Le diabète gestationnel est une condition qui peut survenir pendant la grossesse, généralement au cours des deuxième et troisième trimestres. Il est crucial de comprendre cette pathologie, car elle nécessite une surveillance étroite pour la future maman et peut entraîner des complications si elle n'est pas correctement gérée. Cet article aborde en détail le diabète gestationnel, y compris sa définition, ses symptômes, son dépistage et ses options de traitement.
Qu'est-ce que le diabète gestationnel ?
Le diabète gestationnel se définit comme un trouble de la tolérance au glucose qui se manifeste par un excès de sucre dans le sang, également appelé hyperglycémie. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le décrit comme « une anomalie de la tolérance glucidique qui entraîne une hyperglycémie ». Il est généralement détecté après le deuxième trimestre de la grossesse et disparaît naturellement après l'accouchement dans la majorité des cas.
Il est important de noter qu'une grossesse peut également révéler un diabète de type 2 préexistant. Le diabète gestationnel est un trouble de la tolérance au glucose, qui entraîne un excès de sucre dans le sang, ou hyperglycémie. On dit que la grossesse est “diabétogène” car les hormones de grossesse nuisent au travail de l’insuline, hormone produite par le pancréas pour réguler la glycémie.
Symptômes du diabète gestationnel
Malheureusement, le diabète gestationnel peut souvent passer inaperçu, car il est souvent asymptomatique. On parle alors de diabète asymptomatique. Cependant, certaines femmes peuvent présenter des symptômes tels que :
- Une soif excessive
- Une envie fréquente d'uriner
- Une fatigue inhabituelle
Ces symptômes ne sont pas spécifiques et peuvent être difficiles à distinguer des symptômes normaux de la grossesse.
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Dépistage du diabète gestationnel
Depuis 2010, le dépistage systématique du diabète gestationnel n'est plus recommandé pour toutes les femmes enceintes. Il est désormais réservé aux femmes présentant des facteurs de risque. Cependant, un dépistage peut être nécessaire même en l'absence de facteurs de risque si des signes évocateurs sont présents.
Dépistage ciblé
Le dépistage ciblé est essentiel pour les futures mamans considérées comme « à risque ». Les facteurs de risque incluent :
- Un indice de masse corporelle (IMC) élevé avant la grossesse
- Des antécédents familiaux de diabète
- Des antécédents personnels de diabète gestationnel lors d'une grossesse précédente
- L'appartenance à un groupe ethnique à risque (par exemple, les femmes d'origine asiatique, hispanique ou africaine)
- Un âge maternel avancé (plus de 35 ans)
Il suffit d'avoir un seul de ces critères pour être considérée comme « à risque ». Il est conseillé de faire un dépistage des femmes enceintes considérées comme à risque dès la première consultation en réalisant un dosage de la glycémie à jeun (prise de sang). L'objectif est de ne pas ignorer un diabète de type 2.
Hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO)
Un autre examen est prévu entre la 24e et la 28e semaine d’aménorrhée. Il s’agit d’un dosage de la glycémie pratiqué à jeun, à 1 puis à 2 heures après la prise de 75 g de glucose. Ce test est appelé « Hyperglycémie provoquée par voie orale » (HGPO). Vous avez un diabète gestationnel si vous dépassez 0,92 g/l à jeun, 1,80 g/l à 1 heure après l’ingestion et 1,53 g/l à 2 heures.
Tests de dépistage moins précis
Selon les chercheurs, près de deux tiers des cas pourraient ne pas être détectés en raison de l’utilisation de tests de dépistage insuffisamment précis. Les checheurs recommandent le test de tolérance au glucose par voie orale (OGTT) comme méthode standard de dépistage pour les femmes présentant des facteurs de risque de diabète gestationnel. Ce test, effectué au cours des troisième et quatrième mois de grossesse, est reconnu pour son efficacité. Cependant, il demande à la patiente de jeûner pendant dix heures et nécessite deux prises de sang successives, ce qui le rend plus long et contraignant. Cette méthode rapide permet de dépister les niveaux de sucre dans le sang, mais elle manque de précision. En cas de résultat positif, la patiente est ensuite invitée à réaliser le test OGTT plus complet. Cependant, l'étude montre que ce processus en deux étapes laisse échapper de nombreux cas de diabète gestationnel. En analysant les dossiers de 99 femmes ayant finalement reçu un diagnostic de diabète gestationnel, les chercheurs ont découvert que moins d'un tiers avaient été correctement identifiées via le test de glycémie simplifié.
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Traitement du diabète gestationnel
La future maman qui présente un diabète gestationnel est étroitement surveillée pendant sa grossesse. Le traitement vise à maintenir une glycémie normale pour assurer la santé de la mère et du bébé. Les principales composantes du traitement comprennent :
Consultation avec un diététicien
Consultez un diététicien dès le diagnostic du diabète gestationnel établi. Il vous proposera un régime alimentaire adapté : suppression des sucres rapides, répartition des féculents (pommes de terre, riz, pâtes etc.) sur les trois repas.
Surveillance de la glycémie
Surveillez chaque jour votre glycémie selon le rythme recommandé par votre médecin. Le taux de sucre dans le sang (glycémie) se mesure à l’aide d’un lecteur de glycémie qui est un appareil individuel de petite taille, facilement transportable. Vous pouvez mesurer vous-même votre taux de sucre au moyen de cet appareil. Vous devez vous piquer le bout du doigt avec un stylo autopiqueur pour recueillir une goutte de sang que vous allez déposer sur une petite bandelette qui est introduite dans l’appareil. Il existe également des dispositifs de mesure du glucose en continu (CGM), de plus en plus utilisés. Ces capteurs placés sous la peau permettent un suivi en continu du taux de glucose.
Exercice physique
Faites de l’exercice !
Qu’on se rassure, généralement, une bonne hygiène de vie associée à un régime alimentaire sain et équilibré suffisent à gérer le diabète gestationnel.
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Médicaments
Si les changements de style de vie ne suffisent pas à contrôler la glycémie, votre médecin peut prescrire des médicaments tels que l'insuline. L’insuline s’administre par injections sous-cutanées, réalisées par vous-même après que l’on vous a montré comment faire.
Accouchement et suivi post-partum
En cas de diabète gestationnel, la naissance peut avoir lieu dans tous les types de maternité (sauf prématurité, malformation grave ou anomalie majeure de la croissance fœtale). Et bonne nouvelle : votre enfant ne sera pas forcément diabétique. Ce risque ne semble pas lié au niveau de sucre dans le sang de la future maman mais à la transmission d’une partie de son capital génétique. De votre côté, vous pourrez à nouveau manger normalement dès le lendemain de l’accouchement. La surveillance de vos glycémies sera poursuivie dans les jours suivant l’accouchement et quelques semaines après.
Complications potentielles
Le diabète gestationnel, qui provoque une hyperglycémie au cours des deuxième et troisième trimestres de la grossesse, peut avoir des conséquences graves pour la mère et le bébé si elle n'est pas traitée correctement. La risque de développer le diabète de type 2 augmente avec l’âge. En plus d’un risque accru de diabète de type 2, il peut également entraîner une augmentation de la taille du bébé, rendant l'accouchement plus difficile et augmentant les risques de césarienne. Le nouveau-né peut aussi, mais beaucoup plus rarement, avoir des hypoglycémies dans les quelques heures qui suivent la naissance. Cette complication survient surtout lorsque le diabète était déséquilibré en fin de grossesse et en cas de macrosomie fœtale. Une hypoglycémie pendant les premiers jours du bébé, pouvant conduire à des absences, voire des pertes de connaissance et des convulsions.
Idées fausses sur le diabète
- Le diabète est toujours synonyme de surpoids : L’excès de poids est un facteur de risque conséquent du diabète de type 2. La surcharge pondérale, généralement liée à une alimentation trop riche en graisses et en sucres, favorise le développement de diabète.
- Le diabète présente toujours des symptômes : C’est d’ailleurs rarement le cas en début de maladie pour le type 2 !
- Le diabète est une cause de cécité : L’excès de sucre dans le sang peut endommager les petits vaisseaux sanguins de la rétine, les capillaires. Fragilisés, les parois des capillaires sont de moins en moins étances, ce qui provoque l’éclatement de vaisseaux rétiniens : c’est la rétinopathie diabétique. La rétine n’étant plus suffisamment oxygénée, et les lésions formées sont chaque fois plus nombreuses et étendues, jusqu’à toucher la macula, la zone de la rétine responsable de la vision.
- On peut guérir du diabète de type 2 : S’agissant d’une maladie chronique, elle est par définition incurable. Néanmoins, elle peut être très bien contrôlée. Une gestion très rigoureuse de son taux de glycémie permet de stabiliser la progression de la maladie, voire de la réduire.
- Lorsqu’on est diabétique, il n’est plus question de manger des aliments sucrés : Tout est une question d’équilibre.
- Le diabète peut provoquer des sécheresses cutanées : Le diabète, surtout quand il n’est pas équilibré, peut être responsable d’une sécheresse de la peau. En cause : une déshydratation due à l’élimination du sucre excédentaire par les urines. Cette peau sèche provoque alors des démangeaisons cutanées.
- Le diabète peut se déclarer de façon passagère dans des conditions physiques spécifiques : Effectivement, dans certaines conditions physiques peuvent être propices au développement d’un diabète de façon temporaire. C’est le cas par exemple du diabète gestationnel durant la grossesse. Le diabète peut aussi se déclarer chez les personnes vivant avec certaines maladies telles que le syndrome de Cushing, l’hyperthyroïdie, ou certaines infections virales.
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