Hélène Vincent, de son vrai nom Jocelyne Hélène Nain, est une actrice incontournable du théâtre français, née à Paris le 9 septembre 1943. Son nom évoque immanquablement l'image de Marielle Le Quesnoy, personnage qu'elle a incarné dans le film culte La Vie est un long fleuve tranquille (1987) d'Étienne Chatiliez.
Une jeunesse parisienne et la découverte du théâtre
Hélène Vincent voit le jour le 9 septembre 1943 à Paris. Dès le lycée, elle croise le chemin de Patrice Chéreau et Jean-Pierre Vincent, qui animent le club de théâtre. Elle s'inscrit ensuite au cours Raymond-Girard, marquant ainsi le début de son parcours artistique.
Les débuts au théâtre : une révélation
Elle fait ses débuts au théâtre grâce à la pièce L’Affaire de la rue de Lourcine en 1966, travaillant sous la direction de Patrice Chéreau. Dès lors, elle ne quitte plus les planches, enchaînant une à deux pièces par an et trouvant son bonheur dans le registre classique. Le théâtre lui permet de rencontrer son mari, le metteur en scène Jean-Pierre Vincent, qu'elle épouse en 1964.
Elle se produit à la fin des années 60 dans de nombreuses pièces mises en scène par Patrice Chéreau : L’Affaire de la rue de Lourcine, Les Soldats, Le Voleur de femmes, Le Prix de la révolte au marché noir. Au théâtre, elle a appris, éprouvé ce qu’il y a de meilleur dans ce chemin de vie. Elle a joué des rôles très modestes dans des films de René Allio, de Bertrand Tavernier.
La rencontre avec Patrice Chéreau et Jean-Pierre Vincent est une grande chance dans sa vie. C’est là qu’elle a commencé à ouvrir les yeux sur le monde à travers ce que les gens racontaient, les musiques qu’ils lui faisaient entendre, les livres qu’ils lui ouvraient. C’est sa deuxième naissance. C’est avec eux, grâce à eux, qu’elle a transformé ce qu’était l’instinct, son délire un peu aveugle, en profond engagement, en choix de vie.
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Un des premiers rôles qu’elle a joué était dans une pièce espagnole, Fuenteovejuna de Lope de Vega. Elle jouait une paysanne qui entraînait toute une communauté de villageoises à lutter contre les seigneurs. Au théâtre, elle a appris, éprouvé ce qu’il y a de meilleur dans ce chemin de vie. Elle a joué des rôles très modestes dans des films de René Allio, de Bertrand Tavernier.
Premiers pas au cinéma et à la télévision
En 1969, elle fait ses premiers pas au cinéma dans Pierre et Paul. Par la suite, elle multiplie les seconds rôles au cinéma. Au début des années 70, elle se lance dans une carrière à la télévision et tourne dans plusieurs téléfilms : Dimanche volé, Au plaisir de Dieu, Marie, Edward II, et séries : Médecins de nuit, Les Dames de la côte.
Dans les années qui suivent, absente du grand écran, elle se consacre à sa carrière au théâtre et enchaîne les pièces tout en tournant régulièrement pour la télévision.
La Vie est un long fleuve tranquille : la consécration populaire
En 1987, elle retrouve le chemin des studios et interprète Madame Le Quesnoy dans La Vie est un long fleuve tranquille. Le film est un énorme carton, et lui permet de remporter le César de la meilleure actrice dans un second rôle en 1989.
Elle est à jamais collée à ce rôle, c'est sa chance et sa croix en même temps. Quand elle a tourné dans La Vie est un long fleuve tranquille, elle désespérait du métier. Deux ans auparavant, elle avait triomphé à Avignon avec Liberté à Brême, et après ça, rien. Plus de projets, plus d’Assedic, plus rien. Elle a failli tout arrêter. Tourner avec Étienne Chatiliez a été une grande chance, et en même temps, elle n'avait pas la pratique de la célébrité, elle était un peu troublée et avait l'impression de ne pas être tout à fait à sa place.
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Elle ne peut pas se plaindre que tout le monde lui parle de ce rôle.
Une carrière cinématographique prolifique
Dès lors, elle tourne dans de nombreux longs-métrages : Le Bal des casse-pieds, Une journée chez ma mère, J’embrasse pas, qui lui vaut une nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle. Elle a joué des rôles très modestes dans des films de René Allio, de Bertrand Tavernier.
Elle a surtout incarné des seconds rôles au cinéma - chez André Téchiné, Albert Dupontel, Coline Serreau ou déjà chez François Ozon dans Grâce à Dieu.
La télévision : un terrain d'expression privilégié
C’est surtout à la télévision qu’Hélène Vincent se fait connaître. Elle est au casting de nombreux films et téléfilms : La Rivière Espérance, Les filles du maître de chai, Le Comte de Monte-Cristo, La maison des enfants, L’emmerdeuse, Clara Sheller, Fais pas ci, fais pas ça, Meurtre à Albi.
Le retour au théâtre : une passion intacte
Elle n’en n’oublie pas pour autant ses premières amours, en montant sur les planches très régulièrement : Désir sous les ormes, Le Père, Retours, Coriolan, Don Quichotte. Elle est nommée au Molière de la comédienne pour deux pièces. Elle devient au fil des années une figure majeure de la scène française.
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Dès les années 70, elle passe également à la mise en scène avec une dizaine de pièces dont La Nuit des rois de William Shakespeare en 1998. En 1977, elle s'essaie à la mise en scène avec Agnès Laurent pour Franziska.
Elle a joué beaucoup de personnages révoltés au théâtre, et ça, ça lui ressemble. Ça lui a appris à regarder autour d’elle, à s’étonner, à questionner ce qu’on lui avait annoncé comme étant la norme. Un personnage qu’elle a joué qui lui a beaucoup fait réfléchir, c’était dans une pièce de Rainer Werner Fassbinder, Liberté à Brème. C’est une femme qui veut simplement vivre comme elle veut, exprimer son désir, et on lui rabat son caquet.
La reconnaissance tardive et les rôles marquants
La comédienne continue de tourner au cinéma, elle reçoit une nouvelle nomination au César de la meilleure actrice pour son interprétation dans Quelques heures de printemps en 2012. En février 2020, elle est nommée au César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Hors Normes.
Les premiers rôles au cinéma se font très rares, et c'est sur le tard avec Stephane Brizé dans Quelques heures de printemps en 2012 et François Ozon dans Quand vient l'automne l'an passé, que la consécration va arriver. Elle a bien fait de tenir et de vieillir car de façon étonnante, depuis quelques années, elle donne envie à des réalisateurs et réalisatrices d’utiliser ce que elle est devenue. Faire une carrière au cinéma à la fin de sa vie, c’est comme si elle réalisait son rêve de petite fille ! C’est rarissime que l’on écrive des rôles principaux pour des femmes âgées. Encore aujourd’hui, à partir de 40 ans, les actrices glissent sur le grand toboggan de l’oubli, même si elles ont été de sublimes jeunes femmes. Si on tient le coup encore 20 ans, tout à coup, se révèlent les merveilleuses grand-mères, les vieilles dames… Il y a un passage très difficile et très injuste pour les femmes actrices. Les hommes au cinéma, c'est non-stop.
François Ozon convoque Hélène Vincent, 80 ans, dans un rôle qui trouble l’image de « mamie-gâteau » que son personnage, Michelle, donne de prime abord. Les liens familiaux conflictuels, l’histoire qu’on lègue ou qu’on refuse, c’est tout ce que sonde Quand vient l’automne.
Vie privée
Côté vie privée, elle se marie avec Jean-Pierre Vincent, et ensemble, ils ont un fils, Thomas, né en 1984, qui devient réalisateur.
On ira : un rôle engagé et personnel
Hélène Vincent nous embarque avec elle dans un road movie touchant, dernier Voyage voyage de son personnage (comme le titre de Desireless, qu'elle chante à plusieurs reprises) avant son grand départ. Cette comédie dramatique dévoilée en salle mercredi 12 mars 2025, première réalisation d'Enya Baroux inspirée par Little Miss Sunshine, parvient à nous parler du droit à mourir dans la dignité, un sujet éthique et politique qui effraie encore en France, mais aussi du deuil, des conséquences de la maladie, et des non-dits familiaux.
Elle a été émue et en même temps intriguée par la capacité que la réalisatrice Enya Baroux manifestait à lier l'humour et le chagrin. A la différence de son personnage, qui n'ose pas dire à ses proches pourquoi elle tient à voyager avec eux jusqu'en Suisse, Hélène Vincent a livré ses intentions à ses deux fils, qui ont accepté de se porter garants auprès de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité, dont elle est membre depuis longtemps.
Cependant, le choix de jouer dans le film d'Enya Baroux n'a pour elle rien de profondément engagé : Non, ce choix de rôle n' est pas un acte politique car elle ne voit pas "On ira" comme un film militant. Il soulève simplement une question qui se pose à beaucoup d’entre nous et aborde un sujet que nous ne pouvons pas ignorer.
Elle partage entièrement les convictions de son personnage. Ce film, qui passe à côté de tout sectarisme, peut résonner dans l'esprit d'un certain nombre de personnes.
Elle est encore plus convaincue du bien-fondé de cette demande de liberté en ce qui concerne le choix de sa fin de vie, dans le cas où on serait atteint d'une maladie incurable.
Une approche du jeu basée sur l'expérience et l'intuition
Depuis l’enfance, elle a un imaginaire assez ouvert qui lui permet de se projeter dans beaucoup de personnages plus ou moins proches d’elle. Par ailleurs, elle pense être suffisamment âgée pour que la vie l’ait remplie d’un certain nombre d’émotions, de rencontres, qui font qu’elle n’a pas beaucoup de travail à réaliser en amont. Elle se contente d’apprendre le texte très minutieusement. Elle a vécu assez d’années pour avoir éprouvé que vivre pouvait être très heureux, très jubilatoire, très tragique. Dans "On ira", elle trouve qu’elle ressemble à sa mère comme deux gouttes d'eau. Elle se souvient comment elle marchait à petits pas avec la tête en avant,et les membres pleins d'arthrose.
Cette liberté qu'elle ressent dans la façon d'appréhender un rôle, Hélène Vincent le compare à un vrai petit miracle. C'est une liberté qui est très douce. En tant que femme et comédienne, elle a eu pendant longtemps le sentiment de ne pas avoir les bons outils. Elle ne se trouvait pas gracieuse. Mais, Dieu merci, depuis un certain nombre d'années, tout ça est complètement tombé. Elle est attentive à ce qu’elle désire vraiment et elle se fiche de ce que les gens peuvent penser. Elle se fie à son ressenti, et c’est à partir de là qu’elle choisit, par exemple, de tourner tel ou tel film, de lancer des travaux chez elle et d’abattre un arbre du jardin, de partir faire un voyage, comme l’an dernier au Danemark avec sa sœur. Après avoir été obsédée par le faire, elle apprend à être.
Une femme engagée et authentique
Hélène a tenu du début à la fin du tournage et même après à ce que le vouvoiement soit de mise, « comme, en règle générale, les gens avec lesquels je travaille, ça donne de la souplesse à la relation.
Elle aimerait beaucoup qu’on lui propose un rôle de combattante, de résistante. Elle pense que malgré l’âge qu’elle a, elle peut ainsi se battre pour que la société soit plus harmonieusement organisée. Tout ce qui tourne autour de l’enfance - les enfants malmenés par les guerres, par la famine, par les hommes…
Questions Bonheur
Le matin, elle est en mode bonne humeur. Elle ouvre ses volets, elle ouvre la porte, elle vit à la campagne, puis elle respire un grand coup et elle se sent heureuse d'être encore vivante.
Pour se remonter le moral quand elle a un petit coup de déprime, elle fait le ménage. Elle astique, elle range tout, elle nettoie tout. Et petit à petit, en fait, elle se concentre tellement dans ce qu'elle fait qu'elle oublie. Et puis, pour chasser la mauvaise humeur… Elle sort un des films doudous qu'elle a … comme Coup de foudre à Notting Hill !
L'endroit où elle se sent bien, qui la ressource, où elle aime bien se réfugier, c'est dans le hameau où elle vit, dans la campagne nivernaise. C'est une vraie campagne, avec un charme très secret, qui ne vous éclate pas la figure comme ça, mais petit à petit. Il y a des paysages magnifiques, des forêts sublimes, des prés, des vaches, ça sent bon.
Pour vivre heureux, il faudrait être libre de ses choix. Quand on en arrive là, à pouvoir dire, ça oui, ça non, c'est qu'on a déjà fait un sacré bout de chemin. Et c'est son cas aujourd'hui.
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