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L'École Maternelle en Suisse : Particularités et Programme

Le système éducatif suisse, reconnu pour sa qualité et son approche diversifiée, intrigue et séduit par ses multiples facettes. L'école maternelle, ou école enfantine, constitue la première étape de ce parcours. Cet article explore les particularités de l'école maternelle suisse, son programme, son coût, et les démarches d'inscription, tout en mettant en lumière les aspects qui la distinguent du système français.

Particularités du Système Éducatif Suisse

L'enseignement en Suisse se caractérise par une grande diversité, étant principalement de la compétence des 26 cantons. Bien qu'une harmonisation ait été mise en place dans certains domaines, des différences notables subsistent d'une région à l'autre. Les enfants suisses entrent généralement à l'école maternelle à partir de 4-5 ans, plus tard qu'en France. L'école primaire dure un an de plus, de 6-7 ans à 12 ans, suivie par le collège (Secondaire I ou Cycle d’orientation en Suisse romande) de 12-13 ans à 14-15 ans. Ces étapes constituent la scolarité obligatoire, d'une durée totale de 11 ans.

Structure de la Scolarité Obligatoire

La scolarité obligatoire en Suisse dure 11 ans. Dès l’âge de 4 ans, les enfants entrent à l’école maternelle, appelée aussi école enfantine, qui s’étend sur deux ans. À six ans, l’enfant entre ensuite à l’école primaire qui dure six ans. Après l’école primaire, la scolarité obligatoire se poursuit au secondaire I, l’équivalent du collège pour une période de trois ans.

L'École Maternelle (École Enfantine)

Âge d'Admission et Fréquentation

En Suisse, les enfants commencent l'école maternelle, ou "école enfantine", à l'âge de 4 ans. Bien que non obligatoire, la fréquentation de l'école maternelle est très élevée, avoisinant les 100%.

Objectifs Pédagogiques

L'école maternelle suisse se concentre sur le développement des compétences sociales et du langage. L'apprentissage formel de la lecture n'est pas pratiqué dès l'âge de 4 ans. Au lieu de cela, l'accent est mis sur l'observation, l'exploration, le jeu et l'apprentissage de la vie en groupe.

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Harmos et l'Abaissement de l'Âge d'Entrée à l'École

L’abaissement de l’âge d’entrée à l’école en Suisse s’inscrit dans une problématique partagée par d’autres pays industrialisés. Les effets positifs d’une prise en charge éducative précoce ont été relevés dans de nombreuses recherches, qui relèvent les bénéfices de la fréquentation régulière d’une institution préprimaire sur le développement cognitif et social des enfants. Les études suisses mettent en évidence les différents niveaux de connaissance des élèves et l’influence du milieu socio-culturel sur la distribution des compétences mathématiques et langagières. Les résultats de ces recherches relèvent les effets positifs d’un encadrement éducatif avancé, en particulier pour les enfants de milieux socio-économiques défavorisés.

Approches Pédagogiques

Les systèmes éducatifs européens se différencient également par le type d’approche pédagogique et curriculaire choisi pour former le jeune enfant. Certains modèles se centrent sur le développement social et la construction de la personne, favorisant le jeu, l’exploration spontanée et la coopération. D'autres s'inspirent des théories de l’apprentissage dans lesquelles prévaut la transmission des connaissances et des compétences par l’enseignant. Le premier modèle favorise les interactions entre pairs et accorde une place importante aux activités symboliques et aux acquis culturels. Les enseignants sont des personnes ressources qui guident et soutiennent les enfants dans leurs apprentissages intellectuels et sociaux. Le second modèle privilégie un enseignement en lien avec le curriculum structuré et planifié du primaire. Les méthodes font appel à l’instruction directe, et aux activités dirigées et de renforcement des apprentissages.

En Suisse romande, l’école enfantine facultative fréquentée par plus de 85 % des enfants de 4 et 5 ans suit un programme rédigé il y a vingt ans. Les orientations pédagogiques générales contenues dans ces objectifs scolaires favorisent une approche globale de l’enfant. Depuis quelques années, des préoccupations, provenant notamment des associations d’enseignants et de certains responsables scolaires, relèvent le glissement de l’école enfantine vers une primarisation de son organisation et de son approche pédagogique. Selon eux, ce glissement pourrait être renforcé par l’obligation scolaire à 4 ans et les nouvelles mesures institutionnelles qui accompagneront cette décision (programme, moyens d’enseignement, outils d’évaluation, horaire).

L'Importance du Jeu et de l'Expérience Personnelle

Les classes enfantines sont issues des classes maternelles apparues à la fin du XVIIe siècle. Elles ont bénéficié de pédagogues de renom, tels que Pestalozzi, Froebel puis Montessori, et de leur vison de l’enfance. Ils prônent notamment une instruction faisant une large place à l’expérience personnelle, à la manipulation d’objets et à l’implication de l’élève au travers du jeu. Ces options éducatives figurent dans les objectifs romands datant du début des années quatre-vingt-dix. Le programme de l’école enfantine s’inscrit donc dans une approche globale de l’éducation.

Évaluation des Apprentissages

La question des modalités d’enseignement et d’évaluation des apprentissages auprès des jeunes enfants est indispensable. Les pratiques enseignantes enfantines comportent des spécificités.

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Les observations personnelles, gardées en mémoire ou consignées, faites en classe ou dans des lieux communs (vestiaire, cour de récréation) constituent le premier élément pris en compte par les enseignantes enfantines. Les observations concernent principalement des aspects globaux, puis les apprentissages disciplinaires et enfin le comportement de l’élève. Les aspects globaux observés portent en particulier sur la maturité et l’autonomie. L’attitude face au travail scolaire (par exemple la rapidité ou la manière d’apprendre), le bien-être de l’élève ainsi que le « ressenti personnel », faisant appel à l’intuition (le sérieux ou la gravité de la situation de l’élève) sont également cités. Les observations sur les apprentissages disciplinaires prennent en compte la progression de l’élève (de manière beaucoup plus fréquente à Genève) et concernent principalement les compétences graphomotrices (écriture et dessin), suivies de la compréhension orale (notamment des consignes) et de la numération.

Les enseignantes enfantines citent, comme deuxième élément, les échanges avec les différents partenaires scolaires (collègues, spécialistes, parents, doyenne ou structure interne). Elles consultent principalement les PPLS (psychologues, psychomotriciens et logopédistes scolaires), parfois le monde médical (pédiatres ou pédopsychiatres). Peu d’enseignantes font part de situations d’observations partagées entre collègues ou de contacts avec les parents, afin de prendre en compte les circonstances familiales.

Les traces d’apprentissage réalisées en classe constituent le troisième élément pris en compte lors d’un bilan. Elles font référence au dessin, au graphisme et au contenu des différents cahiers et fiches regroupés parfois dans les dossiers. Les pratiques genevoises se distinguent par un appui plus systématique sur des traces de diverses périodes permettant l’évolution ou non des acquisitions de l’élève.

Le nombre et la variété des éléments pris en compte sont très différents d’une enseignante à l’autre.

Préparation des Entretiens avec les Parents

Les enseignantes des classes enfantines se basent sur les mêmes éléments que lors du bilan en vue d’une prise de décision de maintien ou de mesures spéciales. Il s’agit principalement des observations personnelles, gardées en mémoire ou consignées, concernant les aspects globaux, les apprentissages disciplinaires et le comportement de l’élève. Elles ont toutefois plus fréquemment recours aux traces d’apprentissage, utilisées le plus souvent conjointement aux observations personnelles. Il s’agit d’exemplifier leur discours, de prouver ce qui est débattu ou d’avancer des preuves. Pour les enseignantes genevoises le dossier d’évaluation, contenant les traces d’apprentissage, est un support important qui permet aux parents de voir où l’enfant n’a pas réussi. Elles font passer aux élèves plusieurs fois dans l’année la même activité-bilan dans l’intention de visibiliser l’évolution des progrès.

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Le Dossier d'Apprentissage

La quasi totalité des enseignantes genevoises interrogées utilisent un dossier, alors que cette pratique n’est pas généralisée dans le canton de Vaud. Quelques enseignantes vaudoises évoquent la réforme scolaire et relèvent les essais tentés au cours de cette période. L’introduction d’un dossier d’apprentissage a été abandonnée car le support ne les a pas convaincues ou ne correspondait pas à leur envie de fonctionner.

Les enseignantes qui constituent un dossier utilisent différents types de support. Il s’agit majoritairement de classeurs, puis de boîtes ou de cartable. Le dossier contient des fiches bilan (par exemple une liste d’objectifs atteints ou des commentaires de l’enseignante), des cahiers, des traces d’apprentissage ou,…

Après l'École Maternelle : Les Parcours Possibles

Après l'école maternelle, les élèves entrent à l'école primaire, suivie du secondaire I. À l'issue de la scolarité obligatoire, trois grandes filières se présentent :

  • Le collège ou gymnase: Prépare à la maturité gymnasiale, équivalent du baccalauréat général, ouvrant la voie aux études universitaires. En moyenne nationale, 20% d’une classe d’âge suit cette filière qui débouche en trois ans sur une maturité gymnasiale, équivalent du baccalauréat général.

  • L’école de culture générale: Propose une formation générale enrichie par des options spécialisées, menant à une attestation ou une maturité spécialisée. Elle combine un enseignement de culture générale avec des cours spécifiques permettant de poursuivre une formation professionnelle, dans les domaines de la santé et du social par exemple.

  • La formation professionnelle initiale (apprentissage): Combine apprentissage en entreprise et enseignement en école, permettant d’obtenir un certificat fédéral de capacité (CFC) ou une attestation après trois ou quatre ans. Plus connue sous le nom d'apprentissage, elle se déroule en alternance entreprise/école. Elle peut durer trois ou quatre ans, et débouche alors sur un certificat fédéral de capacité (CFC), ou seulement deux ans sanctionnés par une attestation fédérale de formation professionnelle (AFP). En moyenne nationale, 65% des Suisses âgés de 15 à 20 ans suivent une formation professionnelle en apprentissage.

L'Importance des Langues

La Suisse étant un pays multilingue (français, allemand, italien et romanche), l'apprentissage des langues y est primordial. L’enseignement bilingue s’est développé, et il existe aujourd’hui de nombreuses filières bilingues réparties dans toutes les régions linguistiques du pays, de l’école enfantine au secondaire II.

Enseignement des Langues Étrangères

Des standards communs ont été définis. Ils prévoient notamment l’enseignement de deux langues étrangères à l’école primaire en 5è (CE2) et en 7è (CM1). Dans les cantons romands, tous les élèves apprennent l’allemand en premier, puis l’anglais. Dans certains établissements les élèves peuvent suivre un cursus bilingue. Au niveau de l’école obligatoire, ce sont principalement les cantons bilingues et plurilingues qui offrent de telles filières. Au Secondaire II, près de 70% des écoles de maturité gymnasiale disposent d’une offre bilingue.

Le Règlement de la Commission Suisse de Maturité

Le Règlement de la Commission suisse de maturité pour la reconnaissance des maturités cantonales bilingues de 2012 indique que la langue étrangère enseignée doit être une langue nationale (français, allemand, italien et romanche) ou l’anglais.

L'Allemand comme Deuxième Langue à Bâle

Le Canton de Bâle Ville (Bâle, Bettingen et Riehen) comprend 180 Kindergarten. Pendant toute la scolarité obligatoire, dès le Kindergarten, le programme « l’Allemand comme deuxième langue » est mis en œuvre. Des personnes spécialement formées dispensent des cours d’allemand intensifs aux élèves qui en ont besoin. On distingue le cours intensif débutant, qui dure un an, et le cours de renforcement, qui dure en général 3 ans.

Programme d'Enseignement Commun le Long de la Frontière Linguistique

Tous les cantons le long de la frontière linguistique germano-française (Cantons de Bâle-campagne, Bâle-ville, Bern, Freiburg, Solothurn et Wallis) ont un programme d’enseignement commun : En 3ème et 4ème classe, le français est introduit à raison de 3 heures par semaine. A partir de la 5ème classe, introduction d’une deuxième langue, l’anglais. Les autres cantons de Suisse allemande ont comme première langue vivante l’anglais.

Le Principe "Passepartout"

Le principe commun d’enseignement, incluant six cantons, porte le nom de « Passepartout ». Il s’agit d’un principe moderne d’apprentissage des langues, avec un apprentissage de la langue de tous les jours. Les Volkschulen des cantons concernés appliquent toutes les mêmes principes pédagogiques.

Écoles Internationales Bilingues

Swiss International School propose un enseignement bilingue allemand-anglais à l’école primaire. Dans chaque classe de primaire, un enseignant allemand et un enseignant anglais. DNL : les mathématiques sont enseignées en langue étrangère.

Calendrier Scolaire et Rythme des Études

En Suisse, le calendrier scolaire est déterminé par les cantons et leurs communes, ce qui entraîne des variations d'une région à l'autre. Les périodes de vacances scolaires sont similaires à celles de la France. Les élèves ont généralement cours du lundi au vendredi, avec une après-midi de libre le mercredi.

Coût et Inscription

En Suisse, la scolarité est gratuite et laïque dans les écoles publiques. Pour inscrire un enfant dans une école suisse, il est conseillé de contacter la commune d’habitation ou la direction de l’école souhaitée.

Intégration des Élèves Étrangers

L’intégration repose sur un accompagnement personnalisé, souvent proposé par les établissements via des cours de soutien en langues et des dispositifs d’accueil pour élèves allophones. Un parcours bilingue permet à l’élève de maîtriser deux langues dès le primaire, ce qui ouvre la porte à des filières internationales et à une mobilité accrue dans l’enseignement supérieur. Un changement de canton implique une adaptation aux spécificités locales du programme scolaire, mais les services de l’éducation assurent une continuité grâce à une coordination entre écoles.

Le Plan d'Études 21

La détermination de ce que les élèves doivent apprendre à l’école évolue historiquement. En Suisse, l’instrument traditionnel de cette définition est les programmes, qui lient étroitement l’enseignement à des moyens pédagogiques, et dont les cantons ont la responsabilité. La nouvelle politique de connaissances scolaires, instaurée ces dernières années, prévoit cependant une plus forte harmonisation des objectifs et des contenus éducatifs au sein des différentes régions linguistiques. C’est à cette fin que le « Plan d’études 21 » a été développé en Suisse alémanique, puis soumis à l’adoption des cantons. Ce programme d’enseignement, basé sur les compétences, divise les nouvelles onze années de scolarité obligatoire en trois cycles et répartit de manière plus prononcée qu’auparavant les contenus en domaines d’études.

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