L'affaire Judith Chemla a mis en lumière la réalité troublante de la violence conjugale et les difficultés rencontrées par les victimes pour se faire entendre et protéger. À travers son témoignage poignant et les réactions qu'il a suscitées, cette affaire soulève des questions essentielles sur la justice, la protection des victimes et la prise de conscience collective face à ce fléau.
Un témoignage bouleversant
Dans un message poignant publié sur les réseaux sociaux, l'actrice Judith Chemla, connue pour ses rôles dans des films tels que Camille Redouble, Une Vie et Le Sens de la fête, a partagé des images de son visage tuméfié. Elle a accusé son ex-compagnon, Yohan Manca, d'exercer des pressions sur elle, malgré sa condamnation à huit mois de prison avec sursis pour violences conjugales.
"Je n'ai pas du tout prémédité cette prise de parole, je n'ai jamais imaginé montrer ces photos", a expliqué Judith Chemla. "Je suis pourtant sidérée qu'il ne lui soit jamais venu à l'esprit qu'il devrait avoir honte, et se tenir tranquille après ce qui s'était passé", a-t-elle ajouté.
Le récit d'une relation toxique
Judith Chemla a quitté son ex-compagnon après cinq ans de vie commune. Selon ses dires, des changements sont apparus pendant sa grossesse : "C'est souvent le cas, apparemment. Tout d'un coup, le corps de la femme leur appartient vraiment, il y a un être qui vient d'eux à l'intérieur, alors il faut savoir tout de ce corps, comment il a été aimé par d'autres, comment il a été sali par d'autres".
Elle confie avoir protégé son agresseur pendant un an : "Je l'ai aimé, pendant un an je l'ai protégé, malgré ça". Après l'agression, les policiers l'ont incitée à porter plainte, soulignant le risque de féminicide. Cependant, elle hésitait à dénoncer le père de sa fille. Le déclic s'est produit le lendemain matin, lorsqu'elle a été culpabilisée et accusée d'être "volage" après être tombée amoureuse de quelqu'un d'autre. Son conjoint se présentait alors comme la victime, la blâmant de briser leur famille.
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La situation a pris une tournure plus inquiétante lorsqu'elle a découvert que son conjoint l'attendait chez elle alors qu'elle pensait qu'il était chez sa mère. Réfugiée chez une amie, elle a appris qu'une autre femme avait été menacée par le même homme. C'est alors qu'elle a décidé de porter plainte une première fois.
Un parcours judiciaire difficile
Yohan Manca est sorti de sa garde à vue le 6 juillet. Le même jour, Judith Chemla a subi un avortement. Quatre mois plus tard, elle a déposé une nouvelle plainte. Le 12 mai, il a été condamné à huit mois de prison avec sursis.
Malgré cette condamnation, Judith Chemla affirme qu'il continue de se considérer comme une victime et qu'il estime que son droit de visite à sa fille n'est pas suffisant. "La prise de conscience doit être immédiate : je lui demande de comprendre que je lui ai donné beaucoup de chance. Je n'ai pas témoigné avant. J'ai des enregistrements édifiants de violences conjugales. Jamais je n'ai voulu lui nuire, je n'ai jamais parlé, je voulais que le père de ma fille ait du succès. Il a bousillé toutes ses chances les unes après les autres parce qu'il se sent au-dessus des lois".
Un appel à l'action
Judith Chemla a souligné les difficultés financières auxquelles sont confrontées de nombreuses victimes de violences conjugales. Elle a également encouragé les femmes à ne jamais retirer leurs plaintes, malgré les intimidations. "Le combat, c'est porter plainte, se battre pour ses enfants, que les enfants soient protégés", a-t-elle déclaré.
Elle s'inquiète de l'impact de cette situation sur sa fille, qui lui a demandé pourquoi elle avait fait appel à la justice. "Je parle aujourd'hui parce que ces mots de ma fille, je vais me battre contre ça : "Moi un jour, si quelqu'un me fait du mal, je ne demanderai pas à la justice de me protéger". Elle a cinq ans, et ça, je me battrai pour qu'elle sache qu'elle doit se protéger. Et lui, qu'il comprenne que s'il ne change pas, sa fille sera une femme battue consentante".
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Droit de réponse de Yohan Manca
Suite à la diffusion de l'interview de Judith Chemla, son ex-compagnon, Yohan Manca, a exercé son droit de réponse. Il a nié avoir exercé des violences habituelles sur Madame Chemla, expliquant que les photos publiées sur Instagram provenaient d'une dispute au cours de laquelle il avait jeté son téléphone en sa direction. Il a également réfuté les accusations de harcèlement et de manipulation de l'enfant.
"Je ne suis pas fier de ce geste commis sous le coup de la colère, que j'ai toujours reconnu et assumé et pour lequel j'ai été condamné", a-t-il déclaré. "Par ailleurs, je ne peux laisser dire que j'aurais actuellement un comportement harcelant envers Madame Chemla, puisque dans le cadre de mon contrôle judiciaire et désormais dans le cadre du jugement, j'ai une interdiction d'entrer en contact avec elle. Nos seuls échanges touchent l'organisation de la garde de notre enfant et passent par l'intervention de tiers".
Il a affirmé effectuer un travail sur lui-même afin de se remettre en question et d'être un homme meilleur, et a demandé publiquement pardon.
"Notre silence nous a laissées seules" : Un livre pour briser le silence
Judith Chemla a écrit un livre intitulé Notre silence nous a laissées seules, dans lequel elle raconte et analyse les violences conjugales qu'elle a subies. Elle y décrit les violences psychologiques et physiques perpétrées par les pères de ses deux enfants, ainsi que le harcèlement de son dernier compagnon, Yohan Manca.
Dans son livre, elle explique qu'il lui est difficile de sortir de la violence car elle aime ses compagnons et ne veut pas leur nuire, tout en voulant protéger leur relation avec leurs enfants.
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L'ouvrage est un cri contre le silence et un appel à ce que les choses puissent enfin changer. "J’ai été attaquée, gravement, et longtemps. Pourquoi simplement le dire porte cette valeur d’arme de destruction ? Est-ce encore un retournement de situation, une perversion dans la manière de conduire le récit que j’ai moi même intégrée ?"
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