Introduction
La vaccination est un pilier de la médecine vétérinaire préventive, permettant de protéger les chiens et les chats contre diverses maladies infectieuses. Cependant, l'efficacité de la vaccination chez les jeunes animaux est influencée par la présence d'anticorps d'origine maternelle (AOM). Comprendre la durée de ces anticorps et leur impact sur la réponse vaccinale est essentiel pour établir des protocoles de vaccination optimaux.
Les Anticorps Maternels : Une Protection Temporaire
Les chiots et les chatons naissent avec une immunité passive, acquise grâce aux anticorps transmis par leur mère via le colostrum, le premier lait riche en immunoglobulines G (IgG). Ces AOM protègent les jeunes animaux contre les agents pathogènes auxquels la mère a été exposée, que ce soit par vaccination ou infection naturelle.
Acquisition et Décroissance des AOM
Les nouveau-nés, étant hypogammaglobulinémiques en raison de leur placentation, dépendent de l'ingestion de colostrum pour acquérir leurs anticorps circulants. Le taux d'AOM augmente rapidement après la naissance, atteignant un pic en 24 à 48 heures, puis diminue progressivement avec la croissance de l'animal et le catabolisme des anticorps.
Variabilité de la Protection Passive
Plusieurs facteurs influencent la durée et l'efficacité de la protection passive conférée par les AOM :
- La quantité d'anticorps maternels circulants varie considérablement d'un individu à l'autre, même au sein d'une même portée.
- La cinétique d'évolution des AOM diffère selon l'agent pathogène considéré.
- La durée de protection passive contre une affection donnée varie d'un individu à l'autre, même dans une même portée.
- La durée de protection chez un individu donné varie d'une affection à l'autre.
- La date à partir de laquelle le jeune devient réceptif à la vaccination contre un pathogène donné varie d'un animal à l'autre, y compris dans une même portée.
- La date à partir de laquelle le jeune devient réceptif à la vaccination varie d'une valence à l'autre.
Impact des AOM sur la Vaccination
La présence d'AOM peut interférer avec la réponse vaccinale, inhibant la production d'anticorps par le jeune animal en réponse à la vaccination. Cette interférence peut entraîner un échec vaccinal, laissant l'animal vulnérable aux infections.
Lire aussi: Tout savoir sur la durée de vie des biberons MAM
Risque d'Échec Vaccinal
Des études ont montré que certains chiots ne séroconvertissent pas après une vaccination selon le protocole traditionnel, en raison de titres élevés d'anticorps maternels spécifiques au moment de la vaccination. Une absence de séroconversion a également été observée chez le chat pour les valences herpèsvirose, calicivirose et panleucopénie.
Corrélation entre l'Âge de la Vaccination et le Risque d'Échec
Une étude a révélé une forte corrélation négative entre l'âge de la dernière vaccination et le risque d'échec vaccinal : plus la dernière injection est réalisée tard, plus le risque d'échec à la vaccination est faible.
Évolution des Protocoles de Vaccination
Afin de réduire le risque d'échec vaccinal lié à la persistance des anticorps maternels, les groupes d'experts internationaux recommandent une évolution du protocole de primovaccination.
Recommandations Actuelles
Les recommandations actuelles se basent sur la médecine vétérinaire factuelle, qui s'appuie sur les preuves scientifiques. La recommandation actuelle est de pratiquer des doses multiples en primo-vaccination, les dernières injections devant se situer aux alentours des 16 semaines d’âge, pour tenir compte des nouvelles données concernant la puissance des anticorps maternels (ACM). Elles sont suivies d’un premier rappel entre l’âge de 6 et 12 mois.
Vaccins Essentiels et Obligatoires
Les vaccins essentiels sont ceux qui protègent contre les maladies graves et souvent mortelles. Pour le chien, il s’agit de ceux contre le virus de la maladie de Carré (CVD), contre l’adénovirus canin et le Parvovirus (type 2) responsable de la Parvovirose. Pour le chat, ce sont ceux contre la parvovirose féline (Parvovirus), contre la panleucopénie féline (Typhus), le Calicivirus félin et l’Herpès virus félin. Pour les deux espèces, il est également fortement recommandé de vacciner contre le virus de la rage (Lyssavirus). En France, le vaccin contre la rage est obligatoire lors de la cession ou de la vente d’un chien de catégorie 1 ou 2.
Lire aussi: Combien de temps à l'hôpital après bébé ?
Protocole de Primo-Vaccination
Le protocole de primovaccination évolue : injection après l’âge de 16 semaines et premier rappel annuel. Les chiots et chatons sont temporairement protégés par les anticorps d’origine maternelle (AOM) durant les premières semaines ou mois de leur vie. Cette immunité passive protège les jeunes des agents pathogènes contre lesquels la mère a produit des anticorps, à la suite d’une vaccination ou d’une infection naturelle. En parallèle, le système immunitaire est capable de répondre à une stimulation vaccinale très précocement. Néanmoins, les AOM peuvent aussi inhiber la réponse vaccinale s’ils sont présents en quantité importante.
Adaptation du Protocole en Situation Spécifique
Si un risque spécifique est identifié, comme lors d'une épizootie en collectivité ou dans une région donnée, le protocole vaccinal peut être adapté par la réalisation d'injections plus précoces ou par la diminution des intervalles de vaccination.
Rappel Vaccinal
Un rappel vaccinal est recommandé pour immuniser les animaux qui n'auraient pas monté de réponse adéquate lors des premières injections, en particulier en raison de la persistance d'AOM. Ce rappel est traditionnellement réalisé 1 an après la dernière vaccination du chiot ou du chaton. Une avancée de la date de ce rappel, entre l'âge de 6 mois et de 1 an, est aujourd'hui proposée dans les lignes directrices de la WSAVA.
Importance de la Vaccination Continue
Chez votre compagnon âgé, la vaccination pratiquée alors qu’il était chiot ou chaton n’est plus efficace. De plus son système immunitaire est moins vigoureux. Quand votre animal vieillit, il est aussi important de continuer à le vacciner puisque ses défenses immunitaires faiblissent avec l’âge. Elle doit être réalisée en fonction de son âge, de la zone géographique où vous résidez ou en fonction de l’endroit de vos vacances…
Tests Sérologiques : Un Outil d'Aide à la Décision
Pour valider le niveau d’immunité de votre animal, et vérifier la pertinence d’un rappel de vaccination, des kits de tests sérologiques sont disponibles chez votre vétérinaire. Ces tests permettent de mesurer le niveau d'anticorps dans le sang et d'évaluer l'existence d'une protection contre les maladies. La WSAVA recommande l'utilisation sélective des tests sérologiques, surtout après la vaccination des chiots et chatons, pour confirmer la séroconversion.
Lire aussi: Durée et coût de la formation d'assistante maternelle
Délai d'Apparition de l'Immunité Post-Vaccinale
Une étude a permis d’évaluer plus précisément le délai d’apparition de l’immunité, par inoculation une semaine après la vaccination avec un vaccin combiné. La réponse immunitaire est obtenue en 7 jours après la 1re vaccination pour le parvovirus félin. Pour l’herpèsvirus et le calicivirus, deux injections vaccinales sont nécessaires pour obtenir une séroconversion, que le vaccin soit atténué ou inactivé. L’immunité apparaît sous une semaine après une injection vaccinale pour le FPV et sous une semaine également après deux injections vaccinales pour le FHV et le FCV.
Vaccins et Risques : Ce Qu'il Faut Savoir
Les vaccins proposés par les vétérinaires ont fait l’objet de validations et d’étude d’efficacité. Certains vaccins ont demandé des années de recherches avant d’être mis à disposition. Il faut toutefois garder à l’esprit que comme pour nous, les vaccins afin d’être efficaces doivent être mis en œuvre de façon rigoureuse. Tous les vaccins n’ont pas un niveau de protection absolue. En revanche, a minima ils réduisent considérablement les symptômes, et dans tous les cas protègent votre compagnon des effets les plus sévères de la maladie. Il n’y a aucun risque à vacciner votre compagnon s’il est en bonne santé, même âgé. Après l’injection, votre compagnon peut avoir de l’hyperthermie, et parfois sembler légèrement fatigué. Ceci est passager et rapidement son niveau d’activité devient à nouveau normal. La vaccination demeure la meilleure protection contre les maladies infectieuses les plus graves que peut contracter votre chien ou votre chat.
tags: #durée #anticorps #maternels #chez #le #chiot