L'avortement est un sujet complexe et sensible, souvent au cœur de débats passionnés. Cet article explore différents aspects de cette question, allant des témoignages poignants aux enjeux juridiques en passant par les prises de position de personnalités publiques.
Témoignages : des expériences personnelles
Vanessa Williams : un passé douloureux révélé
L'actrice Vanessa Williams a récemment brisé le silence sur son adolescence et sa grossesse secrète, qui s'est soldée par un avortement. Elle confie avoir pris cette décision par peur de révéler à ses parents les abus sexuels dont elle avait été victime dès l'âge de 10 ans. "Être enceinte est la chose la plus effrayante qui puisse arriver dans votre vie", a-t-elle déclaré, soulignant son manque de préparation face à cette situation.
Aujourd'hui mère de quatre enfants, Vanessa Williams parle ouvertement de son passé dans ses mémoires, intitulés "You Have No Idea". Elle y évoque également la naïveté avec laquelle elle a posé nue pour un photographe, pensant que les clichés ne seraient jamais publiés. Le scandale qui a suivi la publication de ces photos dans le magazine Penthouse lui a coûté son titre de Miss America. "J'ai appris à accepter mon passé", affirme-t-elle.
Enjeux juridiques : le statut du fœtus
Le cas d'Angélique K. et Valentin S. : une tragédie relance le débat
Un dramatique accident survenu en juillet a relancé le débat sur l'existence légale du fœtus. Angélique K., enceinte de neuf mois, a perdu son bébé dans une collision alors qu'elle se rendait à la maternité. Pour la justice, cet enfant, qui n'était pas encore né, n'existe pas juridiquement parlant.
Malgré cela, Me Antoine Régley, avocat du couple, a décidé de porter plainte pour "homicide involontaire" afin de faire évoluer la jurisprudence. "Nous avons pourtant organisé une cérémonie officielle pour Jade et elle est inscrite sur notre livret de famille avec la mention acte de naissance d'un enfant sans vie", témoigne Valentin S.
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La jurisprudence française : une distinction délicate
En droit français, le décès in utero d'un fœtus n'est pas considéré comme un "homicide involontaire". La jurisprudence, établie par la Cour de cassation en 1999 et confirmée en 2001, est claire sur ce point. Même si le fœtus était viable au moment du décès, il n'est pas considéré comme une personne juridique tant qu'il n'est pas né.
Cette distinction pénale suscite des "incohérences" et des "iniquités", selon la Cour de cassation elle-même. Me Franck Samson, avocat spécialisé dans les délits routiers, explique que "tant qu'un enfant n'est pas né, il n'est pas considéré comme un être humain à part entière, il n'a pas de personnalité juridique et ne peut donc pas être reconnu comme victime".
Vers une évolution de la loi ?
Me Antoine Régley souhaite faire changer la loi. Il souligne qu'il n'est pas logique de retenir l'homicide d'un fœtus de 7 mois ayant respiré avant de mourir, mais pas celui d'un fœtus de 9 mois décédé in utero. Il rappelle que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) considère qu'un fœtus est viable après 22 semaines d'aménorrhée et propose d'utiliser cet argument pour protéger l'enfant à naître, tout en prévoyant des exceptions pour les interruptions médicales de grossesse.
Valentin S. témoigne que "une partie de nous est partie avec Jade". Le couple souhaite que leur tragédie puisse faire évoluer la loi et reconnaître la douleur des parents ayant perdu un enfant à naître.
Femen : actions et réactions
Le groupe féministe Femen, connu pour ses actions spectaculaires et provocatrices, s'est également emparé du sujet de l'avortement. Leurs actions, souvent controversées, visent à "réveiller les consciences" sur les droits des femmes et à lutter contre le patriarcat.
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Des actions controversées
En janvier, une militante Femen a mimé "l'avortement de Jésus" dans l'église de la Madeleine à Paris, suscitant l'indignation de nombreux responsables politiques et religieux. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a dénoncé une "provocation inutile". La candidate à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, a également "condamné avec la plus grande fermeté [leurs] méthodes".
Accusations de dérive sectaire
Le député UMP George Fenech a saisi la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), soupçonnant le groupe féministe de "dérive sectaire". Il dénonce leur "discours haineux envers les religions établies et leurs actions violentes dégradant des lieux de culte", les comparant à des mouvements satanistes.
Une ancienne militante, sous le pseudo d'"Alice", a témoigné dans Le Figaro de sa "déception" et de la "prise de pouvoir [du groupe] sur l'individu". Elle raconte avoir accepté "lentement une soumission que tu refuses à l'extérieur".
La réponse des Femen
Inna Schevchenko, la leader des Femen, relativise ces critiques. Elle assure que les accusations de George Fenech leur font "plaisir, parce que ça signifie qu'on est du bon côté". Elle estime que les critiques d'Anne Hidalgo sont motivées par des préoccupations électorales et dénonce le recul des socialistes face aux catholiques sur la question de la PMA.
Concernant les critiques d'"Alice", elle affirme que les Femen sont un groupe militant où la hiérarchie est nécessaire et que la déception de l'ancienne militante est due à sa faible implication dans le groupe. Elle se dit plus préoccupée par la présence d'"espions" que par un isolement croissant et assure que les Femen ont toujours du soutien.
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