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La Famille Autour du Berceau : Histoire et Traditions

L'évolution de la famille et de l'enfance a connu des transformations significatives au fil des siècles. Autour du berceau, symbole central de la petite enfance, se sont tissées des histoires et des traditions spécifiques. Cet article explore l'histoire de la famille autour du berceau, en mettant en lumière les changements dans la perception de l'enfance, les pratiques éducatives, l'évolution des rôles parentaux, et les rituels associés au coucher de l'enfant.

La Découverte de l'Enfance et l'Évolution des Rôles Parentaux

Au XVIIIe siècle, l'historien Philippe Ariès a mis en évidence une transformation majeure : l'enfant est devenu un être digne d'intérêt, avec des besoins et une personnalité propres. Cette découverte de l'enfance, amorcée sous l'Ancien Régime, s'est poursuivie à l'époque contemporaine. Au XIXe siècle, comme l'a souligné M. Perrot, l'enfant est devenu le centre de la famille, faisant l'objet d'un investissement affectif, culturel, éducatif et économique. Cette affirmation est particulièrement vraie pour la Belle Époque.

L'amour maternel est un thème qui a été exploré dans l'art, notamment dans les peintures d'Eugène Carrière, Maurice Denis et Berthe Morisot. Ces œuvres évoquent l'intimité profonde qui unit la mère à son enfant. Cependant, des ambiguïtés subsistent, notamment dans les familles bourgeoises où le bébé était souvent confié à une nourrice à domicile. De plus, l'affirmation des soins maternels pouvait parfois correspondre à un refus de l'instruction, en particulier pour les filles.

Le Berceau : Un Meuble Central et Ses Enjeux

Dans les représentations traditionnelles, le berceau a toujours joué un rôle d'accueil pour le petit enfant. Associé au bercement, il assure le bien-être de l'enfant et le prépare à un sommeil réparateur, nécessaire à son repos et à celui de sa famille. Le berceau joue alors au sens propre, comme au sens figuré, un rôle essentiel de protecteur.

Pourtant, en se penchant sur les traités de soins pour les nouveau-nés et les traités d'éducation rédigés par des médecins dans la première moitié du XIXe siècle, on comprend que la place du berceau dans la cellule familiale est source de différents enjeux. La question d'employer un berceau pour faire reposer l'enfant, si elle semble évidente, n'a pas toujours répondu à une volonté d'assurer plus de confort à l'enfant. Elle correspond au contraire à une demande forte de la part des différentes autorités (médecins, théologiens, moralisateurs) de bannir la cohabitation au sein du même lit entre enfants et parents, afin de proscrire les risques d'étouffement et d'infanticide. Pour autant, faire reposer un enfant dans un berceau, nécessite de bien définir les rôles de chacun (mère, nouveau-né, nourrice, père).

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Une caricature d'Honoré Daumier, intitulée « Voilà le moment (passé minuit), où le calme et la paix règnent véritablement dans les heureux mariages », illustre bien cette représentation classique de la famille, où le berceau joue un rôle essentiel d'accueil du sommeil, tout en occupant aussi un rôle protecteur.

Le Berceau : Entre Tradition et Nécessité

Le Dictionnaire de l’Académie Française le rappelle en 1835, une mère doit pouvoir allaiter son enfant à tout moment de la nuit, et il s’agit de la fonction principalement rappelée dans la définition du mot « berceau » : « Sorte de petit lit où l’on couche les enfants à la mamelle. » Par ailleurs, la deuxième fonction qui est attribuée à ce petit meuble tient bien entendu au fait (comme on peut le voir notamment sur la caricature de Daumier), qu’il est « porté sur deux pieds arrondis en forme de croissant, de manière qu’on peut le balancer aisément. » Irrémédiablement, le bercement apparaît d’une aide indispensable pour assurer un sommeil tranquille à l’enfant.

Au delà de la question matérielle (positionnement du berceau, forme, structure, composition…), son usage implique aussi de définir son rôle et son utilité. L’idée d’employer un berceau pour faire reposer l’enfant, si elle semble évidente, n’a pas toujours répondu à une volonté d’assurer plus de confort à l’enfant. Elle correspond au contraire, à une demande forte de la part des différentes autorités (médecins, théologiens, moralisateurs) de proscrire la cohabitation au sein du même lit entre enfants et parents. Les risques d’étouffement sont bien connus, mais au début du XIXe siècle, ils occupent encore une très grande place, notamment dans les traités d’éducation. Dans l’esprit des érudits qui s’intéressent à la question, la présence des berceaux dans les foyers n’est jamais remise en cause, ignorant ainsi toutes les contraintes matérielles pour les ménages d’avoir la capacité financière d’en posséder un. Dans les familles les plus pauvres, le berceau, même rudimentaire est un luxe ignoré, et le petit enfant n’a d’autre lit que celui de ses parents. Souvent, il n’existe qu’une couchette, donc tout le monde partage la même chaleur, les mêmes puces et les mêmes épanchements.

L'Éducation à l'Usage du Berceau : Conseils et Préceptes

L’objectif de cet article est de cerner cette « éducation à l’usage du berceau » dont on trouve l’écho dans des traités d’éducation et de conseils aux familles, souvent rédigés par des médecins. Ces derniers ont démontré un intérêt très vif pour la place du berceau dans les intérieurs français du premier XIXe siècle, même s’il faut noter qu’à la fin du siècle des Lumières, la question de l’allaitement et de l’utilisation raisonnée d’un berceau avait gagné les esprits. Sages-femmes et médecins accoucheurs s’étaient arrogé le privilège de définir les soins à apporter aux nouveau-nés, pour leur propre sécurité, mais aussi dans le but de construire une relation mère-enfant pleine de respect et préparatrice à une éducation élémentaire. C’est dans ce contexte particulier qu’ont été rédigés les traités de Jean-Charles Desessartz, et d’Angélique Marguerite Le Boursier du Coudray, qui connurent un vif succès, et qui ne se démentira pas puisqu’ils seront réédités encore dans la première moitié du XIXe siècle. Et c’est bien cette époque qui nous intéressera, puisqu’aux rééditions de ces auteurs que nous venons de citer viennent s’jouter d’autres plaidoyers de médecins comme Alfred Donné ou Claude Martin Gardien. Cette période marque irrémédiablement l’affirmation d’une préoccupation pour le bien-être des nouveau-nés et leur accueil dans les foyers, à un moment où la valorisation de la maternité s’amplifie, même si l’on peut remarquer qu’elle est plus vive pour les familles des classes moyenne et haute de la société. Il semble indéniable que le berceau ait été répandu dans leurs intérieurs, surtout quand l’arrivée d’un nouveau-né nécessite l’emploi d’une nourrice. Cette dernière s’en occupera particulièrement la nuit et elle le trouvera endormi dans son berceau. Dans tous les traités d’éducation et de soin à apporter aux jeunes enfants consultés, il est fait état de la présence d’un berceau.

Les derniers mots de Jean-Charles Desessartz (1729-1811), médecin français et docteur de la faculté de Paris, connu pour son Traité sur l'éducation corporelle des enfants en bas âge, paru pour la première fois en 1760, mettent en avant la fonction sécurisante du berceau. Lorsqu’il écrit ces lignes dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, il est précurseur dans son domaine.

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Au-delà même de la question du confort de l’enfant, la nécessité de généraliser la présence du berceau dans les foyers français du début du XIXe siècle, répond avant tout à la nécessité de préserver la sécurité du nouveau-né, voire d’assurer sa survie. Le berceau permettait de dissiper toute inquiétude quant aux risques d’infanticides, qui étaient souvent dénoncés par certains ecclésiastiques et médecins à la fin de l’époque moderne. Il était très déconseillé, voire interdit aux mères et aux nourrices, de coucher un bébé dans leur lit, de peur de le retrouver étouffé le lendemain matin. L’insistance avec laquelle les autorités civiles et ecclésiastiques rappellent cette interdiction depuis l’Ancien Régime tendrait à prouver qu’il s’agit d’une habitude très enracinée, en dépit des risques évidents qu’elle fait courir aux nourrissons. Dans l’ouvrage collectif dirigé par Louis-Henri Parias, on trouve cette illustration très frappante du nouveau Rituel du diocèse du Mans en 1773, qui prescrit ceci aux curés lors du baptême : « En vue de prévenir un triste accident qui n’est arrivé que trop de fois, avertissez qu’on ne couche point cet enfant dans le même lit avec sa mère, ou sa nourrice, ou autre personne, qu’il n’ait deux ans accomplis. » Angélique-Marguerite Le Boursier du Coudray, célèbre sage-femme qui s’était engagée dans un tour de France obstétrical durant 25 ans, s’intéresse aussi dans son célèbre Abrégé de l’Art des accouchements, à la question du partage du lit entre la mère et l’enfant, ou plus particulièrement de la cohabitation entre nourrice et nouveau-né. Avant un an, il n’est pas question d’envisager cette situation. L’expérimentée sage-femme détaille avec minutie les risques encourus.

Pour autant, la position assise n’est pas plus sécurisante si l’on en croit toujours Angélique-Marguerite Le Boursier du Coudray. Assise sur son lit avec l’enfant entre ses bras, la nourrice peut aussi bien s’endormir, et l’enfant sera autant en danger. Effectivement, des réflexes tout à fait compréhensibles, ordonneront à une nourrice assise sur son lit et qui s’endormirait, de serrer plus l’enfant de crainte qui lui échappe.

Ces différentes accusations ne vont donc pas dans le sens de l’idée de Jean-Louis Flandrin et Philippe Ariès, qui suggéraient que l’usage de faire dormir le nouveau-né dans le lit des parents afin de permettre à l’enfant de prendre le sein quand il le désire, avait pu entraîner une sorte d’infanticide toléré. « Au contraire, séparer le coucher des parents et celui des enfants, est un critère de morale et de décence que guettent les enquêteurs lorsqu’ils pénètrent dans le logis du pauvre, flairant la lubricité dans les promiscuités de la misère. » C’est ce que soulignent les philanthropes anglais de la London Mission, le baron de Gérando (visiteur du pauvre) ou les disciples de Le Play pour les monographies de famille qu’ils réalisent sous l’égide de la Société d’Économie Sociale.

Aussi, ces différentes interdictions répétées, sont des appels non dissimulés à recourir à l’usage d’un berceau pour les jeunes enfants, pour les raisons tout à fait compréhensibles de protection corporelle. Néanmoins, dans les conseils prodigués par les médecins et les sages-femmes, les préceptes entourant l’emploi du berceau engagent aussi le lecteur à modifier ses rapports à l’enfant, dans le cadre d’un processus éducatif qui viserait à mieux définir les rôles de chacun et à construire des habitudes particulières pour l’enfant.

La Nourrice : Une Figure Centrale et Controversée

Mais avant de voir comment cette question a été traitée dans notre corpus, il faut rappeler que si les parents sont particulièrement visés par ces différentes interdictions, ce sont surtout les nourrices qui sont au cœur des réserves des médecins et moralisateurs. Si l’omniprésence de la nourrice dans leurs écrits peut nous étonner, en fait il n’en est rien. Comme nous le montre Marie-France Morel, cette mise à distance de l’enfant, par l’emploi d’une nourrice, n’est pas signe de désamour de la mère pour sa progéniture. S’il peut s’agir d’une pratique déroutante, il faut aussi la replacer dans les mentalités de l’époque. La mise en nourrice, telle qu’elle se pratique dans les grandes villes françaises des XVIIIe et XIXe siècles (qui ne représentent que 10 à 15 % de la population), consiste à envoyer à la campagne, pour y être allaité et élevé, un nouveau-né qu’on ne reverra pas avant un ou deux ans. Cette pratique est justifiée, soit par les occupations mondaines de la mère dans les milieux favorisés, soit par la nécessité de son travail dans les milieux populaires.

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Dès lors, les médecins qui adressent des conseils aux familles pour bien élever leurs enfants, insistent particulièrement sur la redéfinition des rôles et des fonctions de la nourrice. Ces dernières ne doivent plus suivre des pratiques séculaires et ignorantes, et sont pressées d’acquérir des méthodes répondant plus au besoin de l’enfant.

Les Rituels du Coucher : Une Pratique Culturelle et Évolutive

La ritualisation du coucher est une pratique de maternage qui a, selon Hélène Stork, autant de variantes que de cultures dans le monde. Elle aide l’enfant à se séparer de ses parents, de ses proches, des adultes qui lui sont familiers, et contribue à son endormissement. En Occident, en Europe du Nord, principalement en France, c’est au Moyen-Âge qu’apparaît cette particularité de se séparer la nuit, l’Eglise interdisant la proximité des corps. Les bercements, ces gestes manuels, activaient les berceaux en mouvements multi- directionnels ou pendulaires, les bercements dans les provinces françaises se pratiquaient avec un rythme doux. Au XXème siècle les recommandations de mise à distance des enfants sont inspirées par la psychanalyse afin d’empêcher la fusion incestueuse entre la mère et son enfant. C’est ainsi que le contact distal prendra racine et deviendra un modèle concernant les manières d’endormir les enfants. Plus tard, dans les années d’après-guerre, il sera fortement conseillé aux adultes de ne pas intervenir auprès des enfants pour le coucher afin de favoriser leur autonomie. Les rituels du coucher étaient encore à consonance religieuse. En Europe et en Amérique du Nord, il s’agit d’un maternage distal, caractéristique des sociétés occidentales, c’est-à-dire à distance avec comme support la voix, cordon ombilical sonore, et le regard. Il apparaît que les parents apaisent moins par eux-mêmes, cédant cette fonction aux doudous, ces objets transitionnels occidentaux multiples et très colorés. Ailleurs dans le monde, de l’Europe à l’Asie du Sud en passant par les pays d'Afrique, les familles partagent l’espace de nuit avec leurs jeunes enfants. Au Portugal, en Angleterre, en Espagne, les bébés et les jeunes enfants s’endorment tout près des parents, dans un berceau, dans la chambre parentale. C’est ce que l’on nomme le co-sleeping ou le co-dodo c’est-à-dire le dormir ensemble ou le sommeil partagé avec plusieurs façons de le mettre en place. Au Portugal, avec son passé influencé par une culture africaine et brésilienne, le rituel s'organise également autour des berceuses. Le maternage est mixte, parfois dans la proximité, parfois dans le maternage distal. En Chine, les parents continuent à pratiquer le sommeil partagé. Les enfants dorment avec leurs parents ou dans un berceau, dans la chambre parentale, recouverts d’une couverture très douce. Au Japon, les berceuses se murmurent aux oreilles des enfants. Les thèmes des contes sont multiples, il y a les personnages mythiques tels que le chat tigré, la souris, le charpentier et les femmes des neiges. En Inde, la vie se passe au sol, le bébé est déposé dans un berceau pendulaire pour le protéger à partir du seizième jour. Le bercement est vigoureux. Dans certains pays d'Afrique, le bébé et le jeune enfant dorment blottis contre leur mère, à portée du sein, au milieu des bruits quotidiens, avec tous les adultes composant la famille élargie. Installé sur une natte, l'enfant est souvent recouvert de deux pagnes, un petit pour l’envelopper, le deuxième coloré pour l’esthétique et les ancêtres inscrits dans la filiation.

Les Systèmes Familiaux : Une Perspective Anthropologique

L'historien et démographe Emmanuel Todd a consacré une œuvre monumentale à l'étude des systèmes familiaux. Dans son livre L'Origine des systèmes familiaux, il analyse 600 groupes familiaux de tous les continents, remontant jusqu'à l'an 3000 av. J.-C. Todd montre comment les systèmes familiaux ont évolué au fil du temps, en fonction de facteurs démographiques, sociaux et culturels. Il met en évidence l'importance de la famille nucléaire, qui favorise l'autonomie des individus et l'innovation.

Todd observe judicieusement que « la famille nucléaire pure, qui implique l'autonomie du coupe, est incompatible avec un âge au mariage très bas, en particulier avec le mariage d'enfants. L'auteur rappelle ainsi que le modèle originel de la famille nucléaire n'a cessé d'évoluer, y compris en Europe, avec par exemple l'apparition de la primogéniture mâle dans l'aristocratie franque au Xe siècle (on renonce à partager les domaines entre tous les fils comme le fit encore Louis le Pieux en 840. Les codes barbares rédigés en latin après la conquête de l'Occident romain par différentes tribus germaniques attestent d'un principe bilinéaire très marqué avec une relation équitable entre les hommes et les femmes. La répartition entre les parents de la compensation monétaire en cas de meurtre, le wergeld (« le prix de l'homme »), est révélatrice. « Nous pouvons y lire, simultanément, l'importance de la famille nucléaire et celle du groupe bilatéral large. Une formule classique donne aux héritiers proches du décédé la moitié du wergeld, et à la parenté lointaine l'autre moitié, distribuée également entre parents paternels et maternels, » écrit l'auteur. La patrilinéarité, l'un des traits de la domination masculine, s'est propagée dès l'Antiquité du Moyen-Orient vers la Grèce et Rome. Elle a été aussi amenée de Chine par les invasions hunniques du Ve siècle et a pu atteindre l'Espagne au VIIIe siècle par le biais des invasions arabes.

Le Jeu des 7 Familles : Une Leçon de Société et de Colonialisme

Avant d’être un jeu pour enfants, le jeu des 7 familles a d’abord été une leçon de société. Né au XIXᵉ siècle, il mettait en scène la hiérarchie sociale : les maîtres, les valets, les avocats, les généraux… bref, une France bien rangée dans ses classes. Comme le montrent les travaux de Maryvonne Dussaux, les grands magasins du Bon Marché ont saisi cette occasion pour promouvoir « la famille moderne » : polie, ordonnée et résolument bourgeoise. Chaque personnage occupe sa place dans un schéma bien rôdé : le père dans l’action, la mère dans le soin, les grands-parents dans l’appui, le fils dans l’apprentissage et la fille dans la vertu. Ce microcosme ludique met en scène la hiérarchie de genre et de génération propre à la famille bourgeoise. Dans cette famille modèle, pas de tantes envahissantes ni de cousins gênants : trois générations, six personnages et un seul ordre : celui du père. Cette « famille universelle » qu’on retrouve sur les cartes raconte surtout une vision très occidentale, très patriarcale et très blanche du monde. Puis, l’Empire s’en est mêlé. Les mêmes cartes ont voulu faire le tour du monde sans quitter le salon : c’est ainsi qu’apparaissent, dans les années 1950, les « 7 familles internationales » : Sénégal, Pékin, Nomade, Fakir, Mohican, Lapon et Texas. Autrement dit, un globe réinventé à coups de clichés. Sous couvert de divertissement, le jeu devient une petite leçon coloniale : apprendre aux enfants à reconnaître les « autres » pour mieux confirmer qui reste au centre du monde.

L'analyse de chaque famille révèle les stéréotypes et les préjugés véhiculés par l'imaginaire colonial :

  • La famille Sénégal : Figée par des traits stéréotypés, elle incarne l'Africain colonisé dans son ensemble. Les choix visuels s'inscrivent dans une longue tradition d'iconographie coloniale, naturalisant la différence raciale pour justifier la domination.

  • La famille Pékin : Représentée avec la peau « jaune » et les yeux très tirés, elle réduit l'Asie de l'Est à des stéréotypes d'obéissance et de froideur.

  • La famille Nomade : Elle renvoie au stéréotype occidental du monde arabe et nord-africain comme étant mobile, désertique et dépaysant. Les femmes sont voilées, accentuant l'énigme et le mystère.

  • La famille Fakir : Elle transforme l'Asie du Sud en figure mystique et caricaturale, mettant en scène des pratiques spirituelles énigmatiques.

  • La famille Mohican : Elle repose sur une réduction fantasmée des peuples autochtones d'Amérique du Nord, perçus comme sauvages, courageux mais primitifs.

  • La famille Lapon : Elle désigne traditionnellement le peuple Sami, habitant le nord de la Scandinavie et la péninsule de Laponie. Pour l’imaginaire colonial français, ce nom devient une figure de l’exotisme nordique, loin de la réalité de la colonisation directe.

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