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Fausse Couche Après Avortement : Risques, Conséquences et Accompagnement

La fausse couche, aussi appelée avortement spontané, est une complication fréquente de la grossesse. Bien qu'elle puisse survenir après un avortement, il est essentiel de comprendre les risques, les conséquences psychologiques et les options d'accompagnement disponibles. Cet article vise à explorer ces aspects en profondeur, en s'appuyant sur des informations médicales et des témoignages de professionnels.

Qu'est-ce Qu'une Fausse Couche ?

On parle de fausse couche ou d’avortement spontané lorsque l’embryon ou le fœtus est expulsé spontanément avant qu’il ne soit viable, c’est-à-dire avant 22 semaines d’aménorrhée. Si l’avortement spontané survient avant 12 semaines d’aménorrhée, il s’agit d’une fausse couche précoce. Passé le premier trimestre de grossesse et jusqu’au seuil de viabilité (22-24 semaines d’aménorrhée), on parle de fausse couche tardive.

Aujourd’hui encore, 15 à 20% des grossesses s’interrompent spontanément au cours du premier trimestre. D’après les estimations, seulement 30% des grossesses sont menées jusqu’au terme. Le plus souvent, la grossesse passe inaperçue en raison d’une fausse couche survenue très précocement.

Causes et Facteurs de Risque

La cause la plus fréquente de fausse couche est une anomalie chromosomique de l'embryon, représentant environ 60% des cas. Une anomalie génétique du fœtus, qui est alors éliminé de façon naturelle parce qu’il ne peut pas se développer normalement. En dehors des facteurs liés à la mère ou à l’enfant, des éléments extérieurs peuvent être à l’origine de certaines fausses couches.

La mortalité embryonnaire est élevée dans l’espèce humaine : les fausses-couches repérables par les femmes et les médecins représentent environ 15 % des grossesses décelées. Une proportion plus grande encore des « produits de conception » ne se développe pas normalement et est évacuée dans les 2 premières semaines sans que la femme en ait eu connaissance.

Lire aussi: Causes et symptômes de la fausse couche

D'autres facteurs de risque incluent :

  • L’âge de la mère, car le risque de faire une fausse couche augmente plus la femme enceinte vieillit.
  • Troubles de la coagulation, étiologies immunologiques, avortements endocriniens, syphilis.
  • Endométriose, synéchies.
  • Malformations d'origine congénitale ou pathologique peuvent gêner l’implantation de l’œuf et entraîner un avortement spontané.
  • Insuffisance ovarienne.
  • Dérèglements hormonaux peuvent provoquer des fausses couches répétitives, comme par exemple une augmentation de la prolactine, un déficit en œstrogènes/progestérone, un problème de thyroïde…

Fausse Couche Après IVG : Risques et Considérations Spécifiques

Après une interruption volontaire de grossesse (IVG), qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, le corps subit des changements hormonaux et physiques. Bien que l'IVG en elle-même ne soit pas directement liée à un risque accru de fausse couche lors de grossesses ultérieures, certaines complications post-IVG peuvent influencer la fertilité et la santé reproductive.

Risques Associés à l'IVG

  • Infections: Le risque d’infertilité n’est pas lié à la réalisation de l’IVG en tant que telle mais peut être une conséquence des éventuelles complications qui y sont associées (infection, lésions au niveau de l’utérus lors de l’aspiration, etc).
  • Lésions Utérines: Un curetage peut provoquer des lésions de l’endomètre.

Toutefois, ces complications sont rares quand l’IVG est réalisée dans des conditions sécurisées (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme c’est le cas en France.

IVG Médicamenteuse et Fausse Couche

La méthode de l’IVG médicamenteuse consiste à provoquer une fausse couche en prenant 2 médicaments différents : la mifépristone (MYFEGINE) qui interrompt le développement de la grossesse et le misoprostol (GYMISO) qui provoque l’expulsion de la grossesse.

Les saignements de la patiente lors d’une interruption de grossesse médicamenteuse peuvent survenir entre 30mn et 3 jours après la prise de médicament. Dans la grande majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du 2ème médicament, le misoprostol. Dans 5% des cas, ces saignements surviennent dès la prise de la mifépristone.

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S’il n’y a pas de saignement à 24h, il faut contacter le ou la médecin ou sage-femme pour avoir une appréciation de la situation. Si aucun saignement ne se déclenche après 24h, il faut reconsulter sans attendre.

Conséquences Psychologiques

La fausse couche peut être une épreuve difficile. Plus de la moitié des femmes qui en vivent une disent faire face à un véritable deuil. Un sentiment de vide, d’injustice, de tristesse, de colère et de culpabilité sont parmi les émotions le plus souvent vécues. Les hommes vivent aussi de la peine et de la déception. Ils se sentent souvent impuissants devant les sentiments de leur conjointe.

Les femmes qui perdent un enfant avant terme peuvent en concevoir une grande culpabilité et le vivre comme un échec personnel. Certaines femmes peuvent encore souffrir dix ans après la perte de leur foetus. Ces traumatismes ne sont pas pris en considération, ou très peu, par l'entourage, la société, et la douleur peut s'enkyster.

Un deuil non fait peut être inoculé à son enfant. Plus ils sont jeunes, plus les enfants sont réceptifs à la douleur de leur mère. Ils expriment alors de la tristesse, des troubles du sommeil, ou encore de l'irritabilité, de l'agitation, de l'hyperactivité… Ce sont autant de façons de lutter contre le repli de leur mère. Ils peuvent également éprouver un sentiment de culpabilité pour avoir désiré la disparition d'un rival annoncé.

Impact sur les Grossesses Futures

Une grossesse interrompue peut aussi avoir des répercussions sur le prochain enfant. La femme enceinte peut se retenir de trop investir le futur nouveau-né afin d'anticiper une éventuelle perte. Si la mère n'a pas fait le deuil de l'enfant idéal qu'elle portait, elle peut considérer inconsciemment celui qui le suit comme un enfant de remplacement qui se doit d'être à la hauteur d'un être idéalisé, donc sans défaut.

Lire aussi: Risques et Conseils : Grossesse Post-Fausse Couche

Diagnostic et Suivi Médical

Le médecin va constater l’interruption de la grossesse grâce à une échographie. Après l’IVG les examens médicaux ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique qui peut être réalisé, si la consultation est en présentiel, le médecin ou la sage-femme pourra vous proposer de réaliser une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie.

Le contrôle de l’efficacité de l’IVG médicamenteuse est indispensable car il existe entre 1 à 5% d’échec et ou de complications. Ce contrôle peut se faire par une échographie de contrôle ou par une prise de sang de dosage d’hormones de grossesse (Bêta HCG). La vérification du fonctionnement de l’IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG.

Traitements et Prise en Charge

Si la fausse couche survient de façon très précoce (avant 8 semaines d’aménorrhée) l’expulsion complète de l’œuf se fait généralement de façon naturelle. Le curetage est une intervention chirurgicale pratiquée par un gynécologue-obstétricien qui consiste à retirer par aspiration le contenu de l’utérus après une fausse couche ou un œuf clair. Généralement réalisée en ambulatoire et sous anesthésie générale, l’opération dure en moyenne 30 minutes.

En fonction des résultats médicaux des examens réalisés face à des fausses couches à répétition, plusieurs traitements sont possibles. En cas d’anomalies génétiques, chromosomiques ou utérines, une fécondation in vitro est parfois proposée. Lorsqu’on décèle un dérèglement hormonal, un traitement à base d’hormones spécifiques prescrites à un certain moment du cycle permet bien souvent de régler le problème. Enfin, en l’absence de causes identifiées par les spécialistes (ce qui arrive souvent), on donne à certaines femmes de l’aspirine : 75 mg par jour dès le début de la grossesse. Un anticoagulant, l’Héparine, est également prescrit.

Accompagnement Psychologique et Soutien

Il est nécessaire d'accompagner les patientes. Vivre une fausse-couche, même très précoce, n’est jamais anodin. Les femmes et les couples ont besoin d’en parler. Il faut légitimer la douleur morale liée à la perte du foetus. Dans le cas de fausses couches tardives, de mort in utero, ou d'interruptions médicales de grossesse à partir de 5 mois, il est possible d'inscrire l'être à l'état civil ou sur le livret de famille. Mais il reste à mettre en place des rituels laïques ou religieux pour ceux qui le souhaitent.

Dans le cas de fausses couches plus précoces, il faut aider la mère à se détacher de son enfant perdu en lui proposant systématiquement une consultation psychologique.

Vous pouvez également vous tourner vers un psychologue ou encore vers des associations, comme le Planning familial, qui peuvent vous apporter un soutien important. A plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si vous en ressentez le besoin.

Fausse Couche à Répétition

On parle de fausses couches à répétition après trois évènements ou plus. En effet, deux fausses couches spontanées successives sont considérées comme liées à l'effet du hasard. Si on considère que le risque de fausse couche est de 15%, celui de faire trois fausses couches successives est théoriquement de 0,34%. Ainsi, cette situation se rencontre chez 1 à 3% des couples.

Causes des Fausse Couches à Répétition

  • Anomalies chromosomiques: La moitié des fausses couches répétées sont liées à des anomalies chromosomiques.
  • Anomalies utérines: Utérus cloisonné (séparé par une cloison), bicorne (en deux parties), synéchies (accolement des deux faces de l'intérieur de l'utérus), endométriose (présence de morceaux d’endomètre en dehors de la cavité utérine)…
  • Dérèglements hormonaux: Près de 15 % des avortement spontanés sont liés à une insuffisance ovarienne.
  • Causes immunologiques: Le système immunitaire de la mère produit des anticorps qui rejettent l’embryon.

Diagnostic et Traitement des Fausse Couches à Répétition

En pratique, il faut en trouver la cause (troubles de la coagulation, étiologies immunologiques, avortements endocriniens, syphilis). Mais dans 50% des cas, les fausses couches à répétition restent inexpliquées.

En cas de fausses-couches récidivantes, la réalisation des caryotypes des parents (examen des chromosomes par prise de sang) est proposée ; à partir de 2 ou 3 fausses-couches et en fonction de la présence d’enfants déjà nés dans le couple ou pas.

En cas d’anomalies génétiques, chromosomiques ou utérines, une fécondation in vitro est parfois proposée. Lorsqu’on décèle un dérèglement hormonal, un traitement à base d’hormones spécifiques prescrites à un certain moment du cycle permet bien souvent de régler le problème.

Contraception Après une IVG

Au cours des différentes consultations effectuées pour réaliser l’IVG, vous recevez une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles et pouvez échanger avec le médecin ou la sage-femme afin de choisir la contraception qui vous convient le mieux.

Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.

La contraception que vous avez choisie peut être mise en place dès la réalisation de l’IVG. Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l’IVG instrumentale (sauf en cas d’épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse.

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