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Dominique Paturel : L'Homme aux Mille Voix, du Théâtre à Dallas

Dominique Paturel, décédé le 28 février à l'âge de 90 ans à Saint-Brieuc, était bien plus qu'un simple acteur. C'était une voix familière, celle qui a bercé l'enfance de plusieurs générations, un comédien de théâtre talentueux, et un doubleur exceptionnel. Sa carrière riche et variée, allant des planches aux séries télévisées cultes, témoigne d'un artiste complet et passionné.

Un Début Prometteur au Théâtre

Né le 3 avril 1931 au Havre, Dominique Paturel se découvre une passion pour le théâtre dès le collège Saint-Joseph. Encouragé par le supérieur de l'établissement, il s'inscrit au Conservatoire de Paris en 1951, après son baccalauréat. Cependant, son talent est rapidement repéré et il quitte le Conservatoire après six mois pour rejoindre le Théâtre Hébertot dans Les Fourberies de Scapin, une de ses pièces fétiches.

Pendant trois ans, il fait partie du Théâtre National Populaire (TNP) sous la direction de Jean Vilar, jouant notamment dans L'Avare (1956). Il intègre ensuite la compagnie Barrault-Renaud pendant cinq ans, où il incarne Figaro dans Le Mariage de Figaro (1964-1965). Son répertoire est vaste, allant des classiques aux auteurs contemporains comme Sam Shepard, Françoise Sagan et Nathalie Sarraute, sans oublier le boulevard. En 2000, il ​confie ainsi à Ouest-France : « C’est formidable de voir des gens, qui ne se connaissent pas, devenir en dix minutes un public, c’est-à-dire une masse homogène et réceptive au jeu des acteurs. Quelle formidable alchimie ! »

La Télévision : De Chevalier de Maison-Rouge à Capitaine Flam

C'est grâce à la scène que Dominique Paturel est remarqué pour la télévision. Dans les années 1960, il devient une vedette populaire du petit écran grâce aux feuilletons de l'ORTF tels que Le Chevalier de Maison-Rouge (1964), Lagardère (1967) et D'Artagnan (1969). Il participe également à de nombreuses pièces pour l'émission Au théâtre ce soir. Amoureux des beaux textes, le comédien est aussi connu pour ses rôles à la télévision dans Chevalier de Maison-Rouge, ainsi que dans les feuilletons de cape et d’épée, Lagardère et d’Artagnan.

Parallèlement à sa carrière théâtrale et télévisuelle, Dominique Paturel fait quelques apparitions au cinéma, notamment dans Coplan prend des risques (1963) et L'Amour en question (1978). Dominique Paturel fait ses débuts de comédien de cinéma dans Le Capitan, le temps d'un rôle minuscule . Au total, il a été à l’affiche de près de 20 films. Localement, il avait joué, en 2004, dans le film Terre de sang, du réalisateur costarmoricain Nicolas Guillou, avec Ginette Garcin.

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Il est aussi celle du générique de Capitaine Flam. Alors c’est extraordinaire car je dis en tout et pour tout une seule phrase !

La Naissance d'une Voix Inoubliable : Le Doublage

En 1963, son mariage avec l'actrice Nelly Benedetti marque un tournant dans sa carrière. C'est elle qui lui fait découvrir le monde du doublage. Après des essais réussis, il prête sa voix à des acteurs de renom, à commencer par Michael Caine dans Ipcress, danger immédiat (1965). « J’ai doublé Sir Michael Caine dans Ipcress, danger immédiat [1965]. A l’époque, il n’était pas très connu. Ensuite, je l’ai suivi dans la plupart de ses films, sauf lorsque j’étais indisponible, en tournée à l’étranger ou en tournage », se rappelle-t-il.

Au cinéma, il double également Robert Wagner, Terence Hill, Dean Jones, Robert Duvall et Richard Chamberlain. Au cinéma, Dominique Paturel a doublé Robin des bois dans le film d'animation éponyme de Disney en 1973. Plus tard, il est la voix de Papi Pépite dans Toy Story 2.

Mais c'est surtout dans les séries télévisées qu'il marque les esprits. Il devient la voix française de Roy Thinnes (David Vincent dans Les Envahisseurs, à partir de 1969), de Lee Majors (Steve Austin dans L'homme qui valait trois milliards, en 1975, et dans Super Jaimie, en 1976), de George Peppard qui incarne Hannibal Smith dans L'Agence tous risques. « J’ai toujours été très libre par rapport au synchronisme car j’arrivais quand même à jouer. Ce qui explique en partie la réussite des doublages que j’ai pu faire (…). Lorsque l’on enregistrait des doublages avec Michel Roux, on glissait parfois quelques petites improvisations en dehors du texte écrit ! »

Véritable enfant de la télé, j'écris depuis des années sur le petit écran et les séries. Journaliste et fan inconditionnelle de Friends et fille spirituelle de Dorothée, je ne loupe pas un épisode de Koh-Lanta, L'amour est dans le pré, Mask Singer, ou Affaire conclue… En 1987, j'ai assisté à l'arrivée de Dorothée sur TF1. Pendant les années suivantes, j'ai passé mes mercredis après-midis, mes goûters quotidiens et mes dimanches matins devant les émissions de la reine du divertissement pour enfants. Les années 2000 ont été un véritable Eldorado pour la téléphage que je suis, entre l’avènement du Loft, les débuts de la Star Academy et l'arrivée de Koh-Lanta. Et je ne parle même pas des séries ! Je peux écraser une larme en entendant le jingle de la Trilogie du samedi. J'ai adoré Buffy contre les vampires, qui reste avec Friends, la meilleure série de tous les temps à mes yeux. Mais il y a aussi eu Dawson, Alias, Le Caméléon… A cette époque, il fallait gérer la frustration et attendre parfois plus d'un an pour voir la suite de sa série préférée. Désormais, je ne jure que par L'amour est dans le pré et Affaire conclue. Je ne désespère pas de braver ma timidité pour aller vendre un objet sur le plateau de Julia Vignali. En revanche, les chances que je tente ma chance dans le programme de Karine Le Marchand sont nulles.

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J.R. Ewing : La Consécration

C'est en prêtant sa voix à Larry Hagman, l'interprète de l'impitoyable magnat du pétrole J.R. Ewing dans la série Dallas, que Dominique Paturel atteint une notoriété inégalée. Il l'a doublé de 1978 à 1991 dans 357 épisodes, marquant ainsi toute une génération de téléspectateurs. Plus tard, en 2008, il est la voix du révérend Green (Bill Smitrovich) dans Desperate Housewives. Plus récemment, il a retrouvé le personnage de J.R. dans la nouvelle série Dallas, en 2012.

Un Artiste Toujours en Mouvement

Même après Dallas, Dominique Paturel continue d'enrichir sa carrière. Fin 2018, il prête sa voix au concept album du groupe Tara King TH, un conte spatial intitulé Fantaisies stellaires. « Oui bonjour, cinquième à droite en sortant de l’ascenseur. » Aujourd’hui j’ai rendez-vous avec Hannibal de l’Agence tous risques. À moins qu’il ne s’agisse de Steve Austin de L’Homme qui valait trois milliards. Papi Pépite dans Toy Story, peut-être ? Dominique Paturel, en fait, c’est un peu tout à la fois. Le Jonathan de L’Amour du risque, c’est lui. Tous les films avec Robert Wagner au casting, c’est lui aussi. Terence Hill ou Leslie Nielsen, c’est idem. Vous ne l’avez jamais vu ? Il était pourtant partout.

Il dirige également des lectures-spectacles à Anthony pour une association culturelle, intervenant trois à quatre fois par an pour des lectures de pièces en un acte.

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tags: #dominique #paturel #enfants

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