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"Dim Dam Dom" : Une Révolution Télévisuelle Féminine et Culturelle

L'émission "Dim Dam Dom", diffusée de 1965 à 1970, a marqué une rupture significative dans le paysage audiovisuel français. Ce magazine, se voulant "féminin" tout en s'adressant également aux hommes, a brisé de nombreux codes établis, imposant un dynamisme, une diversité, une ouverture et une invention qui ont laissé une influence durable, notamment dans l'art de la mise en images.

Contexte d'Émergence : Les Années 1960 en Effervescence

Les années 1960 furent une période de profonds bouleversements culturels. L'épopée des Beatles et l'apparition de la minijupe symbolisent cette révolution. En France, après la guerre d'Algérie, une nouvelle génération, celle des baby-boomers adolescents, écoutait "Salut les copains" et affichait une jeunesse "dans le vent". Le monde adulte devait composer avec cette effervescence.

En 1965, l'Office de radiodiffusion télévision française (ORTF) lança une deuxième chaîne, offrant ainsi de nouvelles opportunités pour des programmes innovants. Parmi ces nouveautés, "Dim Dam Dom" émergea comme un magazine inclassable, au titre reflétant l'air du temps yé-yé.

"Dim Dam Dom" : Un Magazine Inclassable

Le titre "Dim Dam Dom" était un clin d'œil à sa diffusion dominicale (Dim), à sa cible principale, les femmes (Dam), et à sa volonté de s'adresser également aux hommes (Dom). Mais surtout, ce titre signalait une émission qui ne ressemblait à rien de connu.

Daisy de Galard, productrice de l'émission et membre éminent de la rédaction de Elle, souhaitait se démarquer du "Magazine féminin" traditionnel, jugé ronronnant et cantonné à des sujets tels que la couture et la cuisine. Avec le concours inattendu de Michel Polac, elle entendait proposer une alternative moderne et audacieuse.

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Rupture avec les Codes Télévisuels Traditionnels

À l'opposé du "Magazine féminin", qui s'apparentait au "Petit écho de la mode" de la presse, "Dim Dam Dom" s'inspirait de l'esprit novateur du magazine Elle, alors au sommet de sa modernité et de sa réputation internationale. L'émission visait des femmes en cours d'émancipation, intéressées par un large éventail de sujets.

L'image primait sur le commentaire, la diversité et la surprise étaient privilégiées, et la présentation était résolument originale. Les rubriques traditionnelles étaient revisitées et mêlées à des séquences insolites, souvent à caractère culturel, faisant appel à des talents prometteurs et à des célébrités inattendues.

Un Mécange Éclectique de Rubriques et d'Intervenants

Le sommaire de l'émission du 30 avril 1965 illustre parfaitement ce mélange des genres. "La mode de Saint-Tropez" était confiée à Jean-Christophe Averty, réalisateur provocateur qui bousculait les conventions de l'ORTF avec ses acrobaties visuelles, d'autant plus remarquables que les moyens techniques étaient limités (noir et blanc et pellicule). Ce défilé tropézien, étonnamment moderne, inspira de futurs cinéastes tels que Just Jaeckin.

"Une moitié vue par l'autre" présentait le quotidien de la comédienne Françoise Brion, filmée par Jacques Doniol-Valcroze, figure de la Nouvelle Vague. La rubrique "Marguerite Duras interroge" permettait à la romancière de recueillir les confidences d'anonymes, comme François, 7 ans.

Des personnalités littéraires figuraient régulièrement au menu de l'émission. Michel Polac avait contacté Aragon, qui avait suggéré Visconti pour réaliser son portrait, mais le budget de "Dim Dam Dom" ne le permettait pas. C'est finalement Agnès Varda qui s'en chargea.

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L'émission proposait également des reportages sur des sujets variés, tels que "Le couronnement du genou" (sur le vaccin antipolio) et "Savoir acheter ses pommes de terre", tout en conservant une approche visuelle originale et ludique.

Enfin, "Vivre avec Picasso" offrait un entretien entre Françoise Gilot, ex-épouse du peintre, et Pierre Dumayet, star des émissions culturelles "Cinq colonnes à la une" et "Lecture pour tous". Ce décalage entre les genres et les personnalités était une marque de fabrique de "Dim Dam Dom".

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