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Essai sur les menstruations : Aspects biologiques, culturels et sociaux

Introduction

Les menstruations, souvent invisibilisées dans les médias et associées à des connotations négatives, sont pourtant un phénomène biologique, culturel et social fondamental. Elles sont perçues dans nos sociétés comme des marqueurs de différence sexuelle et comme des étapes de vie, ce qui renvoie à des structures de pouvoir et de visibilité. Cet article se propose d'analyser les représentations des menstruations dans les œuvres contemporaines, en mettant en lumière la manière dont elles sont normalisées et montrées de manière positive.

L'art menstruel : Une nouvelle visibilité

Dans les années 70, des artistes féministes, comme Judy Chicago ou Ana Mendieta, ont ouvert la voie à « l’art menstruel ». Depuis un peu plus d’une décennie, on observe une évolution dans le traitement des questions menstruelles dans nos sociétés. Si les premières représentations artistiques relevaient des arts visuels et performatifs et circulaient dans les milieux militants et alternatifs, on rencontre aujourd’hui des références aux menstruations dans des productions plus grand public, notamment audiovisuelles.

Cet engouement pour le sujet est à mettre en rapport avec l’essor d’un féminisme renouvelé, qui assume pleinement la question des menstruations et s’éloigne des réticences de certaines féministes des générations antérieures à la traiter de peur d’être assimilées à un féminisme de la différence. Les « études menstruelles » se transforment en fonction du contexte épistémologique et du travail des mouvements sociaux qui ont été et sont toujours décisifs pour le développement de ce type d’études. Nous pouvons ainsi considérer que nous sommes aujourd’hui dans une troisième phase d’études critiques sur le cycle menstruel, caractérisée par la diversité des sujets et des modèles d’analyse et par sa nature inter et transdisciplinaire.

Les menstruations à l'écran : Entre invisibilité et normalisation

Nous souhaitons contribuer à cette réflexion en proposant une analyse de fictions audiovisuelles qui mettent en scène les règles. Nous partageons l’intérêt que les études culturelles portent aux représentations en tant qu’espace d’enjeux idéologiques et de pouvoir, un aspect dont il faut tenir compte lorsqu’on aborde la question des menstruations. Nous inscrivons notre travail dans ce cadre théorique et entendons définir les paradigmes de représentation des menstruations dans les représentations audiovisuelles contemporaines pour observer comment elles sont mises en lien avec des visualisations particulières des différents âges de la vie.

Nous envisagerons ici les univers créés par les œuvres fictives comme des mondes sociaux autonomes établissant leurs propres systèmes de relations et de pouvoirs, qui reflètent ou s’éloignent de ceux qui existent dans la réalité extra-filmique. Cela nous amène à étudier les personnages des fictions audiovisuelles en partie comme des acteurs sociaux, « telle une population sur laquelle on enquêterait, dont on observerait les modes de vie, les interactions, en en recueillant les paroles ». Dans le cadre de notre étude, c’est leur rapport au sang menstruel qui nous intéresse.

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Nous contrasterons les notions et les modèles auxquels ont conduit ces recherches avec ceux que nous offrent les productions audiovisuelles de notre corpus, soit une vingtaine de films et de séries. Nous avons inclus dans ce corpus quelques court-métrages car, bien que ce format soit assez minoritaire, nos exemples ont beaucoup circulé dans les festivals et sur les plateformes et reçu des prix très importants. Les long-métrages français que nous étudions ont atteint un public moins large que les productions des grands studios nord-américains, mais ont été distribués en salle et en VOD en France et à l’étranger. Nous assumons l’hétérogénéité de ce corpus, qui nous semble pertinent pour offrir un panorama et avancer des hypothèses étant donné le peu d’études à ce jour sur le sujet.

Les expériences menstruelles représentées dans les œuvres étudiées correspondent-elles à celles qui sont documentées dans la réalité extra-filmique ? Pour répondre à cette question, nous questionnerons le traitement des règles à l’écran et leur modalité de représentation à travers les dialogues, les images et les trames qui rendent compte de ce sang qui coule ou arrête de couler.

Nous avons parlé d’invisibilisation des menstruations à l’écran mais les exemples de représentation existent et peuvent même sembler relativement nombreux face à notre insistance sur leur absence. En réalité, il s’agit d’un effet de loupe mettant en lumière des exceptions. Les chercheures soulignent que jusqu’aux années 2000, les films et les séries qui font mention des règles sont peu nombreux, malgré le fait que certaines productions suivent de près et sur plusieurs années des personnages susceptibles d’être menstrués.

En dépit de la place que la gestion des menstruations occupe dans la réalité extra-filmique et du déploiement de ces fictions sur une longue période, le public ne s’est pas étonné de cette absence puisque les règles ont été et restent encore dans certains contextes un véritable tabou de la vie quotidienne. Une série comme Little House on the Prairie, par exemple, attentive aux processus de croissance et d’entrée dans l’âge adulte de sa jeune protagoniste, garde précautionneusement hors-champ toute allusion aux transformations physiologiques qui la font sortir de l’enfance. Et la documentation minutieuse du quotidien des jeunes adultes de Friends évite soigneusement toute allusion aux épisodes menstruels de ses héroïnes.

Le terme « tabou » est récurrent dans la bibliographie sur le sujet, même si dans les sociétés occidentales le mot renvoie actuellement plus à des normes sociales qu’à l’oppression, l’interdiction et les punitions qui lui sont associées à l’origine. Le mot reste cependant justifié non seulement en raison de l’invisibilité des menstruations dans la sphère publique, mais aussi des aspects négatifs, comme la honte ou le dégoût, auxquels le sang menstruel est traditionnellement associé dans la société. Si en France, le temps où l’on croyait que les femmes menstruées faisaient tourner la mayonnaise semble révolu, les syntagmes lexicaux d’évitement concernant les règles sont connus même des plus jeunes générations, qui témoignent encore de stratégies de dissimulation les jours de saignement. Il n’est pas étonnant que les images fictionnelles des règles aient surtout reproduit leurs connotations et représentations négatives.

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La présence croissante des règles dans les fictions audiovisuelles

La plus importante présence des règles dans les fictions audiovisuelles de ces dernières années semble une évidence. Les règles entrent même, par la petite porte, aux Oscars, avec la statuette attribuée au court-métrage Period. End of Sentence, un documentaire qui suit un projet de fabrication de serviettes hygiéniques en Inde. Le format court, documentaire ou de fiction, pour des questions de forme, de contexte de production et de distribution, apparaît comme un terrain de prédilection pour la construction d’histoires autour des menstruations. Les bigorneaux, Tu demanderas à ta mère, Magia negra, Dominique Personne, Anansi ou Karateka ne sont que quelques exemples.

La question binaire de l’absence ou de la présence se double de celle, plus nuancée, du traitement. Comme on va le voir, l’apparition des règles dans les fictions est souvent associée à une modalité horrifique, ou du moins dramatique, mettant en avant la dimension inquiétante du processus, et renvoyant le corps féminin et ses manifestations physiologiques à cette altérité monstrueuse décrite par Barbara Creed. Nous voudrions, au contraire, attirer l’attention sur un groupe de productions où ces références sont exemptes de pathos particulier. Les personnages ont leurs règles, tout simplement.

On ne voit pas le sang à l’écran mais les menstruations et la gestion qu’elles impliquent s’infiltrent dans les dialogues et se matérialisent par des objets et des gestes aussi banals que de mettre des tampons dans une valise, comme lorsque la protagoniste de The Diplomat part en mission.

Des tampons et de l’ibuprofène à la géopolitique, nous reconnaissons une tension entre privé et public caractéristique de la série, mais surtout un travail minutieux de mise en scène qui favorise la visibilité des objets, ici de la trousse transparente laissant voir les objets qu’elle contient et faisant confiance au savoir menstruel du public. D’autres séries apportent des exemples de traitement similaire dans la construction des plans, très brefs mais très expressifs, jouant sur leur échelle, la composition, la lumière et les couleurs pour mieux montrer les objets menstruels.

Dans le drame politique Borgen, les couleurs de la boite de tampons que Byrgitte Nyborg, se croyant ménopausée - un événement d’autant plus marquant que jusqu’alors la série n’avait jamais fait d’allusion aux possibles menstruations de son héroïne, dont le quotidien st pourtant scruté dans les moindres détails -, jette à la poubelle attirent le regard dans un plan d’ensemble où dominent les teintes des murs. L’objet est au centre du plan qui suit, plus rapproché, et de l’attention du regard de la protagoniste, qui guide le nôtre.

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Dans The Last of us, la série qui récrée des États-Unis post-apocalyptiques, la lampe torche d’Ellie illumine une boite de tampons trouvée dans une maison abandonnée et si les deux secondes que dure le plan ne suffisent peut-être pas à reconnaître l’objet, l’exclamation de l’adolescente Ellie - « Le jackpot » - et la satisfaction bien visible sur son visage grâce au plan serré qui suit suscitent l’intérêt des spectateurices. Quand, plus tard, elle reçoit une coupe menstruelle, les effets visuels sont aussi appuyés pour qu’au moment où Ellie lit le mode d’emploi, les mots « solution menstruelle » et les dessins qui décrivent son utilisation apparaissent en gros plan. À nouveau, les gestes et les mots du personnage renforcent la singularité de la découverte. Saluée pour son approche audacieuse, cette séquence a lancé des discussions sur la visibilité du sujet des menstruations, y compris au sein du public majoritairement masculin.

Démystifier et normaliser les règles : Un impératif pour tous

Parler des règles aux garçons et aux hommes n’est pas qu’une simple question d’information ; c’est un acte fondamental pour déconstruire des siècles de mythes, de préjugés et de silences. C’est en ouvrant le dialogue que nous pouvons espérer transformer les mentalités et créer un environnement où les règles sont perçues pour ce qu’elles sont : une fonction biologique naturelle, et non une source de honte ou de dégoût. Cette discussion est le point de départ d’une véritable sensibilisation à l’empathie et au respect.

Le tabou autour des règles est profondément enraciné dans de nombreuses cultures. Historiquement, les règles ont été associées à l’impureté, à la maladie, voire à la magie noire. Ces croyances ont conduit à une stigmatisation des personnes réglées, les isolant et les faisant se sentir honteuses de leur propre corps. En ne parlant pas des règles aux garçons, nous perpétuons inconsciemment ce cycle de silence et de méconnaissance. Ils grandissent sans comprendre ce phénomène, ce qui peut les amener à adopter des attitudes de dérision, de gêne, ou d’ignorance, renforçant ainsi le tabou existant.

Aborder le sujet ouvertement permet de déconstruire ces idées reçues. Expliquer que les règles sont un processus physiologique normal, signe de bonne santé reproductive, aide à ôter leur caractère mystérieux et effrayant. Lorsque les garçons comprennent la biologie derrière les règles, ils sont moins susceptibles de les considérer comme quelque chose de sale ou d’anormal. Cette démystification est la première étape pour briser la stigmatisation et permettre aux personnes réglées de vivre leurs cycles sans honte ni gêne.

Le manque d’information est un terreau fertile pour les fausses représentations et les blagues de mauvais goût. Les règles sont souvent la cible de moqueries dans les cours de récréation, dans les médias, et même dans certaines conversations d’adultes. Ces attitudes, bien que parfois involontaires, contribuent à créer un climat d’insécurité et de honte pour les personnes qui ont leurs règles. Les garçons qui ne sont pas sensibilisés sur le sujet peuvent facilement reproduire ces comportements, sans en mesurer l’impact. En leur fournissant des informations précises et en les sensibilisant à l’importance du respect, nous pouvons contrer ces dynamiques négatives. Expliquer que les règles ne sont pas un sujet de plaisanterie, mais une réalité physique qui mérite considération, est crucial. Une information adéquate permet aux garçons de développer un esprit critique face aux stéréotypes et de devenir des acteurs du changement, capables de dénoncer les moqueries et de promouvoir une attitude plus respectueuse.

L’un des objectifs primordiaux de cette discussion est de normaliser les règles. Elles ne sont ni une maladie, ni une malédiction, mais une fonction biologique essentielle au cycle de la vie. En présentant les règles comme un processus naturel et sain, nous aidons les garçons à les percevoir sans gêne ni mystère. Cela passe par une explication claire de la physiologie, mais aussi par une dédramatisation du sujet. La normalisation permet de lever le voile sur un aspect fondamental de la vie de la moitié de l’humanité. Quand les garçons voient les règles comme une partie normale de la vie, ils sont moins susceptibles de réagir avec surprise, dégoût ou peur. Cela crée un environnement où les personnes qui ont leurs règles peuvent parler de leurs expériences sans crainte d’être jugées ou incomprises, favorisant ainsi une meilleure santé mentale et physique.

La précarité menstruelle est une réalité alarmante qui touche des millions de personnes à travers le monde, y compris en France. Elle se caractérise par la difficulté, voire l’impossibilité, d’accéder à des protections périodiques saines et abordables, ainsi qu’à des infrastructures sanitaires adéquates. Ce problème, souvent invisible, a des conséquences directes sur la santé, l’éducation et la dignité des personnes réglées. Inclure les garçons et les hommes dans la discussion sur les règles permet de les sensibiliser à cette problématique cruciale. En comprenant que l’accès aux protections périodiques n’est pas un acquis pour toutes, ils peuvent devenir des avocats de cette cause. Ils peuvent soutenir des initiatives visant à mettre à disposition des personnes réglées des protections (maraudes, distributeurs), à militer pour leur gratuité ou leur subvention, et à briser le silence autour de cette injustice sociale. Leur engagement est essentiel pour faire avancer la lutte contre la précarité menstruelle et garantir la dignité de toutes et tous.

Les bénéfices d’une information menstruelle inclusive

Investir dans une information menstruelle inclusive pour les garçons et les hommes n’est pas seulement une question de correction des inégalités actuelles ; c’est un investissement dans un avenir où les relations sont plus saines, les sociétés plus justes et les individus plus épanouis. Les bénéfices de cette approche se manifestent à de multiples niveaux, transformant positivement les dynamiques personnelles et collectives.

Un homme ou un garçon informé sur les règles est un allié potentiel. La compréhension des défis physiques et émotionnels que peuvent entraîner les règles (douleurs, fatigue, sautes d’humeur dues aux fluctuations hormonales) permet de développer une empathie essentielle. Imaginez une jeune fille souffrant de crampes intenses à l’école, ou une femme se sentant particulièrement irritable avant ses règles. Si les garçons et les hommes de leur entourage sont conscients de ces réalités, ils seront plus enclins à offrir du soutien, de la patience et de la compréhension, plutôt que de la moquerie ou de l’indifférence. Ce soutien peut prendre de multiples formes : un mot gentil, une aide pour les tâches quotidiennes, ou simplement une écoute attentive.

Dans les relations intimes, la compréhension des cycles menstruels peut améliorer considérablement la communication et l’intimité. Un partenaire qui comprend les phases du cycle de sa compagne peut mieux anticiper ses besoins, ses humeurs, et ainsi renforcer le lien qui les unit. C’est une marque de respect et d’attention qui va bien au-delà de la simple politesse.

La sensibilisation aux règles est un pilier de l’égalité des genres. Tant que les règles sont perçues comme un sujet « féminin » et honteux, l’égalité entre les sexes reste un idéal lointain. En intégrant les garçons et les hommes dans la conversation, nous envoyons un message clair : les règles sont une réalité humaine qui concerne tout le monde, directement ou indirectement. Cette approche favorise des relations plus saines et équilibrées. Lorsque les garçons comprennent les défis liés aux règles, ils sont plus aptes à être des partenaires, des amis, des frères et des collègues respectueux et compréhensifs. Cela contribue à bâtir des relations basées sur l’empathie, la communication ouverte et le soutien mutuel, plutôt que sur l’ignorance et les préjugés. Une information menstruelle inclusive est donc un investissement dans l’avenir de relations interpersonnelles plus justes et plus harmonieuses.

L’ignorance est souvent la racine du harcèlement et des moqueries. En sensibilisant les garçons sur les règles, on leur donne les outils pour comprendre et respecter ce processus naturel, plutôt que de le tourner en dérision. Des études et des expériences sur le terrain ont montré que l’information menstruelle pour toutes et tous réduit significativement les comportements de harcèlement et les blagues stigmatisantes dans les cours d’école et au-delà. Les garçons informés sont moins susceptibles de participer à ces moqueries et peuvent même devenir des défenseurs de leurs camarades, créant ainsi un environnement scolaire plus sûr et plus inclusif pour tous.

Le poids du tabou et de la stigmatisation autour des règles est un fardeau mental et émotionnel considérable pour les personnes réglées. La peur d’être jugée, la honte, la nécessité de cacher ses protections ou ses douleurs, tout cela génère un stress et une anxiété inutiles. Lorsque les hommes sont informés et compréhensifs, ce fardeau s’allège. Les personnes qui ont leurs règles se sentent plus à l’aise de parler de leurs expériences, de demander de l’aide si nécessaire, et de vivre leurs cycles sans la pression constante de la dissimulation. Cela contribue directement à leur bien-être psychologique et à leur qualité de vie globale.

Comment aborder le sujet avec les garçons

Lorsque les garçons posent des questions sur les règles, il est essentiel d’y répondre avec honnêteté, calme et sans montrer de gêne. Si vous ne connaissez pas la réponse, n’hésitez pas à le dire et à chercher l’information ensemble. L’important est de valider leur curiosité et de leur montrer que c’est un sujet comme un autre, qui peut être discuté ouvertement. Évitez de minimiser leurs interrogations ou de les renvoyer. Chaque question est une opportunité d’apprentissage. Si un garçon exprime du dégoût ou de la peur, ne le réprimandez pas, mais explorez la source de ces émotions. Expliquez que le sang menstruel est différent du sang d’une blessure, qu’il est un signe de bonne santé et qu’il n’y a aucune raison d’en avoir peur ou d’être dégoûté. Le non-jugement est la clé pour maintenir un dialogue ouvert et constructif.

Pour que les discussions sur les règles soient efficaces, il est crucial de créer un environnement où les garçons se sentent en sécurité et à l’aise pour poser des questions et exprimer leurs pensées. Cela signifie établir une atmosphère de confiance et de respect mutuel. Les conversations peuvent avoir lieu à la maison, à l’école, ou dans d’autres cadres éducatifs. La présence d’une figure paternelle qui parle ouvertement des règles envoie un message puissant sur la normalité du sujet et l’importance de l’implication masculine. Encouragez les discussions informelles, au gré des opportunités, plutôt que d’en faire un événement formel et intimidant. La régularité et la spontanéité des échanges contribuent à ancrer le sujet dans le quotidien.

De nombreuses ressources éducatives sont désormais disponibles pour faciliter la compréhension des règles par les garçons. Des livres illustrés pour enfants aux documentaires pour adolescents, ces outils peuvent compléter les discussions et fournir des informations de manière ludique et accessible. N’hésitez pas à les utiliser comme support pour engager la conversation ou pour approfondir certains aspects. Les vidéos explicatives, les bandes dessinées ou les applications éducatives peuvent rendre le sujet plus attrayant et moins abstrait. Choisissez des ressources adaptées à l’âge et aux intérêts des garçons, et explorez-les ensemble pour maximiser leur impact.

Pour beaucoup de garçons, les produits menstruels (tampons, serviettes périodiques, coupes menstruelles, culottes de règles) sont des objets mystérieux, voire inconnus. Les montrer et expliquer leur fonctionnement peut grandement contribuer à démystifier le sujet. Cela permet de concrétiser ce dont on parle et de rendre les règles plus tangibles. Expliquez à quoi servent ces produits, comment ils fonctionnent, et pourquoi ils sont nécessaires. Vous pouvez même les laisser toucher des serviettes ou des tampons non utilisés pour qu’ils se familiarisent avec leur texture et leur taille. Aborder les différentes options disponibles, y compris les produits réutilisables, est aussi une excellente occasion de parler d’écologie et de choix personnels. Cette approche pratique aide à briser les dernières barrières de l’ignorance et de la gêne.

Surmonter les obstacles et intégrer la sensibilisation menstruelle

Malgré l’importance de l’information menstruelle pour toutes et tous, plusieurs défis subsistent. Il est essentiel de les identifier pour mieux les surmonter et garantir que ces discussions cruciales puissent avoir lieu dans les meilleures conditions possibles.

L’un des principaux obstacles est le manque de sensibilisation aux règles formelle et inclusive dans les programmes scolaires. Trop souvent, l’éducation sexuelle et reproductive est limitée, et les règles sont abordées de manière superficielle, voire pas du tout, en particulier pour les garçons. Cela crée un vide d’information qui est ensuite comblé par des mythes, des rumeurs et des préjugés. Mettre les besoins des élèves au centre de cette sensibilisation est crucial. Selon l’enquête “Les règles à l’école”, menée en avril 2023 par Opinion Way pour l’association Règles Élémentaires, 80% des filles aimeraient que des ateliers sur les règles soient réalisés en mixité. Cela souligne l’importance et la nécessité d’une sensibilisation sur le sujet.

Il est naturel que le sujet des règles puisse provoquer une certaine gêne ou un malaise, tant chez les garçons que chez les adultes qui les éduquent. Cette gêne est souvent le reflet de la stigmatisation sociétale et du manque d’habitude à parler ouvertement de ces sujets corporels. La clé est la normalisation. Plus on en parle, plus la gêne diminue. Les figures parentales et le corps enseignant doivent montrer l’exemple en abordant le sujet avec calme et assurance. Utiliser un langage clair et direct, éviter les euphémismes, et répondre aux questions avec patience et honnêteté aide à dissiper le malaise. Des outils pédagogiques ludiques et interactifs peuvent également aider à rendre la discussion moins intimidante.

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