Introduction
Doudou Ndiaye Rose, né à Dakar le 28 juillet 1930, est une figure emblématique de la musique sénégalaise et africaine. Issu d'une famille de griots wolof, il a marqué son époque en tant que percussionniste, compositeur et chef d'orchestre. Son parcours, jalonné d'innovations et d'engagements, témoigne de sa passion pour la musique et de sa volonté de promouvoir la culture africaine à travers le monde.
Un Héritage Familial et une Passion Précoce
Doudou Ndiaye Rose est né dans une famille de griots wolof, une caste de musiciens et de conteurs traditionnels. Bien que ses arrière-grands-pères aient été percussionnistes, son père, El Hadji Ibrahima Ndiaye, comptable de profession, lui interdit de jouer du tambour. Contraint d'apprendre le métier de plombier, qu'il exercera jusqu'en 1960, Doudou nourrit en secret une passion pour les tambours de l'ensemble sabar. Dès l'âge de sept ans, il s'adonne à sa passion en cachette, allant jusqu'à faire l'école buissonnière pour écouter et jouer du tambour. Malgré les réprimandes et les punitions, sa détermination finit par convaincre son entourage de le laisser suivre sa voie. Il se forme au tambour auprès de El Hadji Mada Seck, un comptable et animateur de radio également batteur renommé.
L'Innovation au Service de la Tradition
Doudou Ndiaye Rose est un innovateur qui a su faire évoluer la musique traditionnelle sénégalaise tout en respectant ses racines. Il décide de doubler certains instruments de l'ensemble sabar, passant de quatre tambours à sept. Cette innovation, mal accueillie par les "anciens" et les autres griots, ne l'empêche pas de poursuivre ses recherches et d'explorer de nouveaux rythmes à travers le Sénégal et l'Afrique.
Rencontres et Reconnaissances
Le parcours de Doudou Ndiaye Rose est marqué par des rencontres déterminantes. En 1959, il croise la route de Joséphine Baker, assurant la première partie de son concert à Dakar. Sa rencontre avec le président Léopold Sédar Senghor marque le début d'une collaboration fructueuse. Senghor, soucieux de promouvoir la culture sénégalaise, fait appel à Doudou pour africaniser les majorettes lors des célébrations de l'indépendance du pays. Doudou conçoit alors le "rythme des majorettes", un mélange de musique traditionnelle et de modernité qui remporte un grand succès. Il participe également à la création de l'hymne national, sous la coordination de l'ethnomusicologue Herbert Pepper, en charge de la partie rythmique. En 1965, il assure la partie musicale de l'inauguration du Théâtre national Daniel Sorano, et en 1966, il dirige le défilé d'ouverture du premier Festival Mondial des Arts Nègres (FESMAN).
Un Artiste Engagé
Doudou Ndiaye Rose est un artiste engagé qui met son art au service de causes importantes. Sa passion pour le sport le conduit à animer régulièrement les tournois de lutte traditionnelle, le làmb, ainsi que les matches de football. Avec ses tambours, il se fait le porte-parole de la paix au Rwanda et participe à la lutte contre le SIDA.
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Transmission et Héritage
Doudou Ndiaye Rose a consacré une grande partie de sa vie à la transmission de son savoir et de sa passion aux jeunes générations. Il est nommé professeur de rythme à l'Institut national des arts de Dakar et chef tambour major du Ballet national du Sénégal. En 1981, il crée le premier groupe de femmes percussionnistes d'Afrique, "Les Rosettes", composé de ses filles et belles-filles. Il forme également "Les Roseaux", un groupe d'enfants âgés de quatre à douze ans, parmi lesquels figurent ses petits-fils.
Collaborations Internationales
La renommée de Doudou Ndiaye Rose dépasse les frontières du Sénégal et de l'Afrique. Il participe au festival de Jazz de Nancy en 1985 et multiplie les collaborations avec des artistes internationaux tels que France Gall, les Rolling Stones, Peter Gabriel, Miles Davis, Dizzy Gillespie, Mory Kante et Youssou Ndour. Il est accueilli sur les scènes les plus prestigieuses du monde entier.
Le Griot Moderne
Bien qu'issu d'une famille de griots, Doudou Ndiaye Rose se considère comme un griot atypique. Il ne se voit pas comme un "quémandeur" dépendant des autres, mais comme un artiste indépendant qui utilise son art pour exprimer sa créativité et défendre ses convictions. Il a contribué à l'évolution de l'orchestre sabar, en concevant notamment le goroŋ mbabas, un tambour de plus petite taille chargé du solo. Ses "rythmes composés", basés sur des figures cycliques entrecroisées, témoignent de sa capacité à innover tout en respectant la tradition.
Reconnaissance Officielle
L'œuvre et l'engagement de Doudou Ndiaye Rose ont été reconnus par de nombreuses distinctions officielles. Il est promu Chevalier des Arts et des Lettres par le président François Mitterrand, puis élevé au même titre par le président Abdou Diouf. Son successeur, Abdoulaye Wade, le nomme chevalier dans l'Ordre national du lion et grand croix de la Légion d'honneur.
Conclusion
Doudou Ndiaye Rose a traversé son temps en témoin et en acteur de premier plan. Il a été le témoin des changements politiques qui ont marqué le Sénégal, de l'époque coloniale à l'indépendance, en passant par les mandats de quatre présidents. Il a partagé les idéaux de la Négritude et a contribué à l'essor de la musique sénégalaise et africaine à travers le monde. Son héritage perdure à travers ses enfants et petits-enfants, qui continuent de faire vivre sa musique et ses valeurs.
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