Introduction
Édouard Martial, avocat pénaliste de renom, s'est forgé une carrière exceptionnelle en défendant des accusés dans des affaires criminelles complexes et médiatisées. De ses débuts à Agen à son ascension vers les plus grandes cours d'assises, son parcours est marqué par des rencontres déterminantes et une approche singulière du métier d'avocat.
Jeunesse et Formation
Né à Bordeaux, Édouard Martial a passé une partie de sa jeunesse à Agen, ville de sa mère. Il y a tissé des liens forts, notamment avec ses amis du rugby. Afin de financer ses études de droit à Bordeaux, il a travaillé comme surveillant au lycée technique d'Agen. Cette période lui a permis de s'ancrer dans la réalité locale et de développer un sens aigu de l'observation.
Dès son plus jeune âge, Édouard Martial était fasciné par le monde judiciaire. Il s'échappait du lycée Montaigne de Bordeaux pour assister aux procès au palais de justice, où il admirait le talent d'Émile Pollak, une figure emblématique du barreau bordelais. Cette passion précoce pour le droit criminel a façonné son ambition de devenir avocat.
Début de Carrière à Agen
Après avoir obtenu son diplôme de droit, Édouard Martial s'est installé à Agen, où il a commencé sa carrière d'avocat. Il a rapidement compris qu'il devait diversifier ses domaines d'intervention pour gagner sa vie, tout en se consacrant à sa passion pour le droit pénal.
Cependant, le destin d'Édouard Martial bascule au début des années 1990, lors du procès de la tragédie de Barbotan, un incendie dans les thermes gersois qui avait fait 21 morts en 1991. Il y rencontre Gilbert Collard. Il représentait les intérêts d’une infirmière qui avait perdu la vie en tentant de sauver celle des autres. « Sur le plan émotionnel, c’est très fort, le merveilleux côtoie l’horreur. ».
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Rencontre avec Gilbert Collard et Ascension Médiatique
Le procès de Barbotan marque un tournant dans la carrière d'Édouard Martial. Il y rencontre Gilbert Collard, un avocat charismatique et médiatique. Au contact de Collard, Martial découvre l'importance de la communication et de la présence médiatique dans le déroulement d'un procès.
« Je découvre la médiatisation, se souvient Édouard Martial. Et, au contact de Gilbert Collard, je comprends que l’espace médiatique est un autre prétoire, une autre zone de combat dans laquelle on peut agir pour infléchir le cours d’un procès. Il m’en donne le secret : face aux caméras, un procès doit être résumé en un slogan de trente à quarante secondes. »
Ensemble, ils défendent le meurtrier dans l'affaire Ben Salah et de la tuerie de Monfort. Le duo se reforme dans l’affaire Alègre, à Toulouse.
"Ténor du Barreau" et Affaires Médiatisées
Grâce à son talent oratoire, sa connaissance du droit et sa capacité à manier les médias, Édouard Martial s'impose comme l'un des "ténors" du barreau français. Son nom est associé à des affaires criminelles retentissantes, où il défend des accusés aux profils variés : tueurs en série, assassins, violeurs, gangsters, braqueurs.
Une trentaine de procès d’assises par an, sans compter les audiences du tribunal correctionnel, les rendez-vous devant le juge d’instruction et les visites en prison, l’ancien bâtonnier d’Agen n’use pas les parquets de son logis du Bouscat.
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Il attire aussi bien les médias que les belles affaires criminelles. Sa vie devient robe, clopes (il apporte un tribut quotidien à Marlboro) et rock’n’roll (pour la pierre qui roule).
Parmi les affaires les plus médiatisées auxquelles il a participé, on peut citer le procès de Thierry Tilly, le "gourou" de Monflanquin, en 2012 à Bordeaux. Son implication dans cette affaire lui vaut une reconnaissance accrue et de nombreuses apparitions dans l'émission "Faites entrer l'accusé".
Il assiste Cédric Heymans, l’ailier international au moment où celui-ci rachète son contrat au SUA pour filer au Stade Toulousain. Une première. Il conseille également Philippe Sella et Abdelatif Benazzi. Il y croise le braqueur Nino Ferrara, y défend l’avocat du milieu Karim Achoui, intervient encore dans l’affaire Bissonnet et s’emploie régulièrement dans les affaires de grand banditisme corse.
Plus récemment, il est l'avocat d'un des accusés dans le procès en appel d'Abdelkader Merah, frère du terroriste Mohamed Merah.
Philosophie et Approche du Métier d'Avocat
Édouard Martial conçoit son métier d'avocat comme un combat. Il considère que tous les coups sont permis pour défendre son client, dans le respect des règles de procédure et de l'éthique professionnelle. Il revendique une liberté de parole et d'expression, même si cela peut déplaire aux magistrats.
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« “La courtoisie doit s’effacer devant les nécessités de l’audience”, disait George Sand », rappelle-t-il. Comprendre par là que tous les coups sont permis de ce côté de la barre . « La cour d’assises, c’est un lieu de combat », martèle-t-il, sans jamais oublier le mantra de son mentor, le pénaliste toulousain Alain Furbury : « Tout droit en robe et en français. » « J’ai admiré cet homme, qui m’a appris la liberté dans une salle d’audience. Quand on est avocat, on est là pour le client, c’est tout. Et personne ne peut m’empêcher de dire ce que j’ai à dire, quand bien même les formules employées déplaisent aux magistrats. »
Il déplore une formation (celle de l’École nationale de la magistrature) dispensée « à des enfants gâtés à qui on va demander, sans avoir vécu, de juger les déshérités ».
Il considère que son rôle est de comprendre les raisons qui ont poussé son client à commettre un crime, sans pour autant cautionner ses actes. Il sait que cette approche suscite parfois de l'incompréhension, mais il assume pleinement ses choix.
Anecdotes et Particularités
Édouard Martial est connu pour son style vestimentaire soigné, son goût pour les cigares et sa passion pour le rock'n'roll. Il est également un amateur de virées nocturnes et de bonne chère, malgré un régime alimentaire parfois surprenant.
Il recrute ses clients en boîte de nuit : « J’avais une maison sur l’île de Beauté, où je passais mes vacances. J’y ai rencontré la famille qui exploite le domaine de Culombu, des gens très chaleureux qui exploitent des établissements de nuit… »
Conclusion
Édouard Martial est un avocat pénaliste hors du commun, dont le parcours est marqué par la passion, l'ambition et une approche singulière du métier. Son talent oratoire, sa connaissance du droit et sa capacité à manier les médias lui ont permis de s'imposer comme l'un des "ténors" du barreau français. Il continue de défendre des accusés dans des affaires complexes et médiatisées, en revendiquant sa liberté de parole et son engagement envers ses clients.
Annexe : Conférence sur la Guerre et la Paix (Mars 1936)
Dans une conférence prononcée en mars 1936, probablement dans un contexte de montée des tensions en Europe, Édouard Martial Lekeux exprime son point de vue nuancé sur la guerre et la paix. Il y aborde des questions cruciales telles que le pacifisme, le désarmement, la Société des Nations et la menace allemande.
La Guerre : Une Réalité Injuste et Haïssable
Lekeux ne cache pas son aversion pour la guerre. Il la considère comme "mauvaise et haïssable", tout en reconnaissant qu'elle peut être une occasion de faire preuve de certaines vertus. Cependant, il insiste sur le fait que la guerre est avant tout une injustice et qu'il faut, autant que possible, la combattre et la supprimer.
Pacifisme et Désarmement : Une Illusion Dangereuse
Lekeux se méfie des discours pacifistes naïfs qui prônent le désarmement unilatéral. Il estime que ces "amis maladroits" sont en réalité les pires ennemis de la paix. Il met en garde contre les "beaux rêves de paix par le droit" et insiste sur la nécessité d'être réaliste et pragmatique.
La Société des Nations : Un Instrument Insuffisant
Lekeux exprime des doutes quant à l'efficacité de la Société des Nations (SDN) pour garantir la paix. Il souligne que la SDN n'a pas empêché les conflits en Mandchoukouo et en Éthiopie, et que les sanctions économiques sont souvent inefficaces. Il estime qu'il faudrait une force de police internationale capable de faire respecter les décisions de la SDN, mais il constate que cette force n'existe pas encore.
La Menace Allemande : Un Danger Réel et Imminent
Lekeux alerte sur le danger que représente l'Allemagne nazie, qui, selon lui, "réarme fiévreusement, avide de revanche, et prépare la guerre". Il décrit en détail la puissance militaire allemande, son organisation, son armement et son moral. Il estime que la dictature allemande "VEUT LA GUERRE" et qu'il faut se préparer à une agression inopinée et foudroyante.
La Belgique Face à la Menace Allemande : Nécessité d'une Défense Forte
Lekeux analyse la situation de la Belgique en cas de conflit entre la France et l'Allemagne. Il souligne que la Belgique est un "couloir obligé" pour une invasion allemande et qu'il est indispensable de renforcer sa défense. Il propose des mesures concrètes, telles que l'augmentation du temps de service militaire, le renforcement des unités de couverture et la modernisation de l'artillerie.
Conclusion : Préparation et Vigilance
Lekeux conclut sa conférence en appelant à la vigilance et à la préparation. Il estime qu'il est encore possible d'éviter la catastrophe, mais qu'il faut agir vite et avec détermination. Il exhorte ses auditeurs à "être des hommes" et à "regarder en face" la menace qui se profile.
Edouard Martial Lekeux : Parcours Religieux et Militaire
Martial Lekeux est né à Arlon le 19 juin 1884. S'engage dans les ordres et devient franciscain sous le nom de Frère Martial. Ordonné prêtre le 8 septembre 1920. Célèbre sa première messe dans l’église Saint-François à Liège.Lekeux est autorisé à rentré en Belgique.Martial mourut le 18 octobre 1962.Lekeux, lYser rhumatisé, grippé à longueur dannée et rongé par une gastrite.
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