements précoces et faire croire à la persistance de règles. Ils sont en général plus légers et plus brefs que les règles. Parfois, les saignements sont dus à des lésions du col de l’utérus ou du vagin. À titre d’exemple, des saignements peuvent survenir après les rapports sexuels ou un toucher vaginal car le col de l’utérus est plus fragile. L’hématome décidual survient lorsqu’une portion du bord du placenta se décolle de l’utérus, entrainant un saignement entre le placenta et l’utérus. Dans la plupart des cas, sous réserve de repos, l’évolution est favorable. On parle d’insertion basse du placenta lorsque celui-ci est situé trop près du col de l’utérus. La future mère doit alors rester couchée le plus possible afin de limiter les saignements.
  • Douleurs abdominales ou crampes : Des douleurs ou des crampes dans le bas-ventre peuvent également indiquer une fausse couche.
  • Diminution des symptômes de grossesse : Une diminution soudaine des symptômes de grossesse, tels que les nausées ou la sensibilité des seins, peut être un signe d'alerte.
  • Échographie : Une échographie est le seul moyen de confirmer la perte d'un embryon. Une échographie peut révéler l'absence d'activité cardiaque chez l'un des jumeaux.

Le diagnostic de la cause des saignements s’appuie d’une part sur la durée de ces saignements, leur couleur (bruns ou rouges), leur abondance et la présence éventuelle de caillots. D’autre part, toute douleur associée, perte de liquide ou fièvre doit être mentionnée au médecin. Une échographie est réalisée pour localiser le fœtus et vérifier sa vitalité.

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Gestion Médicale

La gestion médicale d'une fausse couche gémellaire précoce dépend de plusieurs facteurs, notamment de l'état de santé de la mère et de la présence ou de l'absence de complications. Dans certains cas, le corps peut expulser naturellement l'embryon non viable. Dans d'autres cas, une intervention médicale peut être nécessaire, telle qu'un curetage ou des médicaments pour aider à l'expulsion.

Impact Psychologique

La perte d'un jumeau pendant la grossesse peut avoir un impact psychologique important sur la mère et le jumeau survivant.

  • Deuil maternel : La mère peut ressentir un deuil profond pour le jumeau perdu, même si la perte est survenue tôt dans la grossesse. Un travail psychologique tourné vers le deuil et l'acceptation est idéal pour guérir le syndrome du jumeau manquant. La thérapie va permettre à la personne de connaître l'origine de son mal-être, d'accueillir ses émotions et de mettre en place des solutions pour avancer dans sa vie.
  • Syndrome du jumeau perdu : Le jumeau survivant peut être affecté par le "syndrome du jumeau perdu", un trouble psychologique caractérisé par un sentiment de manque, de solitude ou de culpabilité. Ce n'est pas parce qu'on est encore dans le ventre de la mère que la perte d'un frère ou d'une soeur ne nous affecte pas. Le psychothérapeute précise que les difficultés que vont rencontrer les "survivant(e)s" ne seront pas toujours identiques, et qu'elles seront plus ou moins présentes selon les obstacles rencontrés dans la vie et selon l'entourage de la personne. Selon le livre d'Alfred et Bettina, Austermann, « Le syndrome du jumeau perdu », un embryon sur dix verrait son jumeau disparaître au cours de la grossesse. Une disparition souvent insoupçonnée des femmes enceintes, et même du corps médical. Parfois, le fœtus disparaîtrait très tôt durant la grossesse, avant même que la femme sache qu’elle est enceinte. Plus tard, lors d’une échographie, en voyant un embryon qui ne s’est pas développé, les médecins préféreraient ne pas le communiquer aux parents, pour ne pas les faire souffrir. Le syndrome du jumeau perdu est donc caractérisé par un manque résultant de la perte d’un frère jumeau, ou d’une sœur jumelle, pendant la grossesse. Et selon Florence Millot, cela peut se faire ressentir dans le développement de l’enfant survivant, puis de l’adulte : « Le lien qui existe entre des jumeaux est un lien très fort. On peut voir par exemple des jumeaux qui se protègent mutuellement dès la naissance. De ce fait, le jumeau qui a perdu son frère ou sa sœur peut ressentir un manque, qui sera d’autant plus inexpliqué s’il n’est pas au courant qu’il a eu un jumeau dans le ventre de sa mère. Chez l’enfant, il n’y a pas forcément de symptômes extérieurs, mais le bébé peut sembler mou et bouger moins que les autres, par exemple. S’il existe certains signes extérieurs physiques que votre enfant est potentiellement concerné par le syndrome du jumeau perdu, cela s’exprime le plus souvent via des spécificités psychologiques qui peuvent se développer durant toute sa vie et qui sont l’expression de ce deuil inconscient, décrypte Florence Millot : « Intérieurement, l’enfant va développer une certaine dépendance affective. Dans son rapport avec les autres, cela va se traduire par une recherche de relations fusionnelles. Que ce soit en amitié ou en amour, le jumeau survivant va chercher un ami ou une amie avec qui développer une relation forte, ce qui peut quelquefois entraîner des difficultés relationnelles. Les enfants vivant avec le syndrome du jumeau perdu ne vont pas forcément être atteints de solitude. En parallèle, on va voir aussi apparaître des signes révélateurs. Par exemple, l’enfant va dire « on » au lieu de « je », ou alors il va avoir besoin de deux objets à la place d’un seul ». Toutefois, ces signes ne sont pas forcément révélateurs de la perte d’un jumeau. D’autres symptômes ont pu aussi être détectés chez le jumeau survivant, tels que des troubles de la vue ou des malformations vertébrales de type scoliose. La perte d’un jumeau peut donc entraîner des sensations et symptômes chez le jumeau survivant. Pour les atténuer et aider l’enfant à aller mieux, Florence Millot encourage à communiquer : « L’enfant sera d’autant plus dans un phénomène de recherche affective dans le cas où la famille ne parle pas de la disparition du jumeau. Si vous savez que vous avez perdu l’un des jumeaux pendant votre grossesse, il est important d’en parler à votre enfant. Cela l’aidera à mettre une réalité sur sa sensation de manque. À l’inverse, il ne faut pas non plus trop en parler, afin d’éviter que l’enfant ressente un sentiment de culpabilité. Pour les parents, le deuil de l’enfant perdu peut être long… N’hésitez pas à vous faire aider par un spécialiste. Le syndrome du jumeau perdu survient lorsqu'il y a un deuil d'un des deux fœtus pendant la grossesse, et que l’enfant survivant né de cette situation ne l'a jamais su, ressentant des symptômes associés à la perte de son jumeau. Dans beaucoup de cas, ces symptômes ne sont pas directement attribués à ce trouble, car il arrive souvent que la grossesse gémellaire ne soit pas détectée dans ses premiers stades de vie.
  • Importance du soutien : Il est essentiel que les parents reçoivent un soutien émotionnel adéquat après une fausse couche gémellaire. Cela peut inclure un soutien psychologique, des groupes de soutien ou des conseils spirituels.

Grossesses Multiples et Interruption Sélective

Dans certains cas, une interruption volontaire partielle de grossesse (IVPG), également appelée interruption sélective de grossesse, peut être envisagée. L'interruption volontaire partielle de grossesse désigne l'arrêt du développement d'un ou plusieurs fœtus au sein d'une grossesse multiple (jumeaux…). Elle peut être réalisée quand une anomalie morphologique ou une anomalie chromosomique grave a été diagnostiquée. En France, elle est encadrée par la loi de bioéthique du 2 août 2021.

  • Réduction embryonnaire : La réduction embryonnaire consiste à diminuer le nombre d'embryons dans les grossesses multiples de haut rang, c'est-à-dire lorsqu'il y a plus de trois embryons car cela induit un risque de prématurité ou de retard de croissance.
  • Fœticide sélectif : Le fœticide sélectif, ou interruption médicale de grossesse sélective, est réalisé plus tard dans la grossesse quand une anomalie morphologique ou une anomalie chromosomique grave a été diagnostiquée chez l'un des deux embryons.

Selon l'article L. 2213-1.-I., l'équipe pluridisciplinaire chargée d'examiner la demande de la femme doit comprendre "au moins un médecin qualifié en gynécologie-obstétrique membre d'un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal, un praticien spécialiste de l'affection dont la femme est atteinte, un médecin ou une sage-femme choisi par la femme et une personne qualifiée tenue au secret professionnel, qui peut être un assistant social ou un psychologue".

La réduction embryonnaire est proposée systématiquement à partir du moment où il y a quatre embryons parce que l'on considère que le risque de complications est trop important pour la mère. Cela est discuté en cas de grossesse triple, si la mère a une pathologie ou si elle a déjà accouché prématurément. En revanche, il n'y a pas d'indication de réduction embryonnaire dans les grossesses de jumeaux, sauf dans de très rares cas de pathologie maternelle ou de malformation utérine", explique le Dr Julia Maruani, gynécologue médical et secrétaire générale de la Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale.

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Le foeticide sélectif, ou interruption médicale de grossesse sélective consiste à arrêter l'évolution d'un fœtus au sein d'une grossesse multiple. "Cette intervention ne peut avoir lieu qu'à deux conditions : si l'un des deux fœtus est atteint d'une maladie incurable ou d'une malformation sévère, d'une anomalie chromosomique grave. On va interrompre la grossesse sur un des deux jumeaux. La réduction embryonnaire s'effectue par une injection intra-thoracique du fœtus de chlorure de potassium en passant par l'abdomen (voie transabdominale), ce qui arrête le cœur du fœtus. La technique concernant le foeticide sélectif va dépendre de la chorionicité, c'est-à-dire de s'il y a un ou deux placentas. "S'il n'y a qu'un seul placenta, on ne peut pas injecter un produit à l'un car cela passerait à l'autre. Lorsqu'il y a deux placentas (grossesse bichoriale), le médecin fait une injection intracardiaque de lidocaïne, le but étant d'arrêter le cœur. Quand il s'agit d'une grossesse monochoriale, le médecin va coaguler le cordon ombilical. C'est surtout dans ce cas de figure que le risque de perte fœtale, c'est-à-dire de perdre la totalité de la grossesse, est le plus important.

Selon la loi de bioéthique du 2 août 2021, la réduction embryonnaire ne peut être réalisée qu'au cours du premier trimestre de grossesse, "si deux médecins, membres d'une équipe pluridisciplinaire chargée d'examiner la demande de la femme, attestent, après que cette équipe a rendu son avis consultatif, que les conditions médicales, notamment obstétricales et psychologiques, sont réunies". En général, elle est pratiquée autour de 12SA car cela va permettre d'effectuer l'échographie du premier trimestre et de détecter une éventuelle anomalie chez l'un des fœtus, pour arrêter le développement de celui qui présente une malformation.

Lors des réductions embryonnaires, le risque de fausse couche après le geste se situe entre 5 et 10% car on va transpercer la peau, passer dans l'utérus, dans un sac gestationnel jusqu'au fœtus. Un encadrement psychologique pour le couple doit être mis en place parce qu'il persiste toujours un sentiment de culpabilité car il ne s'agit pas d'un fœtus qui a une pathologie, juste un problème de nombre. On insiste sur le fait que c'est pour préserver la vie des fœtus restants et avoir plus de chances de mettre au monde des enfants viables et en bonne santé", informe le Dr Julia Maruani. Autres risques de complication, celui de rupture prématurée des membranes à cause de l'aiguille que l'on passe à travers la poche des eaux ce qui peut entraîner des complications sur le fœtus qui est sain et déclencher l'accouchement de manière prématurée.

Suivi Médical des Grossesses Gémellaires

Une grossesse gémellaire comporte certains risques pour votre santé et pour vos bébés. Il est donc indispensable que vous soyez suivie de près. Afin de surveiller au mieux le développement des fœtus, une échographie est réalisée chaque mois. La première échographie permettra notamment d’effectuer un diagnostic de chorionicité. Cet examen permet de découvrir si vos bébés sont monozygotes ou dizygotes, s’ils partagent le même placenta ou non et de détecter de potentielles anomalies. En cas de grossesse monochoriale monoamniotique, c’est-à-dire si les fœtus partagent le même placenta et la poche de liquide amniotique, le risque de complications est important. Les consultations avec votre gynécologue seront renforcées et une échographie sera réalisée deux fois par mois, puis chaque semaine à partir du 3e trimestre de grossesse. Votre gynécologue pourra par ailleurs vous orienter vers une maternité spécialisée en grossesses multiples de type II, voire III. Enfin, si le terme est de 41 semaines pour une grossesse classique, il sera plus avancé en cas de grossesse multiple. Le terme d’une grossesse gémellaire se situe entre la 37e et 39e semaine, mais celui-ci varie en fonction du type de grossesse, mais également des pays.

Symptômes d'une Grossesse Gémellaire

En début de grossesse, les femmes qui attendent des jumeaux peuvent ressentir des symptômes plus intenses que ceux d’une grossesse unique. Elles peuvent ressentir des nausées plus importantes. Par ailleurs, la prise de poids est à la fois plus rapide et plus conséquente. Dès le premier trimestre de la grossesse, les jeunes mamans peuvent ressentir le poids de leur utérus, ainsi que des bébés. Elles ne sont pas à l’abri de présenter des maux de dos, des douleurs abdominales, et d’autres inconforts physiques. De leur côté, les mouvements fœtaux peuvent se faire sentir plus tôt, et de façon plus vigoureuse, qu’en cas de grossesse unique. Enfin, certaines femmes qui attendent des jumeaux évoquent une plus grande fatigue en début de grossesse. Dès la constatation de l’un ou l’autre de ces signes d’une grossesse gémellaire, une consultation médicale s’impose.

Lire aussi: Risques et Conseils : Grossesse Post-Fausse Couche

Pour confirmer une grossesse gémellaire, les professionnels de la santé disposent de plusieurs solutions. Généralement, les tests sanguins de grossesse constituent les premiers outils d’évaluation. Ces tests permettent de mesurer des taux hormonaux essentiels : les bêta-hCG. Ces hormones ont pour rôle de stimuler la production d’œstrogènes et de progestérone. Elles sont uniquement présentes en début de grossesse, et leur taux varie d’une femme à l’autre et d’une grossesse à l’autre. La mesure de ce taux a plusieurs objectifs : confirmer une grossesse, détecter une grossesse extra-utérine, suivre l’évolution d’une fausse couche. En réalité, les médecins s’intéressent surtout à l’évolution du taux de bêta-hCG. Néanmoins, il est vrai qu’à un stade donné, la valeur de ce taux peut donner une indication sur le nombre d’embryons. À 4 semaines de grossesse, les femmes peuvent présenter un taux de bêta-hCG compris entre 1 500 et 23 000 UI/l. Si elles attendent des jumeaux, ce taux peut être bien plus important. Il peut être de l’ordre du double, du triple ou même du quadruple. Toutefois, seule une échographie peut confirmer la présence de deux embryons (ou plus).

Qu’il s’agisse de vrais ou de faux jumeaux, les grossesses gémellaires ne sont généralement pas de tout repos. Bien entendu, chaque grossesse est différente. De façon générale, le corps des futures mamans qui attendent plusieurs enfants change plus vite. Les traditionnels symptômes du premier trimestre peuvent être plus importants qu’en cas de grossesse unique. À partir du second trimestre, à mesure que la prise de poids s’intensifie, certaines femmes ressentent un épuisement. Elles peuvent présenter divers symptômes plus ou moins handicapants : troubles de la circulation sanguine, douleurs mammaires, brûlures d’estomac, carences en fer, maux de dos, etc. Si le congé maternité est plus long en cas de grossesse gémellaire, ce n’est pas sans raison ! En cas d’épuisement précoce, il ne faut pas hésiter à demander un congé pathologique prénatal à son gynécologue.

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