Le diabète gestationnel, souvent appelé "diabète de grossesse", est une condition caractérisée par une hyperglycémie (taux de glucose élevé dans le sang) qui se manifeste pendant la grossesse et disparaît généralement après l'accouchement. Il est essentiel de comprendre cette condition, ses méthodes de dépistage, les valeurs seuils associées, le suivi nécessaire et les raisons pour lesquelles un traitement est crucial, sans oublier les risques potentiels pour le bébé.
Qu'est-ce que le diabète gestationnel ?
Le diabète gestationnel est défini par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable, apparaissant ou étant diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse. En d'autres termes, il s'agit d'une intolérance aux glucides, entraînant un excès de sucre dans le sang. Chez une femme enceinte non diabétique, le pancréas s’adapte et la sécrétion d’insuline augmente progressivement au cours de la grossesse.
Pourquoi le diabète gestationnel est-il préoccupant ?
Lorsqu'une femme enceinte a un diabète gestationnel, cela signifie qu'il y a trop de glucose (sucre) dans son sang. Ce glucose traverse le placenta et parvient au fœtus, ce qui peut entraîner une croissance trop rapide du bébé par rapport à l'avancement de la grossesse. Cette situation peut provoquer un poids élevé à la naissance (macrosomie), compliquant potentiellement l’accouchement.
De plus, sans une prise en charge appropriée, le diabète gestationnel peut avoir des conséquences néfastes pour la mère, augmentant le risque de pré-éclampsie pendant la grossesse et de développement d'un diabète de type 2 à long terme après la grossesse.
Dépistage du diabète gestationnel
Le dépistage du diabète gestationnel est crucial pour identifier rapidement la condition et mettre en place une prise en charge adaptée. Voici les étapes clés du dépistage :
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Premier trimestre
Au premier trimestre de la grossesse, le dépistage se fait par la mesure d’une glycémie veineuse chez une femme à jeun depuis au moins 8 heures. Si la glycémie à jeun est ≥ 1,26 g/L, la femme est considérée comme ayant un diabète de type 2 préexistant. Pour les femmes présentant des facteurs de risque, un premier test de glycémie à jeun est recommandé, idéalement avant la conception ou dès l’intention d’avoir un enfant, afin de détecter un diabète de type 2 antérieur à la grossesse et passé inaperçu.
Deuxième trimestre
Le dépistage principal a lieu entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée (absence des règles). Il consiste en la réalisation d’une HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale). Une prise de sang est réalisée à jeun, puis une et deux heures après l’absorption de 75 g de sucre.
Facteurs de risques
Depuis 2010, en France, le dépistage du diabète gestationnel se concentre en priorité sur les femmes présentant des facteurs de risques, notamment :
- L’âge de la mère au moment de sa grossesse (35 ans et plus)
- Le poids de la femme avant sa grossesse (IMC de plus de 25)
- La préexistence de personnes atteintes de diabète dans la famille de la femme enceinte (parents, frères ou sœurs)
- Le développement d’un diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse
- La naissance d’un bébé de 4 kilos ou plus
Si la femme enceinte ne présente pas au moins un de ces facteurs de risques, on recherchera un diabète gestationnel seulement en cas d’hydramnios (quantité trop importante de liquide amniotique) ou de biométries fœtales (mesures de la dimension du fœtus) supérieures ou égales au 97e percentile. Il est important de noter qu’une jeune femme qui n’est ni en situation d’obésité ni en surpoids et avec une bonne hygiène de vie peut développer un diabète gestationnel.
Valeurs seuils pour le diagnostic
Le diagnostic de diabète gestationnel est posé si une seule des valeurs de glycémie suivantes est dépassée lors de l'HGPO :
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- Glycémie à jeun : ≥ 0,92 g/L (5,1 mmol/L)
- Glycémie à 1 heure : ≥ 1,80 g/L (10 mmol/L)
- Glycémie à 2 heures : > 1,53 g/L (8,5 mmol/L)
Auparavant, on distinguait encore les femmes ayant une intolérance au sucre et celles ayant un diabète gestationnel. Aujourd’hui, le test dit de O’Sullivan a été supprimé. Dorénavant, on utilise d’emblée le test d’HGPO à 75 g de glucose.
Symptômes du diabète gestationnel
Le diabète gestationnel est asymptomatique dans la très grande majorité des cas. Cependant, parmi les signes ou symptômes qui peuvent indiquer sa présence, on peut noter :
- Une soif intense (polydipsie)
- Le besoin fréquent d'uriner (polyurie)
- Une fatigue prononcée
- Une vision floue
- Une prise de poids excessive
- Des infections fréquentes
Conséquences potentielles du diabète gestationnel
Le diabète gestationnel peut entraîner des complications pour la mère et l'enfant, principalement pendant la période périnatale (pendant la grossesse et après l'accouchement).
Pour la mère
- Pré-éclampsie : La complication la plus grave est la survenue d’une pré-éclampsie (ou toxémie gravidique), un dysfonctionnement du placenta associant hypertension artérielle, prise de poids, œdèmes et présence de protéines dans les urines.
- Accouchement par césarienne : Le diabète gestationnel est associé à un risque accru de césarienne.
- Accouchement prématuré
- Risque de développer un diabète de type 2 après la grossesse : Une mère ayant développé un diabète gestationnel a en effet 7 fois plus de risques de développer un diabète de type 2.
- Risque accru de maladies cardiovasculaires
Pour l'enfant
- Macrosomie fœtale : Le glucose en excès chez la mère est transmis au fœtus en surplus, entraînant une réserve calorique excédentaire stockée dans les organes de l’enfant. La macrosomie, qui désigne un poids à la naissance supérieur à 4 kg, peut entraîner un accouchement difficile et des complications pour l’enfant. Le risque le plus fréquent est la macrosomie fœtale (15 %).
- Détresse respiratoire
- Dystocie des épaules : L’épaule du fœtus se loge contre l’os pubien ou le sacrum de la mère, le bloque dans le canal vaginal.
- Hypoglycémie néonatale : Le nouveau-né peut aussi, mais beaucoup plus rarement, avoir des hypoglycémies dans les quelques heures qui suivent la naissance. Cette complication survient surtout lorsque le diabète était déséquilibré en fin de grossesse et en cas de macrosomie fœtale.
- Risque de développer plus tard un diabète de type 2
Prise en charge et traitement du diabète gestationnel
Si vous êtes diagnostiquée avec un diabète gestationnel, votre professionnel de la santé vous proposera un "plan de traitement" adapté à vos besoins spécifiques. Les clefs d'un traitement réussi s'appuient sur un dispositif qui comprend :
- La motivation de la femme enceinte
- Son autosurveillance glycémique régulière
- Des mesures hygiéno-diététiques
- Le suivi de l’évolution de la grossesse et du diabète gestationnel par un professionnel de santé
Autosurveillance glycémique et prise en charge diététique
Il est recommandé pour la femme enceinte de pratiquer l’autosurveillance glycémique, 4 à 6 fois par jour. Le taux de sucre dans le sang (glycémie) se mesure à l’aide d’un lecteur de glycémie qui est un appareil individuel de petite taille, facilement transportable. Vous pouvez mesurer vous-même votre taux de sucre au moyen de cet appareil. Vous devez vous piquer le bout du doigt avec un stylo autopiqueur pour recueillir une goutte de sang que vous allez déposer sur une petite bandelette qui est introduite dans l’appareil. Il existe également des dispositifs de mesure du glucose en continu (CGM), de plus en plus utilisés. Ces capteurs placés sous la peau permettent un suivi en continu du taux de glucose. L’objectif est de garder une glycémie à un taux acceptable, soit inférieur ou égal à 0.95g/L à jeun et inférieur à 1,20 g/L deux heures après le début du repas.
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Le premier traitement est la prise en charge diététique avec la mise en place d’une alimentation adaptée et le contrôle du poids :
- Équilibre alimentaire : Par rapport à une grossesse habituelle, les besoins nutritionnels, qui sont déterminés en fonction du poids, de la taille et de l’activité physique de la maman, ne nécessitent pas de modifications. Les objectifs de prise de poids sont également contrôlés dans les mêmes conditions qu’une grossesse classique.
- Repas fractionnés : Répartition de la prise des glucides au cours de la journée (3 repas, 2 collations).
- Calcul de la ration calorique adaptée à chaque femme
- Privilégier les fibres : Les fibres ralentissent l’absorption des glucides et donc le pic d’hyperglycémie post-prandiale en mangeant suffisamment de légumes et de fruits. Le deuxième objectif pour les repas principaux est de réduire l’index glycémique du repas en favorisant les glucides complexes contenant des fibres (légumineuses, pates ou riz complet par exemple).
En premier lieu, votre médecin vous orientera vers une diététicienne qui vous aidera à manger plus équilibré.
Activité physique
En dehors de contre-indications médicales, l’activité physique régulière et adaptée au profil de la femme enceinte est recommandée dans le cas d’un diabète gestationnel ou d’une grossesse avec un diabète.
Traitement par insuline
L'insuline est réservée aux femmes pour qui les mesures hygiéno-diététiques ne suffisent pas pour atteindre l’équilibre glycémique. Les antidiabétiques oraux sont contre-indiqués pour la femme enceinte. Des injections d’insuline rapide de type “analogues rapides” peuvent être prescrites, de même que des insulines lentes, si nécessaire. Une éducation nutritionnelle thérapeutiques peut être proposée. L’insuline s’administre par injections sous-cutanées, réalisées par vous-même après que l’on vous a montré comment faire. En cas d’échec, on débute l’insulinothérapie, par une injection bed time le soir, qui le plus souvent suffit à équilibrer la glycémie à jeun.
Si malgré un bon suivi de ces règles hygiéno-diététiques, les glycémies restent au-dessus des objectifs, l’indication de l’insuline peut être posée par votre médecin.
Suivi après l'accouchement
Votre médecin vous prescrira un dosage de la glycémie (une prise de sang) à faire 3 mois après l'accouchement pour vérifier que le diabète est bien parti. Bon à savoir, cette fois, le taux de référence ne sera plus 92 mg/dL qui est le taux de référence lors d'une grossesse.
Prévention du diabète gestationnel
Une prise en charge diététique précoce permet, dans la plupart des cas, d’éviter une insulinothérapie et ses contraintes.
Soutien et accompagnement
Si vous recherchez du soutien, n’hésitez pas à vous rapprocher de la Fédération française des Diabétiques, présente pour vous accompagner et vous soutenir, dans toutes les étapes de votre vie de femme. Différentes actions sont mises en place pour vous aider :
- Notre programme d’accueil spécial diabète gestationnel
- La Ligne Écoute Solidaire
- Nos programmes Slow Diabète
- Des associations locales au plus près de chez vous
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