L'affaire Zacarias Moussaoui, cet homme d'origine marocaine né en France, accusé de complicité dans les attentats du 11 septembre, soulève des interrogations profondes sur le comportement du FBI et des services de renseignement américains dans les mois précédant la tragédie. Son arrestation, un mois avant les attentats, et les événements qui l'ont précédée, illustrent un possible manque de réactivité et d'analyse des informations disponibles, malgré des signaux d'alerte troublants.
L'Arrestation de Moussaoui et les Signaux d'Alerte Ignorés
Le 16 août, Zacarias Moussaoui est arrêté dans le Minnesota. Des responsables de la Pan Am International Flight Academy, une école de pilotage située à Eagan, dans la banlieue de Minneapolis, avaient alerté le FBI de son comportement suspect. Il cherchait à se former au pilotage d'un Boeing 747, un jumbo jet, mais son attitude était jugée agressive et évasive. Il refusait de parler français avec un instructeur qui connaissait cette langue et avait payé ses frais d'inscription de 6 300 dollars en liquide. Plus alarmant encore, il insistait pour apprendre à piloter un gros porteur sans manifester d'intérêt pour les phases de décollage et d'atterrissage, se concentrant uniquement sur le pilotage en vol.
L'instructeur, frappé par l'étrangeté de la situation, avait même averti de façon prémonitoire qu'un « 747 aux réservoirs pleins de carburant peut être utilisé comme bombe ». Le vice-président de l'école de pilotage a également contacté les représentants démocrates de Minneapolis au Congrès, James Oberstar et Martin Sabo, après avoir eu des difficultés à obtenir une réponse du FBI. Il aurait fallu entre quatre et six appels téléphoniques pour trouver un agent responsable.
L'Enquête Bloquée et les Informations Ignorées
Moussaoui est détenu par les Services d'Immigration et de Naturalisation (INS) pour violation des termes de son visa. Les enquêteurs locaux du FBI à Minneapolis le considèrent immédiatement comme un terroriste potentiel et demandent l'autorisation d'obtenir un mandat spécial de contre-espionnage pour examiner le disque dur de son ordinateur personnel. Cette demande est rejetée par des responsables à Washington, qui estiment que les preuves ne sont pas suffisantes pour justifier un tel mandat.
Les agents du FBI retracent également le parcours de Moussaoui à l'école de pilotage Airman à Norman, dans l'Oklahoma, où il avait effectué 57 heures de vol plus tôt dans l'année. Il n'avait jamais été autorisé à piloter seul en raison de ses compétences insuffisantes. Ce détail aurait dû alerter les enquêteurs, car Abdoul Hakim Mourad, un agent avoué d'Al-Qaida, s'était entraîné dans la même école pour préparer un détournement suicide contre le quartier général de la CIA.
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Le 26 août, les services de renseignement français informent le quartier général du FBI que Moussaoui a des liens avec Al-Qaida et Oussama Ben Laden. Malgré cette information capitale, l'agence ne prend aucune mesure concrète. Une commission spéciale antiterroriste du FBI et de la CIA examine les informations, mais conclut que les preuves sont insuffisantes pour considérer Moussaoui comme une menace, malgré son refus de répondre aux questions et les renseignements fournis par les Français. Moussaoui ne sera transféré de la détention INS à une prison du FBI qu'après les attentats du 11 septembre.
Il est important de noter que l'avertissement français est parvenu le lendemain du jour où les deux premiers pirates de l'air ont acheté leur billet aller simple en première classe pour les vols du 11 septembre. D'autres billets ont été achetés les 26, 27, 28 et 29 août, alors que le FBI refusait toujours d'enquêter plus en profondeur sur Moussaoui ou d'analyser son ordinateur.
Les Dénégations du FBI et les Questions Persistantes
Suite aux attentats, des responsables du FBI ont indirectement répondu aux critiques, en niant catégoriquement avoir pris en compte la mise en garde émise par le personnel de l'école de pilotage. Un haut responsable a déclaré au Washington Post que « L'idée de faire s'écraser un avion sur un bâtiment ou de l'utiliser comme une bombe ne nous était jamais venue à l'esprit. Ce qui nous inquiétait c'était un scénario de simple détournement ».
Robert Mueller, le directeur du FBI à l'époque, a affirmé que ses services n'avaient aucune indication que des terroristes cherchaient à utiliser des avions détournés comme bombes volantes. Cependant, le compte-rendu de l'école de pilotage contredit ces affirmations.
L'affaire Moussaoui n'est qu'un exemple parmi d'autres indiquant que le gouvernement américain avait été amplement prévenu qu'une opération terroriste d'envergure était en préparation sur le sol américain et n'a cependant rien fait pour la prévenir ou pour l'empêcher.
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Les Avertissements Multiples et les Lacunes de la Sécurité
Plusieurs éléments suggèrent que le gouvernement américain avait été averti du risque d'attentats utilisant des avions comme armes :
- Les gouvernements d'au moins quatre pays (Allemagne, Égypte, Israël et Russie) ont clairement averti Washington que des attentats terroristes allaient se produire aux États-Unis en utilisant des avions détournés comme armes, dans les mois précédant le 11 septembre.
- Le gouvernement américain lui-même avait des indications multiples du danger de détournements suicides, basées sur ses propres renseignements concernant d'autres attentats terroristes attribués à Oussama Ben Laden et à son réseau Al-Qaida.
- Le gouvernement américain surveillait les communications électroniques de Ben Laden et de ses associés pendant la période précédant les attentats.
- Certains des pirates de l'air du 11 septembre, dont Mohamed Atta, étaient surveillés par les services de renseignement américains en tant que terroristes potentiels en 2000 et 2001, mais ont été autorisés à entrer et sortir librement des États-Unis.
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