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Don d'ovocytes, Diabète et Grossesse Tardive : Risques et Bénéfices

L'évolution du rôle des femmes dans la société a considérablement modifié les priorités et les choix de vie, notamment en ce qui concerne la maternité. L'insertion des femmes dans le monde du travail, l'évolution des aspirations personnelles et le désir d'une stabilité économique ont conduit de nombreuses femmes à reporter leur projet de fonder une famille. Face à ce phénomène, la médecine reproductive a évolué, offrant des solutions telles que la préservation de la fertilité et le don d'ovocytes. Cependant, ces avancées soulèvent des questions importantes concernant les risques et les bénéfices associés, notamment en ce qui concerne le diabète et les grossesses tardives.

L'évolution de la maternité et le rôle du don d'ovocytes

Autrefois, la maternité était souvent considérée comme une vocation première pour les femmes. Aujourd'hui, les femmes ont davantage de liberté pour choisir le moment de devenir mères, en fonction de leurs aspirations personnelles et professionnelles. "J’ai toujours voulu devenir mère, petite je jouais déjà à la maman. Au début, la question ne se pose pas à cause des études ; ensuite il faut du temps pour se faire une place sur le marché du travail et quand enfin on parvient à avoir une certaine stabilité économique, c’est la partie sentimentale qui fait défaut. J’ai déjà 36 ans et je n’arrêtais pas d’y penser encore et encore."

Ce report de la maternité n'est pas sans conséquence. Au-delà de 37 ans, les grossesses sont souvent liées à un plus grand risque de modification génétique comme la trisomie 21, de fausses-couches ou encore d’échecs d’implantation embryonnaire. En réponse à ce phénomène, la médecine de la reproduction s’est mise à l’air du temps et de nos jours il est désormais possible de préserver sa fertilité jusqu’au moment choisi par la femme ou le couple de devenir parents. Le procédé est très simple : la femme se soumet à une légère stimulation ovarienne dans le but d’obtenir un large nombre d’ovocytes qui seront cryopréservés à -196ºC par vitrification, une technique qui permet d’éviter la formation de cristaux, garantissant une conservation optimale.

Le don d'ovocytes est devenu une option pour les femmes qui souhaitent concevoir après avoir dépassé l'âge où leurs propres ovocytes sont viables ou de bonne qualité. Cette technique consiste à implanter dans l'utérus de la receveuse un ovocyte provenant d'une donneuse, fécondé par le sperme du partenaire de la receveuse.

Risques et bénéfices du don d'ovocytes

Le don d'ovocytes offre de nombreux avantages, notamment la possibilité pour les femmes de devenir mères malgré une infertilité liée à l'âge ou à d'autres facteurs. Cependant, il est essentiel de prendre en compte les risques potentiels associés à cette technique.

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Risques pour la mère

Les grossesses issues d'un don d'ovocytes, a fortiori si elles sont multiples, sont davantage à risque. La fréquence de la pré-éclampsie, une maladie qui se caractérise par une tension artérielle élevée, est multipliée par quatre, passant de 2,8 % à 11,2 %. De plus, les grossesses par don d’ovocyte après 40 ans conjuguent les risques des grossesses tardives et ceux du don d’ovocyte. Après don d’ovocyte, les risques de prééclampsie et de prématurité sont supérieur à ceux des grossesses obtenues par FIV avec ses propres ovocytes.

Il est important de noter que les femmes de 40 ans et plus ont un meilleur statut socio-économique que les plus jeunes, se prêteraient mieux au suivi prénatal et ont une perception plus positive de leur grossesse.

Risques pour l'enfant

Certaines mauvaises surprises peuvent survenir au cours développement de l’enfant. D’abord les caractères tant génétiques qu’épigénétiques hérités de la mère biologiques peuvent se révéler à tout moment, même tardivement. En outre, des effets de la cryoconservation, de l’hyperovulation, des méthodes de fécondation ou de la culture in vitro sur la reprogrammation épigénétique de l'embryon sont possibles.

Bénéfices potentiels pour l'enfant

Plusieurs études soulignent un effet positif sur le devenir comportemental et cognitif de ces enfants.

L'épigénétique et le don d'ovocytes

L'épigénétique est un domaine de recherche en plein essor qui étudie comment l'environnement et les expériences de vie peuvent modifier l'expression des gènes sans altérer la séquence ADN elle-même. Ces modifications épigénétiques peuvent être transmises de génération en génération, influençant ainsi le développement et la santé des individus.

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Une femme donneuse d’ovocyte ne donne donc pas une cellule « neutre », vierge de toute influence, et réductible à la séquence génétique vectrice de sa contribution aux caractères somatiques de l’enfant, tels que la couleur des yeux ou des cheveux. Dans la FIV avec don d’ovocytes (FIVDO), il n’y a pas de traits communs entre la mère gestante et l’enfant (qui porte les caractères de sa mère biologique). Cependant, l’implantation dans son utérus de l’œuf fécondé va à son tour créer un environnement physique et émotionnel nouveau, au sein duquel d’autres méthylations pourraient avoir lieu, qui à leur tour renforceraient le lien néo-maternel, et influenceraient le développement fœtal. De sorte que certains témoignages évoquent une ressemblance entre les mères et leurs enfants issus du don d’ovocyte, en dépit de leur absence de parenté génétique. Une enquête anthropologique menée auprès des parents d’intention a montré que ceux-ci « bricolent » une interprétation de l’épigénétique à leur façon pour mieux se convaincre d’un tel lien et « naturaliser » leur parenté sociale. Pour résumer leur point de vue, la mère biologique, murée dans l’invisibilité de son anonymat, ne transmettrait « que » les gènes, tandis que la receveuse transmettrait « le sang » et donc la vie. Le rôle épigénétique du gamète paternel est moins connu, mais on voit par exemple que l'ADN méthylé du sperme d'hommes obèses ayant bénéficié d’une chirurgie bariatrique est remodelé après l'opération. Quoique certains effets soient encore très controversés, comme la transmission de traumatismes psychiques violents, tels que ceux vécus par les victimes de la Shoah ou du génocide rwandais, l’épigénétique s’implique dans de nombreux phénomènes, à commencer par les différences de trajectoire médicale existant entre les vrais jumeaux.

L'intérêt pour la DOHaD (Developmental Origins of Health and Disease), notamment au cours de la fameuse période des 1000 jours à compter de la conception, va être stimulé par les nouvelles configurations que propose les procréations avec tiers donneur.

Grossesse tardive : Risques et Précautions

La notion de grossesse tardive a évolué avec le temps. En 1958, les femmes de 35 ans et plus (elderly gravidas des articles anglo-saxons) étaient considérées comme des gestantes âgées par la Fédération internationale de gynécologie obstétrique (Figo). Une nouvelle expression a été récemment créée pour définir les grossesses après 45 ans, pour lesquelles on parle désormais d'âge maternel très avancé (very advanced maternal age) et de grossesse ultra-tardive.

Les risques pour la femme et pour l’enfant augmentent avec l’âge maternel : augmentation des anomalies chromosomiques et des fausses couches spontanées (si la grossesse provient de l’ovocyte de la femme), du diabète gestationnel, de l’hypertension artérielle, de la prématurité, des taux de césariennes, de la mortalité in utero et périnatale et de la mortalité maternelle. Ces risques s’aggravent au-delà de 45 ans et plus encore au-delà de 50 ans. Ils devraient être mieux connus et mieux pris en compte dans le suivi de ces grossesses afin de ne pas les banaliser. La littérature est unanime, les maladies chroniques préexistantes à la grossesse sont toutes plus fréquentes chez les femmes de 40 ans et plus : hypertension artérielle (HTA), diabète, obésité, fibromes, dysfonctionnement thyroïdien, antécédent de pathologie cardiaque et thromboembolique. Le premier écueil de ces grossesses de la quarantaine est leur taux élevé de fausses couches spontanées (FCS) liées à l’ovocyte vieillissant (en cas de grossesse avec ses propres ovocytes). On admet généralement qu'au moins 60 % de ces avortements précoces sont liés à des anomalies chromosomiques dont l'élévation avec l'âge est bien connue. Ce risque est estimé à 1,6 % à 38 ans, 2,21 % à 40 ans et 4 % à 42 ans. La trisomie 21 représente la moitié des atteintes chromosomiques imputables à l'âge maternel. En France, dans la dernière enquête publiée en 2024 sur la mortalité maternelle entre 2016 et 2018, le risque de mortalité est multiplié par 2,6 pour les femmes âgées de 35-39 ans, et par 5 à partir de 40 ans, par rapport aux femmes âgées de 20 à 24 ans (Deneux-Tharaux C, Saucedo M).

Précautions

Au total, il faudrait que ces grossesses soient reconnues comme des grossesses à haut risque par les praticiens et les femmes elles-mêmes. Trop souvent les futures mères âgées surtout si elles ont bénéficié d’une assistance médicale à la procréation (et encore plus s’il s’agit d’un don d’ovocyte) ont tendance à banaliser cette grossesse et à vouloir privilégier la nature allant parfois jusqu’à nier le don d’ovocyte à l’origine de la grossesse et refusant toute médicalisation.

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Infertilité : Causes et Solutions

De plus en plus de femmes fondent une famille tardivement, et l’âge moyen pour une première grossesse en Europe est aujourd’hui de 29-30 ans. Nombreuses sont celles qui s’interrogent sur l’âge optimal pour tomber enceinte et sur les implications d’une grossesse tardive. Les médecins Livi conseillent de s’informer sur les risques potentiels et leurs moyens de prévention. En effet, si vous êtes en bonne santé, il est fort probable que votre grossesse se passe bien et que votre bébé naisse lui aussi en bonne santé. Il est par ailleurs normal de ne jamais vraiment se sentir prêt à devenir parent.

Causes de l'infertilité

  • Chez la femme: 20% des cas avérés d’infertilité féminine sont dus à des anomalies de l’ovulation, qu’elles se traduisent par une absence totale d’ovulation, ou par une mauvaise qualité de l’ovocyte. L’infertilité peut également résulter de troubles mécaniques : l’obstruction des trompes de Fallope liée à une infection, anomalie d’implantation de l’embryon comme dans l’endométriose, absence d’utérus, malformation du col de l’utérus, ou encore anomalie de la qualité de la glaire cervicale.
  • Chez l'homme: Les problèmes de fécondité peuvent aussi être liés à l’infertilité masculine, en cause à l’heure actuelle dans 30 à 50% des cas. De nombreux facteurs, tels que l'âge et le mode de vie, influent sur la diminution de la fertilité masculine. Le surpoids, l’obésité, l'exposition des testicules à une forte chaleur régulière ou encore la consommation de tabac ou de cannabis sont susceptibles de jouer un rôle négatif à chacune des étapes de la reproduction chez l’homme. En cause : l’altération de la qualité du sperme. Des dysfonctionnements sexuels, comme des troubles de l’érection ou de l’éjaculation, peuvent également être directement responsables d’infécondité ou s’ajouter aux autres causes.

Solutions

Si vous essayez de concevoir depuis un à deux ans sans succès, une consultation médicale devient nécessaire. Cette consultation peut avoir lieu plus tôt, souvent après 6 mois d'essais infructueux, si la femme a plus de 35 ans ou s'il existe une maladie de l'appareil génital connue ou suspectée chez l’un des partenaires. Cette consultation médicale doit se faire en présence des deux membres du couple : vous êtes tous les deux concernés par l'exploration de l'infertilité.

Risques d'une Grossesse Tardive pour la Mère et l'Enfant

Risques pour la mère

Au cours de la grossesse il y a un risque accru d’hypertension artérielle et de diabète. Cette hypertension et ce diabète, dits gestationnels lorsqu’ils surviennent pendant la grossesse, sont systématiquement recherchés par les soignants (médecins ou sage-femmes) chez la femme enceinte. Ce risque est encore augmentée avec l’âge de la femme enceinte. Il faut donc tenir compte de ces risques si l’on envisage une grossesse après 40 ans. Dans le cas d’une fécondation in vitro (FIV), si le recours à un don d’ovocyte est nécessaire, ce qui est plus souvent le cas après 40 ans, le risque d’hypertension et de pré-éclampsie sera augmentée par rapport à une FIV classique.

Par ailleurs, grossesse tardive ou non, il est tout à fait normal de ressentir de l’anxiété à l’idée d’accoucher. Les raisons les plus courantes de ce stress sont la crainte de la douleur ou l’idée qu’il puisse arriver quelque chose au bébé. Cette anxiété a un nom : la tokophobie. Les symptômes peuvent aller de l’angoisse modérée à une détresse sévère. La tokophobie touche 14 % des femmes dans le monde : vous n’êtes pas seule ! Toutes les femmes peuvent un jour y être confrontées et ses conséquences peuvent être importantes, mais, comme toute phobie, cette pathologie peut être traitée.

Risques pour l'enfant

Les principaux risques pour l’enfant dans le cas d’une grossesse tardive sont l’augmentation des fausses couches et celui des anomalies chromosomiques. Ces informations peuvent être stressantes mais sont à relativiser car si le risque de fausse-couche augmente à partir de 30 ans (environ 20%), il reste très peu élevé chez les femmes de 25 à 29 ans (environ 10 %).

Dépistage de la trisomie

La trisomie 21 est l’une des anomalies chromosomiques les plus fréquentes. Elle concerne environ 1 grossesse sur 400. En France, toutes les femmes ont la possibilité de réaliser un dépistage de la trisomie 21 au cours de leur grossesse. Ce dépistage, pris en charge par l’Assurance Maladie, n’est pas obligatoire. Vous êtes libre de choisir si vous souhaitez ou non le réaliser, et votre consentement écrit sera demandé à chaque étape du dépistage.

Grâce à une échographie et des prises de sang, le dépistage évalue la probabilité que le fœtus ait ou non une trisomie 21. Un diagnostic par analyse des chromosomes du fœtus suite à un prélèvement à travers le ventre, ou amniocentèse, pourra ainsi être proposé uniquement aux femmes chez qui cette probabilité est très élevée.

L'Âge Idéal pour Tomber Enceinte et Comment Augmenter Ses Chances

Le pic de fertilité survient vers l’âge de 25 ans, mais il n’y a pas d’âge optimal pour avoir un bébé. En revanche, si vous avez rencontré quelqu’un avec qui vous voulez avoir des enfants, il est judicieux de parler régulièrement de ce souhait avec votre partenaire afin de vous assurer qu’il est partagé, et de ne pas trop repousser la prise de décision. On ne se sent jamais vraiment prêt à être parent, et il est tout à fait normal d’avoir des doutes à ce sujet. Si c’est le cas, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin.

Comment augmenter ses chances de tomber enceinte après 35 ans ?

Plusieurs facteurs peuvent faciliter la survenue d’une grossesse après 35 ans, à commencer par l’adoption d’un mode de vie le plus sain possible :

  • Arrêter de fumer ;
  • Réduire sa consommation d’alcool ;
  • Faire du sport et manger équilibré ;
  • Réduire la caféine.

Comment Préserver la Santé Pendant la Grossesse

Faire du sport, avoir une alimentation équilibrée et prendre de l’acide folique favorisent les chances de conception.

Dès lors que vous espérez tomber enceinte, vous pouvez prendre 400 microgrammes d’acide folique par jour. Ce traitement sera poursuivi jusqu’à 12 semaines de grossesse. Il permet de réduire le risque de certains problèmes de développement du fœtus lors des premières semaines.

L'importance de l'activité physique

L’activité physique pendant la grossesse regorge de bienfaits dont la liste ne cesse de s’allonger à mesure des études réalisées sur le sujet :

  • Diminution de la prise de poids ;
  • Diminution des douleurs musculo-ligamentaires du dos et du pelvis ;
  • Amélioration de l'humeur et de l'estime de soi durant la grossesse mais également dans ses suites ;
  • Diminution du stress et de l'anxiété pendant et après la grossesse ;
  • Diminution des dits « petits maux » de la grossesse : nausées, crampes nocturnes au niveau des jambes, gonflements des jambes, constipation ;
  • Amélioration des troubles du sommeil liés à la grossesse ;
  • Diminution du risque de diabète gestationnel.

L'Accouchement lors d'une Grossesse Tardive

Après 40 ans, l’accouchement peut être plus difficile. Lors du travail, il est possible que vous ayez besoin d’une surveillance rapprochée, car des études montrent que le risque de complications augmente légèrement avec l’âge. Ces complications incluent un risque de déchirure des tissus du périnée, moins élastiques avec l’âge, un accouchement déclenché ou par césarienne, ou encore d’autres interventions.

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