Introduction
Avant les années 1990, les jeunes ruraux étaient relativement moins étudiés par les sciences sociales comparativement aux jeunes urbains. Cette différence d'attention était due en partie à une vision traditionnelle de la ruralité, qui la réduisait à une population essentiellement paysanne. Cependant, depuis, on observe un regain d'intérêt pour les études sur les jeunes ruraux, offrant une vision plus nuancée et réaliste de leur situation.
Définition de l'enfant rural
La notion d'« enfant rural » n'a pas de définition unique et universellement acceptée. Elle dépend du contexte dans lequel elle est employée, que ce soit dans les études socio-économiques, les politiques publiques ou le langage courant.
Approches de l'INSEE
L'Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE) propose plusieurs approches pour définir l'espace rural, et par conséquent, identifier les enfants ruraux.
- Grille communale de densité : Cette approche, basée sur une typologie européenne, évalue la concentration de la population en combinant la densité d'habitants par km² et le nombre total d'habitants. Les communes rurales sont alors définies comme celles qui sont peu denses ou très peu denses. Selon cette définition, les territoires ruraux regroupent 88 % des communes en France et 33 % de la population en 2017.
- Zonage en unités urbaines 2010 : Selon cette méthode, une unité urbaine est une commune ou un ensemble de communes présentant une zone bâtie d'au moins 2 000 habitants, où les habitations sont séparées de moins de 200 mètres. Les communes qui ne font pas partie d'une unité urbaine sont considérées comme rurales.
Il est important de noter que la part des jeunes vivant en milieu rural varie selon le zonage utilisé, mais la structure par sexe et âge reste similaire.
Spécificités des jeunes ruraux
Bien que les jeunes ruraux partagent de nombreux points communs avec les jeunes urbains, certaines spécificités les distinguent.
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Caractéristiques socio-économiques
Les jeunes ruraux sont plus souvent issus de milieux socio-économiques populaires et ont tendance à faire moins d'études que les jeunes urbains.
Parcours résidentiel
Au recensement de 2015, 27 % des jeunes âgés de 17 à 29 ans vivaient dans le rural en France. La part des jeunes habitant en milieu rural diminue à partir de l'entrée dans la vie active, mais repart à la hausse après 23 ans, sans toutefois retrouver les niveaux observés chez les mineurs. Plusieurs facteurs expliquent ces mouvements :
- Départ vers les villes : Certains jeunes restent en milieu urbain pour y trouver un emploi.
- Retour à la campagne : D'autres retournent dans leur campagne d'origine.
- Difficultés de logement : Dans les zones rurales, la faiblesse du nombre de logements de petite taille peut retarder le départ du foyer familial. Ainsi, 95 % des jeunes ruraux âgés de 15 à 19 ans vivent chez leurs parents, contre 85 % des jeunes urbains. Entre 20 et 24 ans, 58 % des jeunes ruraux sont toujours dans ce cas, contre 44 % des jeunes urbains.
- Mise en couple et fondation d'une famille : Quand ils quittent le domicile familial, entre 25 et 29 ans, les jeunes ruraux se mettent en couple dans les mêmes proportions que les jeunes urbains, mais plus fréquemment pour fonder une famille.
Orientation scolaire et professionnelle
En raison de la faiblesse de l'offre de formation de proximité, des freins à la mobilité et de la culture familiale, les jeunes ruraux s'orientent plus fréquemment vers la voie professionnelle. Entre 15 et 19 ans, 58 % des jeunes ruraux sont en contrat d'apprentissage ou de professionnalisation, contre 45 % des jeunes urbains.
Poursuivant moins souvent et moins longtemps leurs études, les jeunes ruraux sont davantage en activité et plus précocement. La moitié des jeunes ruraux de 15 à 29 ans sont actifs, contre 44 % des jeunes urbains.
Emploi
Les jeunes hommes ruraux occupent plus souvent un emploi d'ouvrier, en particulier dans l'agriculture et la construction. Toutefois, seulement deux jeunes ruraux sur dix âgés de 15 à 29 ans travaillent dans leur commune de résidence, ce qui souligne l'importance de la mobilité pour l'accès à l'emploi.
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Structure familiale et logement
La famille monoparentale est moins fréquente dans les foyers ruraux que dans les zones urbaines. De plus, les logements en zone rurale sont généralement plus spacieux.
L'École rurale et les Territoires Éducatifs Ruraux (TER)
L'École rurale se distingue par de bons résultats scolaires jusqu'à la fin du collège. Cependant, l'ambition scolaire peut être entravée par des phénomènes d'autocensure, un manque d'information sur les métiers et les opportunités, et une faible mobilité.
Pour répondre à ces spécificités, le dispositif des Territoires Éducatifs Ruraux (TER) a été mis en place. Les TER visent à promouvoir l'adaptation des politiques éducatives aux spécificités des territoires ruraux et éloignés. Ce programme vise à renforcer les prises en charge pédagogiques et éducatives des enfants et des jeunes, avant, pendant, autour et après le cadre scolaire, et à lutter contre l'autocensure.
Objectifs des TER
Les TER poursuivent plusieurs objectifs :
- Orientation : Lever les freins à l'ambition scolaire, valoriser les filières et les métiers du territoire, et développer des modalités innovantes de découverte des parcours de formation.
- Santé : Prendre en compte la santé physique et psychique des jeunes, en articulant les actions avec les Contrats Locaux de Santé (CLS) et en intégrant les orientations de la stratégie nationale de développement des compétences psychosociales (CPS).
- Culture : Faciliter l'accès à la culture, en s'appuyant sur des partenariats avec les structures culturelles locales et en mettant en œuvre des projets collectifs et structurants.
- Formation des personnels : Assurer l'accompagnement et la professionnalisation des personnels affectés dans les petites écoles rurales.
Mise en œuvre des TER
La mise en œuvre des TER repose sur :
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- Un diagnostic partagé : Élaboré en associant l'ensemble des acteurs du territoire (services de l'Éducation nationale, collectivités territoriales, CAF, MSA, ARS, structures associatives, etc.).
- Un plan d'action : Déclinant de manière concrète les orientations stratégiques portées par les partenaires.
- Une coordination locale : Assurant la continuité et l'agilité du projet sur le terrain.
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