Loading...

Diabète gestationnel et risque de petit poids chez le bébé : Comprendre et gérer

Le diabète gestationnel, souvent appelé «diabète de grossesse», est un trouble de la régulation du glucose (glycémie) qui entraîne un excès de sucre dans le sang. Il touche une femme enceinte sur 10 et survient généralement à la fin du deuxième trimestre. La sévérité de cette hyperglycémie est variable d’une femme à l’autre. Bien que cette condition puisse susciter des inquiétudes, une prise en charge adéquate permet de minimiser les risques pour la mère et l'enfant. Cet article vise à fournir des informations complètes sur le diabète gestationnel, ses causes, ses risques potentiels, son diagnostic, sa prise en charge et son impact sur le poids du bébé.

Qu'est-ce que le diabète gestationnel ?

Selon l’OMS*, le diabète gestationnel est un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable, débutant ou diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse. La grossesse est dite diabétogène car, pendant cette période, il existe un état d’insulinorésistance. En effet, chez la femme enceinte non diabétique, le pancréas s’adapte et la sécrétion d’insuline augmente au fur et à mesure de la grossesse. Le diabète gestationnel peut parfois passer inaperçu tout comme le diabète de type 2 pendant de nombreuses années.

Causes et facteurs de risque

Aujourd’hui, les facteurs de risque du diabète gestationnel sont mieux identifiés. Parmi les plus courants, il y a la grossesse tardive, le surpoids et l’obésité.

Dépistage et diagnostic

Il n’y a pas d’intérêt à dépister toutes les femmes. Seules celles qui sont à risque bénéficient du dépistage. Au premier trimestre de la grossesse, le dépistage se fait par la mesure d’une glycémie veineuse chez une femme à jeun depuis au moins 8 heures. Au deuxième trimestre, le dépistage se fait par la réalisation, entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée, d’une HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale). Une prise de sang est réalisée à jeun, puis une et deux heures après l’absorption de 75 g de sucre. Le diabète gestationnel est défini par l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) comme un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie (excès de sucre) de sévérité variable, apparaissant ou étant diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse. Il est même parfois recommandé de réaliser le dépistage avant la conception pour détecter l’existence d’un diabète de type 2 antérieur à la grossesse.

Risques pour la mère et le bébé

Le diabète gestationnel peut entraîner une augmentation du poids du bébé à la naissance et une croissance plus importante. De ce fait, l’accouchement peut être rendu plus difficile, ce qui, dans certains cas, engage même le pronostic vital de l’enfant. Le risque le plus important pour votre bébé, c’est la macrosomie, c’est à dire un poids de naissance trop important, supérieur à 4 kg, qui entraîne un accouchement difficile et des complications comme la dystocie des épaules. Pour la future maman, le risque le plus important est la pré-éclampsie ou toxémie gravidique (associant hypertension artérielle, œdèmes, prise de poids rapide). La complication la plus grave et la plus fréquente est la survenue d’une prééclampsie, c’est-à-dire une toxémie gravidique pouvant associer prise de poids, œdèmes et hypertension artérielle. On observe également un risque plus élevé d’accouchement par césarienne ou d’un accouchement prématuré.

Lire aussi: Prise en charge du diabète gestationnel

Impact sur le poids du bébé à la naissance

Bien que le diabète gestationnel soit souvent associé à un risque accru de macrosomie (bébé de poids élevé), il est important de noter qu'il peut également, dans certaines situations, être lié à un faible poids de naissance. Plusieurs facteurs peuvent influencer le poids du bébé :

  • Macrosomie: Le risque le plus fréquent est la macrosomie fœtale (15 %) : il s’agit d’un bébé avec un poids de naissance supérieur à 4 kg (ou d’un bébé dont le poids de naissance est supérieur au 90e percentile pour l’âge gestationnel)1. Le risque le plus important pour votre bébé, c’est la macrosomie, c’est à dire un poids de naissance trop important, supérieur à 4 kg, qui entraîne un accouchement difficile et des complications comme la dystocie des épaules.
  • Hypoglycémie: Le nouveau-né peut aussi, mais beaucoup plus rarement, avoir des hypoglycémies dans les quelques heures qui suivent la naissance. Cette complication survient surtout lorsque le diabète était déséquilibré en fin de grossesse et en cas de macrosomie fœtale.
  • Retard de croissance intra-utérin (RCIU): Dans certains cas, qui représentent environ 50.000 naissances par an en France, le faible poids de naissance d’un bébé né à terme est lié à une anomalie de la croissance du fœtus ou retard de croissance intra-utérin (RCIU). Des modifications épigénétiques (des modifications de l’expression des gènes) induites par l’altération du milieu intra-utérin, par exemple par des modifications des nutriments apportés au fœtus, sont suspectées d’être à l’origine d’un défaut de croissance des organes. Ainsi, le pancréas par exemple pourrait voir diminuer son nombre de cellules béta du pancréas (celles qui sécrètent l’insuline), ce qui pourrait favoriser la survenue ultérieure d’un diabète. Même chose pour le rein, qui aurait moins d’unités fonctionnelles à la naissance, facteur de risque d’hypertension ou encore pour le développement cérébral, ce qui pourrait augmenter le risque de troubles psychiatriques.

Prise en charge et traitements

La prise en charge du diabète gestationnel repose sur l’autosurveillance glycémique et les mesures hygiéno-diététiques.

  1. Autosurveillance glycémique: A l’aide d’un lecteur de glycémie qui vous est prescrit par votre médecin, vous allez mesurer votre taux de glycémie 4 à 6 fois par jour. C’est ce qu’on appelle l’autosurveillance. Le taux de sucre dans le sang (glycémie) se mesure à l’aide d’un lecteur de glycémie qui est un appareil individuel de petite taille, facilement transportable. Vous pouvez mesurer vous-même votre taux de sucre au moyen de cet appareil. Vous devez vous piquer le bout du doigt avec un stylo autopiqueur pour recueillir une goutte de sang que vous allez déposer sur une petite bandelette qui est introduite dans l’appareil. Il existe également des dispositifs de mesure du glucose en continu (CGM), de plus en plus utilisés. Ces capteurs placés sous la peau permettent un suivi en continu du taux de glucose.
  2. Diététique: La diététique est un point important de la prise en charge. Un diététicien peut aider la future maman à adopter une alimentation équilibrée. Le premier traitement du diabète gestationnel est la prise en charge diététique personnalisée, avec calcul de la ration calorique, répartition de la prise de glucides au cours de la journée (3 repas, 2 collations), en privilégiant les éléments à faible index glycémique (qui font peu monter la glycémie). La prise de fibres est également importante car elles ralentissent l’absorption des glucides et donc le pic d'hyperglycémie post-prandiale (après le repas).
  3. Activité physique: L’activité physique régulière est conseillée chez la femme enceinte en l’absence de contre-indications. Si vous ne présentez pas de contre-indication obstétricale, commencez ou poursuivez une activité physique adaptée. Il est recommandé de pratiquer cette activité environ 30 minutes de trois à cinq fois par semaine.
  4. Traitement par insuline: Un traitement par insuline peut s’avérer nécessaire si, 10 jours environ après la mise en place des règles hygiéno-diététiques, la glycémie demeure élevée. En fonction des résultats obtenus, vous pourrez dans certains cas, si les mesures hygiéno-diététiques ne suffisent pas, vous voir prescrire des injections d’insuline afin d’obtenir des glycémies dans les objectifs. L’insuline s’administre par injections sous-cutanées, réalisées par vous-même après que l’on vous a montré comment faire. La première règle est le respect des recommandations hygiéno-diététiques (qui sont d’ailleurs valables pour toute la famille) afin d’obtenir de bons résultats glycémiques : glycémie inférieure ou égale à 0,95 g/L à jeun et inférieure ou égale à 1,20 g/L deux heures après le repas. Si malgré un bon suivi de ces règles hygiéno-diététiques, les glycémies restent au-dessus des objectifs, l’indication de l’insuline peut être posée par votre médecin.

Suivi spécifique pendant la grossesse

Il est souhaitable qu’une équipe pluridisciplinaire de professionnels de santé (médecin généraliste, gynécologue, nutritionniste, diabétologue…) suive votre grossesse et votre diabète. En fonction de l’équipe médicale qui vous suit, il pourra vous être proposé des ateliers d’éducation thérapeutique où vous apprendrez en groupe, avec d’autres patientes présentant la même pathologie, à adapter votre alimentation pour parvenir à atteindre les objectifs glycémiques qui vous sont fixés. Votre objectif sera de garder jusqu’à la fin de votre grossesse une glycémie inférieure à 0,95 g/L à jeun et inférieure à 1,2 g/L deux heures après le début du repas (glycémie post-prandiale). D’un point de vue obstétrical, avec un diabète bien équilibré, le suivi de votre grossesse ne sera pas très différent de celui d'une femme non diabétique. Une échographie supplémentaire pourra être faite en fin de grossesse pour évaluer la taille de votre bébé. Si votre diabète est difficilement équilibré ou que vous présentez d'autres facteurs de risques, comme l’hypertension artérielle, par exemple, le suivi sera plus rapproché et d'autres examens pourront être prescrits pour vérifier la vitalité du fœtus.

Accouchement et post-partum

Une femme atteinte de diabète gestationnel peut accoucher dans une maternité de proximité (niveau 1), sauf en cas de prématurité, de malformation grave ou de troubles importants de la croissance fœtale. En l’absence de facteurs de risques, si le diabète gestationnel est bien équilibré, la grossesse est prise en charge comme une grossesse normale. Une césarienne pourra être proposée si le poids de votre bébé est estimé à plus de 4,200 kg. En cas de diabète gestationnel déséquilibré, un déclenchement avant terme sera envisagé, dans la mesure du possible après 39 SA (semaines d'aménorrhée) en tenant compte des risques et bénéfices pour vous et pour votre enfant.

Durant le post-partum, votre glycémie sera surveillée afin de vérifier que le diabète disparaît. Attention, le diabète gestationnel récidive fréquemment lors des grossesses ultérieures, sans que la fréquence soit précisément connue (30 à 84% des cas). Après la naissance, le risque principal pour votre bébé est l'hypoglycémie. Ce risque est plus important si vous avez reçu de l'insuline ou si votre nouveau-né a un très petit ou un très gros poids de naissance. (<10e et >90e percentile). Le cas échéant, votre bébé doit être nourri le plus tôt possible après la naissance et toutes les 2/3 heures. Sa glycémie sera surveillée, en l'absence de signes cliniques d'hypoglycémie, juste avant la tétée, à partir de la 2e tétée.

Lire aussi: Causes et symptômes du diabète insipide chez l'enfant

Risques à long terme et prévention

Si vous avez eu un diabète gestationnel, vous avez 7 fois plus de risques de développer un diabète de type 2 dans les années à venir et un dépistage de celui-ci est fortement conseillé, lors de la consultation post-natale, puis tous les 1 à 3 ans, pendant au moins 25 ans. Ce dépistage peut être effectué avec une glycémie à jeun ou une HGPO (HyperGlycémie Provoquée par voie Orale). Pour réduire le risque de développer un diabète de type 2, il est important de continuer après la grossesse à avoir une alimentation équilibrée, de contrôler son poids et de pratiquer une activité physique régulière.

Impact transgénérationnel

Une équipe américaine s’est intéressée à la relation cette fois entre diabète gestationnel et surpoids de la descendance dans l’enfance. Ainsi, les filles dont la mère a souffert de diabète gestationnel présentent un risque 3.5 fois plus élevé d’être en surpoids vers l’âge de 6-8 ans. Ce risque est 5.5 fois plus élevé si la mère est en surpoids ou obèse avant la grossesse. Pour les auteurs, surveiller ce type de diabète et le surpoids éventuel des mères « permettra de réduire la transmission intergénérationnelle de l’obésité et de ses séquelles ».

Conclusion

Le diabète gestationnel est une condition qui nécessite une attention particulière pendant la grossesse. Bien que cela puisse présenter des défis, une gestion appropriée, comprenant une surveillance de la glycémie, une alimentation saine et une activité physique régulière, peut aider à minimiser les risques pour la mère et le bébé. Il est essentiel de travailler en étroite collaboration avec une équipe de professionnels de la santé pour élaborer un plan de soins personnalisé et assurer une grossesse en santé. Il est important d’intégrer les données de santé reproductive dans le suivi de santé des femmes et plus largement, d’établir des liens entre la grossesse et les résultats de santé à long terme chez les mères et les enfants, afin d'avoir une vue d'ensemble.

Lire aussi: Diabète Gestationnel : Que Manger ?

tags: #diabète #gestationnel #et #risque #bébé #petit

Articles populaires:

Share: