Les hormones jouent un rôle essentiel dans la régulation de nombreuses fonctions corporelles, notamment le métabolisme, la croissance, la reproduction, l'humeur et les cycles de sommeil. Un déséquilibre hormonal peut avoir des répercussions variées sur le corps et le psychisme, entraînant des symptômes parfois difficiles à identifier. Chez la femme, l'évolution de la pilosité est étroitement liée aux fluctuations hormonales, en particulier celles qui se produisent au cours du cycle menstruel et lors des différentes étapes de la vie.
Le Rôle des Hormones dans la Pilosité
À la naissance, les filles comme les garçons développent une pilosité plus ou moins prononcée selon le sexe, sous l’effet des hormones androgènes. Les androgènes ne sont pas des hormones exclusivement « masculines ». En effet, les androgènes sont également produits en petites quantités par les femmes. La testostérone (principale hormone mâle) est convertie dans la peau en dihydrotestostérone (forme active de l’hormone mâle) par l’action d’une enzyme (la 5 alpha réductase). La dihydrotestostérone agit sur les poils immatures (poils duvets très fins, invisibles) de la face et du corps et provoque leur transformation en poils matures (poils épais, de couleur foncée, visibles).
Les hormones, facteur déterminant, agissent sur cette glande et sur son taux de sécrétion de sébum. C’est la période ultime de croissance du poil durant laquelle se détermine sa pigmentation, et où à un moment donné la concentration de mélanine est à son maximum. C’est une période de transition dans la vie du poil, appelée aussi étape de régression du poil, qui dure environ 2 semaines: le poil cesse de grandir. C’est la réelle phase de repos du poil qu’on appelle « repos cellulaire », qui dure entre 5 et 6 semaines, et qui précède la chute du poil. Cette phase représente environ 13% des poils à un moment donné de notre vie. Le poil cesse toute forme de croissance et tombe.
Cycle Menstruel et Variations Hormonales
Le cycle menstruel est la période comprise entre chaque début de règles, au cours de laquelle se succèdent un ensemble de phénomènes physiologiques et hormonaux rendant possibles l’ovulation, la rencontre des gamètes, la fécondation et la nidation de l’embryon au sein de la muqueuse utérine. Les ovaires produisent aussi les hormones sexuelles féminines, en particulier la progestérone et les œstrogènes. Celles-ci sont à l’origine du développement des caractères sexuels secondaires : seins, silhouette, voix, pilosité.
La variation habituelle du taux de ces hormones joue un rôle fondamental dans la régulation du cycle ovarien en permettant le développement des ovocytes et, en milieu de cycle, marqué par une augmentation soudaine des taux de LH, le déclenchement de l'ovulation.
Lire aussi: L'évolution de votre bébé à 5 mois
Tout au long de notre vie de femme, les règles s’adaptent et évoluent avec nous, à cause des modifications de nos hormones liées à l’âge et à des expériences comme la grossesse et la ménopause. Les menstruations ne sont pas les mêmes lorsqu’on a 20, 30 ou 40 ans.
Adolescence et Ménarche
L’adolescence est marquée par l’apparition du cycle menstruel, et l’arrivée des premières règles, appelée « ménarche ». Souvent les premiers mois ou premières années, les règles ne sont pas régulières.
Vingtaine et Trentaine
Si votre cycle menstruel a été difficile pendant l’adolescence, la période de la vingtaine devrait mieux se passer. L’ovulation devient en effet plus régulière, et les règles aussi. Les règles sont censées être plus faciles à anticiper pour une femme âgée de 30 à 40 ans. Concernant le retour des règles, « il est d’environ 6 à 8 semaines après l’accouchement ». « Si la femme allaite, le retour de couches est retardé, mais on ne peut pas savoir exactement quand reviendront les règles. Si elles sont plus ou moins intenses en fonction de l'âge et de l'évolution des cycles, les douleurs de règles peuvent avoir un vrai retentissement sur le quotidien.
Quarantaine et Périménopause
Le cap des 40 ans marque l’arrivée d’éventuelles fluctuations hormonales qui précédent la ménopause : c’est la préménopause ou périménopause, qui commence en moyenne à 46 ans. Cycle après cycle, la réserve ovarienne diminue. Les ovaires ne sécrètent plus autant d'hormones sexuelles : progestérone et œstrogène.
Ménopause
La ménopause est caractérisée par la cessation de l'ovulation et de la sécrétion des hormones par les ovaires. La plupart des femmes ont des poils qui poussent sur la face ou le corps à partir de la ménopause.
Lire aussi: Poussette Evolution Cocon : Le choix idéal pour la ville ?
Hirsutisme : Quand la Pilosité Devient Excessive
L’hirsutisme est le terme médical utilisé pour indiquer la présence d’une pilosité excessive de type « masculine » chez la femme. Cette hyperpilosité se manifeste au sein de zones habituellement épargnées chez la femme par les poils matures (gros poils) : visage (moustache et de la barbe), le torse et l’abdomen notamment la ligne médiane entre le nombril et le sexe. L’hirsutisme est fréquent, il affecte environ 10% de la population occidentale surtout chez les femmes d’origines méditerranéennes. L’hirsutisme se traduit chez la femme, par pilosité excessive de type masculine. Cette pilosité survient dans des zones normalement dénuées de poils : le visage, le torse et la ligne médiane entre le nombril et le sexe. L’hirsutisme doit être distingué d’une hypertrichose où l’excès de pilosité est généralisé, celle-ci est liée à des facteurs raciaux et familiaux.
Avoir des poils sur le menton ou dans le dos quand on est une femme, ce n'est pas normal et c'est pourtant la dure réalité à laquelle se confronte de nombreuses femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).
Causes de l'Hirsutisme
L’hirsutisme est donc dû à une augmentation de la sécrétion d’androgènes chez la femme, dont les causes les plus fréquentes sont le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) et un déficit d’une enzyme de la glande surrénale (21-hydroxylase). Ces anomalies sont détectées par un dosage sanguin des androgènes (testostérone, delta4-androstènedione, sulfate de déhydroépiandrostérone ou DHEAS) et par une échographie du bas ventre. La prise en charge d’une patiente ayant un hirsutisme nécessite la réalisation de dosages sanguins de certaines hormones et une échographie du ventre.
Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : en dehors de l’hirsutisme idiopathique, le syndrome des ovaires polykystiques est de loin la cause la plus fréquente d’hirsutisme. En effet, les taux des deux hormones régulées par l'axe hypothalamo-hypophysaire, la LH et la FSH sont totalement déréglés chez les femmes atteintes du SOPK. Chez les patientes, ces taux ne varient presque pas au cours du cycle et aucune augmentation de LH n'est observée, ne permettant donc pas le déclenchement de l'ovulation. Par ailleurs, les taux de LH étant anormalement élevés durant tout le cycle, cela entraîne, au niveau ovarien, une production excessive d'androgènes (hyperandrogénie), notamment la testostérone.
Le syndrome des ovaires polykystiques est défini par un dérèglement hormonal. Ce premier dérèglement entraîne des troubles du cycle menstruel, avec des règles irrégulières causées par des cycles menstruels longs, pouvant dépasser les 40 jours, et allant parfois jusqu'à une absence totale de règles (aménorrhée). L’hirsutisme s’accompagne souvent d’une acné, de troubles menstruels, d’une chute de cheveux et parfois d’un excès de poids.
Lire aussi: Kiddy Evolution Pro 2 : Notre verdict
Une femme est considérée comme atteinte du syndrome dès lors qu’elle répond à deux des trois critères suivants : une absence de règles ou des cycles très longs (supérieurs à trente-cinq jours) ; des signes d’une hyperandrogénie (hirsutisme, caractérisé par un excès de pilosité à des endroits prétendument masculins, comme les joues, la lèvre supérieure ou encore la ligne entre les seins, ou taux élevé de testostérone) ; et un aspect polykystique des ovaires (augmentation de leur taille et du nombre de microfollicules qu’ils contiennent).
Tumeurs des ovaires ou des surrénales : très rarement, l’hirsutisme peut être dû à une tumeur ovarienne ou surrénalienne qui produit des androgènes.
Déficit en 21 hydroxylase : Quand il apparaît avant la puberté, aussi bien chez les garçons que chez les filles, l’hirsutisme est généralement le signe d’un trouble hormonal qui nécessite des investigations (déficit génétique en une enzyme impliquée dans la fabrication des hormones).
Hypertrichose essentielle ou idiopathique : L’hypertrichose essentielle ou idiopathique (sans cause) est une simple exagération de la pilosité normale. L’hypertrichose essentielle débute avant la puberté; celle-ci est diffuse, mais prédomine sur les membres et le bas du dos. Les femmes brunes et surtout d’origine méditerranéenne ont une pilosité plus prononcée que les femmes de peau claire.
Diagnostic de l'Hirsutisme
Pour définir l'hirsutisme, et l'importance de la pilosité, le score de Ferriman et Gallwey est utilisé. Un score allant de 0 à 4 est attribué à 9 zones du corps sensibles aux androgènes. Plus la pilosité est importante plus le score est haut. Chaque région est notée de 0 (aucun gros poil) à 4 (beaucoup de gros poils) - la somme des scores de chaque région est additionnée pour obtenir un score global.
Traitements de l'Hirsutisme
Pour les patientes souffrant d'hirsutisme plusieurs solutions peuvent être envisagées. Dans les cas où la cause de l’hirsutisme est un trouble hormonal, le traitement médical du trouble hormonal sous-jacent est nécessaire. Un traitement hormonal anti hormone mâle est parfois nécessaire en cas d’hypertrichose idiopathique, il est utilisé en complément de l’épilation laser. Dans tous les cas, les traitements médicaux doivent cependant être complétés par une prise en charge cosmétique.
Traitements Médicaux
Contraception hormonale : En première intention les médecins recommandent la prise d'une pilule oestro-progestative, c'est-à-dire d'une contraception hormonale qui aura pour objectif premier de réguler le cycle menstruel. Ce type de contraception possède également un effet anti-androgénique, qui en diminuant la sécrétion des gonadotrophines permettra la diminution du taux de testostérone circulant et ainsi la diminution des symptômes associés dont l'hirsutisme. Cependant, il existe de potentiels effets indésirables associés à la prise de ce type de solution hormonale tels qu'une prise de poids, l'hypertension artérielle ou la thrombose.
Acétate de cyprotérone : Pour des formes sévères d'hirsutisme et face à l'échec de la pilule oestro-progestative le traitement recommandé est l’acétate de cyprotérone associé à une oestrogène naturel. Par ailleurs, il bloque également les effets périphériques des androgènes en empêchant la liaison à leurs récepteurs. De cette façon, les androgènes n'ont plus d'effet sur le corps des patientes et l'hirsutisme diminue nettement en 6 mois. Des fortes doses de cyprotérone (50 à 200 mg par jour) sont généralement utilisées en fonction de la sévérité de l’hirsutisme. Plusieurs modalitées d’administrations sont possibles. L’amélioration apparaît 4 à 6 mois après le début du traitement. Les effets secondaires incluent une prise de poids, des troubles de l’humeur, une dépression, des thromboses veineuses (formation de caillots sanguins qui bouchent les veines), une sécheresse vaginale et une perte de la libido (diminution de l’envie sexuelle. Les contre-indications ont identiques à celle de la pilule contraceptive : tabagisme, obésité, hypercholestérolémie, hypertension, âge.
Spironolactone : C’est un traitement couramment utilisé aux états unis, il n’a pas l’AMM en France pour le traitement de l’hirsutisme. La spironolactone est un antiandrogène et en même temps un diurétique. A la dose de 50 à 200 mg par jour, la spironolactone réduit la pousse des poils excessifs. L’amélioration apparaît après 6 mois de traitement.
Finastéride : Ce médicament est utilisé dans le traitement de l’hyperplasie bénigne de la prostate (à la dose de 5 mg) et de l’alopécie androgénétique masculine (à la dose de 1 mg). Il n’a pas l’AMM en France pour le traitement de l’hirsutisme. Le finastéride bloque l’action de la 5-alpha-réductase qui transforme la testostérone en dihydrotestostérone, sa forme active. Il semble être aussi efficace que la spironolactone dans le traitement de l’hirsutisme. Ce traitement peut provoquer une féminisation d’un foetus masculin, il est donc formellement contre-indiqué chez des femmes en âge de procréer.
Traitements Cosmétiques
Décoloration : Certaines patientes font le choix de simplement décolorer leurs poils afin de les éclaircir et ainsi les rendre ainsi moins visibles. C'est simple, facile et peu onéreux et peut être suffisant notamment pour un hirsutisme léger à modéré.
Dépilation : la dépilation : par rasage ou avec une crème dépilatoire. Ces techniques coupent le poil et permettent donc de retirer la partie visible qui dépasse de la surface cutanée. Le rasage de près (surtout en sens inverse de la pousse) est souvent responsable de poils incarnés qui provoquent des boutons disgracieux, une infection de la gaine des poils peut survenir après rasage (folliculite). Les crèmes dépilatoires dissolvent chimiquement la kératine qui compose les tiges pilaires, et font ainsi disparaître les poils apparents de façon efficace. Il faut préférer les produits aux thyoglycolates qui sont efficaces et sans danger s’ils sont bien utilisés. Les crèmes dépilatoires peuvent provoquer une irritation de la peau chez les personnes ayant la peau sensibles si elles sont laissées longtemps. Avant de les utiliser, les femmes sont invitées à faire un test pour voir si leur peau est réactive à ce type de produit.
Épilation : l'épilation : avec de la cire, une pince à épiler ou un épilateur électrique. Les techniques d’épilation mécanique enlèvent le poil, mais stimulent la repousse d’un nouveau poil en phase de croissance. L’épilation à la cire est un moyen efficace chez certaines personnes, mais peut irriter la peau et doit être utilisée avec précaution surtout sur le visage. Il faut obligatoirement utiliser des cires jetables pour éviter les risques d’infection.
Épilation au laser : l'épilation au laser : il s'agit d'une épilation définitive qui est pratiquée dans des instituts spécialisés. Le laser va venir détruire le follicule pileux ce qui empêchera le poil de repousser. Epilations par lasers (laser alexandrite, laser yag long pulse) et lumière intense pulsée (LIP) : Ces techniques ont pour objectif de détruire la racine du poils de façon permanente. Les techniques de photoépilation sont éprouvées depuis de nombreuses années, elles sont utilisées pour détruire les poils sur peau blanche et colorées. La réduction significative et permanente de la pilosité, nécessite en général de 5 à 10 séances chez un sujet normal, leur nombre est indéfini en cas de stimulation hormonale. Les séances sont réalisées tous les mois ou tous les deux mois - des séances d’entretien sont souvent nécessaires, particulièrement en cas de stimulation hormonale. Il faut mieux demander les coordonnées d’un spécialiste à votre dermatologue. Les effets secondaires possibles sont une rougeur, des troubles de la pigmentation (décoloration ou apparition de taches brunes), la survenue de cicatrices est une complication possible, mais rare.
Épilation par électrolyse : l'épilation par électrolyse : il s'agit également d'une épilation définitive qui vient détruire toute la structure du poil par de petites décharges électriques. Cette technique offre l'avantage de pouvoir détruire tous les types de poils sur toutes les couleurs de peaux. Electrolyse ou épilation électrique : ces techniques ne sont plus guère utilisées que pour les poils clairs qui ne répondent pas à l’épilation laser. Ce type d’épilation emploie le courant électrique pour détruire la racine du poil. Le courant est véhiculé à la racine du poil par l’intermédiaire d’une aiguille très fine. Plusieurs séances de traitement sont habituellement nécessaires pour détruire le poil de façon permanente. Ce traitement est couteux et chronophage puisqu’à chaque séance, les poils sont traités un par un. En général, les poils épais sont plus facilement détruits que les poils fins. Il est important de s’assurer que le ou la technicienne qui fait l’électrolyse est expérimentée, que son matériel est moderne et qu’elle utilise des aiguilles jetables.
Eflornithine (Vaniqa*) : Cette crème ralentit la pousse des poils. Elle n’est pas une crème dépilatoire. Elle peut être utilisée après toutes les méthodes d’épilations citées ci-dessus. Elle est appliquée deux fois par jour et laissée sur la zone concernée pour inhibée la pousse. L’effet est observé au bout de deux à trois mois de traitement régulier.
Alimentation
L’alimentation peut également jouer un rôle important : en limitant la consommation d'aliments pro-inflammatoires et oxydants et en ayant un régime alimentaire varié et équilibré, les patientes atteintes du SOPK peuvent permettre à leur organisme de retrouver un équilibre hormonal et donc de faire diminuer la quantité d'androgène et les symptômes qui y sont associés, notamment la pilosité excessive. L’alimentation ne représente pas une solution à elle seule mais combinée à d’autres solutions, elle aura un effet positif sur le quotidien. L’alimentation avec une consommation excessive de sucre et de graisses saturées peut influencer la production d’insuline et d’hormones thyroïdiennes.
Suivi Psychologique
Enfin, il est important d'avoir un suivi psychologique. Souffrir du SOPK, et plus spécifiquement d'hirsutisme, au quotidien, peut avoir un impact important sur la vie des patientes : éloignement social, peur du regard des autres, moqueries, honte… Vivre avec le syndrome des ovaires polykystiques, et en particulier d''hirsutisme, peut être un véritable défi, tant sur le plan physique qu'émotionnel. La pilosité excessive peut affecter la confiance en soi, mais il est important de rappeler que des solutions existent.
tags: #évolution #pilosité #cycle #menstruel #hormones