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Pourquoi un enfant boude : comprendre et réagir

On dit de mon enfant que c'est un vrai boudeur, il boude tout le temps… Obtenir un sourire est un exploit pour celui qui en décroche un ! Tête baissée, regard fâché, décryptage de ce comportement pour mieux comprendre ce qui se passe dans la tête de notre adorable boudeur. Et surtout, l’aider à se défaire de sa moue des mauvais jours. La bouderie chez l’enfant est un comportement fréquent qui peut déconcerter les parents. Comprendre les raisons de cette attitude et adopter les bonnes réactions est essentiel pour aider l’enfant à exprimer ses émotions et à grandir sereinement.

Qu'est-ce que la bouderie chez un enfant ?

La bouderie est souvent une manière pour l'enfant de communiquer un malaise, une frustration ou une émotion qu'il a du mal à exprimer verbalement. Colère, peine, frustration, un enfant peut bouder dans bien des situations. Il suffit au parent de lui demander de stopper une activité pour aller prendre son bain ou passer à table pour que Monsieur ou Madame boude la consigne et fasse la tête pour montrer son mécontentement. Chez les plus jeunes, âgés de moins de six ans, la bouderie marque plutôt une incapacité à exprimer verbalement ce qu’ils ressentent.

Bouderie : un moyen de communication

La bouderie peut être utilisée comme un moyen de communication. L’enfant peut souhaiter faire passer un message à ses parents par ce biais. C’est un mode de communication comme on dit. C’est comme un langage, mais sans les mots. Là c’est le comportement qui prime. L’idée en tant que parent, c’est d’apprendre à décoder ce langage car il correspond à une réalité émotionnelle pour l’enfant.

Les émotions cachées derrière la bouderie

Certaines émotions, comme la colère, la tristesse ou encore la peur, peuvent être difficiles à comprendre pour un enfant. Après une colère ou une grosse peur, un enfant peut s’isoler et se mettre à bouder. Rappelez-vous aussi que l’enfant qui boude s’enferme dans une émotion désagréable qui l’envahit (il est fâché, il est vraiment de mauvaise humeur). Et il devient alors incapable de réfléchir, et il se piège lui-même. C’est d’ailleurs souvent pour ça qu’il n’arrive plus à se sortir tout seul de sa bouderie : et si vous n’intervenez pas, cela peut durer…

Les causes possibles de la bouderie

Plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi un enfant boude.

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Imitation et influence sociale

Il se peut que certains copains soient devenus de vrais boudeurs pour que les autres fassent la même chose. Il veut les imiter. Mon enfant boude tout le temps… Il imite les copains ? “Depuis plusieurs jours, Lucas boude. Un des copains a commencé à avoir ce comportement depuis la naissance de sa sœur apparemment. Et tous les autres font la même chose. Elle les appelle le cercle de boudeurs”. Hilary, maman de Lucas, 4 ans.

Changements et événements perturbateurs

Essayez de demander à la maîtresse si d’autres enfants ont le même comportement. Mais surtout essayez de voir si le souci ne vient pas de la maison : le fait-il depuis la naissance du dernier ? Depuis le déménagement ? Depuis une dispute avec un copain ? Un nouvel événement se passe mal : la propreté peut-être ? Est-il vexé de toujours faire pipi dans sa couche et de ne pas s’en rendre compte ? La tristesse liée à une rupture du lien affectif peut être une source de bouderie. Lorsque les parents partent en week-end, ils peuvent se retrouver face à un enfant qui refuse de leur parler à leur retour. Ce dernier peut leur en vouloir de l’avoir laissé pendant plusieurs jours.

Difficulté à gérer les frustrations

L’opposition est pour l’enfant un moyen d’apprentissage et fait donc partie des phases clés de son développement. Ces comportements peuvent être fréquents et difficiles à gérer durant certaines périodes. Autre raison de bouderie : la colère. Elle peut se déclencher lorsque l’on met une limite à un enfant en lui disant non quand il veut, par exemple, toucher des pâtisseries à la boulangerie ou prendre un jouet qu’il a vu dans un magasin. Cette colère peut être accompagnée d’une tristesse, car il fait le deuil d’un désir qu’il avait, précise le Docteur Alexandre Jeudy.

Autres causes possibles

  • La fatigue: La fatigue peut rendre votre enfant énervé et irritable. Il peut alors se mettre à bouder, à être désagréable ou même à pleurer.
  • Le goût: Peut-être n’aime-t-il tout simplement pas le repas que vous lui présentez.
  • Des déceptions: Peut-être votre enfant a-t-il vécu d’autres déceptions ou moments difficiles au cours de la journée (un copain qui n’a pas voulu jouer avec lui, son institutrice avait parlé d’une activité qu’ils n’ont finalement pas pu faire, etc.).
  • Sentiment d'injustice: L’enfant peut bouder lorsqu’il se sent incompris ou victime d’injustice.
  • État d'esprit: Il est important de tenir compte de l’état d’esprit dans lequel l’enfant arrive à table. Votre enfant boude à table ? Que s’est-il passé juste avant ? Une dispute avec son frère ou sa sœur ? Une tâche qu’il a dû effectuer à contrecœur (ranger sa chambre, prendre sa douche, etc).

Comment réagir face à un enfant qui boude ?

La réaction des parents est très importante face à une bouderie.

Ouvrir le dialogue et encourager l'expression des émotions

« Il ne faut pas attendre que l’enfant arrête de bouder pour intervenir. L’idée est d’essayer d’être présent en montrant que l’on souhaite comprendre ce qu’il lui arrive. On peut lui dire, par exemple ‘j’aimerais t’aider et savoir ce qui te tracasse’. Avec l’aide de ces questions, l’enfant va s’ouvrir petit à petit. En général, il ne va pas donner immédiatement la réponse à ses parents, mais il va sentir qu’ils essayent de le comprendre. « C’est déjà une grande avancée. La bouderie peut être associée à une incompréhension de l’enfant par rapport à ses émotions ou à une impression qu’on ne le comprend pas. Cette démarche permet d’ouvrir le dialogue. Aidez-le à traduire par des mots ce qu’il montre uniquement avec son comportement.

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Poser des questions ouvertes

Le parent peut lancer des pistes en posant des questions ouvertes comme : ‘Est-ce qu’il s’est passé quelque chose à l’école ?’, ‘Est-ce que tu es fâché pour telle ou telle raison ?’, ‘Est-ce dû au fait d’avoir quitté tes copains après le parc ou l’école ?’ », a recommandé l’expert.

Utiliser la communication non verbale

La communication non verbale peut aussi aiguiller les parents lorsqu’ils cherchent ce qui travaille l’enfant : un non de la tête ou un sourire quand ils identifient la raison de bouderie.

La roue des émotions

Si vous ne savez pas vraiment pourquoi il boude, vous pouvez créer une roue des émotions pour lui apprendre à mettre des mots sur ce qui le perturbe : tristesse, colère, est-il énervé, vexé… Cette roue va aider à mieux cibler son besoin et la manière de le réconforter. L’autrement dit (lautrementdit.net), une plateforme regroupant des professionnels spécialisés dans le soutien et l’accompagnement à la parentalité, présente un outil intéressant pour les enfants sur son site Internet : la roue des émotions. « Lorsqu’un sentiment est trop compliqué à exprimer verbalement, ils peuvent le montrer sur la roue. Il y a aussi une seconde roue intégrée qui évoque les besoins. Un enfant peut, par exemple, pointer la tristesse et la coupler avec « j’ai besoin d’un câlin ».

Créer un espace pour souffler

Si il n'a pas envie de discuter, vous pouvez lui proposer de se mettre dans un coin à lui et créer pour se détendre. Délimitez cet espace avec des coussins, des dessins, un fauteuil, des doudous. Il faut qu'il puisse s'y lover seul pour penser à autre chose et peut-être venir à nouveau vers vous une fois qu'il aura envie de papoter un peu de mettre des mots sur ce qu'il lui arrive.

Valoriser les comportements positifs

Bravo ! Bravo c’est le mot qu’il faut adopter dès que votre enfant ne boude pas ou montre une autre émotion, plus joyeuse, plus fun ! Montrez-lui que vous êtes fier de lui dès qu’il arrête de bouder, que vous êtes heureux de le voir rire, sourire, vous faire des bisous. Que son comportement vous rend fier et heureux. Il va pouvoir prendre conscience que bouder est un comportement négatif. Il apprend à distinguer les comportements négatifs et positifs et là les choses deviennent vraiment chouettes, il grandit.

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Adapter son attitude à table

  • Mettre un aliment aimé dans l'assiette: Au niveau du repas, j’essaie de toujours de mettre dans l’assiette au moins un aliment que mes enfants aiment.
  • Discuter avant le repas: Si je vois avant le repas qu’un de mes enfants a quelque chose sur le cœur, j’en discute avec lui avant le repas. J’essaie de désamorcer ça avant de passer à table afin que le repas se déroule dans une bonne ambiance… et que mon enfant mange à la place de bouder ;-).
  • Aider à s'exprimer: Peut-être ne comprend-il pas lui-même son comportement ? Il a alors besoin que je l’aide à s’exprimer. Surtout, restez calme. Si vous vous énervez, votre enfant sera moins enclin à vous parler. Parlez-lui calmement. Je sais que ce n’est pas toujours facile mais plus vous vous énerverez, plus sa bouderie risque de durer ! Faites diversion en parlant d’autre chose/en montrant autre chose.
  • Ne pas céder au chantage: Ne lui donnez pas autre chose à manger, par exemple un aliment qu’il réclame car ça peut devenir une mauvaise habitude : les enfants comprennent très vite comment obtenir ce qu’ils souhaitent. Par exemple : « si je boude mon repas, mes parents ne vont pas me laisser sans manger, donc, j’aurai le biscuit que je souhaite et je ne devrai pas manger mes légumes« . Un enfant ne se laissera pas mourir de faim ! Il peut alors finir par utiliser la bouderie comme chantage pour obtenir ce qu’il souhaite. S’il comprend qu’il peut obtenir ce qu’il veut en boudant, il ne se privera pas de recommencer !
  • Ne pas confondre bouderie et néophobie: Ne confondez pas la bouderie avec la néophobie : La néophobie alimentaire est une phase normale par laquelle beaucoup d’enfants passent. Les enfants ont alors peur des nouveaux aliments. Ils comprendront petit à petit que les nouveaux aliments ne sont pas dangereux pour eux et qu’ils peuvent même leur plaire ! Si votre enfant est encore petit, habituez-le à une grande palette d’aliments différents afin qu’il élargisse son répertoire alimentaire.

Ce qu'il ne faut pas faire

  • Ne pas étiqueter l'enfant: Il est préconisé d’éviter de dire à son enfant qu’il est boudeur. En cause ? À force d’entendre dire qu’il est boudeur, le petit peut s’enfermer dans ce comportement et se sentir encore plus incompris.
  • Ne pas dramatiser: Ce n’est pas la peine de lui dire "arrête de bouder" ou de le raconter à tout le monde devant lui "mon enfant boude tout le temps", ou de lui dire que ce n’est pas beau de faire cela, que ces copains vont le laisser s’il boude tout le temps ou que vous en avez marre. Si lui a déjà du mal à gérer ses émotions, il est préférable de l'accompagner et de mettre des mots avec lui sur ses sentiments.
  • Ne pas laisser l'enfant seul trop longtemps: Ça veut dire que le piège à éviter quand un enfant boude, c’est de le laisser tout seul jusqu’à temps que ça lui passe ? Oui. Tout simplement parce que laisser l’enfant trop longtemps dans sa bouderie, ce n’est pas constructif pour lui. Il n’apprend rien. Et à la prochaine difficulté, il risque de recommencer à bouder en pensant que vous allez finir par le comprendre.
  • Ne pas isoler un enfant qui boude: Isoler un enfant qui boude ne peut qu’aggraver son problème.
  • Éviter les paroles humiliantes: Évitez les paroles humiliantes et irrévocables : c’est un point très important. Ne critiquez pas la personne mais vous pouvez critiquer son comportement par exemple « je n’aime pas quand tu ne manges pas proprement ». Cela permet aussi a l’enfant de comprendre ce qu’il n’a pas bien fait et doit améliorer. Toutes les paroles qui pourraient humilier ou dénigrer votre enfant ( « t’es un nul » ou « t’es vraiment un idiot ») sont à bannir. Cela renforce la mauvaise image de soi qu’a l’enfant dans ces situations d’opposition. Cela peut même avoir pour conséquence de renforcer l’opposition ( « Pourquoi devrais-je écouter alors que tout le monde me trouve nul ?

La bouderie à l'école

Comme à la maison, un enfant peut bouder à l’école lorsqu’il est contrarié. Dans le milieu scolaire, la bouderie peut être corrélée à des anxiétés de séparation, c’est-à-dire qu’un petit ne se sent pas rassuré et n’a pas une sécurité interne suffisante lorsqu’il est éloigné de ses parents. Il va donc avoir tendance à se renfermer et à s’opposer face aux professeurs et/ou aux personnels de l’établissement.

Comment réagir ?

« Les parents peuvent alors communiquer avec l’instituteur, afin d’aider l’enfant à traverser cette période et à réaliser une transition douce.

Comprendre et gérer les crises

Rester calme devant votre enfant qui vous insulte et vous frappe est loin d’être simple.

Appliquer un temps de retrait

Limitez les interactions avec votre enfant en le mettant dans sa chambre ou dans une autre pièce. S’il refuse d’y aller par lui-même, vous pouvez l’accompagner. Attention cette phase est souvent difficile. Essayez de ne pas trop parler et ne lui faites pas mal en l’accompagnant. C’est pour cela que l’accompagner est une bonne solution. S’il ne respecte pas ce temps de retrait, vous pouvez essayer de fermer la porte en expliquant à l’enfant que ce temps de retour au calme est nécessaire. Ne cherchez pas à négocier avec lui à travers la porte. S’il ne respecte toujours pas ce temps de retrait, et qu’il tambourine à la porte. Vous pouvez entrer dans la pièce, vous asseoir sur une chaise et faire semblant de lire. Faites semblant de ne pas le voir, ayez l’air occupé à regarder un livre ou un journal. En général les enfants détestent que ses parents soient indifférents à leur crise. Ne cherchez pas à négocier avec lui. Restez calme.

Gérer la situation familiale

Évitez que la crise ne se généralise à toute la famille. Essayez de demander aux autres enfants d’aller dans leur chambre ou une autre pièce. Evitez de vous disputer entre adulte. Les autres enfants de la fratrie ne doivent pas assister à la crise. Si vous êtes deux adultes à la maison, pensez à vous relayer auprès de l’enfant en crise. Cela permet aussi de souffler. Ne parlez pas trop pendant la crise. Restez simple. Ce n’est pas le moment pour interroger votre enfant sur ce qu’il ressent, ni pour lui faire la morale. Votre enfant est débordé par ses émotions, il n’est pas accessible à la discussion.

Après la crise

Après la crise (ouf), il faut reprendre la situation à froid avec votre enfant. Évitez les punitions car l’enfant n’a pas assez de contrôle sur son comportement pour éviter les crises, la punition risque d’augmenter sa colère et baisser son estime de lui. Privilégiez la réparation, en permettant à votre enfant de réparer les dégâts matériels qu’il a causé durant la crise. Donnez-lui des missions d’intérêt général, comme mettre le couvert, ou passer l’aspirateur.

Prendre du recul en tant que parent

Vous avez peut-être ressenti de la colère contre votre enfant, de la culpabilité si vous avez perdu le contrôle de votre comportement pendant la crise, mais aussi de l’empathie pour votre enfant qui souffre, ou même un sentiment de découragement dans votre rôle de parents. Pour vous aider, essayez de vous renseigner sur les étapes du développement de vos enfants : ainsi, vous pourrez ajuster vos demandes, vos attentes, vos réactions aux besoins/compétences de vos enfants selon leur âge. Listez vos priorités et lâchez prise.

Conseils généraux

  • Donnez des consignes simples et claires: il est important de donner des règles simples et claires afin que votre enfant puisse les comprendre. Il est préférable de donner une seule consigne à la fois.
  • Priorisez vos demandes: choisissez des règles qui sont vraiment nécessaires pour la bonne dynamique familiale.
  • Félicitez et encouragez les comportements positifs: si votre enfant respecte les règles : félicitez-le. C’est la meilleure manière pour maintenir ce bon comportement.
  • Évitez de vous retrouver en opposition avec votre conjoint: il est important d’essayer d’anticiper au maximum les règles éducatives que vous voulez mettre en place à la maison. Il faut en discuter si possible entre parents au préalable, par exemple le soir lorsque les enfants sont couchés, et vous mettre d’accord. Il y a souvent un parent plus strict et un parent plus « cool ». Essayez de faire un entre deux, faites confiance à l’autre.
  • Utilisez l’humour: Favorisez la désescalade - évitez la confrontation trop directe. L’humour permet souvent de casser la dynamique d’opposition de votre enfant, vous pouvez aussi proposer une autre activité. Sa rigidité le conduit souvent à s’opposer à vous.
  • Établissez un contact physique et oculaire: Si l’enfant vous désobéit, approchez-vous de lui, sans vouloir le menacer de votre présence physique. Il est important de se mettre à sa hauteur et d’établir un contact oculaire. Vous pouvez aussi établir un contact physique comme lui tenir les mains si nécessaire.
  • Réagissez de manière graduée: Réagissez de manière graduée en fonction de l’importance de la désobéissance : par exemple lui enlever un jouet, tablette … pour une durée de temps courte et limitée (quelques minutes) en lui expliquant pourquoi. Après ce temps, vous pourrez lui rendre. S’il répète le comportement que vous avez interdit, vous pouvez lui retirer son jouet (ou ce que vous lui avez retiré précédemment) pour une durée de temps un peu plus longue.
  • Réguler sa réaction et s’y tenir: bien souvent, nous avons tendance à vouloir poser des limites fortes à ses enfants « Tu seras privé de jeux vidéo pour toute une semaine » « Tu ne pourras plus appeler tes amis de toute la semaine ». Evitez des sanctions que vous ne pourrez pas tenir. Si vous décidez d’imposer une sanction il faut qu’elle soit mesurée et réalisable. Dans le cas contraire votre enfant comprendra que vos punitions ne sont pas tenues et cela renforce l’idée d’impunité et le fait de pouvoir continuer les comportements non désirés.

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