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L'héritage photographique de Léon Martelet : Un regard sur la vie rurale à Nozeroy et ses environs

Introduction

Léon Joseph Victor Martelet, photographe à Nozeroy au début du XXe siècle, a laissé un fonds photographique exceptionnel, témoignant de la vie quotidienne, des événements marquants et des transformations d'un canton rural du Jura. Cet article explore la vie de Martelet, la découverte et le traitement de son fonds photographique, ainsi que la richesse et l'importance documentaire de ses images.

Léon Martelet : Biographie d'un photographe jurassien

Né en 1868 à Charbonny (Jura), Léon Martelet est issu d'une famille d'agriculteurs. Orphelin dès son jeune âge, il est placé comme apprenti chez un marchand drapier à Dole, Jean Irénée Voidey, dont il épousera la fille, Julie Voidey, en 1895. De cette union naîtra une fille, Juliette. Vers 1900, il s'installe à Nozeroy où il tient un commerce de "tissus et nouveautés" sous l'enseigne "Martelet - Voidey".

C'est probablement grâce à Maître Bernard, notaire à Nozeroy, que Martelet s'initie à la photographie. Il immortalise d'abord les événements importants du canton, tels que les processions et les défilés, avec une chambre photographique. Puis, sa notoriété grandissante, il est sollicité par les habitants pour réaliser des portraits lors des étapes importantes de leur vie : baptêmes, communions, conscriptions, mariages, décès. Il exerce officiellement le métier de photographe à partir de 1928. Il utilisera des plaques de verre de marques Grieshaber Frères, Agfa, Lumière etc… dans son studio ou chez ses clients.

La découverte et le traitement du fonds Martelet

Lors de l'acquisition de la maison ayant appartenu à Léon Martelet, Madame Nicod découvre dans le grenier de nombreuses boîtes contenant des plaques de verre photographiques. Consciente de leur valeur documentaire, elle signale leur existence à l'Association des Amis du Vieux Nozeroy. La présidente de l'association, Madame Françoise Demont, contacte alors le conservateur des Archives départementales du Jura, Monsieur Hours.

L'ensemble des plaques est acheminé aux Archives départementales pour y être dépoussiéré, conditionné et inventorié. Une sélection des images présentant un intérêt documentaire, ainsi que des photos d'identité de gens d'église et d'instituteurs, est effectuée par Monsieur Hours. Des tirages photographiques en sont réalisés et cotés en 28 Fi, soit environ 10 % de la totalité du fonds. Les plaques de verre sont ensuite restituées à la commune de Nozeroy.

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En 1999, Monsieur Cuer entreprend des démarches pour que le fonds soit donné par Madame Nicod à la commune de Nozeroy, puis déposé par la commune aux Archives départementales, dont les locaux sont mieux adaptés à leur conservation. Après accord de tous les héritiers de Léon Martelet et de Madame Nicod, la commune de Nozeroy accepte de déposer le fonds "Martelet" aux Archives départementales du Jura. Ces originaux sont cotés en 39 Fi.

Malheureusement, quelques plaques ont disparu lors de ces transferts, dont seuls demeurent des tirages effectués lors de leur premier traitement aux Archives départementales du Jura.

Typologie et contenu du fonds Martelet

Le fonds est constitué de 17 576 plaques de verre recouvertes d'une pellicule photosensible au gélatinobromure d'argent. Elles sont de différentes marques, les plus fréquentes étant Agfa, Lumière et Grieshaber Frères, et de formats variés, principalement 13x18 et 9x13. On y trouve également 87 plaques de verre au format 15x40 cm, dont les tirages auraient été utilisés par le PLM ou la SNCF pour décorer les wagons voyageurs, bien qu'aucune preuve n'ait pu être apportée à l'appui de cette assertion.

Le fonds comprend également :

  • Une vingtaine de tirages papier noir et blanc (9x13) réalisés par Léon Martelet à l'occasion d'un pèlerinage.
  • Cinq reproductions, réalisées par l'atelier photographique des Archives départementales, des tirages prêtés par l'Association des Amis du Vieux Nozeroy et dont les originaux ne figurent pas dans le fonds.
  • Une reproduction de la photo d'identité de Léon Martelet figurant sur son permis de conduire.
  • Deux lettres autographes du curé d'Aresches passant commande à Léon Martelet d'un reportage sur un pèlerinage.

Il est important de noter que le fonds ne comporte pas uniquement des clichés réalisés par Léon Martelet, mais aussi, fort vraisemblablement, par Maître Bernard. Certains clichés, représentant par exemple des soldats prussiens sur une place de Nozeroy, sont trop anciens pour avoir été pris par Martelet. Ces clichés sont signalés par un "?" dans la rubrique auteur des fichiers analytiques des cotes 28 Fi.

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La période couverte par ce fonds est donc très large, d'environ 1860 à 1950. Cependant, les datations figurant dans les fiches analytiques ne doivent pas être considérées comme fiables à 100%, car elles résultent des indications figurant sur les boîtes dans lesquelles les plaques ont été découvertes à Nozeroy. Des erreurs ont été corrigées grâce à l'Association des Amis du Vieux Nozeroy et au concours de Monsieur Demont et de Monsieur Martine.

La très grande majorité du fonds est constituée de photos d'identité individuelles ou familiales, réalisées en gros plan, en plan américain ou en portrait en pied. Outre cette galerie de portraits impressionnante, on trouve dans ce fonds, et notamment dans la sous-série 28 Fi, des images présentant un intérêt documentaire certain sur près d'un siècle de vie d'un canton rural. Les mutations en profondeur de ce monde agricole deviennent lisibles et tangibles : passage de la traction animale à la machine à vapeur, puis au moteur à explosion, de la lampe à pétrole à l'électricité, et émergence d'une civilisation de loisirs.

Par ailleurs, figurent dans ce fonds des séries de photographies thématiques, que l'on pourrait qualifier de reportages :

  • École de jeunes filles de Dijon
  • Présence de militaires canadiens dans la forêt de la Joux en 1917 et 1918
  • Construction d'une ligne de tramway Champagnole-Foncine-le-Haut
  • Transformation du moulin de saut en usine hydroélectrique

Indexation du fonds

Seules les images qui avaient été anciennement cotées en 28 Fi ont été indexées finement après examen visuel attentif de chacune d'elles. Les fichiers d'index utilisés sont les suivants :

  • Lieux
  • Thésaurus iconographique
  • Personnes (dans le respect du règlement européen de protection des données personnelles)

L'indexation "lieux" a été effectuée chaque fois que le cliché permettait une identification sûre de l'endroit de la prise de vue, notamment pour les photographies prises en extérieur. Pour les "identités", faites pour la plupart dans le studio ou dans la cour intérieure de la maison de Léon Martelet, c'est le lieu d'origine de la personne ou celui où elle exerçait son activité qui a été retenu. Ce travail a été facilité par les indications gravées par Léon Martelet sur chacune des plaques de verre, qui n'ont pas fait l'objet de recherches complémentaires en vue de déceler d'éventuelles erreurs ou inexactitudes.

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Les mots du thésaurus iconographique ont été utilisés chaque fois qu'un lien a pu être établi entre les sujets principaux ou annexes de la photographie et les mots du thésaurus. Ainsi, dès lors qu'une automobile est présente de manière significative sur le cliché, une indexation au mot "automobile" est effectuée.

Le fichier "V.I.P." n'a été utilisé que pour les photographies représentant des statues ou des tableaux d'hommes célèbres (Pasteur) ou de personnages religieux majeurs (Vierge Marie). Les noms de personnes représentées dans les clichés sont à rechercher en plein texte dans la base Avenio.

Les cotes 39 Fi qui n'avaient pas été cotées en 28Fi ont été indexées en tenant compte uniquement des indications gravées par Léon Martelet, qui constituent d'ailleurs le titre de la cote.

Traitement et conservation du fonds

Toutes les plaques ont été dépoussiérées et nettoyées. Elles ont toutes été placées individuellement dans des enveloppes réalisées en papier de conservation (pH neutre) et placées dans des boîtes ad hoc en polypropylène. Selon une analyse réalisée par les techniciens du Musée Nicéphore Niepce de Châlon-sur-Saône, les étapes de développement de la couche photosensible ayant été correctement réalisées, notamment la fixation, les mesures conservatoires étant appropriées, et aucune attaque de champignons n'étant visible à l'issue de l'examen de visu de quelques plaques, leur pérennité semble pouvoir être assurée à long terme.

Conformément aux termes du contrat de dépôt, l'ensemble du fonds a été numérisé. Les plaques sont scannées au rapport 1, sans aucune retouche ni correction des valeurs de luminosité, contraste ou gamma. Bien entendu et pour une meilleure lisibilité, les images ont été inversées du négatif vers le positif.

S'agissant des images cotées 28 Fi, les tirages ont été effectués par l'atelier de photographie des Archives départementales sur du papier photographique par simple "tirage contact" donc au rapport 1. Les plaques de verres ne sont pas communiquées en salle de lecture des Archives.

Les archives privées et la valorisation du patrimoine local

Les Archives départementales ont pour vocation principale de recevoir les papiers versés par les administrations publiques. Cependant, les archives privées, provenant de personnes physiques ou morales, viennent accroître sensiblement les collections. Entrés par don, legs, achat ou encore confiés en dépôt, tous ces documents sont classés dans la série J des Archives départementales. La sous-série 1J est destinée à ne regrouper que les documents isolés ou les petits fonds n'excédant pas un carton d'archives.

La procédure d'entrée des fonds privés est heureusement beaucoup plus fréquente que ce qualificatif pourrait le laisser supposer. Nombreux sont les particuliers, associations, entreprises qui contribuent à enrichir le patrimoine archivistique.

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