La fausse couche est une réalité difficile à laquelle de nombreux couples sont confrontés. Elle se définit comme l'interruption spontanée d'une grossesse avant le terme, et peut survenir à différents stades de la gestation. Cet article se concentre sur la fausse couche tardive, qui se produit entre 14 et 22 semaines d'aménorrhée (SA), et aborde les aspects liés à l'expulsion et au déroulement de ce processus.
Fausse couche précoce vs fausse couche tardive
Il est important de distinguer la fausse couche précoce de la fausse couche tardive. La fausse couche précoce survient durant les trois premiers mois de la grossesse et concerne environ une grossesse sur quatre. La fausse couche tardive, quant à elle, est plus rare et se produit entre le troisième et le cinquième mois de grossesse. Au-delà de 22 semaines d'aménorrhée, on parle de "mort fœtale". Cette distinction est importante car la prise en charge et le traitement diffèrent selon le type de fausse couche.
Définition et fréquence de la fausse couche tardive
La fausse couche tardive désigne l’interruption involontaire d’une grossesse survenant entre 14-15 semaines d’aménorrhée (SA) et 22-24 SA, selon les termes de viabilité du fœtus que l’on prend en compte. Pour convertir sa date de grossesse (SG) en semaines d’aménorrhée (SA), il suffit d’ajouter deux semaines. On estime qu’une grossesse compte 41 semaines d’aménorrhée (SA), soit 39 semaines de grossesse (SG). Ainsi, la fausse couche tardive intervient entre 16-17 SG et 24-26 SG. Contrairement à la fausse couche précoce, qui concerne une grossesse sur 4 en moyenne, la fausse couche tardive reste un phénomène rare et extrêmement minoritaire.
Causes et facteurs de risque
Les causes de la fausse couche peuvent être internes ou externes.
Causes internes
- Anomalies génétiques de l'embryon : chromosomes mal répartis lors de la fécondation.
- Anomalies pathologiques chez la mère : diabète non contrôlé, problèmes de thyroïde, troubles hormonaux, maladies auto-immunes, anomalies de l'utérus (fibromes, polypes), etc.
- Infections : toxoplasmose, rubéole, listériose, cytomégalovirus.
Causes externes
- Consommation de substances nocives : tabac, alcool, cocaïne, héroïne, excès de café, certaines plantes médicinales (absinthe, armoise, etc.).
- Âge des parents : risque accru chez les femmes de plus de 35 ans et les hommes de plus de 40 ans.
Parmi les causes de fausse couche tardive, les plus fréquentes sont le fait d’avoir un col de l’utérus ouvert ou raccourci, car non fonctionnel (on parle parfois d’incompétence cervicale ou de béance du col). Cela peut être dû à une malformation utérine congénitale (utérus à fond arqué, utérus cloisonné ou utérus bicorne, par exemple) ou un traumatisme du col, mais ce peut aussi découler d’une infection ou d’une inflammation. Une grippe s’accompagnant d’une forte fièvre non prise en charge peut ainsi conduire à l’ouverture du col et in fine à une fausse couche tardive. Des infections vaginales à répétition (vaginose bactérienne, mycose, etc.) peuvent aussi aboutir à l’ouverture du col et à une fausse couche.
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Il y a bien des facteurs de risques de fausse couche tardive, mais il n’est pas toujours possible de les éviter : l’infection vaginale ou les infections vaginales à répétition, le tabac, une béance cervicale (lorsque le col n’est pas tout à fait fonctionnel), un âge maternel avancé ou « extrême » (moins de 16 ans ou plus de 35 ans), la privation de sommeil, un antécédent de fausse couche tardive ou d’accouchement prématuré, une malformation utérine, un antécédent de trachélectomie (ablation chirurgicale du col de l’utérus), un col court ou encore un col ouvert (avec ou sans la poche des eaux dans le vagin).
Signes et symptômes
La fausse couche tardive se manifeste par des saignements vaginaux abondants et/ou des contractions utérines douloureuses. S’il y a rarement de signes avant-coureurs, une consultation en urgence est nécessaire dès la moindre alerte.
La fausse couche se manifestera par les signes suivants :
- Saignements (abondants ou non) du vagin. Le sang est d’abord rouge clair puis devient rouge foncé.
- Caillots de sang ou de tissus brunâtres.
- Fortes douleurs au niveau du dos ou au niveau du bas ventre.
- Absence brusque des symptômes et signes de grossesses (nausées, vomissements, tensions, douleurs des seins…)
- Pour une grossesse de plus de 3 mois, la fausse couche s’annonce généralement par une forte contraction (qui peut être comparée à une contraction d’accouchement).
Déroulement et expulsion
La fausse couche peut se présenter de deux façons. Dans un premier cas, la fausse couche a déjà eu lieu. On parle d’expulsion spontanée. Une échographie viendra alors confirmer que la cavité utérine est vide, que le fœtus a été expulsé. Dans le second cas de figure, la fausse couche tardive est en cours. À l’échographie, le fœtus n’a plus d’activité cardiaque, la grossesse est arrêtée.
Options de prise en charge
Si la patiente peut choisir d’attendre quelques jours que la fausse couche se déroule naturellement et spontanément, il est désormais recommandé de recourir à un traitement médicamenteux pour aider le corps à expulser l’embryon ou le fœtus, voire à un curetage par aspiration, sous anesthésie générale.
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Trois types de traitements sont possibles pour faire face à une fausse couche.
Traitements médicamenteux : Lorsqu’il s’agit d’une grossesse de moins de 10 semaines, l’interruption peut être traitée à l’aide du Misoprostol, accompagné d’antidouleurs et de médicaments contre la nausée. Certains médecins peuvent ajouter du fer pour compenser la perte de sang. Entre 12 heures et 24 heures après la prise de la dose recommandée par votre médecin, une menstruation abondante suivie de fortes douleurs est observée. Les jours suivants une menstruation normale sera également observée. Suivez les recommandations de votre médecin.
Le curetage : C’est le traitement recommandé pour les grossesses entre 10 et 13 semaines. Il s’agit d’un traitement visant à expulser entièrement le fœtus et le placenta du ventre de la mère. Le curage permet d’éviter toute infection et hémorragie. Des médicaments de la catégorie des sédatifs et des antalgiques vous seront administrés pour vous permettre de supporter la douleur. Une observation de 24 heures à l’hôpital est exigée pour suivre l’évolution de l’état du patient.
Fausse couche naturelle : Vous pouvez aussi décider d’attendre que le fœtus s’expulse naturellement sans intervention médicamenteuse. Faites-vous guider par votre gynécologue. Pour ce type de traitement, il peut être effectué une fausse couche naturelle sans médicament. Il s’agît d’une méthode très douloureuse et assez stressante. Le saignement dure longtemps. Vous devez prendre régulièrement votre température et faire objet de suivi par prises de sang. Le suivi peut être réalisé par échographie.
Expulsion spontanée
Plusieurs témoignages de femmes ayant vécu une fausse couche spontanée décrivent un processus douloureux, comparable à des règles très abondantes et intenses. L'expulsion peut se produire quelques jours après le début des saignements, et est souvent décrite comme une "délivrance" une fois terminée. Il est important de noter que l'expérience de chaque femme est unique et peut varier en termes de durée, d'intensité de la douleur et d'aspect des saignements.
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Après la fausse couche
Après une fausse couche, tout rentre normalement dans l’ordre assez rapidement. Depuis peu, les gynécologues recommandent même de tenter une nouvelle grossesse rapidement, sans attendre plusieurs mois. Mais il n’y a pas que le corps, votre esprit aussi est très important. Le couple doit faire le deuil de cette grossesse, ce qui peut prendre un mois à un an. Accordez-vous du temps pour construire une nouvelle grossesse.
Lorsque l’accouchement a lieu avant 22 semaines d’aménorrhée, le congé maternité n’est pas possible. En revanche, le médecin peut établir un arrêt de travail, lequel ouvre droit à une indemnisation par l’Assurance Maladie. Le père peut, quant à lui, bénéficier d’une autorisation exceptionnelle d’absence pour événement familial. Si l’accouchement intervient après 22 semaines d’aménorrhée, le congé maternité est accordé dans sa totalité, et selon les termes habituels (rang de l’enfant dans la fratrie). Quant à la reconnaissance de l’enfant sans vie et à son inscription dans le livret de famille, elle est possible à condition qu’un certificat d’accouchement ait été délivré. Lorsque l’accouchement a eu lieu avant 22 SA, la famille peut en faire la demande à l’équipe médicale, tandis qu’il est systématiquement délivré après le terme de 22 SA.
Suivi médical
L’interrogatoire du médecin sera alors important pour choisir la meilleure prise en charge à adopter. Il s’agira de rechercher un antécédent de fausse couche tardive ou d’accouchement prématuré, et de procéder à un bilan sanguin à la recherche d’une éventuelle infection. Le corps médical part généralement du principe qu’une patiente ayant déjà fait une fausse couche tardive est à risque d’en faire une autre. D’où la nécessité d’une prise en charge adaptée et d’un bilan, de préférence avant une nouvelle grossesse. On tentera de déterminer la ou les cause(s) de cette fausse couche tardive. Une échographie ou une IRM pelvienne pourra ainsi être prescrite avant une nouvelle grossesse, en vue d’éliminer la présence d’une éventuelle malformation utérine. Si une nouvelle grossesse survient après une fausse couche tardive, le cerclage n’est pas systématique, et plutôt réservé aux femmes ayant plusieurs antécédents de fausses couches.
Le médecin demandera à la patiente de pratiquer des examens complémentaires pour rechercher une cause à ces fausses couches à répétition. Le médecin prescrira également un bilan hormonal à la recherche d’une infection ou une parasitose (maladie induite par des parasites). Parfois, on décide de faire un caryotype des parents.
Soutien psychologique
Vivre une fausse couche est un véritable traumatisme pour certaines personnes. C’est une situation très difficile à vivre ainsi qu’un véritable deuil. Hommes et femmes ressentent du vide, de la déception, de la tristesse et parfois un sentiment de culpabilité. Le deuil à la suite d’une fausse couche doit se faire à deux. Le père et la mère doivent discuter, parler et se vider. Si l’émotion est trop forte et que le deuil tarde à partir, vous pouvez vous remettre à des professionnels ou des groupes de soutien qui vous aideront à surmonter cette situation. Un psychopraticien (si besoin épaulé d’un psychiatre) vous écoute, vous oriente et vous conseille afin de vous guider vers la voie du deuil.
Il est donc primordial de ne pas minimiser l’importance d’une fausse couche. Que l’on soit le partenaire, un parent, un ami… il faut savoir trouver les mots justes. « Une femme qui vient de vivre une fausse couche a particulièrement besoin de marques d’affection et d’être écoutée sans recevoir de conseils. C’est essentiel. Des conséquences qui pourraient être limitées grâce à la mise en place d’un dépistage et d’un soutien psychologique pour toutes les femmes qui en ont besoin.
Prévention
S’il est constaté une forte augmentation des cas de fausses couches après FIV, celui-ci peut être évité en appliquant les mesures préventives suivantes :
- Réaliser l’hystérosalpingographie (HSG) pour connaître la forme et la situation de l’utérus.
- Réaliser la thrombophilie pour permettre d’anticiper la formation des caillots de sang dans l’utérus.
- Réaliser le Test de réceptivité endométriale ER Map afin de confirmer la réceptivité de l’endomètre.
Si tous ces examens cliniques sont concluants, vous avez de grandes chances d’éviter une fausse couche après FIV.
Comment éviter fausse couche précoce ?
- Faites-vous vacciner contre la rubéole et la grippe
- Faites-vous dépister couramment de la toxoplasmose
- Adoptez une alimentation saine et variée.
Comment éviter fausse couche en début de grossesse ?
- Évitez la consommation de boissons alcoolisées
- Évitez les boissons issues des plantes médicinales à risque sur la grossesse
- Allez régulièrement aux contrôles et visites médicales de suivi.
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