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Fausse couche précoce : symptômes, causes et accompagnement

La perte de grossesse précoce, aussi fréquente soit-elle, reste une épreuve intime, invisible et souvent profondément marquante. Dans ces moments, de nombreuses questions surgissent : que s’est-il passé ? Ai-je fait quelque chose de mal ? Cet article vous aide à mieux comprendre ce qu’est une perte de grossesse précoce, comment elle se manifeste, quelles peuvent en être les causes et surtout, comment être accompagnée après cette perte.

Définition et fréquence de la fausse couche précoce

Une perte de grossesse précoce, aussi appelée fausse couche ou plus rarement avortement spontané, correspond à l’interruption naturelle d’une grossesse avant 22 semaines d’aménorrhée. Elle survient le plus souvent de manière imprévisible et touche environ 15 % des grossesses confirmées. La majorité des fausses couches se produisent au cours du premier trimestre. On parle de perte de grossesse précoce lorsqu’elle survient avant 14 semaines d’aménorrhée. Lorsqu’elle survient entre 14 et 22 semaines, on utilise le plus souvent le terme de fausse couche tardive. Même si ce phénomène est fréquent sur le plan médical, il reste une épreuve souvent émotionnellement lourde pour les parents concernés.

Il est également important de différencier la fausse couche spontanée précoce et la fausse couche tardive. En effet, la fausse couche précoce est lorsqu’un l’arrêt de grossesse a lieu au cours des 3 premiers mois. La fausse couche tardive (encore appelée avortement tardif) est une interruption non volontaire de la grossesse entre le troisième et le cinquième mois. Toute interruption et expulsion de grossesse au-delà de cinq mois (22 semaines d’aménorrhée - c’est à dire 22 semaines après l’arrêt des dernières règles) est qualifiée de “mort fœtale”. Ces précisions sont importantes à faire car la prise en charge et le traitement de chaque catégorie de fausse couche ne sont pas identiques.

On parle de fausse couche isolée lorsque la femme enceinte en fait une seule, suivie de grossesses normales, tandis que les fausses couches à répétition désignent au moins 3 interruptions spontanées consécutives avant la 14ème semaine d’aménorrhée.

85 % des fausses couches surviennent au cours des 12 premières semaines de grossesse.

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Symptômes d'une fausse couche précoce

Le signe le plus courant d’une perte de grossesse précoce est l’apparition de saignements vaginaux. Ils peuvent être légers ou abondants, de teinte brunâtre ou rouge vif, et parfois accompagnés de caillots de sang ou plus rarement de petits débris blanchâtres. Certaines femmes peuvent aussi remarquer une baisse ou encore une disparition soudaine des signes de grossesse, comme la diminution des nausées et de la fatigue. Cela peut être un indice, mais ne signifie pas toujours que la grossesse est arrêtée. Il est également important de noter que tous les saignements survenant en début de grossesse ne sont pas synonymes de perte de grossesse précoce.

Les fausses couches du deuxième trimestre, dites tardives, sont rares et se traduisent essentiellement par des contractions de l’utérus et, parfois, des saignements vaginaux légers. En général, ces symptômes apparaissent avant la fausse couche et le médecin diagnostique un risque d’interruption de grossesse en constatant la dilatation du col de l’utérus, au travers duquel la poche des eaux fait saillie.

Sur le plan physique, la perte de grossesse précoce peut s’accompagner de douleurs comparables à celles des règles, parfois plus marquées.

Fausse couche sans symptômes : est-ce possible ?

Dans certains cas, la perte de grossesse précoce est découverte de manière fortuite lors d’une échographie de suivi. Parfois, il sera recommandé de recontrôler l’échographie ultérieurement, pour être certain qu’une activité cardiaque n’apparait pas, en particulier si l’embryon est très petit.

Pour des femmes qui ne se savaient pas enceintes, la différence entre des règles abondantes et une perte de grossesse précoce peut être difficile à percevoir. La présence de caillots, de tissus, ou des douleurs plus intenses peuvent orienter vers une perte de grossesse précoce, mais seul un professionnel peut établir un diagnostic fiable.

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Causes et facteurs de risque

Dans la majorité des cas, la perte de grossesse précoce est liée à un phénomène au moment de la constitution de l’embryon, à type d’anomalie chromosomique. L’embryon arrête son développement. Puis, il arrive aussi que l’œuf fécondé ne contienne pas d’embryon. On parle alors d’œuf clair. Un œuf clair est un œuf qui contient les membranes et le futur placenta (apellé trophoblaste) mais aucun embryon. À l’échographie, il apparaît comme un sac gestationnel vide. Ces arrêts spontanés sont indépendants de tout comportement, pensées, ou geste de la future mère. Il est important de rappeler que dans la très grande majorité des cas, une perte de grossesse précoce isolée ne nécessite pas de bilan médical approfondi.

En général, les fausses couches se produisent en cas d’anomalie génétique de l’embryon rendant la poursuite de la grossesse impossible ou à des problèmes de santé chez la mère. Dans près de 60% des cas, notamment au cours du premier trimestre de grossesse, une fausse couche est due à une anomalie du fœtus. On parle d’« œuf clair » lorsque les membranes embryonnaires et le placenta se développent en absence d’embryon.

Outre la présence d’une quelconque maladie ou anomalie, certaines femmes ont plus de risque que d’autres de faire une fausse couche. En effet, plus l’âge de la mère est important, plus le risque augmente. On estime Le risque de fausse couche à l’âge de 20 ans à 9%, à 20% à 35 ans, à 40% à 40 ans et à 80% après 40 ans. Par ailleurs, l’existence de 2 fausses couches successives semblerait augmenter le risque d’en refaire une troisième.

Une fausse couche peut être causée par plusieurs éléments. On compte notamment les causes internes et les causes externes :

  • Les causes internes : anomalies génétiques détectées au niveau de l’embryon (chromosomes mal répartis à l’issue de la fécondation), anomalies pouvant ralentir le développement embryonnaire (notamment anomalies au niveau du cœur ou du système nerveux), anomalies pathologiques (diabète non contrôlé, glande thyroïde, problèmes d’hormone, maladies immunitaires, cœliaque, coagulation sanguine, anomalies du col de l’utérus : fibromes, polypes, poly kyste ovariennes…) détectées au niveau du corps fragile de la mère. On peut également observer de nombreuses fausses couches chez les femmes ayant souffert d’une des infections suivantes : la toxoplasmose, la rubéole, la listériose ou le cytomégalovirus. L’interruption de la grossesse peut avoir également lieu à la suite d’une longue série de forte fièvre, ou après avoir utilisé des produits chimiques.
  • Les causes externes : Celles-ci peuvent provoquer l’interruption d’une grossesse avant le 5e mois. Parmi elles, on compte notamment la consommation de certaines substances nocives (tabac, boissons alcoolisées, cocaïne, héroïne, amphétamine, excès du café, certaines plantes médicinales comme l’absinthe, l’armoise, le génépi, l’aloès, la cascara, la menthe pouliot, la sauge officinale…)

L’âge des parents constitue également un facteur de risque de fausse couche. En effet, plus la mère est âgée, plus le risque de fausse couche est élevé (20 % pour les femmes de 35 ans ; 40 % pour les femmes de 40 ans et 80 % pour les femmes au-delà de 45 ans). Chez les hommes dont l’âge est supérieur à 40 ans, il existe un risque de fausse couche car on constate une augmentation du nombre de spermatozoïde anormale.

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Malgré les croyances populaires, l’activité physique, les relations sexuelles et le travail ne présentent aucun risque de fausse couche.

Quand consulter un médecin ?

Il faut se rendre en consultation lorsque :

  • Vous constatez un saignement vaginal abondant (à titre d’exemple, si celui-ci vous contraint à utiliser au moins deux serviettes hygiéniques en 1 heure)
  • Lorsque vous ressentez de fortes douleurs au niveau du bas ventre, du dos ou de l’abdomen.
  • Lorsque vous avez été victime d’une perte de conscience.

La téléconsultation n’est pas possible pour diagnostiquer les cas de fausses couches.

Des douleurs pelviennes très intenses, des saignements abondants ou persistants, une sensation de malaise ou de faiblesse inhabituelle peuvent être les signes d’une perte de grossesse précoce en cours, ou d’une autre urgence obstétricale. Dans certains cas, une infection de l’utérus (appelée avortement septique) peut survenir après une perte de grossesse précoce.

Un·e gynécologue, une (ou un) sage-femme, ou un médecin (urgentiste, généraliste) peuvent assurer le suivi et orienter vers les examens nécessaires. En cas de doute, il ne faut pas hésiter à consulter.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic de perte de grossesse précoce repose essentiellement sur l’échographie, qui recherche le sac gestationnel, l’embryon ou le fœtus. Lors de la consultation médicale, le médecin examine la femme enceinte. Afin de connaître l’évolution de la grossesse il procède à une échographie. Cet examen permet de diagnostiquer une interruption de grossesse.

Le déroulement d’une perte de grossesse précoce peut varier d’une femme à l’autre. Dans certains cas, l’expulsion se fait naturellement, dans d’autres, une aide médicale est nécessaire.

  • l’évacuation spontanée complète : l’utérus expulse entièrement le sac gestationnel sans besoin de traitement.
  • l’évacuation incomplète : une partie du contenu utérin est éliminée, mais des résidus persistent.
  • la rétention du sac gestationnel ou du trophoblaste : parfois, l’organisme n’expulse pas les tissus de la grossesse arrêtée.

Quelle que soit la situation, une surveillance médicale est recommandée.

Plusieurs types de traitements sont possibles pour faire face à une fausse couche :

  • un traitement médicamenteux, généralement à base de comprimés de misoprostol, favorise les contractions utérines. Il peut être pris à domicile, sous suivi médical. Lorsqu’il s’agit d’une grossesse de moins de 10 semaines, l’interruption peut être traitée à l’aide du Misoprostol, accompagné d’antidouleurs et de médicaments contre la nausée. Certains médecins peuvent ajouter du fer pour compenser la perte de sang. Entre 12 heures et 24 heures après la prise de la dose recommandée par votre médecin, une menstruation abondante suivie de fortes douleurs est observée. Les jours suivants une menstruation normale sera également observée. Suivez les recommandations de votre médecin.
  • un traitement chirurgical, par aspiration intra-utérine peut être envisagé si le traitement médicamenteux est insuffisant ou en cas de complications comme une hémorragie par expulsion incomplète. C’est le traitement recommandé pour les grossesses entre 10 et 13 semaines. Il s’agit d’un traitement visant à expulser entièrement le fœtus et le placenta du ventre de la mère. Le curage permet d’éviter toute infection et hémorragie. Des médicaments de la catégorie des sédatifs et des antalgiques vous seront administrés pour vous permettre de supporter la douleur. Une observation de 24 heures à l’hôpital est exigée pour suivre l’évolution de l’état du patient.

Vous pouvez aussi décider d’attendre que le fœtus s’expulse naturellement sans intervention médicamenteuse. Faites-vous guider par votre gynécologue. Pour ce type de traitement, il peut être effectué une fausse couche naturelle sans médicament. Il s’agît d’une méthode très douloureuse et assez stressante. Le saignement dure longtemps. Vous devez prendre régulièrement votre température et faire objet de suivi par prises de sang. Le suivi peut être réalisé par échographie.

Lorsque l’expulsion n’est pas totale ou que la patiente ne souhaite pas attendre que la fausse couche se termine naturellement, un traitement peut être prescrit. Dans le cas du médicament, le misoprostol est administré soit par voie orale soit par voie vaginale. Il provoque des contractions musculaires et l’ouverture du col de l’utérus afin de permettre l’expulsion du placenta et des tissus embryonnaires. Le traitement chirurgical est une aspiration endo-utérine. Il est proposé lorsque les saignements sont abondants, que la mère souffre de troubles de la coagulation, et en cas d’échec ou de refus du traitement médicamenteux.

Après une perte de grossesse précoce, le corps reprend progressivement son rythme. Les règles réapparaissent généralement 4 à 6 semaines plus tard. Cette précaution aide également à mieux dater la grossesse suivante.

Prévention

A noter qu’il n’est pas possible de prévenir les fausses couches dues à une anomalie génétique du fœtus, en revanche certains comportements peuvent être modifiés pour limiter les autres causes d’interruption de grossesse.

Pour éviter une fausse couche, il est conseillé de :

  • Se faire vacciner contre la rubéole et la grippe
  • Se faire dépister couramment de la toxoplasmose
  • Adopter une alimentation saine et variée.
  • Éviter la consommation de boissons alcoolisées
  • Éviter les boissons issues des plantes médicinales à risque sur la grossesse
  • Aller régulièrement aux contrôles et visites médicales de suivi.

S’il est constaté une forte augmentation des cas de fausses couches après FIV, celui-ci peut être évité en appliquant les mesures préventives suivantes :

  • Réaliser l’hystérosalpingographie (HSG) pour connaître la forme et la situation de l’utérus.
  • Réaliser la thrombophilie pour permettre d’anticiper la formation des caillots de sang dans l’utérus.
  • Réaliser le Test de réceptivité endométriale ER Map afin de confirmer la réceptivité de l’endomètre.

Si tous ces examens cliniques sont concluants, vous avez de grandes chances d’éviter une fausse couche après FIV.

Soutien émotionnel après une fausse couche

La perte d’une grossesse, même très précoce, peut laisser une empreinte forte. Il est essentiel de pouvoir parler de ce qui a été vécu, à son rythme. Reconnaître cette diversité de réactions permet de mieux accompagner chaque parcours. Ce soutien peut inclure une orientation vers un professionnel formé à l’écoute du deuil périnatal, ou l’accès à des groupes de parole. Chaque parcours est unique. Certaines personnes choisissent de se recentrer sur leur quotidien, tandis que d’autres ont besoin de temps avant d’envisager une nouvelle grossesse. Au sein du couple, l’homme et la femme peuvent aussi réagir différemment.

Les fausses couches provoquent fréquemment un épisode de dépression lié à la fois au deuil de l’enfant à naître et aux soudains changements hormonaux provoqués par la fin de la grossesse. Les sentiments négatifs (déception, culpabilité, remise en question de soi, anxiété autour des grossesses futures, etc.) peuvent devenir envahissants et, parfois, déséquilibrer le couple. Lorsqu’il est difficile de surmonter l’impact psychologique d’une fausse couche, il ne faut pas hésiter à en parler avec son médecin et, si nécessaire, à faire appel à un professionnel pour une aide psychologique.

Vivre une fausse couche est un véritable traumatisme pour certaines personnes. C’est une situation très difficile à vivre ainsi qu’un véritable deuil. Hommes et femmes ressentent du vide, de la déception, de la tristesse et parfois un sentiment de culpabilité. Le deuil à la suite d’une fausse couche doit se faire à deux. Le père et la mère doivent discuter, parler et se vider. Si l’émotion est trop forte et que le deuil tarde à partir, vous pouvez vous remettre à des professionnels ou des groupes de soutien qui vous aideront à surmonter cette situation. Sur MédecinDirect, des psychothérapies sont proposées. Un psychopraticien (si besoin épaulé d’un psychiatre) vous écoute, vous oriente et vous conseille afin de vous guider vers la voie du deuil.

Enfin, partager cette expérience avec des proches, si cela semble nécessaire pour les futurs parents, peut être bénéfique. L’annonce à l’entourage, notamment aux enfants, peut également être accompagnée par un professionnel de santé.

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