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L'empreinte placentaire : art, science et traditions autour d'un organe éphémère

Le placenta, organe vital et éphémère, assure le développement du fœtus pendant la grossesse. Au-delà de son rôle biologique essentiel, il suscite un intérêt grandissant en tant que source de nutriments potentiels, objet de rituels culturels et même médium artistique. Cet article explore les différentes facettes de l'empreinte placentaire, de la pratique de la placentophagie aux créations artistiques inspirées par cet organe unique.

Le placenta : un organe aux multiples fonctions

Le placenta est un organe temporaire qui se forme pendant la grossesse pour assurer les échanges entre la mère et le fœtus. Il permet de fournir à l'enfant tous les nutriments et l'oxygène nécessaires à son bon développement. Le placenta agit comme une plateforme d'échange entre la mère et le bébé, sans que jamais leurs sangs respectifs ne communiquent. C'est grâce à un cordon que le fœtus puise les nutriments et l'oxygène véhiculés par le sang maternel. Cet organe éphémère agit également comme une barrière protectrice en filtrant certaines bactéries, parasites ou médicaments (mais pas tous). Le positionnement normal du placenta se situe en haut de l'utérus. Mais il peut arriver que le placenta soit mal inséré dans l'utérus. On distingue notamment :

  • Le placenta accreta, lorsque l'utérus a été opéré et présente des lésions (lorsque la femme a subi un curetage ou plusieurs césariennes). Le placenta risque alors de s'insérer dans l'utérus, de s'enchâsser, de faire corps avec la paroi utérine.
  • Le placenta prævia, lorsqu'il recouvre totalement le col, empêchant le bébé de sortir par les voies naturelles.

Dès les premiers jours de grossesse, lorsque la fécondation a eu lieu, l'œuf se divise et atteint une centaine de cellules, il devient ce que l'on appelle un blastocyste. Puis, on observe une séparation entre le futur embryon d'un côté et ses annexes de l'autre : le cordon, les membranes de la poche amniotique et le trophoblaste. C'est ce trophoblaste qui va se transformer en placenta. C'est à la fin du premier mois que la transformation entre trophoblaste et placenta a lieu. Après l'accouchement, le placenta est expulsé environ trente minutes après la naissance du bébé : il se détache de l'utérus. C'est ce que l'on appelle la délivrance ou l'extraction.

La placentophagie : une pratique controversée

La placentophagie, ou l'acte de consommer le placenta après l'accouchement, est une pratique ancestrale présente dans de nombreuses cultures. Dans certaines cultures (Amérique du Sud, Asie…), le placenta est considéré comme un organe sacré constitué des mêmes cellules que celles du bébé. Il peut être consommé cru, cuit en morceau (cuisiné vapeur par exemple) ou sous une forme déshydratée puis transformée et mise dans des capsules.

Les adeptes de la placentophagie lui attribuent diverses vertus, notamment :

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  • Une augmentation de l'énergie et une réduction de la fatigue post-partum
  • Une amélioration de l'humeur et une prévention de la dépression post-partum
  • Une stimulation de la production de lait maternel
  • Un apport en nutriments essentiels, tels que le fer et les hormones

Cependant, il est important de noter que les vertus de la placentophagie restent à prouver scientifiquement. Certains médecins alertent sur les dangers possibles de la placentophagie. De plus, la conservation du placenta est strictement interdite en France. En France, la collecte de produits du corps humain est encadrée par la loi de bioéthique de 1994, révisée en 2011. Si l'on ne souhaite pas garder son placenta, ni en faire don, il est considéré, à l'hôpital, comme un Déchet d'Activités de Soins à Risques Infectieux (DASRI) avec un protocole de stockage et de destruction très strict.

L'empreinte placentaire : un souvenir unique

Au-delà de la consommation du placenta, certaines maternités proposent aux jeunes parents de réaliser l'empreinte de leur placenta. Cette pratique consiste à utiliser le placenta pour créer une œuvre d'art unique, souvent en l'imprimant sur du papier ou une toile. L’empreinte de votre placenta est un souvenir unique.

L'empreinte placentaire peut être réalisée de différentes manières :

  • Empreinte simple : Le placenta est simplement appliqué sur le support, laissant une empreinte de sa forme et de ses vaisseaux sanguins.
  • Empreinte colorée : De la peinture ou de l'encre est appliquée sur le placenta avant de l'imprimer, créant ainsi une œuvre colorée et personnalisée.
  • Empreinte artistique : L'empreinte placentaire est utilisée comme base pour une œuvre d'art plus élaborée, avec l'ajout de dessins, de motifs ou d'autres éléments décoratifs.

L'empreinte placentaire est un moyen original et symbolique de conserver un souvenir de la grossesse et de la naissance de son enfant. Elle permet de créer une œuvre d'art unique et personnalisée, témoignant du lien unique entre la mère et son bébé.

Le placenta dans l'art et la création

Le placenta, en tant qu'organe de vie et de connexion, inspire également les artistes. Certains artistes utilisent le placenta lui-même comme matériau artistique, tandis que d'autres s'inspirent de sa forme, de sa texture ou de sa symbolique pour créer des œuvres diverses.

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L'art placentaire peut prendre de nombreuses formes :

  • Peintures et sculptures : Le placenta peut être utilisé pour créer des peintures abstraites ou figuratives, ou être sculpté pour créer des œuvres tridimensionnelles.
  • Installations : Des installations artistiques peuvent être créées à partir de placentas, souvent en explorant les thèmes de la vie, de la mort et de la connexion.
  • Photographies et vidéos : Le placenta peut être photographié ou filmé pour créer des œuvres visuelles explorant sa beauté et sa complexité.

L'art placentaire est un domaine en constante évolution, qui explore les frontières entre l'art, la science et la nature. Il permet de remettre en question notre perception du corps humain et de la maternité, et de célébrer la beauté et la complexité de la vie.

Création et inconscient : une perspective psychanalytique

La création, qu'elle soit artistique ou autre, est un acte intégrateur exigeant, intentionnel, actif, vigilant et désiré, du champ de forces qui habite le sujet. "Les mouvements expressifs ne sont soumis dans leur essence à aucune autre finalité que de concrétiser du psychique. La tendance de toute Gestaltung est d'atteindre à une perfection de la forme. La conception psychanalytique qui, dans sa tentation d'explication universelle de la phénoménologie imaginaire, extrapole hors du cadre clinique qui est le sien un point de vue qui concerne les phénomènes à l'œuvre dans la cure. Cela aboutira, dans la théorie Freudienne, à ne voir dans l'œuvre créatrice qu'un matériau parmi d'autres dans la chaîne associative ; à déplacer l'attention du sujet : du processus sur l'œuvre elle-même ; à considérer que l'œuvre créatrice est chargée de transmettre un message à interpréter ; enfin, à considérer l'investissement créateur comme un processus de déplacement de l'investissement libidinal sur des objets psychiques (non sexuels par définition), conception qui trouve sa consécration dans le piètre concept de sublimation. C'est cette compétence qui constitue, à proprement parler, la fonction créatrice : fonction de "FORMATION DE FORMES" (la "Gestaltung" de Prinzhorn), de la "FORMULATION" (selon la terminologie d'Arno Stern), qui fonctionne par la substitution d'une cosmographie sensible/imaginaire à la réalité des phénomènes biologiques et communicationnels ; d'une méta-physique sur la physique organique (la physiologie). Dans cette disposition, lieu de l'opacité, de l'effervescence, de la division et du clivage, l'Acte Créateur sert à mettre en communication concrète, incarnée dans une forme sensible, l'expérience affective (non-consciente) et le "Je", lieu central de la perception (la "conscience"). La Création est un processus de reconquête par le "Je" de l'histoire de son avènement. L'expérience créatrice suppose une ouverture sincère du sujet à l'exploration de ces zones opaques et violentes que sont les expériences originaires non-conscientes du manque, de la perte, des violences périnatales, de la douleur affective, des intenses plaisirs de la satisfaction, de ses excès… et des phantasmes originaires dont ces expériences, irréversibles, ont été génératrices. Réfléchir sur la Création suppose donc que nous disposions d'une théorie de la dynamique liant expérience affective et formulations psychiques. L'illusion de la consistance et de la permanence des morphes psychiques tient à ce que l'instance qui perçoit, le "Je", ne discerne pas à coup sûr entre la morphe et sa trace mémorisée (la remémoration est un mécanisme mental de restitution des engrammes corticaux et non une activité à proprement parler psychique). Aucun phénomène psychique n'existe hors du champ de la perception. Un certain nombre de formes psychiques acquièrent pour le "Je" le statut d'objets psychiques. Il découle de cet état de fait que la notion de "conflit intra-psychique" est dénuée de signification. En effet, si conflit il y a, ce ne saurait être entre des représentations, qui ne sont que les manifestes terminaux, provisoires et instables de l'affect, mais entre les motions pulsionnelles et les résistances à leur actualisation qui composent cette entité virtuelle que l'on nomme le Moi.L'illusion d'un conflit intra-psychique est créée par la présence contradictoire, dans le champ de la perception, d'objets psychiques incompatibles entre eux du point de vue de la logique du "Moi". De la même façon, nous sommes tout à fait autorisés à invalider l'alliance des mot : "psycho-pathologie" et "souffrance psychique" (qui en est la traduction étymologique). A qui viendrait-il l'idée saugrenue qu'une image télé-visuelle "souffre"? Ce qui souffre, c'est l'organisme dans sa globalité ou dans l'un de ses ensembles organique. La FONCTION PSYCHOMORPHIQUE est une fonction dynamique de combinaison/conjugaison d'éléments hétérogènes d'origine perceptuelle, émotionnelle et pulsionnelle.L'émergence de cette fonction est probablement liée à l'apparition, dans la chaîne génétique des hominiens supérieurs, des structures néo-corticales appelées par les neurobiologistes "plages de convergence". Ces territoires corticaux ont pour caractéristique de recevoir des afférences en provenance de tous les autres territoires corticaux récepteurs, de nature sensorielle, motrice, émotionnelle et langagière. Il est important de comprendre que les stimuli qui arrivent dans ces territoires de convergence ne proviennent pas directement des organes sensoriels mais des centres nerveux eux-mêmes, et que la structure neuronique de ces "plages" est radiale et interconnectée. La visée "organismique" (pour reprendre la terminologie de Carl Rogers) du développement de la fonction psychique est l'élaboration des zones de l'expérience vécue, notamment de l'expérience originaire, inaccessibles à la perception du "Je". Elle est le lieu de transformation de l'affect (non-conscient) en représentation (assujettie au "Je"). Winnicott est, me semble-t-il, le premier à avoir postulé l'existence de ces zones de l'expérience affective originaire "impensables" ; de ces évènements " qui ont eu lieu, et qui n'ont pas trouvé leur lieu de représentation " (Lebovici, Préface au livre de Winnicott "Jeu et Réalité") dont le caractère non-conscient n'est pas lié, comme le postule la théorie Freudienne, au travail du refoulement, mais à ce que le "Moi" n'était pas encore en mesure de les intégrer (Winnicott : "La crainte de l'effondrement"). Winnicott privilégiait en particulier ce qu'il nommait " les états d'agonie primitive" comme prototypes de ces évènements inscrits dans l'expérience originaire qui n'ont jamais fait l'objet d'une élaboration dans le système du "Je".Avec les recherches psychanalytiques de Piéra Aulagnier, nous allons pouvoir élargir le champ de ces évènements originaires centrés sur les intensités traumatiques ("agoniques") ; "érotiques", liées aux processus originaires de satisfaction, qui sont, de façon complémentaire aux premiers, à la base des affects. Le principe directeur de l'activité psychomorphique repose sur la représentation imaginaire des visées pulsionnelles (ou de leur altération) et sur le dépassement de la conflictualité à l'intérieur de l'activité psychique elle-même. Le système neurologique qui secrète l'activité psychique n'est pas, rappelons-le, relié en voie directe aux analyseurs sensoriels, mais aux "terminaux centralisés" de provenances corticales multiples. L'idée d'un aboutissement imaginaire des visées pulsionnelles n'est pas exactement superposable à la notion Freudienne de "principe de plaisir". Contrairement à la rumeur, je postule en effet que le plaisir n'est pas un but poursuivi par l'organisme (le "Soi") mais par le "Moi". Le travail de conversion des morphes psychiques en objets psychiques stables place le "Je" en position de possible contradiction ou confusion. En effet, là où la création psychique intervient comme énonciation manifeste en réponse à une expérience affective actuelle, les objets psychiques sont susceptibles de venir substituer leur propre tissu résiduel de représentations familières au "Je", comme cela est le cas dans la perception délirante ou dans les phénomènes de transfert.Au fond, il est tout à fait légitime de considérer que l'ensemble des "objets psychiques", résidus mémorisés de l'activité psychomorphique, constituent un ensemble doué d'un certain degré d'homogénéité vers lequel, en l'absence d'objet réel, se tourne le "Je" lorsqu'il rencontre un obstacle affectif. Le processus inaugural du fonctionnement de la pensée créatrice (qui est une des modalités co-extensive à la formation du "Je") a été remarquablement décrit par Winnicott sous les termes de "PHENOMENES TRANSITIONNELS" .Cette forme primitive de constitution de l'activité psychique permet au sujet humain, au travers de la constitution d'objets internes représentant les objets externes dont dépend sa survie biologique, de médier sa relation au monde. Le phénomène est suffisamment et universellement admis pour qu'il soit nécessaire d'y revenir en détail. Au cours de la période périnatale, l'intensité des expériences corporelles de satisfaction et de frustration, et les intenses sentiments d'amour et de haine qui accompagnent les paroxysmes du plaisir et de la douleur originaires génèrent les premières protoreprésentations que Suzan Isaac a appelées "PHANTASMES", terme auquel je me référerai par la suite (plutôt qu'à celui élaboré par Piéra Aulagnier sous le terme de PICTOGRAMME). Pendant ces temps chaotiques et bénis, le nourrisson est la proie d'une intense activité hallucinatoire placée sous le sceau de la symbiose, de la dévoration, de la persécution, de l'omnipotence… Dans les situations anxiogènes, le recours à ces "objets" doublement investis de sensorialité et d'affect provoque l'apaisement du nourrisson. Dans un dernier temps, l'image interne prend le pas sur l'objet intermédiaire, qui est "oublié". Winnicott, rappelons-le, fait de ce processus le prototype de l'expérience créatrice, en ce sens, justement, que le nourrisson passe au cours de cette épreuve du statut dyadique (symbiotique) au statut du sujet différencié. La création du DOUDOU en constitue la base stratégique. Tout au cours de cette période, c'est l'infrastructure même du fonctionnement psychique qui se met en place. Ce n'est que lorsque cette transformation est terminée que le jeune enfant est capable d'énoncer une représentation du monde en première personne, c'est-à-dire de rentrer en dialogue avec une image dont il discerne qu'elle incarne son idéïté. Certains concepts, dits, pour cette raison, opératoires, servent à décrire des processus observables dans l'expérience clinique. Ils offrent une sécurité analytique suffisante pour permettre au praticien de travailler avec confiance. Certains concepts, par contre, sont de pures créations psychiques du théoricien, destinées à combler les intervalles opaques de la connaissance. Ils ont une valeur explicative hypothétique. Leur utilisation au sein du discours explicatif global reste légitime, à la condition que le théoricien, et le lecteur averti, gardent à leur sujet une attitude normalement circonspecte et dubitative.

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