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Enseignant Frappe Élève de Maternelle : Que Dit la Loi ?

L'incident récent d'une enseignante frappant une fillette en maternelle à Paris a soulevé une vague d'indignation et a mis en lumière les limites de ce qui est acceptable en matière de discipline scolaire. Cet article examine le cadre juridique régissant les actions d'un enseignant envers ses élèves, en particulier en maternelle, et les conséquences potentielles d'un tel acte.

Le Harcèlement Scolaire : Un Contexte Important

Bien que l'incident initial concerne une agression physique, il est essentiel de rappeler que le harcèlement scolaire, une forme de violence répétée, peut prendre diverses formes : verbale, morale ou physique. Un élève est victime de harcèlement scolaire lorsqu'il subit, de manière répétée, des violences verbales, morales ou physiques de la part d'un ou plusieurs autres élèves. Ces actes de violence sont, par exemple, des insultes, des moqueries, des brimades, des rejets d'un groupe, des bousculades, des coups, des vols. Le harcèlement scolaire peut être commis à l'intérieur ou en dehors de l'établissement scolaire. Le harcèlement scolaire entraine une dégradation des conditions de vie de l'élève. Cela se manifeste notamment par l'anxiété, la chute des résultats scolaires et la dépression.

Que faire en cas de harcèlement ?

Dans une situation de harcèlement scolaire, il est crucial d'agir.

  • Victime : Prévenir un adulte de l'établissement scolaire (directeur, professeur, surveillant, etc.) et en parler à ses parents ou à un membre de sa famille. Contacter le 3018, numéro national pour les victimes de harcèlement, pour obtenir conseils et soutien.
  • Parent de victime : Contacter la direction de l'école et signaler la situation au 3018. Ne pas tenter de gérer le problème soi-même en contactant l'auteur des faits.
  • Témoin : Prévenir un adulte de l'établissement scolaire et contacter le 3018 pour signaler le problème.

La direction de l'école doit respecter un protocole de prise en charge rigoureux, incluant la détection de la situation, des entretiens avec la victime, les auteurs et les témoins, la mise en place de mesures de protection pour la victime, un signalement sur l'application "Faits établissement", et un suivi régulier de la situation.

Ce Que la Loi Autorise et Interdit aux Enseignants

La loi est claire : les enseignants n’ont pas le droit d’utiliser la violence verbale, psychologique et physique pour intimider, humilier ou punir un élève. Et cela même pour ramener le calme dans une classe. Frapper un enfant est évidemment interdit. En matière de sanctions, pour un enseignant, qu’est-il autorisé et qu’est-il interdit de faire en classe ?

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Violence interdite

La violence, sous toutes ses formes (verbale, physique, psychologique), est strictement interdite. Cela inclut toute action visant à intimider, humilier ou punir un élève, même dans le but de rétablir le calme. Frapper un enfant est une violation flagrante de cette règle.

Sanctions autorisées (dans certaines limites)

Il est possible de sanctionner un mauvais comportement, mais uniquement à travers des punitions inscrites dans le règlement de l’établissement. Ces punitions peuvent inclure :

  • Isolement temporaire de l'élève
  • Rédaction d'un mot d'excuse
  • Heures de colle

Il est important de noter que ces sanctions doivent être proportionnées à la faute commise et respecter la dignité de l'élève.

Le cas particulier de la maternelle

À l’école maternelle, « aucune sanction ne peut être infligée ». L’isolement « pendant (un) temps très court » et sous surveillance est possible. Dans les cas les plus graves, comme pour l’école élémentaire, l’équipe éducative est convoquée. « Une décision de retrait provisoire de l’école peut être prise par le directeur, après un entretien avec les parents et en accord avec l’inspecteur de l’Éducation nationale ».

Responsabilité Civile et Pénale de l'Enseignant

La responsabilité d'un enseignant peut être engagée sur deux plans : civil et pénal.

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  • Responsabilité civile : Elle vise à indemniser la victime d’un préjudice sous forme de dommages et intérêts. En cas de préjudice subi par un élève, les parents saisissent le juge civil pour obtenir des dommages et intérêts. C’est l’État qui se substitue à l’enseignant pour payer les dommages et intérêts.
  • Responsabilité pénale : Elle vise à sanctionner l’auteur du préjudice, par une amende, une interdiction temporaire ou définitive d’exercer, voire une peine de prison en fonction de la gravité de l’acte. Dans ce cas, l’État ne se substitue pas à l’enseignant : c’est l’enseignant qui paye l’amende, qui est interdit d’exercer ou qui est placé en détention.

La responsabilité pénale de l’enseignant est reconnue dans des conditions strictes et protectrices de l’enseignant.

  • L’enseignant a lui-même causé le préjudice, volontairement ou à cause de son imprudence ou de sa négligence.
  • Un élève est victime d’un préjudice causé par un autre élève, par lui-même ou par une chose.

Les Sanctions Possibles Contre un Enseignant

Les sanctions disciplinaires applicables à un enseignant peuvent varier en fonction de la gravité de la faute commise. Elles peuvent aller du simple avertissement à la révocation, en passant par la suspension. En cas de violence physique avérée, les sanctions peuvent être sévères, pouvant inclure une interdiction d'exercer et même une peine de prison.

En matière de sanctions, pour un enseignant, qu’est-il autorisé et qu’est-il interdit de faire en classe ?

Violence verbale, physique et psychologique interdite

La loi est claire : les profs n’ont pas le droit d’utiliser la violence verbale, psychologique et physique pour intimider, humilier ou punir un élève. Et cela même pour ramener le calme dans une classe. Frapper un enfant est évidemment interdit.

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Il est en revanche possible de sanctionner un mauvais comportement, mais avec des punitions inscrites dans le règlement de l’établissement, comme isoler temporairement un élève, rédiger un mot d’excuse, faire des heures de colle…

Le Droit de Correction : Une Notion Controversée

La jurisprudence judiciaire reconnaît un « droit » à la correction de la part du personnel enseignant. Toutefois, les violences commises, par leur nature et par leurs conséquences, ne doivent pas dépasser, même en l’absence d’une incapacité de travail, les limites de l’exercice du droit de correction. Celui-ci n’est ainsi reconnu que s’il est proportionné, sinon la responsabilité pénale est retenue.

Le Défenseur des droits s’est montré favorable à ce que loi formule l’interdiction de châtiments corporels à l’égard des enfants et mette fin à ce « droit à la correction » dégagé par la jurisprudence de la Cour de cassation qui opère une distinction entre la possible correction, non sanctionnée, et les violences, pénalement répréhensibles. Elle admet en effet l’exercice d’un tel « droit » pour les parents comme pour les enseignants depuis le début du XXe siècle.

Prévention du Harcèlement Scolaire : Le Programme PHARE

Un programme de prévention du harcèlement est mis en œuvre dans les écoles, collèges et lycées. Il s'agit du programme PHARE. Les actions de prévention pour lutter contre le harcèlement scolaire mises en place sont notamment les suivantes :

  • Renseignement d'un questionnaire d’auto-évaluation par les élèves à partir du CE2.
  • 10 heures d’apprentissage par an dès le CP consacrées à la prévention du harcèlement
  • Formation à la prise en charge des situations de harcèlement de 5 personnels ressources (au minimum) par circonscription du 1er degré.

Porter Plainte : Les Démarches à Suivre

Oui, la victime, accompagnée par son représentant légal (parent, tuteur, administrateur ad hoc), peut porter plainte contre l'auteur du harcèlement. La victime, par l'intermédiaire de son représentant légal, peut aussi se constituer partie civile. Dans tous les cas, la victime a 6 ans, après les faits, pour déposer plainte.

La plainte peut être déposée dans un commissariat ou une gendarmerie, ou par courrier auprès du procureur de la République. Le courrier doit préciser l'état civil et les coordonnées de la victime, un récit détaillé des faits, le nom de l'auteur supposé (si connu), les noms et adresses des éventuels témoins, une description et estimation du préjudice, et la volonté de se constituer partie civile.

Sanctions pour l'Auteur du Harcèlement

Les sanctions diffèrent selon que l'auteur du harcèlement est mineur de moins de 13 ans, mineur de plus de 13 ans ou majeur.

  • Auteur mineur de moins de 13 ans : Les mineurs de moins de 13 ans coupables de harcèlement scolaire ne peuvent pas aller en prison ou payer une amende.
  • Autres sanctions possibles : Réprimandes graduées, exclusions temporaires ou définitives, privations de droits, réparations symboliques ou réelles.

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