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Mortalité maternelle en Afrique : Causes, conséquences et solutions

La mortalité maternelle en Afrique subsaharienne demeure un problème de santé publique majeur, malgré les efforts déployés à l'échelle mondiale pour la réduire. Ce phénomène complexe est influencé par une multitude de facteurs interdépendants, allant des conditions socio-économiques précaires aux systèmes de santé défaillants, en passant par les pratiques culturelles néfastes et les inégalités d'accès aux soins. Comprendre ces causes profondes est essentiel pour élaborer des stratégies efficaces et durables visant à améliorer la santé maternelle et infantile sur le continent.

Un problème de santé publique persistant

En 2015, plus de 300 000 femmes sont décédées dans le monde des suites de complications liées à la grossesse ou à l'accouchement. Bien que les décès maternels soient en forte régression à l'échelle mondiale, l'Afrique reste disproportionnellement touchée. Le Nigeria est le pays du monde où cette mortalité est la plus élevée, après l'Inde. 50 000 femmes meurent ainsi chaque année. Le risque de décès maternel varie fortement : 1 sur 180 accouchements en Afrique contre 1 sur 4900 dans les pays développés.

Facteurs socio-économiques

La pauvreté, le faible niveau d'éducation des femmes et les inégalités de genre sont des facteurs socio-économiques majeurs qui contribuent à la mortalité maternelle en Afrique. Les femmes vivant dans la pauvreté ont souvent un accès limité à une alimentation adéquate, à l'eau potable et à l'assainissement, ce qui les rend plus vulnérables aux complications pendant la grossesse et l'accouchement.

Des niveaux d’éducation très bas, en particulier chez les femmes, et des attitudes et pratiques culturelles discriminatoires font obstacle à la réduction du taux élevé de mortalité maternelle. Le niveau de vie est un facteur discriminant, la tradition en est un autre. Dans le pays, les femmes sont ainsi mariées très jeunes, et se retrouvent enceintes également très jeunes. Un âge où la grossesse peut s’avérer dangereuse.

L'impact des systèmes de santé fragiles

Les systèmes de santé africains sont souvent confrontés à des défis majeurs, tels que le manque de personnel qualifié, le manque d'équipement médical adéquat et la pénurie de médicaments essentiels. Ces lacunes rendent difficile la fourniture de soins de qualité aux femmes enceintes, en particulier dans les zones rurales et éloignées.

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Au cours des cinquante dernières années, 75% des maternités qui jalonnaient le pays ont fermé. Sur les 1369 maternités que comptait la France en 1975, il n’en restait plus que 457, en décembre 2024.

Pratiques culturelles et traditionnelles

Dans certaines communautés africaines, les pratiques culturelles et traditionnelles peuvent nuire à la santé maternelle. Par exemple, les mariages précoces et les grossesses précoces sont courants dans certaines régions, ce qui augmente le risque de complications pour les jeunes mères. Traditionnellement donc, les femmes accouchent à la maison (90%, chiffre de 2003). Au Nigeria pauvre, on préfère l’aide des accoucheuses traditionnelles, affectueuses et surtout plus compréhensives pour le paiement des actes.

Inégalités d'accès aux soins

Les inégalités d'accès aux soins de santé sont un autre facteur clé de la mortalité maternelle en Afrique. Les femmes vivant dans les zones rurales, les femmes pauvres et les femmes appartenant à des groupes minoritaires sont souvent confrontées à des obstacles supplémentaires pour accéder aux soins de santé nécessaires.

À l’heure actuelle, plus de 900 000 femmes en âge de procréer vivent à plus d’une demie-heure d’une maternité et la part de celles résidant à plus de 45 minutes a augmenté de 40% depuis 2000.

Solutions potentielles

Pour réduire la mortalité maternelle en Afrique, il est essentiel d'adopter une approche globale et multisectorielle qui s'attaque aux causes profondes du problème. Voici quelques solutions potentielles :

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  • Renforcer les systèmes de santé : Il est essentiel d'investir dans le renforcement des systèmes de santé africains, en améliorant la formation du personnel, en fournissant des équipements médicaux adéquats et en assurant la disponibilité des médicaments essentiels.
  • Améliorer l'accès aux soins de santé : Il est important de supprimer les obstacles financiers, géographiques et culturels qui empêchent les femmes d'accéder aux soins de santé nécessaires. Cela peut inclure la mise en place de programmes de subventions pour les soins de santé, l'amélioration des infrastructures de transport et la sensibilisation aux services de santé disponibles.
  • Promouvoir l'éducation des femmes : L'éducation des femmes est un facteur clé de l'amélioration de la santé maternelle. Les femmes éduquées sont plus susceptibles de prendre des décisions éclairées concernant leur santé et de rechercher des soins médicaux appropriés.
  • Lutter contre les inégalités de genre : Il est essentiel de lutter contre les inégalités de genre et de promouvoir l'autonomisation des femmes. Cela peut inclure la lutte contre les mariages précoces et les grossesses précoces, la promotion de l'accès des femmes à l'éducation et à l'emploi, et la lutte contre la violence basée sur le genre.
  • Soutenir les initiatives communautaires : Les initiatives communautaires peuvent jouer un rôle important dans l'amélioration de la santé maternelle. Ces initiatives peuvent inclure la formation d'agents de santé communautaires, la mise en place de groupes de soutien aux femmes enceintes et la sensibilisation aux pratiques de santé sûres.

Mortalité infantile en France : un signal d'alarme

Si la situation en Afrique est particulièrement préoccupante, il est important de noter que la mortalité infantile est également en hausse dans certains pays développés, comme la France. Cette tendance inquiétante souligne la nécessité de rester vigilant et de prendre des mesures pour garantir la santé des mères et des enfants, quel que soit leur lieu de résidence.

En mai dernier, l'Assemblée nationale a adopté un texte instaurant un moratoire de trois ans sur la fermeture des maternités. Ce texte doit poursuivre son parcours législatif en passant au Sénat cet automne. Début 2024, le Président Macron annonçait un congé de naissance et un plan contre l'infertilité en vue du « réarmement démographique » du pays, expression qui avait suscité de nombreux remous. Mais si les chiffres de chute de la natalité sont connus (en baisse de 7,9% en 2024, par rapport à 2023, et de 21,5% par rapport à 2010), d'autres le sont un peu moins, et sont à l'origine du moratoire : ceux sur la mortalité infantile, en forte hausse en France.

Chaque année, près de 700 000 enfants naissent en France. Parmi eux, plus de 2700 n’iront pas au bout de leur première année, soit 1 enfant sur 250. Sur 1000 naissances vivantes, 4,1 bébés perdent la vie avant même de véritablement la commencer. C’est 116 classes de maternelles en moins. La France fait ainsi figure de cas unique en Europe : le pays où la mortalité infantile remonte en flèche. En 1994, celle-ci était de 6 pour 1000, soit 6%, et a atteint son niveau le plus bas en 2011, soit à 3,5%. Depuis, elle ne cesse de remonter.

Facteurs contribuant à la mortalité infantile en France

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette augmentation de la mortalité infantile en France :

  • Fermeture des maternités de proximité : Au cours des cinquante dernières années, 75% des maternités qui jalonnaient le pays ont fermé. Cette concentration des services de maternité peut entraîner des difficultés d'accès aux soins pour les femmes vivant dans les zones rurales ou éloignées.
  • Inégalités sociales : Les inégalités sociales peuvent également jouer un rôle dans la mortalité infantile. Les enfants issus de familles défavorisées sont plus susceptibles de souffrir de problèmes de santé et de ne pas avoir accès aux soins nécessaires.
  • Prise en charge des naissances prématurées : La France a pris du retard dans la prise en charge des naissances prématurées, ce qui peut contribuer à une augmentation de la mortalité infantile.
  • Racisme et discriminations dans le milieu médical : Les femmes racisées et/ou issues de catégories sociales défavorisées sont plus à risque de mourir en couches ou de perdre leur bébé. Le racisme dans le milieu médical peut entraîner un manque d'écoute, une infantilisation et des violences obstétricales.

Mesures à prendre en France

Pour inverser cette tendance et réduire la mortalité infantile en France, il est nécessaire de prendre des mesures dans plusieurs domaines :

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  • Maintenir les maternités de proximité : Il est important de maintenir les maternités de proximité et de garantir un accès équitable aux soins pour toutes les femmes, quel que soit leur lieu de résidence.
  • Lutter contre les inégalités sociales : Il est essentiel de lutter contre les inégalités sociales et de garantir que toutes les familles ont accès aux ressources et aux services dont elles ont besoin pour élever des enfants en bonne santé.
  • Améliorer la prise en charge des naissances prématurées : La France doit investir dans l'amélioration de la prise en charge des naissances prématurées et garantir que tous les bébés prématurés reçoivent les soins dont ils ont besoin.
  • Lutter contre le racisme et les discriminations dans le milieu médical : Il est essentiel de lutter contre le racisme et les discriminations dans le milieu médical et de garantir que toutes les femmes sont traitées avec respect et dignité.

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