Les auteures tiennent à exprimer leur gratitude envers toutes les personnes qui ont participé à l'enquête AMP-sans-frontières et ont accepté de partager leurs histoires, souvent intimes et parfois douloureuses.
Introduction
Le recours à la procréation médicalement assistée (PMA) par des femmes célibataires est une réalité dans de nombreux pays européens depuis plusieurs décennies. La France a légalisé l'accès à la PMA pour toutes les femmes cisgenres, quelle que soit leur situation conjugale. Cette ouverture a suscité des débats passionnés, notamment autour de la question des "familles sans père". Cet article vise à analyser les profils et les trajectoires des femmes qui décident de recourir à la PMA en solo, en se concentrant particulièrement sur les parcours en Espagne et les statistiques associées.
Contexte Législatif et Sociétal
La révision de la loi française en 2021 a provoqué d’intenses débats publics et parlementaires, alimentés notamment par les opposant∙e∙s à la « PMA pour toutes » autour du thème des « familles sans père » que la loi allait désormais permettre. Ces débats ont mis en lumière les « maternités solo » qui se fondent hors du couple, grâce à un don de sperme. D’après les articles de presse, les maternités solo semblent avoir été plutôt bien accueillies par l’opinion publique, bien qu’elles aient suscité des questions au sein de la communauté médicale.
Cette révision de la loi accompagne la diversification et la complexification des formes familiales et parentales en cours dans les sociétés occidentales depuis plusieurs décennies, avec les familles recomposées, les familles homoparentales, les familles monoparentales. Ainsi, ces familles ne seraient plus aujourd’hui des « familles déviantes », mais des « familles variantes », voire des « familles modernes ». Les maternités solo participent à cette pluralisation des familles et parentalités, et notamment à celle des familles monoparentales.
Les maternités solo se distinguent des familles monoparentales majoritairement issues d’une séparation ou d’un deuil, car elles ont choisi d’engendrer seules leur enfant, le plus souvent en recourant à la PMA. Appartenant au vaste ensemble composite des monoparentalités, les mères solo constituent une minorité parmi les 7 % de femmes qui accouchent hors d’un contexte conjugal en France, taux stable depuis plusieurs décennies - sans pour autant que nous disposions de données à leur sujet. En tant que minorités, les femmes qui ont choisi cette forme familiale sont exposées à des risques de stigmatisation. Elles sont marginales statistiquement, mais elles le sont tout autant depuis une perspective sociologique. La norme sociale dominante du faire famille, autrement dit la « norme procréative », reste malgré les évolutions celle de concevoir un enfant au sein d’un couple, qui plus est, hétérosexuel. Les maternités solo contreviennent à cette norme : elles dérogent à la norme intraconjugale de la parentalité et à l’hétéronormativité de la famille.
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Les Maternités Solo : Un Aperçu Européen
Les maternités solo issues d’une PMA ont fait l’objet d’études depuis les années 2000 en Europe, y compris en France, bien que celles-ci soient rares. Ces études menées au Danemark, en Espagne, au Royaume-Uni, en Suède et en France montrent des trajectoires similaires des mères solo. Ces dernières sont principalement des femmes hétérosexuelles issues des classes moyennes supérieures. Se lancer seules dans un projet de maternité représente majoritairement un choix de seconde intention, car elles n’ont pas trouvé le partenaire souhaité pour une fonder une famille suivant le modèle traditionnel. Ces PMA ont lieu le plus souvent autour de la quarantaine, reflet de l’attente du partenaire jusqu’aux dernières limites de la fertilité féminine. Par ailleurs, ces mêmes études soulignent que la monoparentalité qui découle de ces parcours est souvent vécue comme une forme familiale et conjugale provisoire, le couple demeurant l’horizon désirable pour ces femmes.
Méthodologie de l'Étude
Entre juin et décembre 2022, des entretiens semi-directifs ont été réalisés auprès des personnes ayant répondu à l’enquête AMP-sans-frontières (AMPsf). Celle-ci vise à identifier et analyser les parcours d’aide à la procréation qui se font en dehors du cadre légal et/ou médical français, comprenant les PMA à l’étranger, les PMA illicites ainsi que les recours artisanaux (sans aide médicale) en France. Les données ont été recueillies grâce à un questionnaire en ligne accessible d’octobre 2021 à septembre 2023. Ce questionnaire largement diffusé sur les réseaux sociaux et par les partenaires du projet de recherche (associations comme Bamp !, Mam’enSolo, APGL, C.L.A.R.A, et professionnel∙le∙s de santé accompagnant les personnes en démarches de PMA, y compris à l’étranger), s’adressait à toutes les personnes de 18 ans et plus qui étaient ou se sentaient concernées par l’aide à la procréation en France et à l’étranger, que celle‐ci soit médicalisée ou non, qu’elle soit en cours, déjà réalisée ou simplement envisagée. Dans ce questionnaire, les personnes répondantes étaient invitées à laisser leurs coordonnées pour réaliser un entretien plus approfondi avec les auteures de l’article. Toutes les personnes qui avaient rempli le questionnaire en ligne entre octobre 2021 et mai 2022 et donné leur accord ont été recontactées.
Les entretiens ont été enregistrés avec l’accord explicite des personnes interrogées puis intégralement retranscrits. Ils ont ensuite fait l’objet d’une analyse thématique, dans une démarche compréhensive centrée sur le vécu et le ressenti des personnes interrogées. Les résultats préliminaires ont été présentés et discutés lors de conférences, et notamment avec les partenaires du projet qui sont directement concerné∙e∙s par le sujet. Les entretiens ont eu lieu par téléphone, en face à face ou en visioconférence.
À partir des 300 personnes contactées, 69 entretiens ont été réalisés parmi lesquels 25 concernaient des personnes qui réalisaient ou avaient réalisé un parcours solo d’aide à la procréation. Ces 25 personnes sont toutes des femmes cisgenres. Certaines femmes ont déclaré être hétérosexuelles, d’autres homo ou bisexuelles - la question de l’orientation sexuelle n’était abordée que lorsque la personne l’évoquait spontanément pendant l’entretien. Elles avaient entre 33 et 49 ans au moment de l’entretien (âge médian à 42 ans) et entre 29 et 46 ans lors de leur première tentative de PMA (âge médian à 38 ans). Douze femmes interrogées n’avaient pas (encore) d’enfants, mais trois d’entre elles étaient enceintes. Les autres femmes avaient un enfant (n=10) ou deux enfants (n=3), dont une qui avait des jumeaux. À l’état civil, elles étaient toutes célibataires.
La plupart d’entre elles occupaient un emploi (n=22) au moment de l’entretien, les trois autres étant au chômage, en disponibilité ou en reconversion professionnelle. Elles sont majoritairement cadres ou exerçaient une profession intellectuelle supérieure (n=16), et leurs professions sont variées : aide-soignante, secrétaire, professeure de yoga, juriste, responsable de communication, agricultrice… Si l’on se réfère uniquement à la profession, la majorité des femmes interrogées appartient à la classe sociale moyenne supérieure de la société française. Elles résident sur l’ensemble du territoire métropolitain français, aussi bien en milieu urbain que rural. Les profils des femmes interrogées sont similaires en matière de classe sociale et d’âge à ceux des autres études menées auprès de cette population en France.
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Pour réaliser leur projet parental, elles ont eu recours à un don de sperme dans un centre médical ou bien à un don de sperme « artisanal » (donneur connu issu de l’entourage et/ou donneur « privé » recruté sur Internet). Les dons effectués dans un cadre médicalisé ont eu principalement lieu en Espagne (n= 16) et en France (n= 13), minoritairement en Allemagne, en Belgique, au Danemark, en Grèce, au Luxembourg, aux Pays-Bas et au Portugal. La moitié des femmes interrogées ont réalisé une PMA dans au moins deux pays différents (n=13).
Espagne : Destination Clé pour la PMA Solo
L'Espagne est un pays précurseur en matière de PMA, ayant ouvert ce droit dès 1977 et créé la première banque de sperme la même année. Sa législation libérale et son expertise médicale en font une destination de choix pour les femmes seules souhaitant recourir à la PMA. En Europe, dix pays ont ouvert ce droit à toutes les femmes, quelle que soit leur orientation sexuelle ou leur situation familiale, mais l'Espagne se distingue par son expérience et son infrastructure.
Le caractère restrictif de la législation française a en tout cas généré un véritable business de la PMA en Espagne. Le groupe IVI, centre médical espagnol spécialisé sur la procréation assistée, a estimé à 7 300, le nombre de patientes françaises ayant eu recours à une PMA entre 2014 et 2018 dans leurs cliniques, ce qui représente 40 % de leurs patientes étrangères. Les cliniques spécialisées sur les FIV se multiplient de l’autre côté des Pyrénées : la Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie (ESHRE) en comptabilisait 245 en 2015, contre 182 en 2006, ce qui représente 20 % de l’ensemble des établissements européens du même type.
Coûts et Remboursements
Un cycle de fécondation in vitro standard coûte entre 4 000 et 6 000 euros en Espagne. En France, le coût d’un cycle de FIV standard dans le secteur public s’élève à 2 545,18 €. Le remboursement des AMP à l’étranger s’établit, lui, à 1 581,93 € sur la base d’une FIV avec donneur. Pour celles qui ne peuvent être remboursées, la facture est d’autant plus élevée que s’y ajoutent de nombreux coûts indirects : « Il faut aussi prendre en compte le billet d’avion, l’hôtel, le séjour ». Dans les faits, seuls les parents ayant un capital économique, social et éducatif suffisant parviennent généralement à mener à bien un tel projet.
Carole* et Isabelle* sont mères de deux enfants. Elles ont chacune eu recours à une PMA en Espagne. Ce projet a débuté en janvier 2007 pour Carole. Un an s’est écoulé entre le premier entretien auprès de la clinique espagnole et l’annonce de sa grossesse. Le choix de l’Espagne s’est vite imposé à elles : « en Belgique, il y avait une file d’attente monstrueuse alors qu’en Espagne, c’était hyperrapide », explique Carole. Après trois inséminations et une FIV, elle est finalement enceinte en février 2008. Une procédure qui aura coûté 15 000 euros, avec « au moins cinq allers-retours entre Paris et Barcelone ». Isabelle entreprend les mêmes démarches à l’été 2015. Le parcours est plus compliqué pour Eva la blogueuse. Après « onze allers-retours entre Madrid et Paris », elle estime qu’elle a déjà engagé pour 24 000 euros de coûts médicaux, auxquels elle ajoute « des coûts indirects liés aux transports à 3 000 euros ».
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Facteurs Attractifs de l'Espagne
Plusieurs facteurs expliquent l'attrait de l'Espagne pour les femmes seules :
- Législation libérale: L'Espagne autorise la PMA pour les femmes célibataires, les couples hétérosexuels mariés et les couples homosexuels féminins.
- Anonymat des donneurs: Le don d'ovocytes/sperme/embryon est autorisé et anonyme, garantissant la confidentialité des donneurs et des receveurs.
- Techniques avancées: L'Espagne autorise des procédures telles que l'ICSI, le PGS, le PGD ou l'éclosion assistée.
- Nombre élevé de cliniques: La Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie (ESHRE) recensait 245 cliniques spécialisées en FIV en Espagne en 2015, contre 182 en 2006.
- Suivi et résultats: Les cliniques espagnoles communiquent leurs résultats à la SEF (Société espagnole de fertilité), qui les transmet au Consortium européen de surveillance de la FIV (EIM) pour la Société européenne de reproduction humaine et d'embryologie (ESHRE).
Fertilog : Un Accompagnement Personnalisé pour la PMA en Espagne
Fertilog, fondée par Fred, propose un accompagnement gratuit et personnalisé pour les femmes souhaitant réaliser une PMA en Espagne. Fred met à disposition son expertise et sa connaissance des cliniques espagnoles pour aider les femmes à chaque étape de leur parcours, en leur offrant un soutien émotionnel et des conseils judicieux. De nombreux témoignages soulignent l'efficacité et l'humanité de cet accompagnement.
Témoignages de Femmes Accompagnées par Fertilog
- Céline (Février 2024) : "Après un parcours de PMA particulièrement éprouvant, notre tentative en Espagne a finalement abouti grâce à l’aide précieuse de Fertilog. Ayez une totale confiance en elle."
- Vania (Mai 2024) : "Notre rencontre avec Fred a rendu les choses tellement simples. Si nous avions su, nous n'aurions pas perdu notre temps en France et nous aurions de suite fait appel à ses services."
- Nacera (Mai 2020) : "Réactive, à l'écoute et d'une humanité exceptionnelle. Je L'AIME tellement fort !!! Je vous la recommande a 300% et les yeux fermés."
- Tiffany (Novembre 2022) : "Fred est tout simplement géniale, humaine, professionnelle, réactive à la moindre question ou doute. Je recommande à tout le monde d'avoir un accompagnement comme celui que j'ai eu, et même au-delà ! Et après un parcours long de 7 ans en France (une iac, 4 fiv icsi, 9 transferts, que des échecs) ma 1ère tentative en Espagne a marché!"
Motivations et Parcours des Mères Solo
La plupart des femmes interrogées ne s’imaginent pas une vie future sans enfant. Paloma parle de désir « viscéral », présent depuis l’adolescence : « Moi je crois que aussi loin que je m’en souvienne, donc très tôt, 14, 15 ans, l’envie d’enfant, c’était viscéral. Et je tiens au terme viscéral. Donc, c’est les tripes qui réclament, et c’est vraiment ça » (Paloma, 41 ans, aide-soignante, en parcours de PMA en Espagne). « […] le plan A, c’était avoir des enfants avec un mari et puis… enfin, avoir d’abord un mari et ensuite des enfants et puis, une maison et un chien, et que du coup, comme ça c’était pas fait, maintenant, elles ont des enfants comme ça, elles sont heureuses quand même et c’était leur plan B » (Viviane, 33 ans, magistrate, dernier parcours de PMA en 2021 en Allemagne). « Ça reste souvent un… un deuil, enfin quand on… pour les femmes qui le font comme moi, après avoir espéré fonder une famille… classique. À Mam’enSolo, on appelle souvent ça la famille Ricoré, une famille parfaite avec un papa et une maman, deux enfants, une fille et un garçon autour de la table du petit-déjeuner.
Certaines d’entre elles décrivent des « conjugalités chaotiques », qui ne leur ont pas permis de fonder une famille : elles étaient souvent en couple avec un homme avant de se lancer dans un projet solo, mais ce dernier ne souhaitait pas d’enfant ou ne représentait pas le père qu’elles projetaient pour leur enfant. Pour certaines, la rupture avec le partenaire a été la condition pour mener ce projet, comme Chantal (42 ans, cadre de santé, dernier parcours de PMA en 2021 en Espagne) qui a connu « deux échecs cumulés » avec des conjoints qui avaient déjà de leur côté des enfants et qui n’en désiraient pas d’autres.
Si l’âge constitue souvent un élément déclencheur, comme pour Chantal qui s’est tournée vers un projet solo à 40 ans, il semblerait que la mise en œuvre de ce « plan B » soit aujourd’hui envisagée à un âge plus jeune qu’auparavant. « Je suis une femme hétérosexuelle célibataire. J’avais pas forcément dans l’optique d’être en solo, de le faire en solo, mais bon voilà, le temps passant, c’est quelque chose qui me trottait dans la tête un peu comme un plan B depuis à peu près que j’avais 27 ans […]. « Je me suis retrouvée à un moment de ma vie où je me suis dit : “Mais j’ai très envie d’avoir un enfant, mais j’ai pas du tout envie d’être avec quelqu’un, d’être en couple” […]. Dans la salle d’attente du psychiatre, il y avait un magazine […] un article sur les bébés Thalys […].
Le récit de Viviane, mère de deux enfants, et ayant débuté son parcours solo à 19 ans, illustre également ce nouveau profil de femmes pour qui la maternité solo est la forme familiale choisie d’emblée. « J’ai toujours eu un désir d’enfant très, très poussé. Et puis, par rapport à ma sexualité, je me situerais plutôt dans un… du côté lesbien du spectre, on va dire. Donc, je savais de toute façon que, même dans mon monde idéal, je vivrais pas avec le père de mes enfants. Et du coup la… en fait la question de la… de… de la relation amoureuse était jamais vraiment liée à la question de, des enfants.
Comme Viviane, certaines des femmes de notre corpus ont commencé leur parcours bien avant leurs 40 ans, et ce, quelle que soit leur catégorie socioprofessionnelle. Cette situation contraste avec celle des études plus anciennes menées sur le sujet, qui montrent que recourir à un don de sperme seul est majoritairement entrepris par des femmes quadragénaires. Parmi les femmes interrogées ici, 14 d’entre elles ont réalisé une première PMA avant leurs 40 ans, dont cinq avant leurs 35 ans. Le fait d’envisager de se lancer dans un projet en solo à un plus jeune âge témoigne d’une évolution des représentations de la famille et de la parentalité, puisque les femmes acceptent plus rapidement de transgresser le modèle dominant.
Les Défis et les Délais en France
L’ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples de lesbiennes a entraîné une augmentation significative des demandes en France. Cependant, les délais d’attente se sont considérablement allongés en raison d’un manque de dons de sperme.
Selon l'agence de biomédecine, les délais étaient de 14,4 mois en 2022. Selon les derniers chiffres de juin 2023 de l'institut de biomédecine, la liste d'attente pour une PMA en France avec don de spermatozoïdes s'élevait à près de 5 430 demandes, dont 41,1% de couples de femmes, 40,2 % de femmes seules et 18,4% de couples hétérosexuels.
Cette situation pousse de nombreuses femmes à se tourner vers l'Espagne, où les délais sont plus courts et les chances de succès plus élevées. "Quand on est pressé par le temps, l'Espagne est un peu obligatoire et en plus médicalement, ils ont de meilleurs résultats, explique Marie Jourdan, d'autant plus qu'il n'y a pas de délais pour les dons d'ovocytes".
Évolution des Demandes et Profils en France
Un an après l’ouverture de la pratique à toutes les femmes, les femmes seules représentent 53 % des demandes émanant des nouveaux profils, selon l’Agence de biomédecine. Sur 5 126 premières demandes de consultation en PMA émanant des nouveaux profils au premier trimestre 2022, 53 % provenaient ainsi de femmes seules, indique l’Agence de la biomédecine dans son dernier bilan. Un phénomène « qui n’avait pas été anticipé », relève sa directrice Emmanuelle Cortot-Boucher, évoquant une « attente sociétale forte mais souterraine » qui s’est révélée au cours de cette année.
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