L'adénomyose, souvent qualifiée d'« endométriose interne », est une affection utérine caractérisée par la présence de tissu endométrial (la muqueuse utérine) à l'intérieur du myomètre (la couche musculaire de l'utérus). Cette condition peut entraîner divers symptômes, allant de douleurs pelviennes intenses et de saignements menstruels abondants à des problèmes de fertilité. Bien que l'adénomyose soit une pathologie bénigne, elle peut considérablement impacter la qualité de vie des femmes qui en souffrent.
Qu'est-ce que l'adénomyose ?
L'adénomyose se réfère à une série de modifications survenant à l'intérieur de l'utérus, qui conduisent à la présence de la muqueuse utérine (endomètre) à l'intérieur de la couche musculaire de l'utérus (myomètre). Pour cette raison, l'adénomyose est appelée de manière impropre « endométriose interne ». Dans l'adénomyose, le tissu endométrial, qui normalement tapisse la surface de l’utérus, s’infiltre dans la paroi musculaire de l’utérus, appelée myomètre. L’adénomyose est une pathologie utérine qui désigne une anomalie du tissu reliant l’endomètre et le myomètre.
L’adénomyose diffuse se développe de façon éparse dans plusieurs parties du muscle utérin. On constate cependant que son apparition et son développement dépendent de la production et du taux en œstrogènes. En effet, c'est une production élevée en œstrogènes qui permet à l'adénomyose de se développer dans l'utérus.
Adénomyose et Endométriose
L'adénomyose est intimement liée à l'endométriose dans 6 à 20 % des cas, mais pas systématiquement. L’adénomyose est une forme d'endométriose. L’endométriose correspond à la présence de tissu endométrial en dehors de l’utérus, touchant parfois d’autres organes. L’adénomyose est l’appellation donnée à l’endométriose localisée à l’intérieur de l’utérus, c’est pourquoi on l’appelle aussi “endométriose interne”.
Qui est touché par l'adénomyose ?
L’adénomyose peut toucher les adolescentes, les femmes en âge de procréer, mais aussi les femmes ménopausées. Selon les études, elle serait présente chez plus d’une adolescente sur dix consultant pour des règles douloureuses, et retrouvée chez près d’un quart des femmes ménopausées opérées de l’utérus. Selon les facteurs de risque identifiés, cette anomalie utérine toucherait 11 à 13% de la population féminine, dont 25 % des femmes de 36 à 40 ans. Elle toucherait 20 à 30 % des femmes, majoritairement après 35 ans, souvent en association avec l’endométriose. Quand elle survient chez les femmes de plus de 40 ans, l’adénomyose peut être assimilée à un processus physiologique.
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Causes et Facteurs de Risque de l'Adénomyose
À l’heure actuelle, les causes de l’adénomyose demeurent encore mystérieuses. Les causes de l'adénomyose étant mal connues, il est difficile d’en prévenir les risques. Cependant, il est possible de limiter son développement grâce à une bonne hygiène de vie, une activité physique régulière et une alimentation équilibrée.
En nous penchant sur la racine du problème, nous découvrons les causes et les facteurs de risque de l’adénomyose utérine :
- Croissance du tissu invasif : L’adénomyose se caractérise principalement par la croissance invasive du tissu endométrial dans les parois musculaires de l’utérus.
- Inflammation utérine liée à l’accouchement : L’accouchement, en particulier les grossesses ou les accouchements multiples, est considéré comme un facteur potentiel contribuant à l’adénomyose.
- Influence hormonale : Les fluctuations des niveaux hormonaux, en particulier des œstrogènes, jouent un rôle crucial dans le développement de l’adénomyose. L’œstrogène, une hormone associée au cycle menstruel, stimule la croissance et la prolifération du tissu endométrial.
- L’âge : L’âge est un facteur important et l’adénomyose utérine est plus souvent diagnostiquée chez les personnes qui approchent de l’âge de la procréation ou qui en sont à un stade avancé.
- Chirurgies utérines antérieures : Certaines interventions chirurgicales sur l’utérus, telles que les césariennes ou l’ablation de fibromes utérins, peuvent créer des points d’entrée pour les cellules endométriales qui envahissent le muscle utérin.
- Prédisposition génétique : Il existe des preuves suggérant une prédisposition génétique à l’adénomyose.
- Antécédents de chirurgie utérine : césarienne, curetage.
- Premières règles précoces et cycles courts, prolongeant l'exposition aux oestrogènes.
- Exposition aux perturbateurs endocriniens qui peuvent affecter l'équilibre hormonal.
- Règles abondantes et longues dès l'adolescence.
Symptômes de l'Adénomyose
L’adénomyose se manifeste par des symptômes distincts qui peuvent avoir un impact significatif sur le bien-être d’une femme. Chez celles pour qui la maladie se manifeste, les symptômes sont similaires à ceux de l’endométriose. L’adénomyose n’est pas une maladie grave mais elle peut fortement impacter la qualité de vie. Elle provoque souvent des douleurs pelviennes intenses, des règles très abondantes et parfois de l’infertilité.
L’adénomyose utérine peut être une énigme, mais la compréhension de ses symptômes est la clé pour percer le mystère :
- Douleur pelvienne : une douleur pelvienne persistante et souvent invalidante est un symptôme caractéristique de l’adénomyose. La douleur pelvienne, souvent décrite comme une gêne profonde et douloureuse, est une indication caractéristique. Ces microhémorragies sont responsables de phénomènes inflammatoires entrainant les douleurs. Ces saignements et ces douleurs peuvent aussi survenir en cas d’augmentation de la pression abdominale, qui comprime l’utérus, par exemple lors des rapports sexuels ou de la pratique d’un sport.
- Changements menstruels : Les saignements menstruels abondants (ménorragie) sont fréquents dans l’adénomyose. Les saignements menstruels abondants, connus sous le nom de ménorragie, sont un autre symptôme courant, entraînant une augmentation du flux sanguin et des règles prolongées. Des règles très abondantes (ménorragies), sans relation entre la quantité de sang perdu et l’intensité des douleurs. Ces pertes peuvent entraîner une carence en fer, voire une anémie, qui peut provoquer de la fatigue, un essoufflement, ou bien de la pâleur. L’adénomyose multiplie ainsi par cinq le risque d’anémie par carence en fer. La première est l’augmentation de la quantité de sang perdue au cours des règles (ménorragies), et la seconde l’élimination du sang contenu dans ces kystes à distance des règles, sous forme de sang foncé (métrorragies). Des saignements anormaux appelés méno-métrorragies, qui regroupent une prolongation de la durée des règles (au-delà de 5 jours) et/ou de leur abondance, et des pertes de sang survenant en dehors des règles.
- Pression pelvienne et ballonnements : Certaines personnes atteintes d’adénomyose font état d’une sensation de plénitude pelvienne, de pression ou de ballonnement.
- Hypertrophie de l’utérus : Au fur et à mesure que l’adénomyose progresse, l’utérus peut s’élargir et devenir sensible au toucher. Ces phénomènes décrits ci-dessus entrainent également une modification de l’aspect de l’utérus, qui se gorge progressivement de sang. Cela provoque une augmentation globale du volume utérin, qui prend un aspect arrondi et une couleur chamois, mais aussi une consistance plus molle.
- La modification de la structure de l’utérus peut également entraîner une gêne pendant les rapports sexuels.
- Des difficultés à tomber enceinte (infertilité).
- Des douleurs pelviennes, à type de dysménorrhées c’est-à-dire pendant les règles, présentes chez 30% des patientes, mais aussi en dehors, lors des rapports sexuels (douleurs alors appelées dyspareunies).
- Lorsque les saignements sont très abondants, il faut être vigilant à la survenue d’une anémie (baisse du taux d’hémoglobine), qui peut entraîner de la fatigue, des maux de tête, des vertiges, des malaises ou encore l’apparition d’un souffle cardiaque fonctionnel léger et bénin et une augmentation de la fréquence cardiaque.
- De manière plus variable et moins fréquente, et davantage dû aux lésions d’endométriose et pas particulièrement de l’adénomyose, les patientes peuvent déplorer des problèmes digestifs ou encore des difficultés à uriner.
Adénomyose et Fertilité
Oui, l’adénomyose peut affecter la fertilité. L’adénomyose peut entraîner des changements structurels dans l’utérus, affectant l’implantation d’un ovule fécondé. L’adénomyose, avec son impact invasif sur les parois utérines, peut présenter des obstacles à la conception, en affectant l’équilibre délicat des hormones cruciales pour les processus de reproduction. Cette affection peut influencer la fonction ovarienne et perturber l’architecture normale de l’utérus, ce qui peut compliquer l’implantation d’un ovule fécondé.
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Diagnostic de l'Adénomyose
Le diagnostic de l’adénomyose peut être complexe, car ses symptômes sont souvent similaires à ceux d’autres affections utérines, comme les fibromes, l’endométriose ou des tumeurs dans la cavité utérine. Le diagnostic de l’adénomyose implique une approche globale. A l’heure actuelle, on utilise l’échographie pelvienne par voie trans-vaginale et l’IRM pelvienne (Imagerie par Résonance Magnétique) qui permettent d’évoquer le diagnostic. Même s’il existe maintenant des critères reconnus et reproductibles pour diagnostiquer une adénomyose, cela reste un diagnostic difficile à l’imagerie, qui peut nécessiter une relecture par un radiologue expert.
Pour percer les secrets de l’adénomyose utérine, il faut adopter une approche diagnostique méticuleuse, en utilisant une série de tests pour dévoiler la vérité sur cette maladie complexe :
- Examen pelvien : La première étape cruciale consiste en un examen pelvien approfondi.
- IRM (imagerie par résonance magnétique) : L’IRM est une technique d’imagerie puissante qui offre des vues transversales détaillées de la région pelvienne.
- Imagerie par ultrasons : L’échographie transvaginale, une méthode d’imagerie non invasive, permet d’examiner de plus près les parois de l’utérus. La technique d’imagerie la plus efficace pour diagnostiquer l’adénomyose est l’échographie transvaginale, qui peut aider à identifier des caractéristiques telles qu’un utérus agrandi ou des zones de myomètre épaissi.
Ces outils de diagnostic fonctionnent en tandem, ce qui permet aux professionnels de la santé d’évaluer avec précision l’étendue et la gravité de l’adénomyose.
Traitement de l'Adénomyose
La gestion de l’adénomyose utérine implique à la fois le traitement des symptômes et la prise en charge de la condition sous-jacente. L’adénomyose est une pathologie difficile à traiter. Dans tous les cas, il faut considérer si l’adénomyose est isolée ou associée à une endométriose, en particulier une endométriose profonde, ou encore des fibromes utérins. La prise en charge doit être personnalisée en fonction des symptômes et du désir de grossesse de la patiente.
Le traitement de l’adénomyose utérine présente de multiples facettes et offre diverses options adaptées au spectre des symptômes associés à cette pathologie :
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- Médicaments anti-inflammatoires : Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent être efficaces pour gérer la douleur et réduire l’inflammation associée à l’adénomyose. Pour de nombreuses femmes atteintes d’adénomyose, la gestion de la douleur liée à l’adénomyose est une priorité. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont couramment utilisés pour réduire l’inflammation et soulager la douleur.
- Traitement hormonal : Les thérapies hormonales, y compris les contraceptifs oraux ou les dispositifs intra-utérins libérant un progestatif, visent à réguler le cycle menstruel et à atténuer les symptômes. Une contraception adaptée à l’adénomyose, comme la prise d’une pilule en continu pour stopper les règles, bloquer l’ovulation et empêcher la prolifération de l’endomètre. Le principe du traitement est, comme pour l’endométriose, le blocage de l’ovulation et la suppression des règles, permettant l’atrophie de l’endomètre et la réduction ou la disparition des microhémorragies.
- Médicaments non hormonaux : Des médicaments non hormonaux, tels que des analgésiques et des relaxants musculaires, peuvent être prescrits pour gérer l’inconfort et les crampes associés à l’adénomyose. L’acide tranexamique, un médicament antifibrinolytique, est une autre option non hormonale.
- Interventions chirurgicales : Lorsque les mesures conservatrices s’avèrent insuffisantes, des interventions chirurgicales peuvent être envisagées. Des procédures peu invasives comme la laparoscopie peuvent être employées pour retirer ou ablater les lésions adénomyosiques. Dans les cas les plus graves ou lorsque la fertilité n’entre pas en ligne de compte, une hystérectomie, c’est-à-dire l’ablation chirurgicale de l’utérus, peut être recommandée. La chirurgie n’est envisagée qu’en dernier recours, surtout si l’adénomyose est associée à une endométriose profonde. Le seul moyen de guérir définitivement l’adénomyose est l’ablation chirurgicale de l’utérus (hystérectomie). L'hystérectomie n’est évidemment jamais obligatoire et doit être discutée avec la patiente en fonction de son âge, de ses souhaits, en l’absence de projet de grossesse ou après accomplissement du projet parental.
Options Chirurgicales
Le traitement chirurgical est conservateur (conservation de l’utérus) ou radical (l’ablation de l’utérus ou hystérectomie).
- Techniques conservatrices : Les techniques conservatrices visent à détruire de la manière la plus ciblée possible les zones d’adénomyose, afin de réduire les symptômes.
- Dans les formes d’adénomyose diffuse, certaines techniques de destruction de l’endomètre permettent de détruire les microkystes localisés dans le myomètre lorsqu’ils sont peu profonds. Cette technique est néanmoins contre-indiquée chez les femmes qui souhaitent encore une grossesse car elle détruit également l’endomètre sain. En outre, elle peut aussi laisser en place les foyers plus profonds responsables d’une réapparition des symptômes à court ou moyen terme.
- Dans les formes d’adénomyose focalisée, il est possible d’envisager une exérèse du foyer, tout en conservant l’utérus, selon une technique proche de celle utilisée pour les fibromes. La technique d’Osada est une de ces techniques, mais elle est généralement réalisée par ouverture de l’abdomen (laparotomie). L’exérèse est souvent incomplète mais permet une amélioration des symptômes et permet l’obtention d’une grossesse chez les femmes le souhaitant.
- Hystérectomie : La chirurgie la plus efficace en cas d’adénomyose reste l’hystérectomie, avec une disparition des hémorragies et une bonne amélioration des douleurs. Elle est bien sûr réservée aux patientes ne souhaitant plus de grossesse, et après échec des traitements médicamenteux.
Embolisation de l'Artère Utérine
L’embolisation représente une lueur d’espoir révolutionnaire dans le paysage du traitement de l’adénomyose, car elle offre une approche peu invasive avec des avantages distinctifs. Au cours de cette procédure, un radiologue d’intervention qualifié guide un cathéter à travers les vaisseaux sanguins jusqu’aux artères utérines. L’embolisation se distingue comme traitement de l’adénomyose par sa nature peu invasive. Contrairement aux interventions chirurgicales traditionnelles, telles que l’hystérectomie, l’embolisation implique une petite incision et l’insertion d’un cathéter dans les vaisseaux sanguins. Cette précision permet l’administration ciblée d’agents emboliques dans le tissu affecté, ce qui préserve l’utérus tout en garantissant un traitement efficace avec moins de complications.
- Préservation de l’utérus : L’un des principaux avantages de l’embolisation est la préservation de l’utérus.
- Nature peu invasive : L’approche peu invasive de l’embolisation minimise le traumatisme des tissus environnants.
- Préservation de la fonction génitale : L’embolisation cible sélectivement les vaisseaux sanguins qui alimentent le tissu adénomyotique, en épargnant les structures environnantes.
- Réduction des comorbidités : La nature ciblée de l’embolisation contribue à réduire les complications associées par rapport à des interventions chirurgicales plus étendues.
- Gestion efficace des symptômes : L’embolisation s’est révélée efficace pour soulager les symptômes associés à l’adénomyose, notamment les douleurs pelviennes et les saignements menstruels abondants.
- Temps de rétablissement plus court : la nature moins invasive de l’embolisation se traduit par une période de rétablissement plus courte que celle des interventions chirurgicales plus lourdes.
L’embolisation de l’artère utérine apparaît comme une alternative prometteuse et efficace pour traiter l’adénomyose. Sa capacité à préserver l’utérus, à minimiser l’invasivité et à offrir des résultats favorables fait de l’embolisation une lueur d’espoir pour les personnes confrontées à la complexité de cette pathologie.
Adénomyose et Ménopause
Les symptômes de l’adénomyose s’améliorent souvent chez les femmes ménopausées en raison de la diminution des fluctuations hormonales, en particulier de la baisse des niveaux d’œstrogènes. Les œstrogènes jouant un rôle important dans la stimulation de la croissance du tissu endométrial, leur diminution après la ménopause peut entraîner un soulagement des symptômes tels que les douleurs pelviennes, les saignements menstruels abondants et la gêne pendant les rapports sexuels. Il est toutefois important de noter que les réactions individuelles aux changements hormonaux varient, et que si certaines peuvent ressentir un soulagement substantiel, d’autres peuvent encore avoir besoin d’une prise en charge des symptômes. La prise en charge de l’adénomyose devient particulièrement vitale après la ménopause, car les changements hormonaux peuvent influencer la présentation des symptômes.
Adénomyose et Cancer
L’adénomyose elle-même n’est pas un précurseur du cancer de l’utérus. Toutefois, il est essentiel de reconnaître que l’adénomyose peut coexister avec d’autres affections utérines ou facteurs de risque qui nécessitent une surveillance attentive. Bien que l’adénomyose implique une croissance anormale du tissu endométrial à l’intérieur des parois utérines, elle n’augmente pas intrinsèquement le risque de cancer de l’utérus. Cependant, la coexistence de l’adénomyose avec des pathologies telles que l’hyperplasie endométriale ou la présence de facteurs de risque tels que l’obésité peut nécessiter une observation vigilante et des mesures préventives appropriées.
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